Le pont Mirabeau

15 06 2009
http://www.dailymotion.com/video/x3kon9

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine


Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure


Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse


Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure


L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente


Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure


Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passait
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine


Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

« Le Pont Mirabeau »
Apollinaire, Alcools (1912)

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6 réponses à “Le pont Mirabeau”

15 06 2009
Julos (09:44:22) :

Et ben et ben… un p’tit coup de spleen ? ou bien c’est l’hymne à l’Amour qu’exprime Edgar Morin dans l’extrait proposé par Laurent sur le blog d’Eveline, qui t’a inspiré ce billet, chère Ostiane ?

L’extrait, le voici, pour ceux qui pratiquent volontiers la méditation :

« Le caractère fonctionnel de l’enseignement conduit à réduire l’enseignant au fonctionnaire. Le caractère professionnel de l’enseignement conduit à réduire l’enseignant à l’expert. L’enseignement doit redevenir non plus seulement une fonction, une spécialisation, une profession, mais une tâche de salut public : une mission. Une mission de transmission.
La transmission nécessite évidemment de la compétence, mais elle requiert aussi, outre une technique, un art.
Elle nécessite ce qui n’est indiqué dans aucun manuel, mais que Platon avait déjà indiqué comme condition indispensable à tout enseignement : l’éros, qui est à la fois désir, plaisir et amour, désir et plaisir de transmettre, amour pour la connaissance et amour pour les enseignés. L’éros permet de dominer la jouissance liée au pouvoir au profit de la jouissance liée au don. C’est cela qui, en tout premier lieu, peut susciter le désir, le plaisir et l’amour de l’élève et de l’étudiant.
Là où il n’y a pas d’amour, il n’y a plus que des problèmes de carrière, d’argent pour l’enseignant, d’ennui pour l’enseigné. La mission suppose évidemment la foi, ici foi dans la culture et foi dans les possibilités de l’esprit humain. La mission est donc très haute et difficile puisqu’elle suppose en même temps art, foi et amour. »

15 06 2009
christian Montelle (16:56:27) :

Ni temps passé !!!!

Un de mes poèmes préférés. Merci, Ostiane.
La prosodie de ce texte est magique, très verlainienne. Et, au fil des ans, j’entends des musiques différentes. Mélancoliques aujourd’hui.
Il m’est venu un jour, une de ces formulettes de conteur que j’ai adoptée aussitôt :
Un jour pousse, l’autre,
Un jour chasse l’autre,
Et un jour vient
Qui n’est pas comme les autres….
Ce jour-là……

Imprégnation de Guillaume !

15 06 2009
Ostiane (19:09:37) :

Oui, magnifique Guillaume et …merveilleux Edgar!

16 06 2009
Christian Montelle (06:33:12) :

Je dois être très morinesque !
Dans mon livre sur l’oral, j’ai employé 34 fois le mot « plaisir » et 34 fois le mot : « désir » (ou sa forme verbale). Equitable !!!

Mais la notion de plaisir est ambiguë. Elle a produit, parfois, des dérapages pédagogiques regrettables.
Proposons une comparaison
entre la vallée et le sommet de la montagne.
Si la vallée est « basse », elle contient tous
les éléments qui permettent la vie quotidienne
: l’eau, les champs, les industries
humaines, les logements. Parfois, l’homme
éprouve le besoin de gravir la montagne en une ascension pénible.
A son sommet, il rencontre certes le dénuement
matériel, mais aussi l’élévation
spirituelle. Il voit loin, ce qui lui permet de
découvrir de nouveaux domaines inexplorés
jusqu’alors : il bénéficie d’un temps hors
du temps, dégagé des contingences matérielles,
et il embrasse alors le vaste domaine
de la pensée, de l’imaginaire, du rêve. Il éprouve une joie immense à cet instant, joie qu’il recherchera inlassablement de renouveler.

A l’école :
– plaisir de plaine, de l’avoir, de jouissance,
– ou plaisir de montagne, de l’être, d’être initié au monde du savoir, de s’élever ?
Plaisir de la pulsion assouvie ou plaisir de la difficulté surmontée, d’une nouvelle maîtrise acquise ?

18 06 2009
delphine (18:06:21) :

Voilà qui est romantique …Pont Mirabeau, Parc Monceau ou ailleurs, il est des amours irresistibles et magnifiques!

3 07 2009
Ines (07:51:51) :

je trouve que la voix du narRateur est un peu monotone.
:-(4

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