Motiver, oui mais comment?

9 11 2008

Motiver, un enjeu capital pour l’enseignant.

Être motivé, une condition déterminante pour l’élève.

En guise d’introduction, n’oublions pas ce préalable: si l’enseignant est en classe, il s’agit là, a priori, de son choix, de son désir. Pour l’élève, comme pour sa famille d’ailleurs, il n’en est rien; s’ils répondent présents à l’appel, c’est que l’école est tout simplement obligatoire. Il ne s’agit pas pour l’enfant d’une volonté fondée sur le désir ou le besoin, il ne s’agit pas pour lui d’une démarche naturelle ou individuelle. Sauf rares exceptions.

Il me semble intéressant de rappeler ce paradoxe initial et de ne jamais le perdre de vue. L’état d’esprit de l’enseignant est bien éloigné de celui de son « public » et de ce décalage, le maître doit être conscient afin de mieux appréhender la distance qui sépare ses attentes propres des signaux extérieurs qui lui parviendront, ou non, en retour; des attentes personnelles et motivées, des retours parfois positifs, souvent invisibles, toujours longs à venir.

Lorsque, chaque matin, j’arrive à l’école, je sais pourquoi je suis là et ce que je viens y faire; j’ai conscience du POURQUOI et du COMMENT de ma journée, de mon trimestre, de mon année. Je sais où je vais, et même si l’itinéraire est jalonné d’imprévus, même si les étapes cachent des détours insoupçonnés, je puise mon énergie dans cette motivation première, celle qui m’a fait choisir l’enseignement. Et que les choses soient claires, au risque de choquer, mes objectifs, mon carburant ne sont en rien calqués sur le programme à boucler…Et c’est bien mieux ainsi, car le cas échéant, il y a belle lurette que j’aurais décroché physiquement, démissionné moralement, sombré psychologiquement.

Le programme, il fait partie de mon cahier des charges bien entendu! Je suis responsable d’un groupe classe, d’un niveau scolaire, d’une classe d’âge. Le programme est présent du début du mois de septembre à la fin du mois de juin. C’est autour de ce programme que vont se construire les différents apprentissages. MAIS…un programme ne suffit pas, loin de là, à motiver l’enseignant, encore moins un enfant de 5 ou 10 ans! Un programme ne légitime pas 8 heures par jour à enseigner, encore moins 8 heures par jour à recevoir ce que l’adulte nomme enseignement mais ce que l’enfant subit souvent comme une torture, au mieux comme un passage obligé…

Les élèves qui partagent avec moi une année entière, ces mêmes élèves passent toute leur enfance sur les bancs de l’école. Savent-ils pourquoi ils y viennent? Connaissent-ils les enjeux de cette aventure? Ont-ils conscience de l’impact que cela peut avoir sur leur avenir? Non. Pas vraiment. Et d’ailleurs, faut-il nécessairement impliquer l’enfant dans un avenir si lointain pour lui qu’il en perd toute sa substantifique moelle? Je ne sais pas. Parfois je me dis qu’il est nécessaire de visualiser l’horizon, parfois je me dis qu’à force de regarder l’avenir dans une boule de cristal, on finit par perdre de vue l’essentiel, le présent, premier temps de l’existence de l’enfant, temps indispensable à l’être.

« Ici, maintenant, avec vous »

Bien, alors comment faire? Puisque l’école est obligatoire, puisque les hommes, avec raison, ont jugé nécessaire et indispensable cette éducation et cet enseignement, puisque nos élèves n’ont pas le choix et que nous y sommes confrontés quotidiennement, comment faire pour réduire la distance qui sépare l’enseignant de « l’enseigné »? On entend souvent la formule « placer l’élève au centre ». Mais que signifie-t-elle au juste?

S’agit-il d’imaginer l’apprentissage comme un amusement? de transformer l’école en un lieu de divertissement? de pourvoir à tous les désirs de l’enfant? de remplacer la contrainte par le plaisir? de fuir la difficulté et de céder à la facilité?

Réduire cette distance entre l’enseignant et l’élève signifie-t-elle baisser le niveau d’exigence attendu? Non…bien évidemment…Tout au contraire. A mon sens, le niveau d’exigence reflète le respect que l’on porte à l’élève. Exiger c’est affirmer à l’autre qu’il est capable. Capable de grandir intellectuellement, physiquement, moralement, individuellement. Il faut donc que cette exigence soit en rapport avec celui qui y fait face. Il faut donc que cette exigence ouvre les yeux de celui qui doit y parvenir. Il faut donc que cette exigence fasse écho chez l’élève.

L’enfant interagit dans l’action, il vit dans l’immédiateté, il se construit dans le moment présent. Il est alors nécessaire de faire appel à des situations d’apprentissage qui l’ancrent dans sa réalité et lui permettent de mieux comprendre les enjeux à venir dont il est porteur.

Quels « critères actifs » prendre en compte dans ces situations d’apprentissage? Comment passer d’une situation subie à une situation non pas choisie mais active? Voici une ébauche suggestive, quelques pistes envisageables, à décliner bien entendu selon les appétences et les compétences de chacun….chaque enseignant est unique et chaque groupe d’élèves l’est également. Je tenterai juste d’exprimer des possibles mises en œuvre…en fonction de quelques paramètres qui m’apparaissent utiles et selon les principes définis par Rolland Viau.

1/ Révéler un besoin authentique à combler, ce qui permettra aux activités ultérieurement proposées d’être signifiantes aux yeux de l’élève: « Voilà pourquoi je fais cela. »

Ex. pour le cycle 3: Partir des productions écrites des élèves en début d’année et établir avec eux un diagnostic des principales erreurs référencées auxquelles les différents points du programme apporteront des éléments de réponses. On peut alors imaginer des parcours personnalisés, des ateliers communs et des regroupements collectifs.

2/ Proposer un objectif précis à atteindre, en lien avec le besoin identifié, pour que l’élève sache vers où il doit aller: « Je pars d’ici pour arriver là. »

Ex. pour le cycle 1: Fabriquer un dictionnaire de classe collectif, un herbier saisonnier, dont un prototype élaboré par le maître sera présenté à la classe.

3/ Présenter un défi pour l’élève afin de donner du sens et une légitimité aux apprentissages. « Pour que ça marche, je dois y arriver ».

Ex. pour le cycle 2: Réaliser une maquette en vue d’une exposition de fin d’année, d’une carte animée à offrir pour Noël, etc.

4/ Diversifier les activités et les intégrer les unes aux autres de manière à donner du rythme aux apprentissages et d’offrir plusieurs approches. « Pour accomplir une tâche, je dois passer par plusieurs étapes »

Ex. pour le cycle 1: Au cours de la fabrication d’un recueil de contes, suggérer des lectures, produire des créations écrites, des illustrations, participer à la mise en page, etc.

5/ Engager l’élève individuellement et collectivement « Je compte sur les autres et les autres comptent sur moi! »

Ex. pour le cycle 3: Imaginer un parcours-relais par équipe en mathématiques où chaque élève est responsable de son propre travail  dont les résultats seront ensuite comptabilisés au sein de chaque groupe.

6/ Le responsabiliser en l’invitant à effectuer des choix. « Quelle est ma priorité du moment? »

Ex pour le cycle 2: En situation d’ajustement proposer deux ateliers de conjugaison semblables mais différents et inviter l’élève à expliciter son choix en fonction de ses difficultés propres.

Je voudrais conclure cette petite réflexion par un aveu de faiblesse. Comme de nombreux collègues, les difficultés majeures auxquelles je me trouve confrontée quotidiennement sont liées en grande partie à la gestion du groupe classe, du temps et de l’hétérogénéité. De recette miracle, il n’en existe pas, je n’en réclame pas ni n’en promets aucune. Je demeure néanmoins certaine d’une chose, les échanges d’expériences et de points de vue peuvent aider à dépasser certaines réticences, certains doutes en permettant de sortir de la solitude que beaucoup d’entre nous ressentons au sein de la classe.

On ne naît pas enseignant, on le devient peu à peu et pas à pas. Tel un artisan, notre maîtrise n’est jamais totalement acquise. Mais le geste s’affine, il devient jour après jour un peu plus plus sûr. Alors rasséréné, on peut se laisser aller à l’exploration de nouvelles stratégies.

Enfin et surtout je me répète régulièrement une chose: on apprend en faisant, en défaisant, en recommençant. Regardez nos élèves, c’est ce qu’ils font tous les jours! Alors de quoi avons-nous peur?

Demain, je ne ne retourne pas en classe. Demain je me lèverai dans la peau d’une élève. Demain, et pour un mois, je ne vais plus enseigner, je vais continuer d’apprendre avec d’autres collègues, aux côtés de maîtres-passeurs comme j’aime à appeler nos maîtres-formateurs.

Je vous raconterai…

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9 réponses à “Motiver, oui mais comment?”

10 11 2008
CecileRay (10:01:25) :

Bonjour Ostiane,

Elles furent nombreuses, les questions posées par mes enfants un soir de week-end, ou un matin pressé : « mais pourquoi je dois aller à l’école ? ».

Je n’ai jamais su bien répondre, et ne pense jamais pouvoir le faire correctement.

Quand je leur réponds « pour trouver un travail », ils rétorquent « et te retrouver licenciée du jour au lendemain ?!? »

QUand je leur réponds « pour trouver ta place », ils rétorquent « j’ai envie de faire des choses pour lesquelles je n’ai pas l’impression d’apprendre quoi que ce soit ».

Et ainsi de suite.

Je pense que l’abîme de la motivation est grand du fait de l’anxiété grandissante dans laquelle notre société vit désormais, et à laquelle, plus que jamais, nos enfants sont sensibles car ils ont via le web, le téléphone, …… des accès à l’information contre lesquels le filtre parental ne peut plus rien.

Et je dis que ton approche, qui consiste à échanger, partager, accepter les erreurs, être humble face à l’acquisition de l’expérience (pour toi, en tant qu’enseignant, pour moi, en tant que mère) est la bonne attitude.

J’ai hâte de lire tes chroniques du stage que tu entames aujourd’hui !

Cordialement,

Cécile

10 11 2008
veronik (11:52:31) :

Une petite erreur dans votre texte :
L’école n’est pas obligatoire en France, c’est l’instruction qui l’est….

Je pense que malgrès vos efforts vous ne pourrez pas vous mettre dans la peau d’un élève de 5 à 10 ans…vous n’êtes plus le même !

Les enfants sont curieux, avides d’apprendre ! l’école a sur eux l’effet d’enlever les couleurs au monde.
Il y a 100 ans, on venait s’instruire à l’école, mais on connaissait l’essentiel de la vie, les enfants vivaient plus dans le concrêt…maintenant ils n’ont plus accès à l’essentiel et on ne leur présente que de l’abstrait…

Ils vivent dans un monde de plus en plus virtuel…

Il faut tout casser et tout reconstruire car notre société a tellement changé que la plupart des structures actuelles sont dépassés !

Il va falloir revenir au jardinage !
( entre autre )

10 11 2008
Christian Montelle (14:26:47) :

« En guise d’introduction, n’oublions pas ce préalable: si l’enseignant est en classe, il s’agit là, a priori, de son choix, de son désir. Pour l’élève, comme pour sa famille d’ailleurs, il n’en est rien; s’ils répondent présents à l’appel, c’est que l’école est tout simplement obligatoire. Il ne s’agit pas pour l’enfant d’une volonté fondée sur le désir ou le besoin, il ne s’agit pas pour lui d’une démarche naturelle ou individuelle. Sauf rares exceptions. » écris-tu.

Tu parles, à juste titre, du désir, moteur incontournable des activités humaines, tout comme le besoin (ou la coercition quand le désir ou le besoin sont absents).
Tu supputes une absence systématique de désir d’école ou d’apprentissage chez les enfants. Ce n’est pas vrai au départ. Les petits veulent aller en classe, sont très fiers de devenir « des grands ». Qu’est-ce qui épuise ce désir, par la suite ? Je crois que c’est un malentendu sur ce qui provoque le désir, à savoir le plaisir.
Le plaisir est l’oxygène du désir, sa condition absolue. Le problème est qu’il existe plusieurs sortes de plaisirs et qu’il est nécessaire de clarifier le plaisir que nous pouvons et devons convoquer dans le cadre de l’école.
Le plaisir de jouissance immédiate, de consommation de sensations a été privilégié lorsqu’on a cru que le recours au « ludique », permettrait de faire aimer l’école et de lutter contre l’échec scolaire. Je pense que c’est une erreur. Les enfants sentent très bien, surtout s’ils arrivent démunis de culture à l’école, que le rôle des maîtres n’est pas de les amuser, de les flatter, mais de les nourrir de langue et de savoir. Ces enfants pauvres de langage disent, quand on leur donne la parole : « On ne fait rien. On nous prend pour des blaireaux ! » Et il est vrai que de très nombreuses heures sont consacrées à des activités sans contenu avec comme seul argument : « Ça leur plaît ! »
Il existe un autre plaisir, autrement légitime, celui de la difficulté vaincue, celui que l’on éprouve en arrivant au sommet de la montagne. En y réfléchissant, l’obtention de ce plaisir-là est loin d’être évidente car il suppose la mise en œuvre de stratégies qui permettent la réussite et qui ne se contentent pas de constater et de sanctionner l’erreur. En d’autres termes la pratique d’évaluations formatives efficaces et de procédures pratiques efficientes qui permettent d’arriver in fine à un résultat dont l’enfant peut être fier.
Un élève qui, à l’issue d’un travail, obtient une note très médiocre n’est pas forcément un imbécile ou un paresseux. Les éléments auxquels il devait se référer pour obtenir un bon résultat ne lui ont peut-être pas été transmis pour des tas de raisons, ou alors transmis de façon peu claire. Si on part de l »analyse de ses erreurs et qu’on lui donne une seconde chance qui lui permettra d’obtenir un bon résultat, il y a de bonnes raisons de croire qu’il s’intéressera infiniment plus à son travail et qu’il se révélera « motivé ».

Je reprends tes propositions :
« Révéler un besoin authentique à combler » ?Certes, mais quel besoin authentique 24 ou 27 mioches ont-ils envie de combler de concert, sinon à pratiquer des activités sans grand bénéfices cognitifs ? La conjonction est parfois possible, mais elle ne saurait primer sur l’efficacité.

« Proposer un objectif précis à atteindre » ? Entièrement d’accord pour que les enfants voient le bout de la route, l’étape atteinte, les acquisitions obtenues. Situer chaque leçon sur un chemin, établir des progressions, des fiches d’auto et de co-évaluation. Parfait.

« Présenter un défi aux élèves » ? Cela ne fonctionne que pour les gagneurs qui ont déjà trop tendance à la ramener et à s’imposer. Attention aux dérives !

« Diversifier les activités et les intégrer les unes aux autres de manière à donner du rythme aux apprentissages et d’offrir plusieurs approches. » ? Bien sûr ! Les travaux de La Garanderie gardent toute leur pertinence !

« Engager l’élève individuellement et collectivement » ? Bien sûr, et surtout pour certains travaux, en particulier pour l’entraide entre élèves. La solidarité est beaucoup plus éducative que le défi, le challenge.

« Le responsabiliser en l’invitant à effectuer des choix » ? Il ne faut pas prendre un enfant pour un adulte. A utiliser avec modération ! Il me semble que l’on abuse de la responsabilisation dans notre société et que le résultat obtenu est à l’inverse des attentes.

Eveline Charmeux a aussi proposé un lumineux abrégé de mesures pour aider les enfants à réussir.

http://www.charmeux.fr/blog/index.php?2008/09/12/89-contre-l-echec-scolaire-le-soutien-personnalise

Tout cet appareil technique, psychologique, pédagogique, didactique est précieux, mais il ne faut pas qu’il devienne trop lourd et incapacitant pour le travail quotidien.

Les éléments essentiels pour que l’enfant apprenne se situent en priorité dans la maîtrise d’une langue orale suffisante, dans la mise en œuvre de stratégies qui permettent d’aboutir à la réussite génératrice d’un plaisir dynamique, même au prix de nombreuses tentatives, dans la richesse de la nourriture linguistique et culturelle qui leur est dispensée.
Le reste est un background nécessaire, certainement, mais qui ne doit pas cacher l’essentiel.

10 11 2008
Julos (15:45:24) :

En contrepoint de ton texte déjà bien dense, je voudrais indiquer pour celles et ceux qui l’auraient laissé passer un doc sur l’école diffusé lors du dernier n° de « Comme un vendredi » sur fr3.
Le reportage s’appelle « Martine à l’école » et en cadeau-bonux il y a Julien Clerc… pour les filles.

http://programmes.france3.fr/comme-un-vendredi/

10 11 2008
Christian Montelle (16:53:23) :

Cette émission « Comme un vendredi » est une échantillonnage sur le vif d’échec scolaire.
Il me semble que la maîtresse aurait dû tenter d’obtenir une ligne écrite correctement au lieu de passer 45 minutes à faire copier un demi-tableau. Elle ignore manifestement tout de la pédagogie différenciée. Les « bons » aussi bien que les « mauvais » ont perdu leur temps.
Marco ou Soléimane sont largués et ne peuvent que détester l’école. L’immense charisme de cette maîtresse va permettre quelques progrès de surface, mais tout va s’écrouler l’an prochain.
Martine dit : « Je passe beaucoup de temps à expliquer… et ils n’ont rien compris. je ne comprends pas ! » Ce serait comique si ce n’était aussi tragique. S’ils ne comprennent pas, c’est soit que l’exercice (ou la notion) n’était pas de leur niveau ou alors que les explications n’étaient pas bonnes. Il est temps alors de se poser des questions non sur les enfants, mais sur la stratégie adoptée. C’est rarement le cas.

11 11 2008
bouge-toi (09:51:12) :

Le reportage issu de l’émission « Comme un vendredi », ne montre que des moments choisis, il me paraît donc difficile de savoir si l’enseignante différencie ou non son enseignement en fonction des difficultés des élèves…
Ce reportage souligne le fait que les élèves d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’autrefois : les difficultés d’attention, d’attitude face à l’autorité sont soulignées…
Marco dit clairement ne pas aimer l’école… Mais il n’est pas le seul : je connais des élèves sans difficultés majeures qui eux aussi n’aiment pas l’école ( et préfèreraient largement gambader dans la campagne)…D’ailleurs quand vous leur posez la question , un petit quart des enfants vous répondra « oui ». Les réponses des élèves dépendent de ce qu’ils mettent sous le verbe « aimer ».
Alors « aimer l’école » , qu’est-ce que cela signifie vraiment ?
– avoir conscience que l’école enrichit ?
– être capable de comprendre que l’école est une étape , une rivière sur le chemin de la vie qu’il faut franchir à la nage ou sur un bateau selon ses moyens ?
– avoir « envie » de faire des efforts encore et encore ?
– savoir que le plaisir peut être différé (les résultats attendus ne sont pas forcément immédiats)?
ou encore :
– aimer au sens d’aimer la glace à la vanille ?
– aimer = plaisir immédiat ?
– ne pas s’y ennuyer ?
– y avoir des amis ?
– ne pas craindre l’école et les enseignants ?
– être curieux ?…

L’an passé, lors d’un conseil de classe, les délégués (qui ont été élus par les élèves) ont proposé un débat sur ce thème : les discussions ont été intéressantes . La plupart (pas tous) des élèves en difficulté « n’aimaient pas l’école » . Leurs arguments: « c’est trop dur, on y arrive pas,c’est nul, à la maison on peut jouer, moi j’aiderais mes parents à la ferme… »

Les élèves qui ont répondu  » oui » ont tenté de prouver aux autres qu’ils avaient tort de ne pas apprécier l’école. Leurs arguments :
 » si tu ne venais pas à l’école, ce serait encore pire!, ici on a des amis qu’on ne verrait pas ailleurs… sans l’école, ce serait bien plus dur d’apprendre…Si on restait tout le temps à la maison, on finirait par s’ennuyer ! Oui, moi je m’ennuie pendant les vacances… Et puis, tu ne serais pas aller au spectacle JMF, ni aux rencontres USEP…etc… »

Comme tu le dis Ostiane, il ne faut pas oublier que notre vision de l’école est différente de celle que peuvent en avoir nos élèves.

11 11 2008
Christian Montelle (12:49:13) :

Il me semble que l’on aime l’école dans la mesure où on réussit. Tout comme la natation, le ski ou le vélo.
Et on réussit à condition d’acquérir les concepts et les outils pour y parvenir.
Ceux qui détestent l’école sont ceux qui n’ont ni une culture ni un langage suffisants. Aux parents et aux enseignants à les leur donner, au lieu de leur mettre la pression à la façon de Martine.

Si tu dis à quelqu’un qui se casse constamment la figure à ski : « Donne -toi un peu de mal ! Fais attention…. », il ne progressera jamais. Si tu étudies ses erreurs et que tu lui indiques le moyen de les corriger, tout ira mieux et il s’éclatera sur la noire !

11 11 2008
Ostiane (21:05:42) :

Le paradoxe, Christian, c’est qu’il y a des enfants qui réussissent très bien scolairement tout en n’aimant pas l’école, et d’autres qui peinent dans leur travail mais qui sont les premiers à s’accrocher aux murs de leur école. Ceux-là, au delà de la pure réussite cherchent du lien. Et l’école, malgré toutes ses insuffisances offre ce lien.

C’est pourquoi, en réponse à Veronik, et sans juger le choix des familles qui font le pari d’enseigner à la maison, je dirai juste une chose. L’école est loin de répondre à toutes les attentes individuelles, à tous les espoirs familiaux, mais elle offre une chose que la famille ne peut donner: la possibilité d’exister, d’avancer et de se construire en dehors des codes restreints de la seule cellule familiale.

Evidemment certaines situations imposent la déscolarisation et l’enseignement à la maison. Mais lorsqu’il s’agit d’un choix des familles, il serait intéressant de se poser la question des motivations explicites et implicites des parents.

12 11 2008
Christian Montelle (11:06:28) :

Bien sûr que la seconde – e peut-être la première – fonction de l’école est la socialisation !
Savez-vous que la grande mode aux Etats-Unis est le home schooling, l’école à la maison ? Il commence à se répandre en France. Il me semble extrêmement dangereux pour le psychisme des enfants.

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