La violence et le bonheur

17 02 2010

Plus un enfant souffre et plus il faut l’aimer

Plus la violence est là et plus il faut l’accueillir.

Qui n’a jamais souffert?

Qui n’a jamais senti cette vague de violence le submerger?

La violence appartient à chacun de nous, elle est en chacun de nous, tapie, muette ou vive et irrépressible. La violence est un cri, un symptôme, une ultime pulsion de vie, un dernier rempart contre l’inhumanité.

Lutter « contre » la violence c’est détruire ce dernier rempart, c’est nier la maigre part de vie qui est à sauver, c’est bâillonner l’espoir de re-naissance et d’éducabilité, c’est refuser d’aimer celui qui tant besoin qu’on l’aime.

Alors quoi, on laisse faire? On applaudit? On se berce d’illusions? On fait comme si de rien n’était? On donne raison à la violence et on oublie les victimes de cette violence?

Comme chaque enseignant, comme chaque parent, comme chaque citoyen, je vis avec cette violence, je la subis ou je l’exerce, je la contourne ou je l’affronte. Je tente de faire avec. Faire avec, c’est accepter sans passivité, sans sentimentalisme, sans mollesse et sans démagogie. C’est être capable de dire Non, tu vois, là, tu as fais du mal et tu te fais du mal. Je ne peux pas te laisser agir ainsi. Mais je suis là et je t’entends.

Il ne faut pas nier la violence, il faut la nommer chaque fois qu’elle se présente, la reconnaître chaque fois qu’elle s’immisce dans nos vies, il faut l’entendre et la voir en face. Il faut être là, à côté d’elle, avec elle et surtout pas contre elle.

Être là.

Ne pas juger l’enfant mais lui ouvrir d’autres voies d’expression. La violence ne s’extrait pas comme une dent. Elle s’approche avec douceur, elle s’apprivoise avec tendresse, elle se confie avec empathie. Il faut enseigner le bonheur à ceux qui souffrent et font souffrir.Enseigner le bonheur et enseigner avec bonheur.

Oui, le bonheur.

Des cours de bonheur à l’école, voilà ce que je proposerais comme piste de travail si je devais participer aux futurs États généraux sur la violence.

D’autres articles sur le même thème:

  1. L’école pour vivre ensemble
  2. La violence sans tabou
  3. Médiations éducatives (1)
  4. Médiations éducatives (2)
  5. De l’acte violence à l’acte d’écriture

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3 réponses à “La violence et le bonheur”

29 03 2010
Pascal Bouchard (13:49:56) :

Merci de votre message, et merci de votre idée de faire des cours de bonheur…

31 03 2010
Christophe B (21:57:04) :

Bonsoir,
Je partage effectivement votre point de vue, un changement de perception s’impose. Je pense également qu’un mode de communication bienveillant est le principal facteur d’apaisement pour ces jeunes bien souvent enfermés dans un système violent qu’ils ont mis en place et qui, bien souvent, les dépasse… J’espère également avoir l’occasion d’en débattre avec vous de nouveau ici ou sur mon blog http://christophebernard.eklablog.com

27 08 2010
BLOG BLEU PRIMAIRE » Blog Archive » Etats généraux du bonheur à l’école (13:51:03) :

[…] d’établissements qui ont choisi délibérément d’intégrer le bien-être et le bonheur à l’école comme facteur d’efficacité et de productivité…Non pas un bonheur […]

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