Etats généraux du bonheur à l’école

7 04 2010

Les États généraux de la violence s’ouvrent donc aujourd’hui sous la direction d’Eric Debarbieux, spécialiste de la question. Jeunes, adultes, élèves, psychologues, force de l’ordre, juristes, enseignants et parents vont durant 2 jours explorer la question du passage à l’acte, en interroger les causes, analyser les manifestations de cette violence, soumettre des réponses, avec comme postulat cette nécessaire mise en garde « Pas de schémas simplistes pour aborder un phénomène complexe. Une dramatisation souvent excessive entrave une action à long terme. » E.Debarbieux

Cette violence, si l’on en croit les études chiffrées, toucherait environ 10% des établissements. 10% c’est bien évidemment déjà trop car derrière la froideur et la limite des chiffres se cachent des réalités humaines.

Pour autant il me parait intéressant et sait-on jamais utile de considérer également les 90% restants; les établissements qu’on appellerait donc par opposition non-violents, quoique ce terme mériterait qu’on s’y attarde…

Et sans doute, à l’intérieur de ces 90% de non-violents trouverait-on un certain pourcentage d’établissements qui ont choisi délibérément d’intégrer le bien-être et le bonheur à l’école comme facteur d’efficacité et de productivité…Non pas un bonheur béât et satisfait, non pas un bien-être individualiste et superficiel, mais un bien-être et un bonheur indispensables et indissociables de toute activité humaine.

Curieux pari que celui de considérer le bonheur comme véritable stratégie, comme incontournable prérequis, comme enjeu vital. Et pourtant, tel est le parti pris au quotidien d’un grand nombre d’équipes et d’enseignants. Pour illustration, en février dernier un colloque organisé par l’académie de Paris, auquel j’ai eu la chance de participer, a même été réservé à ce sujet. Forum de discussions, échanges de pratiques, bilans d’expérimentations et synthèses de recherches sur ce thème à découvrir sur le site de l’académie.

Le sujet du bien-être est donc un sujet très sérieux, un cas d’étude, un domaine expérimental…

Est-il possible de dresser une typologie des établissements en question?

Est-il imaginable de parler d’ethnologie du bonheur en éducation?

Comment ces équipes ou ces enseignants s’y prennent-ils?

Quels projets éducatifs mettent-ils en place?

Quels types de coopération entretiennent-ils au sein de l’équipe éducative?

Quelles structures d’accueil ont-ils imaginé?

Quel travail d’équipe au service de quelles valeurs?

Quelles pratiques, quels rituels?

Le bonheur est un concept qui me semble intéressant tant il ouvre l’univers des possibles. Une des caractéristiques du bonheur est qu’il n’impose pas de modèle unique puisque chacun de nous a sa propre définition du bonheur, sa propre interprétation elle-même forgée à partir de ses propres expériences…Ces États généraux du bonheur à l’école, en plus d’être un clin d’œil impertinent à l’actualité du jour, se veulent être un lieu très sérieux d’échanges de pratiques éducatives fondées sur l’idée que le bonheur (vécu ou recherché) est indissociable de toute activité humaine; qu’il est à la fois moteur, enjeu et stratège…et que l’école, puisqu’elle est obligatoire, puisqu’elle est un lieu de vie, puisqu’elle est un lieu d’apprentissages et d’activités ne peut faire l’impasse sur cette question du bonheur…

J’ouvre donc ici très officiellement et très sérieusement 😉 les États généraux du bonheur à l’école, non par esprit de contradiction mais par souci de complémentarité. Prendre le sujet de la violence par un autre biais que celui de la violence…et tenter de mettre en évidence les facteurs de bien-être à l’école et leurs impacts sur le climat et les apprentissages solaires…Voir les autres sujets sur le même thème


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6 réponses à “Etats généraux du bonheur à l’école”

7 04 2010
David (11:12:31) :

Cette idée des « Etats généraux du bonheur » est bien une idée de « bobo ».
N’importe quoi ! Il y a certainement d’autres sujets beaucoup plus intéressants et nécessaires…

7 04 2010
Ostiane (12:06:03) :

Bonjour David et merci d’être le premier sur le blog à vous saisir de cet article comme mode d’expression. Expression spontanée et jaillissante, mais expression tout de même.
Merci également d’attribuer à ces États généraux le mérite d’être une idée. C’est déjà lui reconnaître un statut et honorer son existence. Maintenant, comme toute idée, elle nécessite d’être questionnée, argumentée et envisagée avec honnêteté et respect.
Pourquoi est-il donc à vos yeux inintéressant d’envisager ce qui fonctionne plutôt que ce qui ne fonctionne pas?
En quoi cela interdit-il la prise en compte de tout autre sujet tout aussi nécessaire?

7 04 2010
David (19:13:18) :

Le but de l’école est-il de donner du bonheur ? Je ne le pense pas…

7 04 2010
Ostiane (20:55:28) :

Vous ne répondez pas à mes questions David…mais je vais répondre à la vôtre. Mettons de côté un instant toute considération anthropologique de la vision qu’on a ou pas du monde et de l’école…

Si le but, pour reprendre vos termes, n’est pas de donner du bonheur, le bonheur lui, et en cela les neurosciences sont d’un apport éclairant, le bonheur donc ou le bien-être si vous préférez, activerait très sensiblement les capacités cognitives et favoriserait grandement le processus d’apprentissage.

Du côté de l’enseignant, il semble évident (et une fois encore des recherches sont menées dans ce sens) que ce bien-être est un puissant facteur de réussite professionnelle et personnelle. Le bien-être est le meilleur ami de l’implication, de la créativité, de la productivité, de l’engagement…c’est important pour les élèves, pour le prof et pour l’équipe toute entière. Équipe au service des apprentissages…on y revient toujours.

Comment ne pas prendre en compte ces données alors qu’elles participent à une meilleure efficacité du système prof-savoir-élève?

Vous voilà donc avec 3 questions…les 2 du post précédent et celle-ci!

8 04 2010
David (08:15:58) :

Le bien-être d’accord. Le bonheur est une autre notion et on le trouve en famille, auprès de ses enfants, auprès d’un conjoint… pas à l’école. Qu’ont à voir les neurosciences et tout le fourbis ?

8 04 2010
Ostiane (08:43:15) :

Accordons-nous donc sur le terme de bien-être; j’en conviens avec vous, il est sans doute plus ciblé que celui de bonheur et si de plus il nous permet d’avancer dans notre discussion, c’est avec grand bonheur que je me plie à ce salutaire compromis lexical…

Pour ce qui est de votre question, je vous invite David à lire cet article « Les neurosciences revisitent l’apprentissage » (mais il y en a de nombreux autres sur la question)et à vous reporter au chapitre intitulé « Les émotions, cruciales pour l’apprentissage ».

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2313569&rubId=5547

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