Lettre à mon père

21 06 2009

Lettre à mon père

Je te cherchais depuis longtemps
tu m’as laissé en t’en allant
un grand paquet de mots d’amour
et ce silence encore si lourd
le souvenir de ces chimères
que tu fuyais pendant la guerre.
Les bateaux, les trains, les camions
les quais de gare et les wagons
la frayeur de ces années noires
je la lisais dans ton regard
avec l’horreur, le désespoir
et le travail obligatoire.


Peut-être un jour si tu m’attends
on parlera de tout ce temps
qu’on a perdu sans rien se dire
ne pas savoir se sourire.
Quand je sentais venir la fin
je me revois tenir ta main
et te parler pendant des heures
en regardant battre ton cœur.


A ta façon, tu nous aimais
mais tous les mots qu’on attendait
restaient enfouis bien trop profond
en souffrance dans leur prison.
De la haut, si tu nous entends
reviens vers nous de temps en temps!
As-tu enfin trouvé la paix?
Et le repos là où tu es?


J’avais tout juste 50 ans
tu m’as légué en t’en allant
ce regard triste et douloureux
un portrait d’enfant malheureux
qui n’a pas pu trouver sa place
enfermé dans sa carapace
et sur qui les fées ni les dieux
n’ont jamais dû poser les yeux.


Après avoir tant bien que mal
grandit à l’ombre d’une étoile
sans pour autant trouvé le nord
il t’a fallu partir encore
marcher de nuit à travers champ
mais dans tes lettres avec le temps
de ces souffrances et de ces peurs
il ne reste que le meilleur.

hum…

A ta façon, tu nous aimais
mais tous les mots qu’on attendait
restaient enfouis bien trop profond
en souffrance dans leur prison.
De là haut, si tu nous entends
reviens vers nous de temps en temps
as-tu enfin trouvé la paix?
et le repos là où tu es?


Toi mon père que j’aimais tant
je te cherchais depuis longtemps
mais tu voyages désormais
près de moi bien plus que jamais.
Repose en paix dans nos mémoires
le plus tendre de notre histoire
se sont les mots qu’on a pas dit
c’est à toi que je les dédie.

Yves DUTEIL

Album Sans attendre




Cruel mois de juin

21 06 2009

Ah le terrible mois de juin…le perfide mois de juin…On se dit, ça y est, l’été est là, on va pouvoir doucement se laisser vivre au rythme des cigales…Le ciel en témoigne, l’heure est à la nonchalance, les oiseaux le matin le crient par dessus les toits, le temps des cerises est arrivé!

Ah le cruel mois de juin…l’hypocrite mois de juin…depuis des mois il nous berce de promesses, nous chante les vertus d’un repos bien mérité…Et lorsque l’horizon tant attendu semble à portée de main, toujours il recule et jamais ne nous laisse approcher; les jours passent et le temps disponible, lui, semble se défiler au fil des jours!

Ah le subtil mois de juin…voyez comme il est juste et généreux…Qu’on soit parent, qu’on soit prof, qu’on soit élève, nul n’est épargné; oui, le mois de juin a cela de juste et bon qu’il n’oublie personne et chante à chacun le même refrain, la même rengaine, le même couplet…

Ho…hisse, allez on rame, encore, plus fort, plus vite, plus loin!!