Paroles de femme

17 04 2009

Aujourd’hui, je laisse la plume à une toute nouvelle « visiteuse »…

Princesse Charmante, un beau matin, est venue frapper à ma porte, avec délicatesse. « Chère Ostiane, peut-on dire chère à quelqu’un qu’on ne connait pas? » Quelques échanges rapides hors blog et le ton est donné. Pas de doute cette Princesse là est une sacrée maman, mais une femme avant tout. C’est pourquoi j’ai l’immense plaisir ce matin de lui laisser le champ libre…

Attention….Expression!

Voilà quelques lignes d’humeur du jour….

Peu importe comment je m’appelle, je suis une femme comme vous.

Une qui n’avoue son vrai âge que sous hypnose. J’ai 25 ans d’expérience dans l’amour, 11 comme maman, et 17 en tant que directrice d’un tas de trucs qui font rêver, parfois amusants parfois sinistres.

Voila, je suis une fille comme vous. Je dis « comme vous » parce que le blog d’Ostiane est féminin d’après les statistiques. A 84%.

Parenthése : Ostiane, quel sublime prénom ! tout de même, y’en a qui partent avec des avantages dans la vie ! M’étonne pas qu’elle soit revenue à la cours d’école. Devait faire des ravages dès le premier tableau noir avec un fabuleux prénom pareil…

En ce moment, ma zone est en vacances scolaires et donc moi avec. Avec lesdits enfants et leurs copains dans les valises. D’habitude, je pars faire la pause avec une remorque de bouquins formidables ; cette fois, j’ai emporté des adresses de blogs et de sites et donc après le ski, je surfe.

Une maman du club des adorables princesses de CM1 (dont je fais crânement partie) m’a recommandé ce blog « Bleu-primaire » dont j’ai d’abord aimé la doc, l’approche, le sérieux puis, en y regardant de plus près, le ton résolument idéaliste et la sensibilité à fleur de peau de son auteur. Les mots que l’on choisit nous jouent parfois des tours… Ils disent malicieusement ce que nous sommes et c’est très bien comme ça.


Je me suis demandé comment une maman avec les 4 enfants, avec le full-time job, avec le livre, avec le blog et, j’imagine, avec l’amoureux, voyait les Femmes, les mamans que nous sommes et qui défilent dans ses classes depuis 17 ans. Ostiane m’a délicatement retourné la question bien que j’ai beaucoup moins de casseroles sur le feu …

– Ben voila, c’est que je ne sais pas trop.

– C’est bien pour ça, M’dame, que j’avais d’mandé.

A quoi ressemble notre génération de femmes très gâtées d’être nées là ou elles font jeu égal avec les mecs ?

Que faisons nous de notre liberté ?

Est ce qu’on ne fait bien la mère que si on fait bien l’amoureuse, l’amante, la pro ? ou pas du tout justement parce qu’on ne peut pas « boxer » toutes catégories ?

Côté mère, je suis de celles qui accompagnent ses enfants le matin à l’école en tentant d’être d’une humeur vaguement charmante et de dire au moins un truc qui arrachera un début de sourire à ses préados-adorés.. j’ai du assurer 10 fois maximum la sortie de 4h30… en 11 ans. Et encore, parce qu’il y avait réunion d’information.

J’ai 8 ans et la boule au ventre quand la Maîtresse me sollicite pour un RDV surprise alors même que ma fille fait la collec des 9 et 10. Quand c’est pour mon fils ainé, que l’école n’intéresse pas du tout, j’envoie courageusement son père. Seul. En le gavant de consignes. Avec une anti-sèche longue comme un roman de questions à absolument poser. « Mais t’as qu’à y aller toi même «  grogne le Père.

Dans la vie, la fille cadette réussit-tout-et-avec-le-sourire, le fils ainé veut faire « homme préhistorique » plus tard parce qu’il n’y pas trop de contraintes et que la vie au grand air, tu comprends, Maman, c’est trop ça ! non, désolée je ne vois pas bien. Je ne vois surtout pas bien comment moi et Le père avons pu faire des enfants aussi diamétralement opposés dans leur relation à la performance scolaire. J’avoue, je n’ai pas eu le courage d’en faire un troisième pour observer de quel côté pencherait la balance : scolaire ou galère ?

On  ne dit pas assez combien l’enfant scolaire est un cadeau pour l’égo et surtout combien le parent n’y est pas pour grand chose ! en duo ou célib,  wonderwoman des années 80 ou bien maman à temps plein avec la bague au doigt depuis l’année du bac, il n’y a pas de recette. Aucune statistique à mon humble connaissance ne délivre le mode d’emploi du parent d’élève scolaire qui vous fichera un paix royale pendant 15 ans et vous vaudra le sourire complice voire admiratif de générations de professeur(e)s. Pour avoir les deux modèles home-made, l’enfant fâché avec le système vous montre vite vos limites de parent qui croyait, mine de rien, avoir LE truc. A quoi ça tient ? je ne sais pas.

Côté cœur, j’ai 15 ans. allez disons, 14. Le cœur déchiré par les ruptures-crises d’un amoureux torturé. Il faut dire que je m’acharne à les choisir hermétiques, solitaires et torturés mais toujours extraordinairement intelligents. Et malheureusement, ça ne compense pas.

Je crois que plus on avance et plus on est amoureuse. Nous les filles, sommes programmées pour savoir qu’assez vite nous ne pourrons plus donner d’enfant à l’homme qu’on aime et par là-même nous l’attacher. Il me semble que ça intensifie les sentiments … et l’infinie douleur d’être quittée ou de se séparer.

j’aurais pu être cynique et détachée (comprendre célibataire avec aventures) j’ai préféré l’option romantique « princesse charmante » en décalage complet avec son époque et tant pis si ça ralentit, si ça complique. tant pis si on doit tomber parfois très mal tomber.

Quelles mères font les femmes libres ? je ne sais pas.

Côté business, un titre qui fait joli sur le CV me permet d’observer que si les femmes sont censées émarger au même tarif que le sexe fort, elles ne risquent pas de ruiner les multinationales. Vu qu’elles en sont quasi-absentes dès que ça donne dans le Directeur …  A part quelques acharnées qui dorment dans leur bureau ou quelques pistonnées dont le nom fait office de CV, les femmes désertent le haut des organigrammes.

Et de grâce, qu’on ne me dise pas que la carrière, c’est une question d’organisation ! Organisée en langage « bouleau » ça veut dire, croiser ses enfants chaque soir pour un bisou 3 minutes chrono avant de dormir. Organisée, ça veut dire louper la plupart des congés scolaires parce qu’on s’est organisée avec les grands-parents ou autre, organisée ça veut se faire croire que la qualité (comprendre très très peu de temps !) remplace avantageusement la quantité (comment des filles pourtant brillantes osent-elles tenter de nous faire croire ça ?)  Organisée ça veut dire dispo pour tout sauf les Siens.

Je passe sur le best-of « ben, t’as qu’à être  prof ou fonctionnaire » … je ne commenterai même pas ce grand classique du boss névrosé entendu 100 fois.

Ceci dit, Je comprends que le vide abyssal d’une vie amoureuse anéantie (souvent inconsciemment) engendre une inexorable fuite vers le bureau.

Quelles mères font les filles à carrière ? je ne sais pas.

Et toi ? Et vous?

A ton tour….A votre tour…

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2 réponses à “Paroles de femme”

18 04 2009
bouge-toi (16:23:53) :

Bon, pour une fois je vais laisser un commentaire de maman plus que d’enseignante ( hummm…je vais essayer)…

Deux enfants avec qui je passe beaucoup de temps : du moins je le croyais …jusqu’au jour, où le plus petit (qui pourtant est dans ma classe ) me dise  » maman, t’es jamais avec moi ! » ???

Que veut-il me dire ? Nous sommes 24h/24 ensemble ??? Eh bien non !
En classe je ne suis pas sa maman, mais sa maîtresse… Les devoirs : il trouve que je passe plus de temps avec son frère ( qui est au collège)…Et puis « tu parles toujours de l’école ».
En fait, ce qui lui manque ce sont des moments que je consacrerais à lui seul pour jouer, bricoler, rire…!

Après réflexion, je me suis rendu compte que oui il avait raison… Les journées de la semaine se déroulent de telle façon que la plupart du temps quand je suis avec lui c’est pour l’école… Et que oui j’ai négligé les rapports mère-fils avec lui ! Donc, promis pendant les vacances des moments privilégiés lui seront consacrés !
Quelle chance d’avoir du temps disponible pour me rattraper !

Je n’ai jamais travaillé à mi-temps, ni pris de congé parental ( le papa l’a pris : oui, oui, le papa pour moult raisons…). J’avoue que maintenant (après de difficiles épreuves personnelles traversées qui ont quelque peu bouleversé ma manière de voir la vie) j’aimerais pouvoir prendre du temps pour m’investir auprès de mes enfants et de mon époux, faire une pause dans mon métier pour prendre du recul sur ma manière d’enseigner que je remets sans cesse en question afin de le reprendre avec davantage d’assurance…

Je crois qu’à force de croire que mes épaules étaient assez larges pour tout assumer, pour résister aux vents et marées, aux tempêtes de neige comme aux chaleurs éprouvantes, bref de croire qu’être Super-woman était possible et à force de jouer à l’éponge qui absorbe tous les sentiments de ses proches, j’ai bien failli me perdre et me noyer…en oubliant que moi aussi je pouvais avoir besoin d’aide…et surtout que j’avais le droit de le dire !

Alors mères à carrière ou non, nous sommes mères et nos enfants resteront nos enfants avec leurs différences, avec leurs rires et leurs pleurs…

Oh, et si cela peut vous rassurer : quand je dois rencontrer les enseignants de mes enfants, j’ai les mêmes craintes que n’importe qui ( avec une pression en plus : être enseignante implique pour beaucoup que nos enfants ne devraient pas connaître d’échecs ! Illusion et d’ailleurs l’échec n’est-il pas parfois nécessaire ? )

Quelle vision j’ai des mères en tant qu’enseignante ? Ben , je pense que je les vois comme je me vois ou je vois mes amies ou mes proches : comme des mères avec leurs réussites, leurs peurs, leurs vies, leurs difficultés, leurs envies, leurs visions… Et chaque rencontre avec l’une d’elle ( ou avec un papa) dans le cadre scolaire m’angoisse toujours un peu aussi ( comment vont-ils réagir ? le dialogue sera-t-il aisé ou conflictuel ? etc…)

20 04 2009
P (17:33:09) :

Finalement, dear « Bouge-toi », chacun est dans l’émotion de l’autre ; l’appréhension de tous les côtés….allez, encore un peu de vacances, douce soirée !

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