Célestin, Maria, John et tous les autres

21 07 2009

En ce mardi 21 juillet 2009, voici quelques réactions à chaud et dans le désordre (c’est les vacances tout de même!) à 2 articles parus ce jour dans le quotidien La Croix.

 

1 Docteur en sciences de l’éducation, Marie-Laure VIAUD explique le manque de succès des pédagogies différentes en France:

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2382951&rubId=786

 

2 Un article de Jean-François FOURNEL sur la pédagogie FREINET

  

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2382705&rubId=4076

 

1/ Une centaine d’écoles labellisées Freinet ou Montessori répertoriée sur le territoire, c’est bien entendu beaucoup trop peu ! Cependant il ne faudrait pas oublier le travail d’un grand nombre d’enseignants au niveau du primaire qui, au sein de structures traditionnelles, tentent « frénétiquement » de réinjecter un peu de ce substrat pédagogique. Pas facile du reste d’adhérer à un modèle collaboratif d’apprentissage, où apprendre apparaît comme un processus lié aux interactions entre pairs (je fais ici référence aux pédagogies « institutionnelles »), dans un système où les adultes entre eux peinent souvent à travailler ensemble faute de temps, d’organisation et/ou de motivation.

 

2/ Je ne pense pas que le manque d’ouverture des enseignants soit la principale cause du faible engouement pour ces pédagogies. Encore faudrait-il que les enseignants aient été formés à cela. Freinet comme d’autres pédagogues, s’ils sont « cités » en formation initiale, le sont davantage comme des personnages historiques faisant partie de l’histoire de l’éducation plutôt qu’appréhendés comme de possibles sources d’inspiration concrète. Et demain…comment Pestalozzi, Montessori, Freinet, Dewey, Steiner, Ferrière, Cousinet, Decroly, Oury (et tous les autres!!) vont-ils être intégrés, compris, assimilés au sein des nouveaux dispositifs de formation ? La question demeure ouverte…

 

3/ Ce n’est effectivement pas Mai 68 qui a inspiré Freinet (il est mort en 66) mais plutôt sa traversée du Chemin de Dames et l’indélébile handicap dont il fut victime. La pédagogie n’est pas qu’une technique d’apprentissage, même si pour Freinet cette technique est essentielle ; la pédagogie est avant tout une réflexion d’ordre anthropologique. Il me plait à rêver, croire même que la « crise » que nous traversons actuellement porte en elle les fruits d’une nouvelle réflexion sur l’homme, sa place et son rôle dans la société. Que laisserons-nous à nos jeunes ?

 

 4/ Montessori, une pédagogie de luxe… Si Maria venait à apprendre cela…Mais Montessori, ce n’est pas une méthode ! Montessori, c’est une grande Dame qui s’est toute entière dévouée à l’éducation des plus fragiles, de ces enfants à l’époque considérés comme aliénés, débiles et par voie de conséquence évincés de toute préoccupation éducative. Comment en sommes-nous venus à « marchandiser » sa pensée et son action ?! Il y a là encore quelque-chose qui ressemblerait à cela…

 

Ce dont le système ne veut pas, soit il le pervertit, soit il le rend inaccessible…

 

http://www.dailymotion.com/video/x9tb16

 

Des parents, associés, intégrés, partenaires…ça aussi ça compte!

 

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5 réponses à “Célestin, Maria, John et tous les autres”

22 07 2009
Julos (15:55:27) :

Salut Ostiane !

(Petite pause francilienne avant de mettre de nouveau le cap sur la mer, normande cette fois.)

Deux liens précieux, un billet qui remet certaines pendules à leur place… et seulement zéro commentaire ?

Cé pô juste !

Peut-être que c’est trop bien pour cette période où chacun fait relâche ?

Qu’importe ! tiens bon le cap mais n’oublie pas de te reposer toi aussi, tu y as droit !

Julos, coach labellisé Educ Nat !

23 07 2009
Ostiane (09:22:31) :

Merci Julos pour ce petit signe d’amitié entre 2 valises! Suis également de passage à Paris mais vu la météo, je me demande si je ne vais pas retourner en formation à Lyon!!
Non je blogue, enfin je blague! Tu as raison, le repos est nécessaire, vital et je ne manquerai pas de suivre tes conseils! But de l’opération…faire le vide, écouter le silence, respirer le calme…C’est promis!

Quant à nos amis Célestin, Maria, John et tous les autres, je compte à nouveau sur leur soutien et leurs précieux éclairages dès la rentrée prochaine! Ils ne sont pas de trop pour m’accompagner dans mes pratiques de classe…Oh…aucune Révolution Pédagogique en vue (je préfère la théorie des petits pas) mais il reste indéniable que chacun d’eux apporte une véritable et inépuisable source d’inspiration et de renouvellement. Alors, pourquoi s’en priver?!!

23 07 2009
Julos (16:25:08) :

« Pourquoi s’en priver ? »

Ben tiens, on va se gêner, surtout quand c’est notoirement d’utilité publique !!!

Sans blague…

😉

25 07 2009
Julos (19:02:21) :

Alain Réfalo, rétrogradé d’un échelon pendant 4 ans. Alors qu’aucune faute professionnelle ne lui est imputée et ne peut l’être. Mais il a désobéi… oh le vilain petit canard !

Décidément, pas de vacances pour les censeurs et les sourdingues du ministère. C’est vraiment un mini-stère…

:-((

26 07 2009
Ostiane (10:41:52) :

Oui Julos, vendredi, en prenant la routre des vacances, j’entends la nouvelle à la radio…Triste départ…alors que d’autres payent le prix fort pour leur résistance pédagogique.

En plein we de grand départ, qui se souciera du sort d’Alain REFALO?

La sanction est odieuse car pécunière…réduire un peu plus le maigre salaire d’un enseignant qui n’a commis aucune faute professionnelle, ne compte par ailleurs ni ses heures auprès de ses élèves ni ses heures hors temps scolaire, c’est tellement « petit », tellement indigne!

Une idée en passant…organiser le soutien financier d’Alain en mettant en ligne une collecte:

1 euro symbolique…multiplié par le nombre d’enseignants solidaires…

Utiliser les réseaux sociaux et les différents sites web pour la diffusion de cet appel à solidarité.

Pédagogiquement, professionnellement, humainement, étiquement vis à vis de ses élèves, rien ne peut être retenu contre Alain REFALO. Mais il a ouvertement, publiquement, médiatiquement osé dire et organiser son opposition, son insubordinnation.

Il me semble que c’est sur cette nouvelle forme de contestation que notre collègue a été sanctionné. Insoummission, manquement au devoir de réserve, outrage à fonctionnaire, incitation à la désobéissance collective.

Personnellement, si je reste partagée sur la forme empruntée par le mouvement des désobéisseurs, je demeure totalement solidaire sur le fond.

Une question subsiste alors…

Comment agir sur le fond sans adopter une forme radicalement contestatrice?

Comment accorder conscience personnelle, respect hiérarchique et responsabilité civique…

Quelques lectures à ce sujet

http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm

http://www.charmeux.fr/blog/index.php?2009/07/25/121-cette-fois-l-ecole-est-vraiment-en-danger

http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/lirarticle-252147-1332994.html

http://tvbruits.org/spip.php?article1066

Jusqu’au verdict final j’ai voulu penser, croire, souhaiter que la sanction ne serait que symbolique. Elle est odieuse, disproportionnée et injuste.

Ce que j’aurais aimé entendre de la part des responsables politiques?

Quelque chose du genre….

Monsieur REFALO, nous ne pouvons tolérer qu’ouvertement vous appeliez à l’insubordination collective; nous vous demandons donc de stopper tout appel à la désobéissance; mais au regard de ce que vous mettez en place en classe, nous ne pouvons que constater que vos dispositifs pédagogiques permettent d’aider les élèves à progresser et à apprendre; nous n’appliquerons donc aucune sanction à votre encontre.

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