Je lis, tu lis, ils lisent…vraiment?

2 04 2009

Dès le départ, j’ai souhaité un blog interactif, une passerelle où chacun puisse réagir en toute confiance et sérénité sur les tous les sujets éducatifs ou pédagogiques. Les prises de paroles alternées permettent à l’esprit d’aborder la réflexion comme un acte collectif. Ce matin, je suis heureuse de donner la parole à Laurent Carle qui s’exprimera sur un sujet aussi essentiel que délicat. Étant donné la densité de ce texte, je le publierai en 3 épisodes. Ainsi, ceux qui le désirent pourront prendre le temps de lire, réagir, interpeller, questionner l’auteur. Laurent, à toi!

Au jeu de l’offre et de la demande

….c’est rarement la demande qui gagne et, souvent, la demande épouse l’offre ingénument. En le privant de pédagogie, l’offre privatise l’enseignement à son profit. Ainsi, le service public d’éducation n’échappe pas à la logique financière des intérêts privés. En permanence exposée sans protection à la pression des lobbies et à la puissance financière de l’offre, la demande est facilement manipulable. La « demande » de méthodes de lecture par la voie indirecte en est une illustration caricaturale. Docilement soumise à la théorie unique de la lecture, elle s’y plie sans objection.

Cette théorie, conçue par les didacticiens, concorde parfaitement avec l’offre, beaucoup moins avec les besoins des écoliers, pas du tout avec la lecture que pratiquent les vrais lecteurs. Dans la vie, personne ne lit comme à l’école. L’originalité singulière de la théorie dominante et des outils d’enseignement qu’elle propose est de faire de la lecture scolaire une activité spécifique, propre et intemporelle, qu’on ne pratique nulle part ailleurs. A l’école du manuel de lecture, lire c’est oraliser les signes écrits à voix haute ou dans le souffle, c’est réveiller les sons dormant sous les signes ; nul ne peut savoir lire avant enseignement de la méthode et nul ne peut apprendre à lire sans enseignement par méthode. (*)

Toutes les « méthodes de lecture » enseignent une fiction, le « code de correspondance » et la compétence livrée avec, le décodage.

L’adhésion, ou non, des élèves fait de ces méthodes des instruments de sélection invisibles et insidieux. Y échappent ceux qui savent déjà lire ou qui apprennent à coté des leçons et hors de l’école, en trichant avec le « code ». Les élèves disciplinés  qui tentent d’appliquer ce code déchiffreront à vie sans comprendre ce qui leur arrive.  Séduisant les maitres par leur semblant de rationalité, adoptées sans examen critique, elles deviennent  des pièges à élèves. Elles trompent les plus naïfs et les plus démunis au plan culturel. La lecture au bruit de la lettre produit, bon an mal an, 20 % de syllabeurs-bafouilleurs  non lecteurs, malgré dix années d’école.

Apprendre à lire avec une « méthode de correspondance », c’est comme apprendre à marcher avec un bandeau sur les yeux. Selon les guides didactiques, lire « par la voie indirecte » consiste à passer par une mise en sons, c’est-à-dire à « écouter le bruit des lettres » qui, par définition, sont muettes et n’ont pas de sens. Ce détour cognitif, imposé à l’enfant,  lui est présenté par les « méthodes de lecture » sous l’appellation de décodage, guidé par le « code de correspondance ». Une avalanche de produits didactiques tout-en-un propose unanimement la même et unique démarche d’acquisition de la lecture, à quelques variantes près : le catalogue des sons et les règles d’association de ces sons, de leur conversion en graphies et vice-versa (élève phonographe à l’écriture, graphophone à la lecture), sans offrir nulle possibilité, ni opportunité de mise en question de cette définition du savoir-lire et de la méthode pour l’acquérir.

Leur point commun : la passivité intellectuelle de l’apprenant. Leur valeur commune,  présentée comme recette de la réussite : le travail. Quand on propose aux enfants une méthode d’apprentissage en laquelle on n’espère qu’un mince succès, on se voit contraint de les inciter à une laborieuse ardeur. Au besoin, un éventail de récompenses-punitions décuplera les efforts. S’échinant comme forçats à apprendre à lire par une voie périlleuse, les élèves, improvisés marins-pompiers, volent au secours de la méthode avant qu’elle ne fasse naufrage. On sait bien que, sans leur « travail » et leur « volonté », la méthode s’appellerait Titanic. Pourtant, du fait d’une conception moraliste qui stigmatise comme faute l’erreur d’apprentissage, l’échec n’est jamais imputé aux auteurs qui ont conçu le manuel et à l’éditeur qui l’a mis sur le marché. Non soumis à l’obligation de résultat, ceux-ci sont innocents à perpétuité, tandis que les élèves, en devoir de réussir, sont coupables et handicapés à vie s’ils échouent.

« Je ne choisis pas ma méthode au hasard. Je choisis librement,  sans influence, me semble-t-il, celle dont les auteurs m’ont convaincu qu’elle est « bonne ». Si la méthode que j’ai adoptée est irréprochable, le responsable de l’échec éventuel ne peut être que le maitre ou l’élève. Dans le doute, j’aime autant penser que ce n’est pas moi. Si ce n’est pas moi, c’est que l’échec est inscrit, de toute éternité, dans une sorte de déterminisme génétique ou provoqué par un risque lié aux facteurs sociaux. D’ailleurs, ce qui balaie mes doutes, c’est que, depuis toujours, dans le service public d’éducation français, ce n’est pas le prestataire du service qui doit réussir, mais son destinataire. Et depuis 50 ans, l’institution scolaire, comme les structures médico-psychologiques et psychopédagogiques, traite l’échec scolaire au coup par coup, par la prise en charge individuelle des élèves. Pas de mise en question des méthodes et du système, pas de soutien psychologique, ni d’aide pédagogique pour les maitres. C’est donc que tout va pour le mieux dans le dispositif didactique en amont de l’apprenant. »

(*) Françoise Dolto, 5 ans, à la maitresse de lecture qui vient de lui annoncer qu’elle sait lire enfin : « je voudrais savoir comment on apprend à lire pour de vrai ».

Laurent CARLE (mars 2009)

A suivre…en attendant…postez vos commentaires!


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15 réponses à “Je lis, tu lis, ils lisent…vraiment?”

2 04 2009
Julos (15:41:43) :

Merci Laurent ! Ce 1er texte me rajeunit de… 30 ans !? Un grand plaisir donc, même si je ne peux m’empêcher de me demander « combien sont-ils, combien sommes-nous, à penser comme Laurent Carle, aujourd’hui ? … et à agir en conséquence.

Vite, une anecdote. Des élèves de CP, au mois de mars, ils ont construit une ébauche de savoir-lire dans le cadre pédagogique d’une méthode naturelle à la Freinet. Leur jeune maître, encore bien inexpérimenté, a saisi intuitivement que le sens et la compréhension étaient des éléments décisifs et des objectifs prioritaires dans cet apprentissage. Il n’a de cesse de répéter, à ses petits apprentis lecteurs et aussi à leurs parents : « lire c’est comprendre, apprendre à lire, c’est apprendre à comprendre ». Malgré tout, nombre d’élèves, fiers de leurs découvertes phonologiques, se comportent à l’évidence comme des chasseurs de son, qui reviennent régulièrement bredouilles de leurs escapades, côté sens.
Le jeune maître décide alors de poser quelques collets… histoire de susciter quelques prises de conscience et autres conflits cognitifs !

Une phrase en espagnol au tableau, sans commentaire ni remarque :
« Un gato ha comido la rata »
Que lisez-vous… ?
Un enfant oralise la phrase sans broncher, ni lui, ni personne d’autre : « Un gato ha comido la rata » (sans l’accent !)
Oui, et qu’est-ce que vous comprenez ?
… ben y a un gâteau… et pis aussi ça parle d’un chat !
Un chat ? pourquoi dis-tu cela ?
… ben le « h » avec le « a » ça fait « chat » !

C’était en 1977 ou 78. Quand on pense aux ravages commis par cette foutue « méthode globale », tellement à la mode à cette époque pleine de dangers, on se dit qu’on a bien fait de faire cette croisade De Robinienne il y a quelques années ! Ouf ! les enfants l’ont échappé belle !
Madre mia…
;-)))

Julos, ex instit, même pas repenti.

29 04 2009
comète (10:58:42) :

Que pensez-vous d’une technique d’apprentissage de la lecture où l’enfant serait acteur constructeur de son savoir? connaissez-vous la lecture en couleur?

1 05 2009
bouge-toi (08:37:07) :

Comme personne ne répond à comète, je relance :

Je connais la lecture en couleur, mes enfants aussi, mes élèves aussi!

Et vous, chers lecteurs ?

1 05 2009
Ostiane (08:52:16) :

Et bien…non…pour tout t’avouer! Lorsque j’enseignais le FLE (Français Langue Etrangère) au Portugal à des enfants de moyenne section il m’est arrivé d’utiliser un album « Le magicien des couleurs » Album et support audio. Pas mal du tout! Mais je ne pense pas que ce soit ce dont tu parles.

3 05 2009
Eveline Charmeux (10:36:32) :

Ma réponse à Comète.
Bien sûr qu’il faut faire en sorte que l’enfant soit acteur constructeur de son savoir… Encore faut-il préciser quel savoir on lui fait construire !
Lui faire construire l’idée que lire, c’est, grâce à des couleurs, « voir les sons » qui seraient écrits, me semble une idée à la fois stupide (des sons, c’est l’affaire des oreilles !) et catastrophique, car c’est éloigner complètement de ce qu’est vraiment la lecture.
Lire c’est devenir capable de trouver dans un écrit social les réponses aux questions que l’on se posait avant de lire. Et, en plus cette trouvaille s’effectue avec les yeux, lesquels doivent se servir d’indices, parmi lesquels la couleur peut jouer un rôle, mais sûrement pas celui de donner la prononciation !
Apprendre à lire, c’est apprendre les opérations mentales par lesquelles on construit du sens sur un écrit, du sens dont on a besoin pour faire ce qu’on est en train de faire. Les syllabes, les sons et les couleurs n’ont rien à voir avec ces opérations mentales. Quand se décidera-t-on à enseigner ce dont les enfants ont besoin pour apprendre, et pas autre chose ???

3 05 2009
Ostiane (11:38:15) :

En naviguant de site en site je suis tombée sur ce récent billet

http://voixhaute.fr/2009/05/02/la-forme-des-mots/

Je vais régulièrement sur le blog de Voix Haute, par curiosité et par intérêt. Pour ma part, aucune piste ne doit être négligée ou mise de côté pour ce qui concerne l’entrée en lecture. Ma conscience professionnelle et celle de ma très grande incompétence au regard des besoins très différents des élèves me forcent à élargir au maximum ma vision des choses. Le travail de Christian Jacomino, les recherches d’Eveline Charmeux ou les éclairages de Laurent Carle sont autant de médiations possibles. Ce qui paraît alors important c’est de les comprendre et d’en cerner les différents objectifs spécifiques afin de les proposer en classe selon les besoins particuliers des élèves.

Nos élèves seuls détiennent à leur insu souvent les clés des mécanismes intellectuels qu’ils déclenchent lors de l’acte de lire. A nous enseignants et pédagogues de les aider au mieux en nous adaptant à leurs demandes plutôt qu’en appliquant stricto-sensus telle ou telle méthode…

Merci Eveline pour cette contribution qui relance ce passionnant et nécessaire débat.

4 05 2009
Julos (17:11:55) :

« …aucune piste ne doit être négligée ou mise de côté pour ce qui concerne l’entrée en lecture. »

*****************

Oui et non… Il faut tout de même savoir clairement ce qu’on vise comme apprentissage (ici en l’occurence « lire ») et donc quelles compétences, aptitudes, opérations mentales, processus cognitifs… sont requis.

Ce qui est très ennuyeux avec le diktat phonocentriste (« sans la combinatoire, le syllabisme et la grapho/phono point de salut !) c’est qu’on est conduit à accorder une importance capitale à des caractéristiques parfaitement secondaires dans l’acte de lecture et même d’écriture. Résultat : la grande majorité des élèves (et des adultes !) lit avec ses oreilles et sa bouche un langage (l’écrit) conçu pour les yeux et le cerveau…
Conséquence pour tout le monde : on a recours à l’écrit quand on ne peut pas faire autrement… contraints et sans éprouver le moindre plaisir. Ni celui de la lecture à haute voix ou de la déclamation poétique ou théâtrale, ni celui de l’écriture.

Dans la marmite aux idées reçues, où tout serait bon à mettre pourvu que tout un chacun y trouve son compte (ou son conte ?), il y a surtout beaucoup d’approches tellement contradictoires que les soupes pédagogiques qui en résultent n’ont que rarement le goût de la lecture.

6 05 2009
comète (08:11:46) :

il me semble que la construction du sens du langage n’est pas l’unique objet de l’apprentissage de la lecture, on peut construire du sens à partir d’images, de musiques, de contes oralisés, du langage oral!On ne le fait d’ailleurs pas suffisamment, fixés que nous sommes par l’obsession du langage écrit! Mais il arrive quand même un moment où l’enfant a le droit d’accéder au code qui permet quoiqu’on en dise de traduire des signes en sons, puis en mots!
Avez-vous déjà essayé de vous confronter à une langue dont l’alphabet est complètement différent du nôtre?
évidemment, en la parlant avec des interlocuteurs, vous accèdez naturellement au sens de cette langue, mais seul face à un texte, ce qui est, il me semble la situation du lecteur, si l’on ne vous donne pas le « code », vous ne construirez plus rien, les mots ne répondent pas même si on les appellent!

6 05 2009
Ostiane (09:49:44) :

Merci Comète pour votre participation au débat. Comme me le disait récemment un collègue, l’affaire est trop capitale pour qu’on n’ose point librement en débattre.

« on peut construire du sens à partir d’images, de musiques »

J’abonde! On construit du sens grâce à tous nos sens!

« il arrive quand même un moment où l’enfant a le droit d’accéder au code »

Encore d’accord…mais ce code se révélera d’autant plus « naturel » s’il est alimenté en amont, construit et porté par les sens et non par le seul fantasme de l’adulte obnubilé par son décompte trimestriel: « un jour, un son ».

Comme le fait remarqué Julos, « il faut tout de même savoir clairement ce qu’on vise comme apprentissage » et comme le dénonce Laurent, il ne faut pas que le jeu de l’offre et la demande viennent brouiller les pistes.

« Avez-vous déjà essayé de vous confronter à une langue dont l’alphabet est complètement différent du nôtre? »

Il se trouve que petite, j’ai vécu à l’étranger, notamment en Iran. Au sein du cursus scolaire, nous avions des cours de Persan. Magique! Des dessins pour écrire, compter et lire! Je me souviens avoir pensé…que notre alphabet est « pauvre ». Des cours, je ne garde pas grand souvenir. Mais je me rappelle les heures passées devant le téléphone à tourner encore et encore la roue des chiffres. « Yek, do, sé »….Je fermais les yeux…Le rythme du cliquetis guidait mes oreilles et mes oreilles dessinaient des chiffres derrière les paupières. Bizarrerie d’enfant me direz-vous…Sans doute, mais qui peut prédéfinir la logique d’apprentissage d’un enfant? Certains passent par la couleur, d’autres par les sons, d’autres par….Se figer sur 1 méthode, c’est me semble-t-il faire fi de la l’intelligence de l’enfant, de sa complexité et de son ingéniosité. Pour autant ces méthodes étant « en général » le fruit de travaux de recherche, il parait intéressant voir même incontournable d’en avoir connaissance, pour soi déjà, pour sa propre réflexion et pour se donner une chance d’améliorer sa soupe pédagogique pour reprendre l’expression de Julos. Il est bientôt midi…Bon appétit!

6 05 2009
comète (11:28:29) :

Merci beaucoup pour ta réponse Ostiane.Loin de moi l’idée de me figer ou de chercher à imposer la technique de la lecture en couleur, je suis persuadée de l’intérêt d’une multiplicité des accès à la lecture, je parlais de la lecture en couleur parce qu’il sagit d’une technique (pas d’une méthode, j’insiste!)qui permet de ne pas rester coller à un manuel d’une part, et donc d’utiliser une multitude de supports écrits, et d’autre part elle permet à l’élève de construire son savoir lui m^me. Je souhaitais simplement en parler, dire que cela existe, et que c’est un peu différent de ce qui est fait pour l’instant dans le cadre de l’apprentissage de la lecture. merci aux « oreilles ouvertes »

6 05 2009
Ostiane (11:48:37) :

« utiliser une multitude de supports écrits »

yes!

…en passant par des supports, audio, vidéos, kinesthésiques..bref une multitude de « techniques vivantes » au service de l’acquisition du langage et de la maîtrise du lire/écrire. Rendre la pédagogie active c’est un peu cela je crois. Gardons donc nos « oreilles ouvertes » et notre esprit critique aussi…Un professionnel averti en vaut deux, pourrait-on dire?

6 05 2009
bouge-toi (16:55:28) :

Je partage le point de vue de comète : il faut dire que je connais bien la lecture en couleur, les collègues de CP de notre secteur l’utilisant, et mes enfants l’ayant utilisée…Mais difficile de la présenter à travers de simples commentaires…
Mme Charmeux dit « catastrophique » : quelle vision apocalyptique, et quel rejet catégorique ! Mes élèves et mes enfants , je vous rassure, s’en sortent très bien au niveau du déchiffrage comme de la compréhension : ce n’est pas parce qu’on utilise une technique d’approche du code écrit ludique et colorée que le sens est mis de côté… Je me souviens encore du plaisir de mes enfants à jouer avec le matériel en couleur à la maison, similaire à celui de l’école (en miniature), à l’éclat dans leur yeux quand ils reconnaissaient un mot connu , ou lisaient un mot inconnu et se hataient d’en chercher le sens, s’ils ne l’avaient déjà compris par eux-même.
Au plaisir du plus grand de pouvoir lire un petit conte au plus petit : la notion de plaisir n’est pas à négliger…Et si mes enfants lisent, c’est aussi parce qu’ils avaient au préalable un bagage de langage, une compréhension des mots et des phrases entendus en tête, bagage qu’ils ont utilisé par la suite pour comprendre l’écrit.

Je ne sais pas si j’ai exprimé mes pensées clairement.
Mais j’en ai assez des querelles sur telle ou telle méthode : du positif et du négatif, il y en a dans toutes.
Et si on arrêtait de ne regarder qu’un pan de l’apprentissage de la lecture et que l’on prenne le temps d’observer l’apprentissage de la lecture dans son ensemble ?
Quand vous regardez une toile d’un peintre quelqu’il soit : ne regardez-vous que la technique qu’il a employé ou cherchez-vous aussi à comprendre les sentiments, le message qu’il a voulu transmettre ? Et pour aller plus loin, peut-on connaître ce message à travers une seule de ses oeuvres ou à travers l’ensemble de son oeuvre ?

Un site qui présente la lecture en couleur à visiter pour en savoir plus :
http://pagesperso-orange.fr/une.education.pour.demain/materiels_pedago/lectureenc/lcpresf.htm

10 05 2009
Julos (17:19:28) :

@ bouge-toi

Les querelles sur les méthodes sont sans doute agaçantes mais il y a plus grave, à mon avis.

Pendant que chacun défend les bienfaits supposés de « sa » méthode (et c’est aussi ce que vous faites chère amie, pardonnez-moi !) se préoccupe-t-on de savoir, ou de vérifier si ces bienfaits sont à même de résoudre les difficultés d’apprentissage d’abord, puis de compétences expertes ensuite, de ces 20 à 25% d’élèves et/ou de jeunes qui sortiront du système scolaire sans goût de lire et sans plaisir parce que sans savoir-lire efficient ?

Personne ne soutient que déchiffer empêche d’accèder au sens des mots, voire des phrases simples. Le problème est que ne savoir faire QUE ÇA et rien d’autre est rédhibitoire pour nombre d’élèves.
Ce n’est pas le cas de vos enfants, malgré ou grâce à la méthode en couleurs, tant mieux pour eux et pour vous mais en quoi vos enfants étaient-ils « menacés » par la non-lecture ?

Un nombre conséquent d’adultes (trop peu encore ?) sont devenus de vrais lecteurs MALGRE un enseignement traditionnel et phonocentré. Soit. Mais c’est le « malgré » qui m’empêche de me réjouir de cet état de fait ! Pensons à tous les autres… et ayons des pratiques pédagogiques en conséquence.

10 05 2009
bouge-toi (20:24:11) :

@ Julos

Je ne défends pas « ma » méthode, mais « une »technique que je connais et ce que je regrette ( une fois de plus, on n’a pas compris mon message) c’est justement que l’on décrie telle ou telle manière de faire sans connaître tout le travail qui est réalisé en classe en parallèle ( que ce soit la lecture en couleur ou une autre, peut m’importe si autour on ne néglige pas le plaisir de lire,et l’accès au sens qui ouvrira les portes de ce plaisir ).

« Personne ne soutient que déchiffer empêche d’accèder au sens des mots, voire des phrases simples. Le problème est que ne savoir faire QUE ÇA et rien d’autre est rédhibitoire pour nombre d’élèves. »

Mais bien sûr, encore une fois, quand je dis qu’il faut regarder la lecture dans son ensemble et pas seulement un de ses pans, j’abonde dans ce sens…
Suis-je si peu clair dans mes commentaires, ou est-ce mes lecteurs qui n’accèdent pas à leur sens profond ?

Encore une fois, on ne devrait pas juger l’apprentissage de la lecture à une méthode mais à un ensemble de pratiques pédagogiques mises en place pendant la scolarité pour parvenir à amener les élèves vers une lecture experte. Et là je rejoins Ostiane : réflexion en EQUIPE nécessaire dans l’école.

26 12 2011
Glenys Hanson (20:16:56) :

Bonjour,
Juste pour dire que l’adresse donné par Bouge-toi ci-dessus pour la Lecture en couleurs ne fonctionnera bientôt plus. Sur notre nouveau site les informations sur la Lecture en couleurs se trouve à : http://www.uneeducationpourdemain.org/fr/lecture-en-couleurs
Cordialement,
Glenys Hanson

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