Ecologie ou philosophie

15 12 2008

A la Une du webpédagogique cette semaine, un dossier sur l’eau et le développement durable…Pour cette occasion, voici ma contribution…dont la source d’inspiration découle directement d’un « petit » livre que je recommande à tous…Nouvelle petite philosophie, Albert Jacquard. Ed. Stock, coll. Livre de Poche. 2005

 » Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement vous vous apercevrez que l’argent ne se mange pas. » Un indien Cree

                                Entretient avec Albert Jacquard

En orange des extraits de l’ouvrage du philosophe, en bleu, des interprétations personnelles, mais égalemnt en vrac, les questions de mes enfants ou celles de mes élèves.

Il s’agit de prendre enfin en considération la petitesse et la fragilité de notre planète, sa finitude […] Il y a un début et une fin à tout. On naît, on meurt. Et si nous, les hommes, nous étions responsables, durant notre court passage sur Terre, de maintenir notre planète en vie? Pour les suivants…Cette planète, c’est un peu comme notre mère à tous, notre maison, notre source de vie. Aujourd’hui, faible et malade, n’est-il pas temps de lui rendre ce qu’elle nous a donné sans compter depuis des milliards d’années? Ca paraît si simple à comprendre!

Aujourd’hui que nous sommes six milliards d’humains, nous devons admettre qu’il n’y a plus d’ailleurs […] Lorque nous aurons asséché les ressources de notre planète, irons-nous vivre sur Mars? C’est bien d’explorer les confins de l’univers, mais peut-être faudrait-il commencer par donner à boire aux enfants privés d’eau, ici, à côté de nous ou un peu plus loin? Un peu plus loin, c’est juste à côté finalement…Plus nous sommes nombreux, plus forts nous devrions être, non?

La lucidité est le point de départ de la sagesse. Malheureusement, le changement en profondeur des comportements n’est obtenu qu’avec retard, longtemps après la généralisation de la lucidité, elle-même décalée par rapport aux constats faits par le scientifiques […] Il y a des adultes qui disent que c’est trop tard, mais si c’est trop tard pour eux, ce n’est pas trop tard pour nous! Les grandes personnes se plaignent, elles font de grands discours, mais elles ne bougent pas. Elle ne font rien en réalité. Elles passent, elles consomment, elles s’en vont. « Après moi le Déluge! ». Bon, les enfants, on se calme…

Il faut dès l’école donner un sentiment de culpabilité à celui qui se permet de gaspiller un bien épuisable […] La culpabilité, ça ne sert à rien. Et puis, c’est pas à nous de nous sentir coupables. Nous, nous sommes responsables de l’avenir, pas du passé! C’est toujours comme ça. Les adultes n’assument pas. Oui, bon, question suivante!

L’eau, peut-être même avant le pétrole, pourrait devenir cause de conflit. A qui appartient l’eau du Jourdain? La réponse ne peut être proposée que par des instances mondiales. Celles-ci devront affimer non seulement le droit des nations, mais aussi le droit des peuples[…] Et pourquoi pas élire un super président planétaire responsable de l’eau? Avec les satellites et les super équipements technologiques qui existent aujourd’hui, que manque-t-il pour agir? Un peu de C.O.U.R.A.G.E et de G.E.N.E.R.O.S.I.T.E

Mais la générosité, c’est comme un miroir… »L’autre passe avant moi, je suis pour l’autre » Emmanuel Lévinas

Des sites pour en savoir plus:

La cité des sciences

Le CI EAU Junior

Le CNRS

Jeux d’eau

Eau Junior

Aqua Junior

Votre goutte d’eau

Et voilà pour ma petite revue du web! C’est tout pour aujourd’hui!

On termine par un petit diaporama?

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4 réponses à “Ecologie ou philosophie”

17 12 2008
Christian Montelle (18:20:36) :

Pour initier les enfants à la philosophie, je crois plus aux histoires et aux contes qu’à l’exposition des faits.
Les contes, les récits fictionnels conduisent à l’abstraction du réel, donc à la réflexion.
Les faits cantonnent dans l’anecdotique et conduisent à des avis constamment remis en question. Ils naviguent dans l’émotionnel, le compassionnel, écueils qui barrent le chemin de la raison et du raisonnement.
Il en résulte un sentiment d’impuissance, et souvent de désespoir.

Les jeunes enfants ne sont pas des adultes. Les charger de tous les problèmes que nous avons accumulés sur leur avenir me semble cruel et inutile. Il faut voir ce qu’ils se farcissent nos loupiots entre la maternelle et la terminale ! Et chaque année le même refrain. dans les médias, dans les magazines, à l’école, de la bouche des adultes non-enseignants. Celui qui ne se flingue pas avant sa quinzième année est vraiment un monstre d’indifférence !

Leur faire prendre conscience, les responsabiliser ? Vraiment ? Et l’espoir, l’envie d’entrer dans ce monde ?

Petit billet d’humeur… mais vous qu’en pensez-vous ,

17 12 2008
bouge-toi (21:40:12) :

Souvent, en classe, ce sont les enfants les premiers à m’interpeler sur tel ou tel sujet qui concerne l’environnement…
Les contes et les récits fictionnels développent une approche philosophique,oui, je suis d’accord.
Mais je pense que les faits peuvent aussi conduire à une réflexion : pas la réflexion négative  » je suis impuissant, c’est désespérant », mais plutôt « Et moi, dans quel monde j’aimerais vivre ? Quelles idées je peux apporter ? » .
Bien sûr, cela dépend de l’âge de l’enfant.

Anecdote :
Aujourd’hui, plus de piles pour le jeu choisi par les copains de mon fils ! Réflexion d’un de ces copains : « Il faut acheter des piles rechargeables ! »

La culpabilité : inutile et dangereuse.
La responsabilisation :oui, mais adaptée à l’enfant, à ce qu’il vit.
La prise de conscience : la conscience de quoi (pour l’enfant)? Qu’il y a un monde autour de lui ? oui.
Qu’il vit dans ce monde ? oui.
Que ses actes ont des conséquences ? oui.
Que la planète est comme un être vivant ? oui.
Que lui seul devra résoudre tous les problèmes de la planète ? Sûrement pas !

Un petit clip musical pour finir :
http://video.google.com/videoplay?docid=-1160824536699388692&hl=fr

18 12 2008
Ostiane (05:55:29) :

Christian, la philosophie n’est-elle que réflexion? Je serais tentée de répondre par la négative. Et dans ce domaine précis, je pense que les actes, s’ils sont à la mesure de l’enfant comme le dit Bouge-toi, sont un prolongement voire une initiation à la réflexion.

l’écologie, le développement durable, la préservation des espèces et de leur environnement est une pour ne pas dire LA question majeure et centrale à laquelle nous sommes confrontés, mais que nous ne voulons pas voir. L’école a un rôle important à jouer auprès des jeunes générations. Les aider aujourd’hui à trouver la bonne problématique, adopter les attitudes raisonnables leur permettra dans le futur d’aborder ces questions sans culpabilté. Espérons-le.

A propos de piles et de comportements…Il ne viendrait pas à l’idée de mes enfants, même de la petite de 6 ans de jeter les piles usagées à la poubelle. A leur âge, je n’avais aucune conscience de cela, sitôt usée, sitôt jetée! Aujourd’hui, j’ai beau savoir, j’ai bien du mal à éliminer certains gestes alors pour me racheter, je culpabilise! Inefficace et dangereux.

Les jeunes eux, ont absorbé un certain nombre de données. Ils sont nés avec cette chose là. Il devront faire avec, penser avec, construire avec…

Je vais de ce pas écouter ton lien bouge-toi, merci!

18 12 2008
Christian Montelle (06:55:36) :

Bien sûr qu’il faut éduquer, indiquer les comportements nécessaires. Mais il ne s’agit pas là de « philosophie » !
Ce que je regrette, c’est cette propagande du désastre permanente, et pas seulement à l’école.
Je crois que, lorsque les enfants sont petits, il faut leur donner le sentiment, de façon métaphorique, qu’ils procèdent de la nature et qu’ils dépendent d’elle. Quand ils sont plus grands, bien sûr, on en vient aux approches scientifiques, éthologiques, écologiques. Mais le substrat inconscient doit être en place, sinon les comportements sont simplement plaqués en surface.

L’idée que la nature est notre propriété et que nous pouvons en faire tout ce que nous voulons trouve sa source dans la Bible :
« Puis Dieu dit: Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. » (Génèse I-26)
Cette conviction est ancrée dans les inconscients depuis des siècles. L’approche de la culture populaire est différente. Tous ceux qui abusent de la nature, qui tuent sans raison, qui détruisent sont punis cruellement. Dans notre Franche-Comté, c’est la Dame Verte qui est la gardienne du patrimoine commun.
Il existe d’innombrables récits des Indiens Peaux-Rouges en particulier, qui peuvent ancrer solidement ce sentiment d’appartenance et de dépendance. Et des dictons et des proverbes.
Les châtiments sont impitoyables : qui pollue une source est puni de mort parce que l’eau, c’est la vie. Qui doit couper un arbre s’excuse auprès de lui et promet d’en replanter un autre.

Dès le plus jeune âge, on apprend à ne pas tuer l’insecte ni cueillir la fleur des champs, non parce que « c’est mal », mais parce que c’est ma vie.

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