Superstitions

13 02 2009

Vendredi 13…

« Les êtres humains sont probablement plus proches de la vérité centrale par leurs superstitions que par leur science. » Henry Davis Thoreau

« Les superstitions ne sont, pour la plupart, que les ombres de grandes vérités » Tryon Edwards

« La superstition, l’idolâtrie et l’hypocrisie ont des salaires substantiels, mais la vérité mendie encore. » Martin Luther King

« La vérité est comme le soleil. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder…La science est asymptote de la vérité, elle l’approche sans cesse et ne la touche jamais…La raison, c’est l’intelligence en exercice; l’imagination, c’est l’intelligence en érection…où le pied ne va pas, le regard peut atteindre, où le regard s’arrête, l’esprit peut continuer. » Victor Hugo

Tags : , , , ,

Actions

Informations

8 réponses à “Superstitions”

13 02 2009
Christian Montelle (17:39:10) :

Et mon cher Albert Einstein ?
« Quiconque prétend s’ériger en juge de la vérité et du savoir s’expose à périr sous les éclats de rire des dieux puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que nous n’en connaissons que la représentation que nous en faisons. »

Reste que le pédagogue doit bien transmettre quelque chose ! Quelque chose que l’enfant a besoin de tenir comme repères relativement solides.

Le jeunesse est l’âge des certitudes. Puis, les années passant, on pénètre de plus en plus dans les espaces du doute scientifique. L’important est de ne pas se noyer dans le relativisme qui tue la dynamique de l’action !
A la fin des années 90, l' »affaire Sokal » a mis le monde intellectuel en fusion (surtout outre-Atlantique). Puis la braise s’est cachée sous la cendre. Mais le problème de la vérité reste brûlant. Et celui de la légitimité des parutions aussi. Qui ou quoi légitime nos « philosophes » médiatiques qui semblent imperméables au doute ?

13 02 2009
bouge-toi (21:49:50) :

« A la fin des années 90, l’”affaire Sokal” a mis le monde intellectuel en fusion (surtout outre-Atlantique) »

Bon, ignorant de quoi il s’agissait ( désolée pour mon manque de connaissance), j’ai cherché sur le net…Si j’ai bien compris, Sokal a fait paraître un article ( très complexe pour moi…) dans une revue scientifique, mais en fait c’était un canular . Le texte se basait sur des théories farfelues et les éditeurs ne se sont rendus compte de rien !
C’est bien ça ?

Bref en résumé : ne pas croire tout ce qu’on veut bien nous faire croire, et garder un oeil critique… Tout en continuant à se poser des questions pour tenter d’expliquer, même l’inexplicable !

Démarche scientifique ou imaginaire : à vous de choisir, mais en gardant en mémoire que l’une permet de prouver, alors que l’autre permet de rêver.
Bon, parfois, l’imaginaire rejoint la réalité : comme Icare, les hommes voulaient voler…et ce rêve ne s’est-il pas réalisé ?

Oh la la dans quoi je m’embarque, moi !!??

14 02 2009
Christian Montelle (06:35:23) :

« Démarche scientifique ou imaginaire »
Ce « ou » n’est pas de mise, à mon avis. Les découvertes scientifiques sont « imaginées » – avant d’être « découvertes », dit-on, mais en réalité construites par les humains grâce à leur imagination. Elles ne dévoilent pas la réalité, mais une représentation du réel (« nous ignorons comment sont réellement les choses et nous n’en connaissons que la représentation que nous en faisons » nous dit Einstein). Le savoir scientifique est donc en permanente construction/déconstruction/reconstruction mais, par convention, nous tenons pour vrai (provisoire) ce qui est prouvé et/ou reproductible. Vrai provisoire donc jusqu’à ce qu’un esprit hardi remette en question tel ou tel aspect pour construire une nouvelle théorie-représentation.
Les savants ou les philosophes qui affirment :
– C »est comme ça les choses !
ne sont tout simplement ni savants ni philosophes. Ils sont dogmatiques et relèvent du domaine de la croyance, non de celui de l’intelligence du monde.

Gaston Bachelard a écrit des ouvrages éclairants sur ces sujets :
« Le nouvel esprit scientifique », par exemple.

Comme tu le dis si bien, le pédagogue doit aiguiser chez l’enfant l’esprit critique, non pas la critique négative, mais la critique constructive qui englobe et dépasse les idées reçues. La réforme actuelle va exactement en sens inverse.
Il doit aussi laisser sa place à l’imagination, non pas l’imagination débridée du n’importe quoi, mais l’imagination cohérente qui a sa logique propre.
Le conte, ainsi, possède sa logique propre et implacable. Plus il est invraisemblable, plus il doit être « logique dans sa logique », dans ce monde du récit ou il évolue selon les règles de ce monde imaginé (la sience-fiction est aussi un domaine privilégié de l’imaginaire prospectif). Hélas ! souvent l’imaginaire est assimilé au bizarre non-construit du spontané.- et cela n’a aucune valeur pédagogique.
Il ne s’agit pas de « libérer l’expression », mais d’aider à la construire de façon cohérente.

Sokal a attaqué la déconstruction non suivie d’une reconstruction de certains philosophes. Elle abouti, selon lui, à un relativisme qui aboutit à des impasses et à des affirmations dénuées de tout sens, mais imposées avec vigueur par des néo-penseurs médiatisés. Son gag servait de démonstration.

14 02 2009
bouge-toi (10:44:51) :

« “Démarche scientifique ou imaginaire”
Ce “ou” n’est pas de mise, à mon avis. Les découvertes scientifiques sont “imaginées” – avant d’être “découvertes”, dit-on, mais en réalité construites par les humains grâce à leur imagination »

En effet, le « ou » n’est pas de mise, d’ailleurs la fin de mon commentaire va bien dans ce sens…J’aurais dû écrire alors : de l’imaginaire à la démarche scientifique ?( de l’hypothèse à la recherche ?)

15 02 2009
Christian Montelle (14:43:11) :

Va-et-vient permanent entre imaginaire, observation, constructions d’hypothèses, expérimentations, vérifications, visées prospectives, prudences écologiques, préoccupations éthiques, partage et travail en équipe voilà les piliers de la recherche et de la connaissance scientifiques.
Actuellement tout cela est souvent remplacé par la recherche de profit immédiat, quels qu’en soient le prix et les conséquences.
Dès l’école, ces fondements peuvent être mis en place.

15 02 2009
Ostiane (15:16:38) :

Lorsque Christian, tu dis « partage et travail en équipe voilà les piliers de la recherche et de la connaissance scientifiques. »

Voilà c que G.Charpak et H Broch écrivent:
« Cette solidarité va de pair avec une aide au développement qui ne résoudra rien par le miracle des seules lois du marché mais aura peut-être un effet avec un énorme investissement dans l’éducation, seul antidote à la prise en main par des intégristes religieux ou politiques transmettant leurs transes à des foules assommées par la misère et abruties par l’ignorance. »

Georges Charpak et Henri Broch in Devenez sorciers devenez savants

@ Bouge-toi
« se poser des questions pour tenter d’expliquer, même l’inexplicable ! » J’ai presque envie de poursuivre…surtout l’inexplicable!

J’aime à penser que tout savant, pour être chercheur doit avoir en lui une âme de poète. Poète du monde. Poète visionnaire.

15 02 2009
bouge-toi (19:34:05) :

En relisant les commentaires précédents (dont les miens ) une question me vient à l’esprit :
Est-ce vraiment nécessaire de vouloir TOUT expliquer ?

Exemple en ce week-end de St Valentin :
Des chercheurs essaient d’expliquer pourquoi on aime telle ou telle personne de manière scientifique : réduire ce sentiment à des réactions chimiques du corps n’est pas très romantique, ni très poétique, avouez-le ! Je préfère dans ce cas garder une part de mystère…

16 02 2009
Christian Montelle (06:51:04) :

Un petit texte que j’ai écrit à ce propos :

http://www.charmeux.fr/montelle.html

Laisser un commentaire