Blog politique ou pédagogique?

27 05 2009

Ce matin, un billet en réponse à la question d’un internaute…Voir les commentaires de l’article du 25 mai « La violence sans tabou ».

Votre intervention, David, est je l’avoue très à propos. Effectivement, après avoir rédigé l’article précédent, j’ai voyez-vous mis quelques minutes avant de cliquer sur la touche « valider »…oui, non, oui, non…SI !

Blog pédagogique ou politique ? Telle est donc votre question. Voici donc ma réflexion…

En regardant les « tags » dans le menu latéral de droite, il me semble que l’on peut aisément saisir le profil du blog: éducation, pédagogie et société sont les 3 domaines de recherches et d’expression que je privilégie depuis l’ouverture de BLOG BLEU PRIMAIRE.

Ce blog est avant tout une plateforme d’échange et de dialogue autour de l’activité et la réflexion éducatives et scolaires. D’autres blogs ont choisi d’autres positionnements notamment plus politiques. A chacun selon ses compétences et ses appétences. Si j’aime m’y promener et souvent m’y exprimer pour y affuter ma réflexion personnelle, j’ai pour ma part choisi ici une autre « ligne éditoriale » car pour être très honnête avec vous, je ne sais pas encore très bien « qui je suis politiquement »…Ce qui ne m’empêche pas d’avoir une conscience citoyenne forte et des valeurs éducatives à exprimer. Comme chacun du reste.

De gauche ou de droite ? Peu importe, je ne fais pas campagne, je m’exprime en mon âme et conscience. Déroutant pour certains sans doute dans une blogosphère et une société où l’étiquette et le slogan ont remplacé l’identité, où le happening et le scoop ont détrôné la réflexion et l’introspection. Élevés selon des schémas catégorisés « Gauche/Droite », on en oublierait presque le droit à la pensée autonome, mouvante, inclassable.

Je prends ce risque David, celui de la dérive possible. Oui, j’assume cet inconfort si tel est aujourd’hui le prix de ma liberté identitaire.

Souvent je me pose cette question: qui es-tu lorsque tu dis ceci ou cela? L’enseignante, la mère, la citoyenne, l’ancienne élève, la fonctionnaire?

Cela pose le problème de l’identité privée et publique, de la posture institutionnelle et du devoir de réserve ; et croyez-moi je réfléchis à cette question ! Elle est essentielle lorsqu’on écrit. Quelle place faire à la liberté d’expression personnelle au regard d’un engagement collectif? Où se trouve la frontière entre la parole professionnelle et celle plus personnelle ?

« Tu n’es ni politique, ni journaliste » me faisait remarquer très justement un ami et collègue.

Professeur des écoles, membre de l’éducation nationale, je ne dois pas oublier cette composante là, c’est une question de respect institutionnel. Pour autant, ce respect entraîne-t-il de facto l’acceptation passive ? Je ne le pense pas. Le respect s’accompagne d’esprit critique et de vigilance autant que de bienveillance et d’obéissance. Ou alors il ne s’agit plus de respect mais de soumission…C’est également ce que j’apprends à mes enfants et à mes élèves.

Je ne suis pas à la recherche de sujets médiatiques ou politiques mais il se trouve que se sont eux qui parfois s’immiscent si violemment dans nos vies qu’il est très difficile et parfois impossible de rester silencieuse et obéissante derrière son bureau, cachée consciencieusement derrière son paquet de copies ou assise confortablement dans son canapé…

Alors oui, quand j’entends que des chiens policiers déboulent dans des classes, que des enfants de 6 et 10 ans sont arrêtés à la sortie de l’école, que des fouilles de cartables vont être instaurées, que des portiques, des caméras, des gardes mobiles, des…..STOP !!

Oui, David, quand j’entends cela, quand je vois cela, toute professionnelle et bourgeoise que je puisse être, il m’est impossible de rester muette, sagement obéissante, politiquement décente. Ce n’est pas qu’une question de parole politique, c’est une question de responsabilité et d’éthique. Éthique professionnelle, personnelle, citoyenne…oserais-je dire simplement humaine. Cette parole là serait-elle réservée à la gauche à la droite, à la seule parole politique?…

Il me semble, pour finir, que votre intervention David dépasse largement la question du positionnement de mon blog, elle soulève celle, bien plus large, de la démocratisation et de l’impact de la prise de parole jusqu’alors réservée aux seuls responsables politiques. Via Internet, les lignes et les cadres se sont déplacés.

Qui parle à qui et au nom de qui et de quoi?

…Je n’ai pas de réponse toute faite à la question que vous soulevez…J’espère néanmoins avoir été honnête à défaut d’être claire!

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Une réponse à “Blog politique ou pédagogique?”

28 05 2009
Christian Montelle (07:14:01) :

Blog politique ou blog pédagogique ? La question que pose ce fil me semble trouver une réponse évidente. La pédagogie relève de la politique, le politique étant ce qui relève du gouvernement, des affaires publiques.
La science politique traite de la formation, de l’organisation et des fonctions de l’Etat. S’il est un domaine où elle s’applique, c’est bien celui de l’école et l’on ne saurait parler de pédagogie sans parler de politique. Il est curieux d’entendre nombre de personnes – y compris des enseignants ! – considérer le mot « politique » comme un terme obscène. Il faut en trouver la raison dans la confusion que tu évoques :
« De gauche ou de droite ? Peu importe, je ne fais pas campagne, je m’exprime en mon âme et conscience. »
Ce « peu importe » est révélateur. Les valeurs qui fondent la politique ont été volontairement brouillées par ceux à qui ces ambiguïtés profitent.
Pourtant, ces valeurs ont longtemps été claires.
Etaient de gauche ceux qui prônaient l’émancipation de l’homme par l’éducation, le progrès social, les libertés de penser de se rassembler, de manifester, d’exprimer ses opinions, le culte de la solidarité, de la la liberté, de la la fraternité, de l’égalité. Ils condamnaient les anciens régimes qui maintenaient la majorité de la population dans l’ignorance et la sujétion et donnaient tous les privilèges à des castes restreintes.
Le droite voulait naturellement conserver et développer ces inégalités qui garantissaient ses privilèges.
Il se trouve que nous assistons à une véritable Restauration, restauration des inégalités et des privilèges, restauration qui est devenue possible grâce à un outil de propagande extraordinaire : la télévision, nouvel opium du peuple. Télévision qui a été confisquée par les puissances de l’argent et détournée de ce qui aurait dû être sa vocation: éclairer, instruire le peuple.
La ploutocratie (gouvernement par l' »élite » de l’argent) qui s’est emparée de notre pays (et de beaucoup d’autres) utilise tous les moyens médiatiques et institutionnels pour s’enrichir toujours plus et manipuler de plus en plus habilement l’opinion publique par le mensonge permanent.
Ne parlons plus de droite ou de gauche puisqu’une grande partie de la « gauche » s’est vendue au veau d’or. Parlons de notre bien le plus précieux : la république. Curieusement, c’est chez un homme de droite que l’on trouve un plaidoyer vibrant et qui semble sincère pour les valeurs républicaines. Dans son ouvrage : Abus de pouvoir, François Bayrou dénonce avec justesse le culte de l’argent et la trahison des valeurs qui firent la fierté de notre pays. C’est une bonne leçon d’éducation civique. Sa pertinence trouve une preuve dans la violence des attaques dont son auteur est l’objet.

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