Le jardinier pédagogue (Chap.3.2)

6 10 2008
…suite du Chapitre 3 Christian MONTELLE
Ornans, Août 2008
Diffusion libre
Tu disais donc….
Dans un premier temps, analysons très brièvement les éléments qui ont changé l’appréciation du temps chez l’être humain moderne, isolé du milieu qui lui était familier, celui de la nature.
Un premier élément est la « peur du noir ». La fée électricité, apparue à la fin du XIXe siècle, a inondé de clarté nos nuits, en tentant de les rendre semblables aux jours. Non seulement des milliards de lampes brillent du crépuscule à l’aube, mais les enfants exigent très souvent qu’une lampe soit allumée en permanence dans leur chambre, ou à proximité. Les citadins sont pour la plupart incapables de se déplacer dans un milieu dépourvu de lumière. Ils sont pris de panique à l’idée de marcher la nuit dans une forêt. Le « passage au noir » est cependant une suspension du temps indispensable pour les rythmes biologiques et les reconstructions psychologiques ; il doit s’accompagner d’un passage au silence profond. La mise en veille complète des interfaces sensorielles du corps permet un repos total au cours duquel le soma se régénère et la psyché se reconstruit. L’encre de la nuit laisse la liberté au cerveau de rappeler dans le rêve ce qui est advenu et d’écrire ce qui doit être retenu par la mémoire, avec les ratures et les interprétations nécessaires. Même un disque dur a besoin de défragmentation et de mise en ordre ! A fortiori un cerveau humain. Trop de clarté nuit : beaucoup de processus biologiques et psychologiques ont besoin de l’obscurité et du silence pour s’accomplir.

Un second bouleversement subi par l’homme urbain est l’effacement des saisons qui sont moins perçues par les sens. L’enfant est tenu au chaud, transporté au chaud, constamment plongé dans un bain de lumière. Les changements de teinte et d’aspect de la végétation, les variations d’éclairement et de températures sont beaucoup moins perceptibles en ville et même à la campagne où l’on ne voit plus un gamin dehors, attaché qu’il est à ses écrans. Or les changements saisonniers déterminent des cycles hormonaux, des évolutions corporelles et aussi une perception du caractère cyclique du temps (10).

Un troisième facteur qui nous fait percevoir le temps de façon différente est la fragmentation du temps vécu. Finies les longues périodes de labeur, de loisirs et de repos. Notre existence est un patchwork de mini-événements qui se chevauchent sans interruption. À l’école, puisque ce sont les enfants qui nous intéressent ici, les cours ne sont plus de longues séquences silencieuses, mais un zapping continuel d’interventions magistrales, de prises de paroles d’élèves, d’activités constamment renouvelées. À la maison, les télévisions, les MP3, les téléphones, les ordinateurs, les consoles de jeux, les activités de loisirs, les copains alternent avec les parents, souvent divisés en parent de la semaine et parent du week-end. Certains enfants sont agendés comme des ministres pour des activités extrascolaires excessivement nombreuses. Il ne faut pas oublier les déplacements en transports scolaires ou pour des week-ends parfois exténuants. La notion de durée s’efface peu à peu, celle de projet devient insaisissable. L’enfant est ballotté sur les vagues d’un chaos existentiel qui lui laisse peu de répit pour entreprendre des synthèses, des mises au point, pour vivre tranquillement la saveur du monde, pour rêver des ailleurs personnels et non imaginés par des adultes.

  • – Maman, ch’ais pas quoi faire …
  • – Tant mieux, mon enfant! Rêve aux nuages, aux merveilleux nuages!

Une quatrième approche du temps est celle de l’ubiquité spatiale et temporelle. L’enfant moderne n’est plus cantonné dans un espace-temps limité, celui de son village ou de son quartier. Le téléphone, la télévision lui permettent de voir et d’entendre d’autres lieux et d’autres temps. Naguère les récits oraux ou écrits permettaient à chacun de voyager autour de sa chambre, dans le passé ou l’avenir. Désormais, c’est une présence beaucoup plus prégnante de l’ailleurs, du passé du futur ou de la fiction. Il faut de solides repères pour s’orienter dans ce nouveau monde qui est si passionnant, mais dont les amers de navigation ne sont pas toujours mis en place.

Cinquième point très lié au précédent : la dégradation du statut du récit dans l’enseignement et dans l’éducation. Les récits peuvent servir à influencer les opinions des publics ou lecteurs et ce pouvoir est largement utilisé de façon négative, aujourd’hui, par les publicistes et les politiques grâce aux techniques du storytelling(11). Des fables antiques aux exempla (12) médiévaux en passant par les paraboles des religions, cette utilisation a été constante dans l’histoire, qu’elle ait eu pour but la transmission de valeurs ou l’aliénation des individus. Une réaction contre ce pouvoir des récits s’est développée – nécessaire distanciation de Brecht – et a abouti à un désir de libérer les romans des parures de la narration. Constat, rapport du strict réel, ont éclos dans la littérature, puis au cinéma. Hélas, on a abouti, au final, à la téléréalité ou au documentaire en lieu et place du récit fictionnel, qui est pollué à son tour et perd ses frontières avec le réel. Or, la narration imaginée est utile pour structurer le temps, car le récit fictionnel échappe au chaos du temps vécu, tout en organisant un temps du récit. Depuis les Grecs, on sait que seul le logos permet d’organiser le chaos. Cette évasion permet à chacun de se réfugier dans un espace-temps imaginaire qui nous donne une perspective, un recul nous permettant de nous libérer de l’imprévisibilité du présent et d’imaginer l’à venir. Paul Ricœur, dans les trois tomes de Temps et récit (Seuil), montre ce rôle essentiel des textes narratifs fictionnels (13). François Hartog dans : Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps, Le Seuil, Paris, 2002, révèle comment notre époque tend à tout ramener au présent, à faire table rase du passé, au besoin en l’étouffant par les excès de la commémoration, ce qui bloque la capacité de se projeter dans l’avenir.

En un sixième point, je tenterai d’exposer en quoi consistent cette nécessaire mémoire et cette capacité téléonomique (14) de se projeter dans le futur pour agir le présent. Dans les textes et surtout les récits oraux de la tradition populaire, chansons, proverbes, dictons, contes de toutes sortes, légendes, épopées, mythes, et dans les récits fondateurs de la littérature et de l’histoire sont accumulés des siècles de sagesse que nos anciens ont voulu nous transmettre. Véritables maquettes de vie, ces textes appellent une interprétation personnelle, un travail de décodage qui aboutit à une appropriation de savoirs, de sagesse et de valeurs qui rassemblent les membres des différentes sociétés de tout ordre. Ils permettent de juger la validité des décisions présentes en se projetant dans l’avenir pour en prévoir les conséquences. Cette vision du futur, qui est aussi une condition de la pensée scientifique, est indispensable si l’on ne veut pas vivre au gré des caprices de ceux qui savent accaparer le pouvoir.

Le septième point nous ramène à des explorations plus proches. S’il est indispensable d’explorer le passé pour prévoir l’avenir, on ne peut négliger l’étude de l’environnement spatial et temporel immédiat. Mon gendre, qui s’occupe des jeunes d’une cité, a découvert que beaucoup d’entre eux n’ont aucune notion de l’endroit où ils vivent. Sortant rarement du ghetto où on les a confinés, ils ont grand besoin qu’on leur présente le pays où ils vivent. Un animateur de MJC que je connais s’y emploie grâce à des promenades dans la nature environnante, des raids à pied, à bicyclette, à ski, en canoë. Et aussi à des visites à des entreprises de toutes sortes, à des artisans, à des musées, à tout ce qui constitue le substrat géographique, humain et culturel de notre région.

Cette exploration spatiale doit être complétée par une initiation au temps qui rythme la vie de chacun. Et cela dès la maternelle. En sus de la prise de conscience du temps considéré dans sa généralité comme nous l’avons vu plus haut, on a tout intérêt à présenter l’histoire locale, y compris le légendaire, à expliquer le sens et les rituels des fêtes et célébrations.

C’est grâce à ce bain dans les lieux et la culture de la région qui les accueille que de jeunes Turcs ou de jeunes Marocains peuvent devenir Francs-Comtois, Picards ou Franciliens. Il faut d’abord s’intégrer à un village, un quartier, un canton, une région, avant de s’intégrer à une nation.

Ces sept points étant repérés, que pouvons-nous proposer pour la formation des enfants présentant des lacunes dans l’appréhension du temps ?

  • On sent tout de suite qu’un outil essentiel sera constitué par les textes et récits fondateurs, qu’ils soient issus de la tradition orale ou des patrimoines littéraires, théâtraux, filmiques, etc. Je pense que la mise au même niveau de tous les textes proposés aux enfants est une lourde erreur. Mettre sur le même plan un récit policier ordinaire, une bande dessinée démagogique, un article de journal, un conte merveilleux et un poème de Ronsard a pour conséquence déplorable de priver les enfants démunis, chez eux, de textes riches et symboliques, de les priver justement de ces récits porteurs de langue et de symboles de ce patrimoine qui fonde les êtres humains. Loin d’aider les enfants en difficulté, cette erreur qui va jusqu’à la faute, aggrave la fracture linguistique et culturelle, quelque excellentes que soient les intentions des promoteurs de ce nivellement. Le nivellement est si massif qu’il a touché tous les enfants à des degrés divers, quels que soient leurs milieux sociaux ou culturels. Le ministère réagit depuis quelques années pour réintroduire les hiérarchies nécessaires, mais il faut des décades pour inverser une telle tendance.
  • Il est tout à fait souhaitable que parents et enseignants racontent abondamment aux petits des contes qui leur sont destinés : en particulier, des contes de randonnée, et des contes d’animaux. Je dis bien raconter et non lire comme le préconisent certains, car avant sept ans, l’enfant a besoin d’une parole témoin, dite par un adulte qui est là et qui parle avec sa propre poétique et sa propre expérience. Une pratique massive d’un oral de qualité nourrit les enfants de lexique, de style, de grammaire, de connaissances, de valeurs et leur permet de construire une parole – donc une pensée – riche et précise. Elle leur permet de prendre le sens du temps chronologique dans ses déroulements linéaires, dans ses anticipations, dans ses retours en arrière. De bien séparer le temps réel et le temps du récit. D’acquérir, dans les contes étiologiques par exemple, le sens des temps cycliques des saisons, des astres et des organismes vivants.
  • La prise de conscience des temps calendaires, des temps commémoratifs est une préoccupation dans la majorité des classes de maternelle. Elle doit devenir générale et systématique ; élargie à tous les types de temps, y compris le temps météorologique, les variations saisonnières, les temps de la vie, le temps historique, le temps du souvenir, etc.
  • Il faudrait aussi faire la guerre au zapping, à l’inachevé, au bâclé. Trouver le temps de séquences de travail ou de repos longues, calmes, sans cette agitation factice qui envahit la vie des enfants dans leur vie en dehors de l’école. Le recours au yoga ou à la sophrologie est d’un grand secours pour instaurer ce calme intérieur qui permet la maturation. On arrive alors à vivre le moment présent dans sa réalité et non dans l’impatience fébrile de l’à venir. À voir vraiment, à savourer les bruits, les odeurs, les saveurs, les contacts, la lumière, les vibrations, les rythmes, la beauté, l’harmonie, toute la joie d’être là et vivant. Non pas dans une carapace de gadgets technologiques, mais dans un rapport sensuel et amoureux au monde et à ses merveilles, dans une empathie avec l’autre qui peut nous enrichir de ses différences. Cette initiation à l’exploration de l’intériorité est essentielle car elle est reliée au besoin fondamental d’intimité. Les effets positifs en sont aussi immédiats que spectaculaires. L’école doit être apaisée et défragmentée, en antidote à l’hystérie et l’éclatement de la vie moderne. D’où la nécessité de mettre en place de vrais projets qui demandent anticipation, engagement, temps, construction, durée, effort.
  • Une information des parents est nécessaire. Leur rôle est décisif dans les premières années de la vie de leur enfant. Ce sont eux qui doivent d’abord nourrir leurs bébés d’amour et de récits merveilleux, qui doivent leur apprendre le monde et le temps. Il n’est pas admissible que des parents rejettent massivement sur les maîtres la responsabilité de l’échec scolaire de leur enfant. C’est se défausser un peu trop facilement. Mais les maîtres ne doivent pas non plus se contenter d’entériner les inégalités et trier les « bons » et les « mauvais ». Leur devoir est de se substituer au milieu parental – compléter le bagage reçu, si vous préférez ce verbe – quand il y a eu des carences, de façon à ce que tous les enfants puissent acquérir les compétences qui leur permettront de développer au mieux leur propre potentiel de capacités.

Chapitre 4 à suivre et à poursuivre!


10 Alors, promis ? Plus de fraises à Noël ni de poires en août !

11 Les textes de la tradition orale sont en général fort mal utilisés. Les critères d’âge ne sont pas connus, la parodie remplace souvent le contage, quand on ne se limite pas à l’étude de LA structure du récit, comme s’il n’existait qu’une seule structure narrative !

12 L’exemplum est un récit, une historiette  ou une fable donné comme véridique et destiné à être inséré dans un discours, en général un sermon, pour convaincre un auditoire par une leçon salutaire qui a valeur d’exemple. Les contes populaires ont longtemps été récupérés en exempla par les prédicateurs et les moralistes (la Fontaine, Perrault, d’Aulnoy, Disney…).

13 Un livre récent alimente cette réflexion avec humour : L’espèce fabulatrice, Nancy Huster, Actes Sud, Arles, 2008

14 téléonomique dans le sens que lui donne Jacques Ellul (La technique ou l’enjeu du siècle, Armand Colin, Paris, 1954) : projection subjective dans l’avenir avant de décider le présent.

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19 réponses à “Le jardinier pédagogue (Chap.3.2)”

6 10 2008
Gwenaël (11:11:55) :

Comment ai-je pu passer à côté de cela pendant des années ? C’est passionnant !

6 10 2008
Ostiane (13:41:05) :

Nouvelle rentrée scolaire, nouvelles résolutions. Du nouveau également concernant la charte du bon débatteur.

Merci d’y jeter un oeil!

http://lewebpedagogique.com/ostiane/charte/

6 10 2008
Ostiane (14:50:56) :

Peut-être également un point à suggérer, une autre piste (qui tend malheureusement à disparaître), celle des classes transplantées.

Pour les petits urbains, de nombreuses connaissances ne sont que le vague reflet de savoirs purement abstraits.

La nature est devenue objet intellectuel. Pour de nombreux enfants et adultes, la relation à la nature n’existe pas ou presque.

On étudie les étoiles sans jamais regarder le ciel! Je caricature à peine.

Les classes de découverte permettent de construire un vrai projet de groupe tout en établissant un contact réel, charnel avec l’objet d’étude: la Nature.

Mais les contraintes de sécurité sont devenues telles que pour faire dormir des enfants sous la tente, on peut s’y atteler bien des saisons à l’avance!

Reste aux parents, la possibilité de créer ces rencontres avec Dame nature. De vraies rencontres. Des marches, des cueillettes, des excursions jumelles en bandoulière, des temps coupés du reste mais ancrés dans un présent fort.

Bien sûr, ce n’est pas facile durant l’année et la vie citadine ne facilite pas ces rendez-vous, mais à y réfléchir de plus près, on prend le temps qu’on veut pour les choses qu’on choisit. C’est une question de priorité. Et je pense que renouer avec la Nature est une priorité.

Je crois même qu’il s’agit là, pour les décennies à venir d’un sujet hautement « stratégique » (pour reprendre un terme qui parle!

6 10 2008
Christian Montelle (15:10:38) :

« Y-a cent sept ans qui dit mieux
Qu’j’ai pas vu la lune ! » chantait Georges Brassens.
Combien de fois par mois, regardez-vous la lune ? Pleine ou rousse, nouvelle ou gibbeuse.
Il n’est pas nécessaire d’aller très loin pour voir la nature. Un tronc d’arbre, un talus sont des lieux de vie très habités si on sait les regarder. Un square, un parc, un jardin demandent des mois pour être inventoriés. Encore faut-il savoir voir. Avoir envie de voir.

L’homme procède de la nature et, paradoxalement, sans cette « animalité » il perd son humanité.

6 10 2008
Gwenaël (18:34:35) :

Blogue très libre !… La censure devient la règle ! Il ne faut surtout pas rire, critiquer, se moquer, faire un pied-de-nez… aux petits copains !
Vous êtes en train de vous tirer une balle dans le pied… C’est vrai qu’à force de compromis, de slaloms, d’entrechats on arrive à se prendre les pieds dans le tapis !

6 10 2008
Gwenaël (19:04:08) :

A force de rajouter sites, notes, sondages, bannières, pubs, tags etc. dans la colonne de droite on finit par s’y perdre totalement… faites comme bon vous semble (comme d’hab) mais cela devient très confus et manque de cohérence.
Quant à votre slogan : « ni droite ni gauche… » Revoyez vos positions !
Je verrais plutot :  » ni droite, ni droite…, sauf le week-end. »

6 10 2008
Ostiane (19:27:33) :

@ Gwenaël

1 La seule censure effectuée depuis que blog bleu primaire existe vous concerne VOUS et vous seul Gwenaël. Je considère donc que OUI ce blogue est très libre!

2 Etant donné que vous ne me laissez pas votre véritable adresse mail, j’ai dû passer par la charte pour vous ré-expliquer les règles du jeu que vous ne semblez pas comprendre.

3 Relisez-la et vous comprendrez que vous pouvez critiquer si vous le faites avec respect et intelligence. La moquerie sur le juste ton oui, l’auto-dérision, oui, l’humour, oui, les sarcasmes réitérés, non, les attaques personnelles, non. Si vous appelez ça de la censure, et bien alors je censure.

4 Je ne sais pas ce que vous faites de vos week-end, les miens ne vous regardent pas.

5 Une dernière fois relisez la charte. MERCI

7 10 2008
Christian Montelle (04:40:58) :

Un petit retour en arrière concernant la seconde partie de mon essai sur l’échec scolaire : la fracture linguistique. [Le fil actuel développe la troisième partie sur les sept qu’il comporte].
Philippe Meirieu a eu la gentillesse de mettre en ligne sur son site une conférence que j’ai donnée au Centre méditerranéen de littérature orale :
http://www.meirieu.com/ECHANGES/echangesdepratiques.htm
Je me permets de signaler ce texte parce que je suis encouragé par le nombreux courrier amical et enthousiaste que je reçois de lecteurs qui apprécient mes approches de l’école.
N’hésitez pas à écrire sur le blog d’Ostiane (ou à m’écrire : [email protected]) vos réactions, réflexions, suggestions, critiques. Bien que je travaille sur le sujet de la littérature orale depuis 1962, je sais que je suis loin de dominer ce thème immense qui ouvre des possibilités très fructueuses à la pédagogie.

7 10 2008
Julos (19:20:19) :

Classes vertes, classes de découverte, classes transplantées … les appellations, successives, se suivent et finalement se ressemblent.

Oui c’est vrai, Christian, chaque enfant peut découvrir mille trésors offerts par dame Nature, au pied de son immeuble, dans les plantes de maman sur le balcon, dans le jardin, sur le chemin de l’école, dans la cour de l’école pendant la récré… mais participer avec sa classe à un projet de classe Nature c’est bien plus que cela. D’abord c’est un vrai grand projet, ça prend une partie de l’année scolaire à préparer un machin pareil. En plus c’est un projet pluridisciplinaire par excellence. Ça vous fonde un groupe une telle expérience, adultes compris !

Mais c’est lourd, très lourd à monter, à porter … il faut une pêche d’enfer… en plus d’aller à la pêche aux sous pour aider les familles démunies, convaincre et rassurer les parents qui s’inquiètent… et tenir, tenir, le jour, une partie de la nuit souvent, séjour et retour compris.
On n’oublie pas ses classes où l’on a fait l’école ailleurs, comme dans un rêve.

8 10 2008
Christian Montelle (02:05:46) :

« D’abord c’est un vrai grand projet, ça prend une partie de l’année scolaire à préparer un machin pareil. En plus c’est un projet pluridisciplinaire par excellence. Ça vous fonde un groupe une telle expérience, adultes compris ! »
Entièrement d’accord, Julos. Je ne préconisais pas un contact avec la nature au rabais. Mais, en raison de l’hystérie procédurière qui a saisi notre société il devient de plus en plus difficile d’organiser quoi que ce soit. Sécurité, hygiène, responsabilité civile, dossiers de projets excessivement lourds, présence d’enfants incontrôlables : il faut être pugnace pour organiser un séjour de nature, de découverte ou linguistique !

8 10 2008
Ostiane (17:57:33) :

A propos de contes et de conteurs
Il était une fois…

http://www.iletait-unefois.org/asso/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1

8 10 2008
Christian Montelle (18:45:42) :

La France compte de nombreuses associations de ce type, mais bien moins que la Suisse romande qui pour 1,75 millions d’habitants, dénombre 300 associations de conteurs ! Avec des qualités très variables.

10 10 2008
bouge-toi (15:27:48) :

Les élèves (CE2 et CM1) se sont demandés aujourd’hui comment les hommes se repéraient dans le temps avant la création des instruments de mesure, quels repères ils ont utilisés pour créer ses instruments (nous sommes en train de construire des sabliers en sciences dans le cadre de l’étude des mesures du temps).
Voici la liste des repères qu’ils ont établie :
– la course du soleil dans le ciel
– la venue de la nuit
– notre ombre qui change selon les moments de la journée ( les élèves ont réalisé des observations dans la cour en CE1)
– la « forme » de la lune (« dit maîtresse, c’est cette année qu’on va étudier la lune ? »)
– les saisons : « les feuilles qui tombent en automne, la neige en hiver, en été il fait chaud, et au printemps les fleurs poussent, y’a des bourgeons au sapin !… »
– on grandit…

… Zut, c’est l’heure de sortir !
Nous reprendrons cette discussion et nos recherches lundi !

11 10 2008
Ostiane (13:26:41) :

Oui, Bouge-toi, ils adorent…chercheurs en herbe, ingénieurs fous, les enfants, pourvu qu’on leur donne cette possibilité d’agir, sont surprenants de pertinence.

La course du soleil dans le ciel qui donna naissance au « gnomon » premier cadran solaire, le plus élémentaire, un bâton planté dans le sol.

Un enfant posté dans la cour peut faire office de « gnomon » et son ombre sur le ciment sera capté à la craie par un camarade.

A chaque heure, on revient, on fait un relevé, on compare, on schématise, on passe du sensoriel à l’abtstraction…

Plus tard des instruments ont été fabriqués, le sablier, le clepsydre, la bougie à perles, le métronome, etc

Un bon bouquin à ce sujet
« La physique est un jeu d’enfant, activités d’éveil scientifique »
par Mireille Hibon chez Armand COLIN

11 10 2008
Christian Montelle (16:19:16) :

Un autre problème intéressant : Comment les hommes ont-ils repéré la course des astres, clé de la confection de calendriers ? Ils ont établi très précocement des calendriers étonnants de précision et cette réflexion sur le temps et l’espace a été, peut-être, la marraine de la pensée scientifique?
Certains de ces astronomes ont officié sur des îlots, sis sur grand un lac ou sur la mer. Nos ancêtres pouvaient alors observer à l’horizon l’apparition et le coucher des astres. Ils plantaient de solides repères de toutes sortes pour mémoriser les lieux de ces apparitions et disparitions. Ces scientifiques emmagasinaient ces données et les transmettaient (oralement, sous forme scandée ou sous toute autre support, comme des pierres alignées) durant des périodes énormes. Peu à peu des régularités apparaissaient et le ciel était doucement conquis.

Si vous avez navigué en haute mer, vous avez certainement vu sur la surface de l’onde un long trait brillant quand Vénus ou Mars émergeaient à l’horizon : c’était la ligne à matérialiser sur la terre ferme pour inscrire la localisation d’un point de l’espace. Ingénieux, n’est-il pas ?

On a découvert de tels stations astronomiques sur différentes îles.

11 10 2008
Ostiane (22:44:09) :

Gwenaël…no good e-mail…again…no modération…Je sais, c’est totalement arbitraire, mais c’est ma règle du jeu…alors, si vous voulez jouer…

12 10 2008
Christian Montelle (15:47:00) :

Une autre chanson de Brel :
http://www.paroles.net/chanson/10462.1
et son commentaire
La bêtise (Jacques Brel)
La bêtise, c’est de la paresse.
La bêtise, c’est un type qui vit et qui se dit
« je vis, je vais bien, ça me suffit ».
Il ne se botte pas le cul tous les matins en se disant
« c’est pas assez, tu ne sais pas assez de choses,
tu ne vois pas assez de choses,
tu ne fais pas assez de choses ! »
C’est de la paresse, je crois, la bêtise.
Une espèce de graisse autour du coeur,
une graisse autour du cerveau…

Pourquoi diable cette chanson me revient-elle ?!!!!!

12 10 2008
Ostiane (16:35:41) :

Comme chien et chat…ces deux bêtes là ne sont à priori ni stupides ni mauvaises, mais supportent mal le face à face…

Christian, c’est un peu facile de faire le singe devant un ours en cage…

12 10 2008
Christian Montelle (18:39:15) :

Profonde est ta sagesse ! J’ai tort, j’en conviens volontiers. Mais je n’attaque jamais. Par contre, je me défends. C’est un truc de mecs. Mecs d’antan, surtout. Ça ne se soigne pas (voir Brassens).

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