Question de maman

13 10 2008

Je dînais l’autre soir avec une jeune maman dont le fils aîné est en maternelle, dans une école que je ne connais pas.

Une maman super active avec des horaires très compliqués.

Une maman véritablement concernée par la scolarité de son fils.

Une maman soucieuse de trouver un juste équilibre entre boulot et maison.

Une maman d’élève débutante, hésitante, ne sachant pas très bien quels sont ses droits et ne connaissant que très peu les us et coutumes d’usage à l’école.

Bref, une maman comme des milliers d’autres qui, même « invisible » aux yeux de l’école, existe bel et bien.

Mais une maman à qui on n’a même pas pris la peine de dire que oui, elle peut à tout moment demander à être reçue par la maîtresse. Le b et a ba du premier pas totalement éclipsé!

Cela nous paraît évident, à nous autres enseignants, que les parents peuvent solliciter un rendez-vous s’ils le souhaitent. Mais cette évidence est loin d’être évidente pour certains parents qui, au quotidien, n’ont pas la possibilité d’être là à 8h20 ou à 16h30, leur emploi du temps imposant un rythme décalé par rapport au rythme scolaire.

Pour ces parents, comment établir le contact si l’enseignant lui-même ne vient pas au devant?

Comment s’y prendre? Vers qui se tourner? A qui s’adresser? Quel jour et à quelle heure?

Sans cahier de liaison, c’est sûr, il n’est pas évident de correspondre! Sans explication claire sur ce sujet lors de la réunion de début d’année, c’est certain, on peut même en déduire que le sujet n’est pas d’actualité…

VRAIMENT, l’école, vis à vis des parents a encore de vraies questions à se poser et de sérieuses réponses à trouver. ( Une belle occasion d’échanges entre les deux parties sur les besoins des uns et des autres, les insuffisances existantes, les améliorations à suggérer…)

Comment accueillons-nous nos familles?

Qu’attendons-nous d’elles?

Quel type de relation cherchons-nous à établir?

Comment les intègrons-nous au projet d’école?

Quelle place leur accordons-nous dans la vie de classe?

Je suggère une piste pour les prochaines formations des enseignants…mettre en place un module spécial « dialogue et communication entre l’école et les familles pour repenser la relation enseignants-parents »

Tags : , , , ,

Actions

Informations

7 réponses à “Question de maman”

13 10 2008
Julos (19:27:06) :

Et comment faire aujourd’hui avec la suppression de la plupart des matinées du samedi ?

En maternelle comme en élémentaire, il n’est pas rare de voir des collègues partir très vite après la classe quitte à venir plus tôt le matin (pbs de transport ou de circulation en IDF par exemple). Si en plus les contacts parents/enseignants ne sont pas perçus comme une priorité … on est mal… et on fait comment ?

13 10 2008
Ostiane (19:55:47) :

C’est vrai, le samedi n’est plus au goût du jour…

Mais on a tous ou presque un numéro de tél ou un e-mail…ça peut aider à amorcer les choses.

Je donne facilement l’un et/ou l’autre et pour ceux que cela effraie, je n’ai jamais été submergée par des demandes superflues, déplacées ou procédurières.

Dans tout boulot, le contact direct est quasi incontournable. Pourquoi pas chez les enseignants?

Nous vivons dans un monde où la communication est toute puissante. Pourquoi n’est-elle pas un minimum enseignée aux enseignants?

Nous exerçons un métier terriblement humain et nous voudrions échapper aux relations humaines…curieux paradoxe!

14 10 2008
CecileRay (11:33:05) :

Hello tout le monde,

Voici mon avis, à moi maman qui me reconnaît dans la description d’Ostiane.

Effectivement, il est des enseignants qui donne des rdv de rencontre « autorisées ». Du genre, le jour de la recontre parents-profs de la rentrée « pour me rencontrer, merci de prendre rendez vous le jeudi de 16h15 à 16h45 ».

Ils sont rares.

Il est de plus en plus d’enseignants(et pas des plus jeunes, et pas des plus « modernes ») qui donnent leur adresse électronique, et qui répondent aux emails, qui proposent des rendez-vous téléphoniques quand le parent ne peut se déplacer.

En synthèse : le constat n’est pas si noir (de mon point de vue).

Néanmoins j’appuie la recommandation d’Ostiane liés aux modules de formation spécifiques.

Et je salue son sens éternel de la formule : « Nous exerçons un métier terriblement humain et nous voudrions échapper aux relations humaines » même si je ne pense pas que cela soit une généralité.

14 10 2008
CecileRay (11:52:23) :

Re-moi

et je rajoute un éclairage sur le sujet, et comment cela se passait dans l’école où mes enfants ont passé toutes les années de maternelle et de primaire.

Le jour officiel de la rentrée était une journée « portes ouvertes ». les enseignants restaient dans leur classe, et chaque famille disposait, individuellement, d’un créneau d’une heure pour venir installer les fournitures scolairs, choisir la place de l’enfant, faire connaissance avec l’enseignant.

Dans les autres lieux de l’école, les familles pouvaient ensuite, à l’envie, visiter le stand « les nouveaux inscrits » (où venaient beaucoup d' »anciens inscrits », pour faire du lien), le stand « inscription aux ateliers », le stand « inscription cantine », le stand « garderie », etc, etc…..

Les premières années, j’ai, comme beaucoup d’autres familles où les 2 parents travaillent, vécu cela comme une contrainte : obligation de prendre la journée, « obligation » de rester avec les enfants…..

Avec le temps, les enfants et moi avons de plus en plus apprécié ce moment de convivialité, de lien, de transition…….

AUjourd’hui qu’ils sont au collège, c’est un peu différent, bien sûr, mais nous en sommes encore imprégnés à chaque rentée.

Je vous souhaite….. plein de bonnes choses.

Cordialement,

Cécile

14 10 2008
Catherine (14:28:04) :

Nous exerçons un métier terriblement humain et nous voudrions échapper aux relations humaines…curieux paradoxe!

Bravo !!
Je suis une fan d’Ostiane!
J’ai personnellement beaucoup de chance, c’est la toute jeune instit de mon fils qui le raccompagne à la maison, donc j’ai droit à toute l’info en direct + les petites histoires, et oui même les instits ont une vie professionnelle très riche:
relations entre collègues, relation avec la direction et relation avec les parents de tous horizons, cultures, convictions … Et tout cela ne se fait pas toujours comme dans les grandes entreprises avec un entretien annuel le plus objectif possible ou des évaluations liées à la performance … Il y a les nommés et les autres, quand il n’y a pas assez d’élèves les « non nommés » n’ont pas de travail pendant 2 mois ?! Ils perdent le contac avec les enfants. (situation en Belgique).

A la réunion des parents, l’un d’entre eux a fait un lapsus en parlant de « clients de l’école ». Un autre parent a tout de suite corrigé mais finalement ce qui est positif c’est de lancer le débat: nous ne sommes pas clients certes mais parfois certains se comportent de cette façon, « quelle école va être permettre le meilleur « rendement » ? », quel instit/prof vais-je choisir ? En Belgique, certains parents ont passé la nuit dehors polur accéder aux meilleures écoles …
Le client final c’est peut-être la société elle-même ?

La société change, les relations changent, l’école devra s’adapter … qui s’occupe du marketing de l’école ? le ministère ?
Quelle est sa vision ? sa mission ?
from bxl

14 10 2008
Julos (16:49:23) :

« clients de l’école »… quel curieux lapsus. Ce parent travaille peut-être dans une banque ? à la sncf ? à france-télécom ? à la Poste alors ?

;-))

Savez-vous que l’expression « consommateurs d’école » est apparue la 1ère fois en 1982 ? sous la plume de Robert Baillon.
Ballion, R. (1982). Les consommateurs d’école. Paris, Stock.

J’ai trouvé un lien qui renvoie à une courte et récente analyse synthétique de la problématique du partenariat école/famille. La bibliographie est assez riche aussi à la suite du texte.

http://www.unige.ch/fapse/SSE/groups/life/chantiers/life_chantier_47.html

15 10 2008
sylvie (12:43:01) :

bonjour à tous
toujours un grand intérêt à venir ici. Ostiane à le mérite de continuer le réflexion sur un bon nombre des aspects de notre profession, en dehors de l’urgence de la situation actuelle. Cela repose et nous permet de ne pas perdre le fil: nous sommes d’abord là pour les enfants, en dehors de toutes revendications. il faut continuer à se concentrer sur le travail du quotidien et ce n’est pas chose facile actuellement car les équipes sont très déstabilisées par les séries d’annonces du gouvernement. La communication avec les parents doit être, pour ma part, une relation de tous les jours. pas de longs entretiens mais quelques mots, ne serait-ce qu’un bonjour, mes meilleurs vœux pour la naissance d’un petit frère, des petits signes en direction de parents inquiets du comportement difficile de leurs enfant, passer la grille pour aller vers eux. Garder un enfant dont le parent est en retard sans le culpabiliser encore davantage. pour les habituer évidemment qu’une mise au point est nécessaire. lorsqu’il y a un entretien sur rendez-vous,comme nous nous connaissons un peu le contact est différent, plus à l’écoute de chacun.
J’ai travaillé dans le privé, cela aide. Même lorsque mes enfants étaient petits je prévoyais toujours de les reprendre vers 18 heures car je savais qu’il me fallait du temps, alors je suis toujours étonnée lorsque je vois bon nombre d’enseignants partir, sac sous le bras à 16h45. Tout est question d’organisation et de volonté. préparer sa classe, corriger des cahier en attendant un parent qui ne peut venir qu’à 18 heures est du domaine du possible. en ce moment je ne pars pas avant 18h30 et je suis contente de ne rien emmener à la maison et d’être disponible alors pour mes enfants. J’aimerais comme beaucoup d’autres que l’on prenne en compte dans notre rémunération toutes ces heures passées en dehors du travail avec les élèves et je pense qu’il y a une grande injustice par rapport à nos collègues du collège mais je pense aussi que tant qu’il y aura des instits à l’esprit « fonctionnaire » cette situation d’incompréhension prof/parents perdurera.

Laisser un commentaire