Noël en Alsace

8 12 2008

Les 7 pays de Noël:

Le pays des mystères…

Le pays des lumières…

Le pays des étoiles…

Le pays des saveurs…

Le pays des chants et des étoffes…

Le pays des sapins…

Le pays des veillées…

Alsace la gourmande:
Les Bredles de Noël

Ingrédients :
250 g de farine
125 g de sucre
125 g de beurre
4 jaunes d’œufs
2 cuillères à soupe de sucre glace et 2 cuillères à soupe de kirsch pour glacer.

Préparation :
Mélanger la farine, le sucre et le beurre coupe en petits morceaux.
Ajouter les jaunes et laisser reposer une nuit.

Etaler la pâte sur 1 cm d’épaisseur et découper à l’emporte pièce. Poser sur du papier sulfurisé et cuire à feu moyen th. 6 (180°C) de 10 à 15 minutes

A la sortie du four passer au pinceau le sucre et le kirsch (mélangés).

L’Alsace des traditions, des marchés, des vins chauds…à découvrir ou à redécouvrir…ici!

 

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8 réponses à “Noël en Alsace”

9 12 2008
les zrofs (08:11:13) :

Tu as oublié le monde de l’humour pas drôle ! Oubli réparé : http://leszrofs.blogspot.com

9 12 2008
Christian Montelle (19:52:30) :

Allez ! Ya besoin de rigoler. Une toute mignonne.
-Allo ! Ah ! C’est toi, ma poupée ? Tu veux me passer ta maman ?
– Ma maman, on peut pas lui téléphoner ; elle est occupée.
– Ah bon ! Dis à ton papa que Tonton veut lui parler !
– Mon papa, on peut pas lui téléphoner non plus, il est occupé aussi !
– Comment ça il est occupé ? Occupé comment ?
– Avec le monsieur de la police !
– La police ? Occupé avec la police ? Passe-moi le monsieur de la police alors !!!!
– Je peux pas !
– Comment ça ? Mais pourquoi ?
– Il est occupé avec le monsieur des pompiers !
– LES POMPIERS !!!!! MAIS QU’EST-CE QUI SE PASSE DONC !!!!!!
– Chut ! Pas si fort !
– Quoi ! Pas si fort !
– Ils vont t »entendre ! Je me suis cachée ! Ils me cherchent !!!!!

10 12 2008
Christian Montelle (05:44:06) :

Bon ! Redevenons sérieux. En ce temps de lumières citadines et domestiques, Noël est d’abord la fête du solstice, du retour de la lumière, je propose aux blognautes courageux un long texte, un peu ancien sur l’ombre et la lumière.

Eloge de l’ombre et du subtil…
Trop de clarté nuit

Tout l’effort de la pensée moderne tend à éliminer les zones d’ombre et d’incertitude dans le monde et dans l’homme. Cette exigence de clarté se montre aussi bien dans l’éclairage nocturne des cités qui condamne les citadins à un jour perpétuel, que dans les émissions exhibitionnistes de la télé réalité, ou dans les efforts des mathématiciens et des physiciens à représenter la réalité en des équations manipulables. Si, dans le domaine des sciences dures, l’élimination de l’ambiguïté est indispensable, il en est peut-être autrement en ce qui concerne les sciences humaines, et en particulier le langage. On définit de plus en plus tôt les mots de façon monosémique. Cela ne laisse aucun jeu — espace qui évite l’échauffement d’un système mécanique — dans la représentation sémantique. Or, c’est ce jeu qui garantit, d’une part la possibilité de la création poétique, d’autre part la liberté des usagers de la langue.

Le biberon
Dans un imagier, une publicité, un biberon est représenté par un dessin ou une photo, accompagnés d’une légende : « biberon », dont on pourrait dire au contraire et à juste titre : « Ceci n’est pas un biberon ». En effet pour le petit enfant, le signifiant biberon, entendu oralement contient : bébé, rond, et l’allitération du b, qui évoque une lallation goulue ; l’objet est tiédeur dans les mains, saveur sucrée et liquide dans la bouche, et il est lié à des genoux, à des bras et un giron accueillants, et aussi à un plaisir oral intense.
Il est indissociable de la voix de la maman ou du papa, de la sécurité, de la faim et de l’angoisse apaisées, de toutes ces preuves d’amour qui donnent envie de vivre.
Le petit enfant est étonné et déçu lorsqu’on prétend que ce dessin stupide ou ces signes écrits SONT un biberon. Plus tard, bien sûr, il comprendra et acceptera la valeur de représentation des images ou des mots. Mais, dans la prime enfance, et en particulier lors des premières années d’école, toute la richesse et toute l’incertitude des signifiants doivent être préservées Colette nous raconte combien elle fut déçue qu’un « presbytère » ne soit qu’une maison de curé, alors qu’elle en avait imaginé mille merveilles. En effet, il importe d’élargir et non de restreindre l’aire de sens des mots, car de ces flottements de sens vont dépendre la liberté de penser, la capacité poétique et le pouvoir d’interprétation des enfants, puis des hommes.

Il est nécessaire de laisser des zones d’ombre dans le langage, mais aussi dans le monde. Non, il n’est pas nécessaire de montrer aux petits enfants, avec force documents, voire in vivo, ce que font maman et papa dans leur lit. Il vaut bien mieux leur laisser découvrir l’amour peu à peu, avec force erreurs, grâce à des discussions entre jeunes, des récits ou des tableaux symboliques. Ce mystère, cet effort de découverte exacerbent le désir ; l’étalage anatomique le ramollit. Les récits fondateurs, les poèmes peuvent évoquer de façon non rationnelle des mondes mystérieux qui laissent à l’imagination toutes ses chances de se développer. Ils sont mystérieux, polysémiques, ils demandent des efforts d’interprétation, ils appartiennent au monde de l’ombre. Peu à peu, la lumière du savoir et de la raison s’imposera, mais restera le souvenir délicieusement ombreux des mondes rêvés. Et une longue quête commencera pour faire revivre ces moments de grâce par des promenades dans le monde de l’art ou celui de la littérature.
Je résumerai cet éloge de l’ombre par cette formule : Trop de clarté nuit.

Interpréter, c’est voir ce qu’il y a au-delà de l’écran, l’écran étant ce qui empêche de voir. Les Romains qualifiaient de « subtilis », cette aptitude à voir ce qui est sous la toile (« sub » : sous, « tela » : la trame, la toile — en anglais : » the Web »). Une représentation transparente du monde n’oblige pas à un effort de découverte des strates de sens cachés. De nos jours, on s’en tient à la perception et à la sensation immédiates et les produits culturels tendent à être de plus en plus sensationnels, sans se préoccuper d’être plus signifiants. S’il y a encore quelque chose d’un peu difficile à comprendre dans un film, on fera une émission spéciale pour enlever ce petit mystère et pour expliquer les effets spéciaux, pour étaler le « making of ». Tout comme on expliquera les artifices du prestidigitateur ou on donnera la solution des mots croisés dans le numéro en cours. Cela pourra aller beaucoup plus loin : la réforme Allègre des mathématiques conseille de centrer tout l’effort d’apprentissage sur le calcul, au détriment du raisonnement, donc de l’intelligence. Comment obtenir ensuite des esprits subtils, c’est-à-dire : fins, déliés, délicats, pénétrants, sagaces ? Je rappelle les antonymes de subtil, dans ses différentes acceptions : balourd, bête, borné, lourd, stupide, élémentaire, fruste, grossier, rudimentaire, simple, évident, limpide. Cette dernière liste qualifie, hélas, nombre d’activités de loisir, voire d’activités scolaires.
Il est donc nécessaire d’être ambitieux pour nos enfants, de leur proposer des activités qui développent leur intelligence, et des textes prenants et polysémiques qui les amènent à réfléchir, à interpréter, à relire, à réécouter, à chercher la substantifique moelle. Il vaut mieux choisir la subtilité que la transparence, car la soi-disant « glasnost » n’est qu’un miroir aux alouettes et elle conduit aux ténèbres (voir : Les Mystères de Poutine, épilogue de la glasnost russe, triste feuilleton réaliste contemporain).

L’homme doit être multiple pour être complet. On pourrait pointer de façon non exhaustive différentes facettes de l’être humain et les pédagogies qui se proposent de développer tel ou tel aspect. L’éducation consiste à opérer des choix, à définir des priorités et des chronologies pour cette construction de l’homme.
Homo sensualis : homme qui jouit. Pédagogie du plaisir, du ludique, des sensations, des pulsions, du fun avant tout. Privilégié par les médias et la pub.
Homo faber : homme qui fait. Pédagogie du faire et des savoir-faire. (Cf : les démarches charpakiennes, qui ont leurs limites).
Homo economicus : homme qui produit et consomme. Pédagogie régie par les entreprises et le marché, selon des schémas skinnériens ou tayloristes (le pragmatisme en action).
Homo sapiens : homme qui sait. Pédagogie de l’inventaire et de la raison (l’idéal de Jules Ferry).
Homo subtilis : homme qui interprète. Pédagogie de l’humanisme et de la liberté.

Il me semble que l’homo subtilis est quelque peu oublié dans notre monde glasnosté.

Peut-être la poésie, le théâtre, les récits orataires et littéraires, et aussi le contact à la fois sensuel et herméneutique avec les arts, peuvent-ils permettre à l’enfant de développer sa subtilité, en préservant les mystères de l’ombre et le souvenir des Ombres, de tous ceux qui nous ont précédés et qui peuvent encore nous élever, si nous savons les écouter.

Loin d’obscurcir la raison des enfants, cette mise en perspective la rendra plus brillante.

10 12 2008
Ostiane (18:53:42) :

J’aime bien ton histoire drôle, Christian, elle a un goût d’enfance et de vérité. Qui n’a jamais été cette petite fille espiègle et naïve à la fois?

Quant à ton texte sur l’ombre et la lumière, il évoque à merveille le monde dans lequel nous vivons à la recherche de chimères électriques et d’absolue transparence, toujours prêts à inventer de fausses vérités capables d’éclairer les voies les plus obscures!

Apprenons donc à nos enfants à ne pas prendre des vessies pour des lanternes!

10 12 2008
Christian Montelle (20:28:24) :

« Apprenons donc à nos enfants à ne pas prendre des vessies pour des lanternes! »

… ni des messies pour des Lumières !!!

Merci d’avoir lu ce texte qui me tient à cœur, du fond du cœur. Il est parti d’un éditorial que j’avais écrit pour une revue pédagogique suisse. Scandale ! La Suisse est le pays de la transparence. C’est là que naquit l’expression : « C’est clair ! » qui nous est devenue familière aujourd’hui. Je n’ai plus eu ma rubrique mais bof !

Ce serait bien si des lecteurs agrémentaient nos cogitations de quelques blagues savoureuses.
Tiens ! nous étions chez les Helvètes : une ancienne coutume de La-Chaux-de-Fonds. Jadis et encore naguère, une femme d’expérience (=qui avait bien roulé) prenait place dans un certain café et les hommes seuls, célibataires ou veufs, s’y rassemblaient le soir du 24 décembre. La matrone commençait à raconter des histoires grivoises, puis salées, puis audacieuses, puis érotiques, à mesure que l’heure et les libations avançaient.
Je trouve que ce n’était pas si mal. Bien sûr, c’est impensable aujourd’hui, dans notre société pornographique et pudibonde à la fois. Qui connaît encore les messes à l’envers ou les messes des ânes ? A Noël !!!
Les jours à l’envers étaient (il en reste la messe de minuit et les réveillons) un souvenir des croyances des Celtes. Ces derniers avaient une conception pendulaire du temps. Comme un balancier, le temps allait dans un sens jusqu’au solstice d’été, repartait dans l’autre sens jusqu’au solstice d’hiver. En juin, on allumait de grands feux de la Saint-Jean et en hiver on pratiquait des rites pour redonner envie au soleil de remonter, de repartir vers la chaleur, de rendre fécondes la nature, les animaux et les femmes. D’où ces coutumes érotiques que l’Eglise a eu toutes les peines du monde à éradiquer.
Du 24 décembre au 5 janvier, c’étaient les douze jours à l’envers : on faisait tout à l’envers : s’habiller à l’envers, manger la nuit, dormir le jour, obéir aux enfants ou aux fous, marcher à reculons, etc.

11 12 2008
bouge-toi (21:37:03) :

« Les récits fondateurs, les poèmes peuvent évoquer de façon non rationnelle des mondes mystérieux qui laissent à l’imagination toutes ses chances de se développer. Ils sont mystérieux, polysémiques, ils demandent des efforts d’interprétation, ils appartiennent au monde de l’ombre »

Est-ce pour cette raison que j’ai détesté certains cours où on imposait une interprétation d’un texte comme étant celle de l’auteur ? Je me suis toujours demandé comment on pouvait connaître les pensées intérieures d’un écrivain (décédé depuis longtemps) : pour ma part, je préférais me dire que peut-être on se trompait complètement et j’imaginais l’auteur riant de notre ignorance ! Bref, je reconstituais la part d’ombre, de mystère au texte que l’on voulait m’enlever !

Connaissez-vous « Le jardin mystérieux » de F.H. Burnett ? Rien que le titre me donnait envie d’explorer ce jardin ! (De plus le livre avait appartenu à un oncle décédé avant que j’ai eu la chance de le connaître, et qui l’avait reçu pour Noël 1946…Cela amplifiait ma curiosité !)
Ce livre était donc entouré d’ombres que personne n’aurait pu me dévoiler vraiment, car la lumière que j’y ai apportée était colorée par le mystère qui entourait cet oncle dont on parlait peu !

Allez, une petite phrase à l’envers pour faire travailler nos neurones :

erianigami ‘l ed baboab ud erbmo’l à resoper es ed xuod tse li’uQ

Vous m’avez comprise ?

12 12 2008
Christian Montelle (07:44:40) :

Je ne connais pas ce mystérieux jardin :
http://aelys-bribes.blogspot.com/2007/10/jardins-secrets.html
qui semble bien attrayant ! Paru en 1909, il paraît avoir connu une longue carrière.

Vous aviez bien raison, écolière ou étudiante de vous rebeller contre le : « Je vais vous dire ce que l’auteur a voulu dire ou du moins vous contraindre à le découvrir grâce à mon questionnaire. »
1- L’auteur n’a pas forcément dit ce qu’il voulait dire. Il a dit beaucoup plus sur lui-même, sur sa vision du monde, sur le monde qui l’entourait et aussi sur le lecteur de son œuvre.
2- Le lecteur n’est pas dans le monde de l’auteur et il construit un sens de la lecture de tel texte qui lui est personnel et qui est corrélatif à sa propre personnalité et à sa culture. C’est tout le charme de la lecture interprétative. Et le plaisir de comparer ensuite ces interprétations entre lecteurs, d’enrichir sa propre lecture de celle des autres.

Un exemple. J’ai parlé ici de mon poème préféré, celui de René Char, qui commence ainsi :
« Mon amour est parti dans les rues de la ville. Ce n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. »
Je voyais là une séparation amoureuse et voilà que je tombe sur une interview du poète qui déclare qu’il songeait à ses poèmes en écrivant ce texte. Voilà ce poème aimé qui part vivre sa vie dans les yeux et l’imaginaire des lecteurs. Il sera interprété de mille manières, décortiqué, analysé, martyrisé. Chacun va le lire, c’est-à-dire lui « parler », l’habiller autrement. Il faut avoir beaucoup de choses à lui dire pour parler à un poème ! Plus riche est le lecteur, plus riche est la lecture. Ne vouloir décrypter qu’un sens déjà établi par un « critique » n’est que travail de tâcheron, laborieuse exégèse au niveau des pâquerettes. Pousser les mots et les phrases dans leurs derniers retranchements sémantiques pour en extirper la substantifique moelle, lancer des ponts entre d’autres textes, établir des correspondances avec la biographie de l’auteur, voilà qui stimule autrement l’intelligence. Et qui laisse place à notre chère et précieuse liberté.

PS Je viens de lire le Goncourt : Atiq Rahimi, Syngué sabour/Pierre de patience, P.O.L., Paris, 2008 : une pure merveille. Une écriture d’orfèvre, un agencement narratif original et prenant, un voyage hallucinant dans un cerveau de femme afghane (ou d’ailleurs, comme le dit l’exergue).

« Quand les hommes jouissent, les femmes se réjouissent. »

20 12 2008
Astrid (16:59:06) :

Salut Ostiane !
Merci d’avoir participé au quiz alsacien de http://www.maisnonjeblogue.com/2008/12/20/le-quiz-de-deux-doudous-en-vacances-en-alsace/
Joyeux Noël au fan club du livre « Mais non, je blogue ! » bien identifié dans ta classe de CM1 ! C’est avec plaisir que je viendrai échanger avec ta classe.
Je dois préparer une animation pour les enfants à la Société de lecture de Genève en mars 2009, on trouvera ensemble un mercredi je pense ! Joyeux Noël ! Astrid

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