La démarche « portfolio »

15 11 2008

Une démarche d’apprentissage qui doit…

« permettre à chaque apprenant d’accéder à son excellence propre »

Une démarche qui amène l’enseignant à se poser deux questions majeures…

1 qui travaille en classe…les élèves ou le maître?

2 évaluer…qui, quoi quand et comment?

Une démarche qui propose à l’élève de construire et de prendre conscience de sa progression.

– j’ai des points faibles et des points d’appui

– je choisis mes priorités en fonction de besoins incontournables

– je me fixe des défis mesurables

– je collecte des outils et des éléments utiles en fonction de mes objectifs

– je sélectionne les plus pertinents

– je mets en place

– je présente

– je co-évalue avec l’adulte

– je compare mes points faibles et mes points d’appui à ceux de départ

….et soit je reprense mon défi, soit je passe à un autre défi…quant à mes réussites, elles sont visibles, point besoin de note pour les mesurer!

Bon, vive la formation…Et maintenant…Je fais quoi avec tout ça?…la révolution à l’école? Chouette! Non, plus sérieusement, je commence par le commencement.

Première étape, je construis mon propre portfolio … »numérique »… je m’y colle, je joue le jeu de l’élève-enseignant…sur une année scolaire, cela me semble raisonnable. Après, nous verrons bien…Rien ne sert d’aller trop vite, même si l’on est pressé d’arriver! Mieux vaut vivre de l’expérience de l’intérieur. En se mettant soi-même en situation, il est plus facile d’appréhender les possibilités et les limites d’une telle pédagogie. C’est également une façon de précéder l’élève dans la démarche pour mieux le seconder par la suite.

J’ai bien entendu une foule de questions en tête. Des doutes, des peurs.

– Et mon rôle dans tout ça?

– Et comment gérer dans toutes « les matières » le suivi individualisé de 30 élèves?

– Et quid du collectif et des fameuses leçons?

– Et comment intégrer cette pédagogie dans un vrai projet d’école?

– Et comment les parents vont-ils réagir?

– Et les collègues du collège, vont-ils s’y retrouver?

D’ailleurs, cette nuit, grosse insomnie…

Maintenant, pour ne rien vous cacher, je compte bien sur mes gentils et fidèles lecteurs pour me faire part, le cas échéant, de leurs aventures (abouties ou non) dans ce domaine! Vous savez, le fameux label du webpédagogique…parce que la connaissance…ça se partage!

Enseignants ayant pratiqué cette pédagogie, parents l’ayant vécue à l’école ou en milieu professionnel, j’attends vos témoignages, vos remarques, vos éclairages!

Je terminerai en remerciant chaleureusement Lofi pour sa longue intervention sur le forum hier, en réponse à mon appel à témoins! MERCI.

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5 réponses à “La démarche « portfolio »”

15 11 2008
Anne (13:05:20) :

Bravo Ostiane pour ton gout de l’aventure ! Je fonce avec toi finalement !
😉

15 11 2008
Ostiane (13:14:37) :

Coucou collègue…Bienvenue au club! Mais, méfie-toi, quand on y prend goût…

16 11 2008
Christian Montelle (09:27:29) :

« – j’ai des points faibles et des points d’appui

– je choisis mes priorités en fonction de besoins incontournables

– je me fixe des défis mesurables

– je collecte des outils et des éléments utiles en fonction de mes objectifs

– je sélectionne les plus pertinents

– je mets en place

– je présente

– je co-évalue avec l’adulte

– je compare mes points faibles et mes points d’appui à ceux de départ

….et soit je repense mon défi, soit je passe à un autre défi…quant à mes réussites, elles sont visibles, point besoin de note pour les mesurer! »

Il me semble que cela suppose le problème résolu, que cela affirme que l’enfant est capable d’opérer ces opérations d’analyse et de prévision qui sont, en fait, inaccessibles à un très grand nombre d’adultes.
Etablissons un parallèle avec le monde du sport. Avant qu’un sportif aborde les problèmes de finalités et d’évaluation, il est important de s’intéresser à son alimentation et à son entraînement, à sa volonté et à ses motivations.
Alimentation : l’enfant (de base, pas le petit « génie ») n’a pas la culture nécessaire pour « construire son savoir », comme le disent d’aucuns. Il est important de lui faire rencontrer de façon attractive, des livres, des faits scientifiques, techniques et artistiques et de lui permettre d’en déchiffrer les codes. Laissé à lui-même, l’enfant moyen erre au milieu de la culture, ne hiérarchise rien, ne retient rien.
Entraînement : oui, il y a des gammes incontournables qui permettent de s’approprier véritablement certaines notions.
Bien sûr que l’enfant « construit son savoir », mais il y est puissamment aidé par le « maître », qui sait, qui conduit le voyageur novice dans l’immensité de ce que nous devons connaître.

Cela dit les principes énoncés par Ostiane ont leur place dans le processus pédagogique. A condition que les notions et les outils aient été transmis auparavant.
Ce que je vise, c’est cette croyance naïve que « tout est dans l’enfant » et que les professeurs sont de simples catalyseurs qui permettent que « ça » sorte. Fatale illusion et qui laisse des milliers d’enfants démunis.

Prenons un exemple. Charger un enfant ou un groupe d’enfants de réaliser un dossier sur l’environnement nécessite un immense travail préliminaire. Trouver des informations, traiter ces informations, les présenter de façon adéquate selon la cible choisie. Faute de ces précautions, on obtient des exposés copiés-collés que leurs auteurs n’ont souvent même pas lus.
Que de temps perdu !
Les travaux ardus qui permettent de :
– maîtriser les classifications bibliothéconomiques,
– d’explorer de façon efficace les bases de données,
– de hiérarchiser et trier la collecte,
– de mettre en place selon un plan rigoureux un exposé traversé et soutenu par une thèse,
– de corriger, illustrer, relire et relire encore avec un œil critique,
sont difficiles et il faut avoir un but final stimulant pour que les enfants s’y intéressent. Mais ils sont totalement indispensables. Sinon, on risque d’obtenir soit le n’importe quoi, soit le « fait par les parents ». Bien sûr, on trompera l’enfant en disant que c’est très bien, qu’il a bien travaillé. On le récompensera. Mais il n’est pas dupe longtemps.

En résumé, je ne suis ni pour ni contre les méthodes anciennes ou les méthodes modernes ; je suis pour leur symbiose harmonieuse. J’ai eu des professeurs, dans les classes « Nouvelles » et « Pilotes » des années cinquante qui alliaient merveilleusement ces stratégies que l’on s’entête à opposer de façon caricaturale. Elles occupent des moments différents, elles sont complémentaires.

20 11 2008
Isabelle Quentin (17:26:09) :

Belle idée que de mettre en place un portfolio dans ta classe.

Je te propose en lien
http://docs.google.com/Presentation?id=dhkd2mhv_1729c6mr8hcs
un diaporama d’une intervention faite hier (c’est tout frais !) sur le sujet. La 3ème partie est une synthèse du bilan et des idées qui ont émergées pendant la discussion. Il y des choses intéressantes. En tout cas tiens nous au courant….
Isabelle

20 11 2008
Ostiane (17:56:22) :

Merci Isabelle pour tes encouragements et le lien vers ton diaporama!
Bien évidemment, j’avancerai à petits pas; j’essaie de cibler la démarche dans un domaine précis pour éviter les écueils d’un projet trop ambitieux!

A bientôt!

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