Un blog de classe pour quoi faire? (partie 1)

17 11 2010

Un blog de classe pour quoi faire? La question peut paraître saugrenue pour les uns, impertinente pour d’autres, sans intérêt pour certains. Travaillant depuis tout  juste trois ans avec ce type de support numérique, j’avais envie d’en donner un feed-back non exhaustif mais ancré dans ma réalité quotidienne de vie de classe.

Alors, notre Cuturo-blog de classe, que permet-il d’autre qui ne soit pas possible sans lui? Qu’offre-t-il de différent de ce qu’offre déjà la classe? Voici quelques éléments de réflexion que je soumets volontiers à vos propres réflexions, analyses et expérimentations.

  • s’exprimer dans et hors de la classe,

Qu’il s’agisse de relation pédagogique, de relations entre pairs ou de relations aux savoirs, la dimension relationnelle se révèle essentielle et incontournable dans une vie de classe. On parle beaucoup d’individualisation dans le milieu de la formation; j »aime de moins en moins ce mot, je l’avoue bien volontiers. Il efface la personne et contourne le collectif. Au terme d’individualisation je préfère nettement celui de personnalisation. On y reconnaît davantage l’existence de la personne en lien avec l’existence du groupe auquel elle appartient. On apprend toujours seul mais jamais sans les autres est un des leitmotivs de Philippe Carré. Je l’expérimente pour ma part chaque jour en classe avec mes élèves. Le blog de classe permet à cette personnalisation de la relation de se poursuivre dans un espace-temps autre que celui de la classe. La relation ainsi que l’expression de cette relation sont au cœur du dispositif d’apprentissage; elles sont au cœur même de l’acte d’apprendre.  Qu’elle soit orale ou écrite, l’expression est un des modes relationnels qui favorise la mise en place d’un apprentissage dynamique, évolutif, vivant, incarné. Développer et organiser cette expression au sein de la classe est une des choses les plus délicates à  gérer pour un enseignant. Qui questionne? Qui répond? Qui propose? Qui exprime et s’exprime? Bien souvent…ce sont toujours les mêmes, avec en exergue la parole de l’enseignant trônant sur l’estrade.

Lorsque la première année j’ai mis en ligne notre premier blog de classe, j’ai progressivement vu s’établir de nouveaux flux de communication, de nouvelles formes d’interaction, de nouveaux espaces d’expression plus propices pour certains à l’expression de soi. Soi et les autres. Soi au sein d’un collectif numérique, mais non moins réel pour autant. Un collectif moins intimidant, moins impressionnant sans doute pour certains enfants plus timides, plus inhibés, moins confiants. Quelle que soit l’importance de l’enjeu éducatif, on ne peut forcer un enfant ni à apprendre, ni à entrer en relation, ni à s’exprimer. On ne peut que l’y inviter, lui tendre chaque jour la main, lui exprimer notre présence et lui signifier son existence. Et puis, peut-être, sans doute, sans aucun doute, un jour, on le verra entrer dans la danse. C’est ce que j’ai pu en effet constater et expérimenter via le blog de classe. J’y ai vu, lu et entendu des enfants qui peinaient à s’exprimer en tant qu’élève et qui peu à peu, à leur rythme, via un espace autre que celui de la classe, de l’école, du cadre institutionnel, se sont autorisés à se construire une identité d’élève . Le blog de classe a cette particularité de représenter la classe sans pour autant en imposer le cadre. Ni obligation de lieu, ni obligation d’horaire, ni obligation de contenu, ni obligation de résultat, ni obligation de présence. Et pourtant…ils sont là, ils y reviennent, ils en redemandent. Intéressant je trouve…

  • établir un lien entre l’école et la maison

Véritable portfolio numérique, le blog de classe, est une porte ouverte sur ce qui se vit et se fait en classe. Les parents, les amis, la famille peuvent ainsi prendre part à un espace-temps généralement clos et mystérieux qui leur est de fait interdit par des contraintes tant exogènes qu’endogènes: disponibilité des uns, emploi du temps des autres, règlement intérieur des établissements, architecture spatiale limitée, sont autant d’obstacles à la mise en place de lieux ouverts propices aux échanges entre les familles et l‘institution. Le blog de classe, lui,  permet cet autre lieu, il permet une relative perméabilité entre deux sphères généralement considérées par l’une comme par l’autre comme territoires infranchissables, inatteignables, voire non autorisés.

Le blog de classe établit ce que j’appelle une passerelle virtuelle. C‘est sans doute mon petit côté claustrophobe, je n’ai jamais aimé les portes fermées, mais c’est davantage évidemment. Derrière cette idée de passerelle, il y a la conviction, là encore, qu’une meilleure communication entre l’école et la famille ne peut que favoriser la confiance réciproque, première pierre d’un pacte éducatif à double entrée. Triple entrée devrais-je dire car l’enfant-élève est un des co-signataires de ce contrat éducatif. Le blog de classe permet ainsi non seulement d’éclairer les contours de la boîte noire que représente la classe, en y laissant entrer un peu de transparence et de couleur mais également il permet aux enfants d’être eux-mêmes au carrefour de ce lieu de transition et de transfert des savoirs. Ce sont eux les passeurs, les transmetteurs; ce sont eux qui gèrent, en fonction de leurs souhaits, le débit et le contenu de ce qu’ils considèrent comme utile, lisible, audible et recevable. Rien n’est imposé. C’est un principe de base et qui fonde de plus en plus, là encore je l’avoue bien volontiers, l’essence de ma pédagogie.

  • créer une identité de classe

Le blog de classe, tel que nous le pratiquons depuis trois ans, peut être assimilé à ce que l’on nomme également un portfolio de présentation. Notre blog, c’est nous, c’est notre classe toute entière et c’est chacun de ses éléments en particulier, lié entre eux dans une entreprise collective. C’est une galerie numérique et permanente de travaux et d’échanges incarnant à la fois le travail de chacun mais aussi la réalisation d’un projet collectif co-construit tout au long de l’année. Chaque année, les groupes-classe se font et se défont au gré des répartitions, des déménagements, des nouvelles inscriptions. Chaque année, il faut reconstituer une nouvelle dynamique de groupe, retrouver un nouvel élan propre à chaque profil de classe, chercher et trouver un projet particulier qui fera sens pour les élèves et donnera du sens à leur quotidien.  Sans  ce sens, il est bien difficile de trouver la motivation et l’appétence nécessaires à l’engagement scolaire.

Le blog de classe, de ce point de vue a largement dépassé mes espérances. Non seulement il génère l’adhésion de tous, mais il va bien au-delà puisque les années passant, les anciens élèves continuent de s’y sentir chez eux même lorsqu’ils ont changé d’établissement! Certes d’une année sur l’autre le blog évolue, en lien avec les besoins particuliers et le caractère propre à la classe, caractère qui chaque année diffère de la précédente. C’est ce qui fait la saveur de ce métier. Rien n’est jamais pareil. Le blog de notre classe, c’est notre travail, c’est notre fierté, c’est notre identité commune. Cette identité de classe est fondamentale pour envisager la mise en place des apprentissages. La classe est d’abord un lieu de vie et c’est parce qu’elle est un lieu de vie qu’elle peut devenir un lieu d’apprentissage. De cela, je reste convaincue.

  • valoriser le travail des élèves

Sur un blog de classe, on ne publie pas n’importe quoi, n’importe comment. En amont, un travail personnel de lecture, de rédaction, de présentation, de choix et de sélection des travaux est co-constitué par les enfants et l’enseignant. A l’heure où l’on parle de développement des compétences autant que des savoirs, à l’heure où l’échec scolaire est quotidiennement affiché aux yeux des élèves qui eux, tentent avec ardeur de donner le meilleur de ce qu’ils peuvent, la valorisation de leur travail et de leur réussite me semble la moindre des choses. Croire en ses élèves, en leurs capacités de progrès, en leurs facultés encore toute naissantes n’est-ce pas une posture fondamentale pour tout enseignant, pour tout éducateur? C’est une question de respect, d’éthique et de solidarité envers eux. La motivation entraîne l’envie; le goût entraîne le plaisir; la reconnaissance entraîne l’engagement, la réussite entraîne la réussite…Le blog de classe, parce qu’il donne à voir le fruit de leur travail permet ce cercle vertueux, pourquoi s’en priver?

Dans un très prochain article, j’aborderai d’autres aspects qui font la particularité du blog de classe. J’y évoquerai, entre autre, la validation du B2I en situation, les activités en lien avec la maîtrise de la langue française, le rapport incontournable aujourd’hui entre les apprentissages et l’usage du numérique. Nous savions déjà que les intelligences étaient multiples. Nous découvrons aujourd’hui, avec l’apparition du numérique qui nous condamne à être intelligent pour reprendre les mots de Michel Serre, que nos rapports à la connaissance et aux modes d’apprentissage s’en trouvent complexifiés et sans aucun doute démultipliés. L’école peut-elle restée sourde, aveugle, muette?

@ suivre 😉

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41 réponses à “Un blog de classe pour quoi faire? (partie 1)”

18 11 2010
David (20:52:52) :

Un blog de classe ne sert à rien !

18 11 2010
Ostiane (21:49:06) :

Bonsoir David,
Un peu court tout de comme argumentaire, vous en conviendrez. Que vous n’y voyiez aucun intérêt, je le conçois fort bien. Autre temps, autres mœurs… Mais voyez-vous, depuis quelques petites décennies, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, et que vous le vouliez ou non, que vous trouviez cela dommageable ou non, le numérique est là et l’école est toute remplie d’enfants qui vivent AVEC leur temps, comme vous avez vécu avec le vôtre. Vous voudriez que nous fassions comme si cela ne les concernait pas? comme si cela ne concernait pas les familles? comme si cela ne concernait pas l’école? C’est peut-être votre conception. Ce n’est pas la mienne et ce ne serait d’ailleurs pas la première fois que nous serions en désaccord.
Alors dites-moi, si vous étiez encore en charge d’une classe, comment vous y prendriez-vous pour vous connecter aux réalités de vos élèves tout en continuant d’assumer votre mission d’enseignant? Après tout, vous avez certainement des idées sur le sujet. Il n’y a pas que le blog, j’en conviens tout à fait. Quel autre choix auriez vous fait?
Cela m’intéresse.

19 11 2010
David (10:13:33) :

Je me doutais de votre réaction. Ne me prenez quand même pas pour un has been… J’ai « donné » dans l’informatique (en 80) alors que vous étiez sans doute sur les bancs de l’école… Résultats très décevants. J’avais élaboré sur un ordi de 64 Ko (une antiquité) quelques programmes de remédiation en français, géo et maths. Beaucoup de temps perdu ! Rien de vaut l’écrit et la solution du journal de classe me paraît autrement plus fructueuse (moins de perte de temps et plus de spontanéité). Mon credo a toujours été l’efficacité. Je note que votre « culturo blog » est surtout le fruit de votre travail et non celui des enfants, à part quelques commentaires sybilins…Cordialement

19 11 2010
David (10:30:51) :

Fouillez un peu sur l’Internet et vous pourrez constater le niveau des blogs de classes… Nul !

19 11 2010
David (17:16:02) :

Pourquoi ne pas mettre des fichiers audio dans votre blog… en voilà une richesse ?

20 11 2010
Ostiane (08:16:19) :

Et oui, David, voilà une proposition que je n’ai toujours pas expérimentée faute de savoir-faire…Et pour savoir faire, il faut déjà faire…donc acte, je m’y emploierai prochainement et vous tiendrai au courant.

21 11 2010
David (13:41:23) :

LE BLOG
-« s’exprimer dans et en dehors de la classe »
– » établir un lien entre école et classe »
– « créer une identité de la classe »
– » valoriser le travail des élèves »

Tout ça c’est bien beau… MAIS… voilà le résultat:

(……………)

Quelle richesse ! (?)
Des ambitions louables, de grandes idées et finalement : résultat NEANT.
Regardez un peu les choses en face.
Un peu de réalisme que diable !

Tous les blogs de classe démarrent comme un départ de Grand Prix… puis RIEN, tout s'endort; des articles sans importance dont les publications s'espacent puis meurent… aucune continuité…
N'ai-je pas raison ?

21 11 2010
David (15:38:53) :

???,????(IT),??????

21 11 2010
Ostiane (17:23:11) :

David, j’ai volontairement supprimé et mis entre parenthèses les 4 ou 5 commentaires de mes élèves que vous preniez en exemple. Par respect pour eux.

1/ L’affichage hors contexte de leur erreurs et de leurs échanges me semble bien réducteur et surtout très déloyal…

2/ Les commentaires sont des prises de parole spontanées et libres que je modère quoi qu’il arrive tout en prenant soin (depuis cette année) de les corriger en laissant visible la trace de leurs erreurs.

3/ Ces traces visibles sont l’occasion pour eux comme pour moi de prendre en compte leurs difficultés orthographiques et leurs maladresses langagières afin de les retravailler en classe.

4/ Un blog est constitué de commentaires ET d’articles…Seuls ces derniers font l’objet d’un travail préalable en classe. Curieusement, vous vous attardez sur leurs « fautes » sans considérer le reste leur travail.

5/ Que vous trouviez leurs articles sans intérêt, c’est votre droit. Vous vous focalisez sur ce qu’il leur reste encore à apprendre sans prendre en considération le chemin par lesquels ils progressent (ou non).

6/ La richesse ne réside pas uniquement dans le produit fini, elle se révèle aussi au travers de ce que l’on vit, de ce que l’on construit, jour après jour.

7/ La reconnaissance et l’acceptation des imperfections et des erreurs permettent de valoriser d’autant mieux les réussites et de mesurer le chemin parcouru entre 2 étapes.

8/ Le droit à l’erreur est un droit fondamental dans tout processus d’apprentissage. C’est bien là un des principaux maux de école…ne pas l’intégrer c’est faire fi de ce qu’est l’acte d’apprendre .

9/ Je reste réaliste, il y a encore beaucoup à faire. Le blog de classe n’est une baguette magique qui résout à lui tout seul les difficultés de la langue française.

10/ Sans ambitions louables, sans foi en ses élèves, sans grandes idées on finit par devenir un prof aigri à la tête d’une classe dépourvue de sens et de vie. Désolée ce n’est pas mon choix, ce n’est pas ma philosophie.

21 11 2010
David (18:25:31) :

Je ne cherchais pas spécialement les erreurs… Je mettais « en exergue » la profondeur des interventions… le lien puissant entre l’enseignant et l’élève… le rapport privilégié avec les parents…
Si, justement, la richesse repose sur le produit fini et non sur les travaux qui permettent de le produire.
Les intentions sont louables, je n’en doute pas une seconde, la foi en ses élèves est une condition première, c’est évident !
Ce que je conteste dans le blog c’est justement l’absence de produit léché, fruit de travail, d’hésitations, de corrections, de relecture… L’objectif est loin d’être atteint. Ce n’est pas parce que le « numérique » est à la mode qu’il faut la mettre à toutes les sauces sous prétexte de modernité !
Ne croyez surtout pas que je suis un vieux prof aigri… J’enrage devant la faillite patente de l’enseignement, devant l’absence de politique responsable… La pose de cataplasmes numériques successifs ou autres ne résoudra pas les problèmes.
Qu’apporte LE BLOG dans votre enseignement autre qu’une perte de temps considérable pour des résultats sans doute très aléatoires ?

21 11 2010
David (19:30:54) :

C’est étrange… vous n’êtes focalisée que sur les échanges, ses erreurs (normales) et non sur le produit fini … On ne parle pas de la même chose.
Est-il possible de discuter avec avec vous avec des « oui, mais », des « non mais »… ? Vous n’avez que des certitudes, celles de votre choix, le meilleur !

21 11 2010
David (20:08:59) :

Je rigole… presque 120 lignes pour expliquer ce qu’est un blog de classe suivi de la mention « à suivre » … Vous êtes vraiment très forte pour l’enfumage !
Nul doute que vous allez faire des émules parmi les débutant(e)s… pétris de « haute pédagogie ».

21 11 2010
Ostiane (20:23:01) :

J’ai quelques convictions, c’est vrai. Les certitudes, je m’efforce de les combattre; elles figent la pensée.
Lorsque je suis invitée à témoigner auprès d’enseignants sur l’utilisation du numérique en classe et du blog de classe en particulier, je commence toujours par cette précaution oratoire: ce dont je vais vous parler est l’expression d’un choix personnel, professionnel et pédagogique; c’est mon choix, il y en a de nombreux autres! C’est juste un choix parmi d’autres, et évoquer ce choix ni n’exclue la validité des autres choix ni n’en fait un modèle. C’est juste un choix. Le mien et celui de mes élèves..
J’espère vous rassurer au moins sur ce point David.

Vous enragez dites-vous et vous n’êtes pas le seul, croyez-moi. J’essaie, comme bien d’autres collègues, de me montrer à la hauteur des enfants qui me sont confiés. Je n’ai pas de recette miracle, ça se saurait. J’essaie, je réussis parfois, j’échoue trop souvent, mais toujours j’essaie. Je suis, comme de nombreux enseignants, contrainte de faire face à des politiques éducatives sans aucune vision à long terme, sans aucune cohésion d’ensemble, sans aucune considération pour les élèves, les parents, les enseignants. Ou si peu…

J’essaie juste David, et d’essayer me donne le droit d’en témoigner, pas d’affirmer que mon choix est meilleur qu’un autre, quelle drôle d’idée!

22 11 2010
David (17:07:22) :

Avouez tout de même que pour un blog -quel qu’il soit- il y a plus d’informatique que de français…
Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?

22 11 2010
Ostiane (17:47:03) :

David, ce qui est visible sur le blog n’est qu’une fenêtre partiellement ouverte sur une partie de ce qui est fait par ailleurs en classe. Il y a le visible et l’invisible. Je consacre un nombre d’heures très conséquent à l’apprentissage de la langue française. Il est central et au cœur de toute activité réalisée avec les élèves. C’est pour moi une priorité car j’ai dans ma classe de nombreux enfants venant des quatre coins du monde. C’est une richesse, un atout mais également cette pluriculturalité implique de la part de l’enseignant une attention toute particulière portée à l’apprentissage de cette langue française, langue qui leur ouvrira ou non les portes d’un avenir scolaire, voire plus si affinité.
Nous n’avons accès à la salle informatique qu’une heure par semaine et en demi groupe; le reste du temps, nous sommes en classe, avec livres, crayons et cahiers. Rien de plus traditionnel en somme! Le blog de classe me permet (entre autre chose) de donner une motivation supplémentaire à mes élèves. C’est important la motivation pour donner l’envie d’apprendre, non?

22 11 2010
David (18:59:38) :

Ainsi donc on en revient aux fondamentaux… Que ne le dites-vous pas ?
LE BLOG n’est donc qu’un pis aller… un truc en plus, à la mode pour le moment… pas besoin d’en faire des gorges chaudes (et 120 lignes de commentaires)! Non ?
Je retrouve votre art du grand écart, une fois de plus !

NB Vous consacrez un nombre d’heures important au français… Well, well, mais n’oubliez pas les maths !

24 11 2010
yendi (17:35:42) :

c’est hallucinant le nombre de commentaires sur l’education scolaire sur ton FB ou ici, tous dans le sens de ta vision. Pourtant, peu de choses changent, est-ce cela le « mammouth »?

24 11 2010
Ostiane (18:28:46) :

Le mammouth, c’est quoi? un doux mélange très efficace pour que rien ne bouge, à savoir:
– 800 000 profs et AUCUNE gestion des ressources humaines
– une école crispée sur des habitus et des contenus qui n’ont plus grand chose à voir avec les réalités de la population scolaire qui la fréquente
– des va et vient entre des injonctions contradictoires et des mises en œuvre aléatoires
– des réformes plaquées sans aucun accompagnement au changement
– une société qui confond consommation et éducation
– une danse du ventre entre politiciens et syndicats
– un prisme franco-français qui s’interdit d’aller voir ailleurs comment ça se passe
…etc! Le mammouth a encore de beaux jours devant lui chère Yendi…

25 11 2010
David (12:55:17) :

« des réformes plaquées sans aucun accompagnement au changement »…
Là est le problème ! Tout a commencé dans les années 70′
– Maths modernes
– Textes libres
– Réforme de la grammaire
– Correspondance scolaire
– Auto-dictée
– L’élève au centre qui construit son savoir
Etc.
La liste est longue. Tout cela au nom d’une « pseudo modernité »…

25 11 2010
Ostiane (14:20:55) :

Pour une grande partie de ce que vous énoncez David, l’erreur a été non pas de vouloir faire évoluer les pratiques, mais de ne pas accompagner ces réformes par une solide formation REFLEXIVE. Considérer que les enseignants doivent appliquer des textes d’orientation sans les amener à prendre en compte ce qui fonctionne et considérer ce qui ne fonctionne pas dans leurs pratiques est une grave erreur de stratégie qui se perpétue malheureusement encore aujourd’hui et mène à l’inefficacité, l’incohérence,le conflit, le sentiment de culpabilité, la lassitude, le désengagement, l’immobilisme…l’échec.
Pour être en mesure de proposer des politiques éducatives qui se révèlent durables et constructives, il faut sortir de la seule injonction venue d’en haut et donner aux acteurs de terrain davantage d’espace de co-réflexion et d’expérimentation en lien avec des besoins exprimés localement, eux-mêmes en accord avec les grandes orientations nationales.
Pour cela il faudrait dégager du temps pour permettre aux enseignants de travailler en équipe ET développer la formation en intra, au sein des établissements.
On en est loin..

25 11 2010
David (14:56:46) :

Tout à fait d’accord avec vous… Ces « pseudo-réformettes » ont été imposées sans formation et déclarées comme étant performantes et indispensables… Moralité beaucoup d’enseignants se sont jetés corps perdu en délaissant les bases. Qui en a souffert ? Nos élèves bien sûr !
Pour les TICE c’est un peu la même chose.
Faire évoluer les choses ? Sans aucun doute mais y aller avec douceur et accompagnement.
Pour une fois je pense (quoique) nous serons d’accord.

25 11 2010
David (19:14:01) :

Réponse ?

25 11 2010
Ostiane (19:36:20) :

« Faire évoluer les choses ? Sans aucun doute mais y aller avec douceur et accompagnement. »
Oui, David, nous sommes bien d’accord, et je m’en réjouis! Une fois n’est pas coutume, savourons ce consensus 😉

25 11 2010
Ostiane (19:55:26) :

En avant-première, aujourd’hui, Luc Chatel annonce son plan numérique au salon Educatice.
http://www.memoirevive.tv/

25 11 2010
David (21:15:35) :

Dans le fond… et malgré mes réactions souvent (toujours) provocatrices… je SAIS que nous sommes d’accord !
Je me rappelle les réunions « pédagogiques » dans lesquelles j’étais le « poil à gratter »… Les inspecteurs redoutaient mes réactions lorsqu’ils essayaient année après année de faire passer les consignes (souvent contracdictoires) « d’en haut ». Quel spectacle ! (certaines ressemblaient fort au système maoiste…) J’en rigole encore…
Mais au fond ce n’est pas très drôle… tous ces énarques et autres « grosses têtes » (il en faut qd même) n’ont jamais été confrontés aux réalités du terrain.

25 11 2010
David (21:36:57) :

Au sujet de votre ministre (ce n’est plus le mien)… Blabla, blabla…
Rien de nouveau ! Les profs ont-ils besoin des ressources du « numérique » ? J’en doute.
Le référent par établissement… encore une autre machine à gaz quand je pense aux planqués qui étaient sensés nous recycler…

26 11 2010
Christian Montelle (20:43:29) :

J’arrive un peu en retard dans le débat !
Une remarque cependant. Tu écris, Ostiane :
« Notre blog, c’est nous, c’est notre classe tout entière et c’est chacun de ses éléments en particulier, lié entre eux dans une entreprise collective. »
Beaucoup de blogs -et je ne parle pas spécialement du tien ici – sont des tentatives de parler de soi-même, des sortes de « Facebook » pédagogiques.
Cela n’est certes pas sans intérêt, dans un premier temps, mais présente des dangers de narcissisme et d’insuffisance de contenus.
J’ai visé (naguère) d’autres objectifs, soit dans le cadre de la correspondance scolaire, soit dans celui d’un cyberjournal. Je demandais, justement, aux enfants de ne pas parler d’eux – mêmes, les nécessaires présentations ayant été faites – mais de présenter ce qui était spécifique dans leur petite vallée jurassienne. Et de le présenter de façon attractive, originale et intéressante. Cela amène à tout un tas de problèmes stylistiques et de mise en forme, à des enquêtes, à des interviews de personnalités, à des travaux individuels ou collectifs, à des prises de photos ou de petits films. On acquiert alors un nombre élevé de savoirs et de compétences que tu pointeras toi-même. De plus, les enfants apprennent à sortir d’eux-même, à voir ce qui les entoure dans tous les domaines : géologique, géographique, historique, légendaire, éthologique, social, artistique, technique, scientifique… L’interdisciplinarité se met en place naturellement.
Et bien sûr, les élèves sont passionnés d’avoir tant de choses à apprendre à leur entourage aussi bien qu’à de lointains correspondants, qui ne manquent pas de faire le même travail depuis Tahiti, Santiago-du-Chili ou Port-Vila.

Un grand problème des enfants, surtout des enfants actuels, est de ne pas être capables de sortir d’eux-mêmes. Les aider à s’élever, (ces élèves), c’est les orienter sur l’autre, sur le monde en sa réalité.
Une autre difficulté est de mener un projet à terme, de ne pas se contenter du discours suivi d’un zapping. Connaître et faire connaître son bio-sociotope implique une durée et un achèvement. La matière est immense et inépuisable : on peut l’étaler sur plusieurs années, avec un minimum de concertation.

David, pourquoi es-tu si rugueux ? Cela ne me semble pas indispensable ! Il vaut toujours mieux proposer que critiquer, si on veut avancer ! Réservons nos piques à ceux qui les méritent, les crétins qui ont imposés tant de « réformes » ineptes, sans jamais accepter de les évaluer.

27 11 2010
Christian Montelle (19:13:08) :

Aie ! Deux grosses fautes : liés et imposés.
On ne voit pas ce que l’on écrit sur l’ordinateur ! Bouge-toi, tu n’es pas seule !!!

27 11 2010
David (23:36:31) :

@ Christian Montelle

Voilà que nous nous tutuyons maintenant…

28 11 2010
Ostiane (18:49:31) :

Christian, tu pointes là de réelles difficultés en effet à l’heure où nous sommes noyés dans un flux incessant d’informations et d’interactions en tout genre. L’écriture nécessite un silence en soi, silence conscient et producteur, silence qui permet de s’individuer, de devenir soi pour sortir de soi. L’école a en effet un rôle majeur à jouer ici. La tâche est d’autant plus rude qu’à côté de cela, la place pour la parole est réduite à peau de chagrin tant dans les familles qu’à l’école. Absence de silence d’un côté et absence de parole instituante de l’autre…et on demande à nos élèves de savoir penser lire et écrire parce que ça y est, c’est l’heure, c’est inscrit dans les programmes de l’école élémentaire. Alors quoi? chapitre 1, page 1, ça devrait marcher non? Ben non, justement, ça ne fonctionne pas comme ça…

29 11 2010
Christian Montelle (13:31:41) :

@ David

Autrefois ou naguère, quand nous étions jeunes l’un et l’autre, il était habituel de se tutoyer entre collègues. Maintenant si vous désirez que nous nous vouvoyions… Cela ne me dérange pas, d’autant plus que vous ne m’inspirez aucune sympathie.

29 11 2010
Christian Montelle (13:42:45) :

@ Ostiane

« et on demande à nos élèves de savoir penser lire et écrire » écris-tu. Et on demande surtout à leurs professeurs de leur apprendre à parler, écouter, lire, écrire, penser. Cela ne peut se faire dans des schémas pavloviens ou skinnériens. L’affectif, le désir, le plaisir sont des éléments essentiels dans les processus d’apprentissage. Les programmations, les outils, les méthodes sont vraiment secondaires.
Il est dommage qu’un aveuglement dû à une technophilie galopante cache à beaucoup les éléments les plus importants.

30 11 2010
alain l. (12:24:59) :

Bonjour Ostiane … il y a quelques années , nous avions grâce à un camion-radio baptisé « radiobue » réalisé notre première émission de radio … sont titre « radio éveil … la radio pas pareil …  » alors aujourd’hui j’ai envie de m’immiscer dans ces échanges pour vous présenter un blog de classe un peu particulier … un blog ‘pas pareil » quoi…
et dire que oui , 100 fois oui je suis en accord avec tous vos arguments et même davantage sur l’utilité d’un blog dans une classe …
il faut que je remonte à l’Eveil… je dois m’arrêter là pour l’instant … juste un lien pour un article qui me parait intéressant pour un site fil-santé-jeunes qui ne l’est pas moins:
http://www.eveil25.info/article-les-handicaps-invisibles-61630069.html

cordialment

alain l.

30 11 2010
alain l. (16:57:37) :

rebonjour Ostiane …

« J’y évoquerai, entre autre, la validation du B2I en situation » […]

permettez-moi donc encore de mentionner un site d’un collègue pour le B2i:
http://www.b2clic.net/
ou sa nouvelle version expérimentale:
http://lewebpedagogique.com/b2clic/

et comme je m’aperçois que j’ai mentionné sur notre page d’accueil « blog bleu primaire » parmi les ami(e)s de l’Eveil sans vous en demander l’autorisation comme je le fais habituellement , merci de me confirmer que cela ne vous dérange pas …

alain l.

2 12 2010
bouge-toi (21:14:36) :

« L’affectif, le désir, le plaisir sont des éléments essentiels dans les processus d’apprentissage… »

Je suis tout à fait d’accord avec toi Christian.

Mais comment remédier à la perte de ce désir, de ce plaisir en tant que parents quand en quelques heures ces éléments ont été réduits comme peau de chagrin par un jeune professeur ne montrant à ses élèves que leur soi-disante « nullité » ?

Sinon, je pense que le numérique doit rester un outil, tout ce qui peut être réalisé avec la correspondance, le journal, etc…peut , selon moi, être mené dans le but de le mettre sur un blog…Le blog sera alors la forme finale choisie, l’outil de transmission … Il n’est pas un début, ni même un aboutissement, juste un outil parmi d’autres.

Je ne suis pas sûre d’être claire et je m’en excuse si c’est le cas.

3 12 2010
alain l. (12:15:55) :

« Sinon, je pense que le numérique doit rester un outil, tout ce qui peut être réalisé avec la correspondance, le journal, etc…peut , selon moi, être mené dans le but de le mettre sur un blog…Le blog sera alors la forme finale choisie, l’outil de transmission … Il n’est pas un début, ni même un aboutissement, juste un outil parmi d’autres. »

Je « plussoie » comme on dit en d’autres lieux 🙂 … et j’ajouterais un outil … de communication privilégié pour les jeunes et qui remet (à mon avis) l’écrit au premier plan …
et à titre d’exemple ej ne peux résister à l’envie de vous faire partager notre « conte de Noël » …
http://www.eveil25.info/article-notre-conte-de-noel-a-25000-km-h-61278690.html

alain

4 12 2010
Christian Montelle (16:37:09) :

Chère Bouge-toi. Sur ce sujet du désir et du plaisir, je hasarderai, des opinions tout à fait personnelles.
Depuis quelques décennies le désir et le plaisir semblent avoir été pris en compte par l’école sous la forme du « ludique » et du varié : apprendre en jouant, séquences courtes, zapping obligé.
Ces notions de : « apprendre en s’amusant », « niveler les difficultés qui rebutent », « partir du vécu », « se mettre au niveau des élèves », varier très souvent les exercices » n’ont pas fait aimer particulièrement l’école à de nombreux enfants.
Je pense qu’en fait on est arrivé à une diminution tragique des contenus et des exigences et que les enfants qui arrivent à l’école sans bagages linguistiques et culturels sont frustrés et pénalisés. Les enfants de banlieue disent facilement : « On nous prend pour des cons (sic). On n’apprend rien à l’école.Les profs sont des blaireaux, etc ». Sans approuver, il faut analyser et constater que la suppression du ramassage scolaire pour neige abusive ne fait pas pleurer beaucoup d’élèves (ni de profs !)
A l’aune de ces principes hédonistes ou démagogiques – c’est selon – l’école devient souvent un espace « ludique » ou rien n’est sérieux, où l’on peut faire à peu près n’importe quoi.
Certains « traditionalistes » voudraient revenir à l’école d’autrefois (????) d’où tout plaisir était banni et qui causait tant de dégâts pour des résultats médiocres. Il ne méritrent même pas une citation.

Il me semble que des objectifs très différents seraient à explorer. L’enfant ressent un besoin impérieux de grandir, d’entrer dans le domaine mystérieux des « grands ». Qu’est-ce que cela signifie ? Comment entre-t-on dans le domaine des adultes ? Eh bien, depuis toujours par des initiations, initiations à des savoirs cachés et à des codes. Des savoirs cachés ???? J’entends par là ce que la linguistique nomme les connotations et que je préfère appeler le domaine du symbolique. Le symbolique est ce qui est caché sous les énoncés oraux ou écrits et pour les atteindre, il faut procéder à une interprétation des textes pour accéder à leur substantifique moelle. En ces lieux on découvre un plaisir intense, celui de comprendre le fond et d’être admis dans le cercle des initiés qui déchiffreront les connotations secrètes, l’humour, ce qui leur permettra d’accéder au cercle des gens cultivés. Quels sont les textes qui véhiculent le plus de symbolique ? Les récits de la tradition orale, le patrimoine littéraire, et, en particulier, les textes poétiques ou théâtraux.

La maîtrise des codes, de tous les codes culturels et sociaux est aussi un immense plaisir. Un adulte qui s’exonère de ces codes de politesse, de comportements – devant adultes, durant une heure de cours, pendant un spectacle – manque à une de ses missions importantes : transmettre ces codes. Apprendre les formes du vouvoiement, donner la maîtrise des salutations, de l’usage du téléphone ou du courrier en sont des exemples.

Un autre plaisir inducteur de désir est le fait de réussir à mener un projet à bout. Ne pas s’arrêter au contrôle et à la note, mais reprendre l’essai corrigé pour analyser les erreurs afin de ne plus les commette et recommencer l’ouvrage jusqu’à une version parfaite.L’objectif n’est pas d’obtenir une note, mais de parvenir à un récit, à une résolution de problème, à une récitation expressive, à une analyse de documents parfaitement décortiqués et présentée avec clarté et pertinence. C’est mépris que de se contenter de l’à-peu-près, du médiocre, de l’inachevé, du fautif non corrigé.

Il est aussi nécessaire de ménager des moments de plaisir intense qui apportent aussi des nourritures linguistiques, cognitives et culturelles intenses. La pratique de l’oral apporte ces moments aux élèves qui ne maîtrisent pas encore l’écrit. A condition que cet oral propose des contenus très riches : contes, légendes, proverbes, chansons, poèmes, chansons, le corpus est immense et doit être analysé soigneusement avant d’être proposé. Adéquation psychologique à l’âge des enfants, contenus assez riches, fidélité aux substrats divers (ethnographiques, esthétiques, psychanalytiques, symboliques, mythiques… ), invitation à des interprétations multiples grâce à des contenus symboliques forts.

Voilà quelques réflexions sur le plaisir et le désir dont j’aimerais lire quelques critiques.

6 12 2010
bouge-toi (15:50:18) :

« Un autre plaisir inducteur de désir est le fait de réussir à MENER UN PROJET à BOUT. Ne pas s’arrêter au contrôle et à la note, mais reprendre l’essai corrigé pour analyser les erreurs afin de ne plus les commette et recommencer l’ouvrage jusqu’à une version parfaite.L’objectif n’est pas d’obtenir une note, mais de parvenir à un récit, à une résolution de problème, à une récitation expressive, à une analyse de documents parfaitement décortiqués et présentée avec clarté et pertinence. C’est MEPRIS que de se contenter de l’à-peu-près, du médiocre, de l’inachevé, du fautif non corrigé. »

Ton intervention, Christian, est riche et pour l’instant je me contenterai de commenter cette partie ( parce qu’elle correspond à une expérience de maman du moment ).

Je suis bien d’accord avec ce que tu dis. Mais malheureusement l’envie de mener à bien un projet peut être mise à mal par l’absence de temps consacré à la reprise, à la remédiation, l’absence de considération envers les élèves qui en retour ressentent du mépris pour l’enseignant, et sans doute pour eux aussi puisqu’on leur renvoie une image négative et qu’en plus on leur fait bien comprendre qu’on n’a pas de temps pour les aider. Et là il y a un blocage, la construction en cours s’arrête subitement, et actuellement je cherche des étais pour éviter le pire…que l’édification s’écroule…

7 12 2010
Christian Montelle (08:33:15) :

« Absence de temps pour la reprise, la remédiation, l’absence de considération… ».
La reprise et la remédiation doivent être bien différenciées.
L’absence de considération : il me semble que c’est exactement l’inverse.
« On leur renvoie une image négative… » : ???

Il y a du malentendu, là, et pour tenter de me faire mieux comprendre, je vais donner un exemple.
Exercice donné : un petit récit relatant une bêtise commise par le chat.
Il est d’abord nécessaire (et c’est de la prévention, pas de la remédiation) de préciser au cours d’un certain nombre de séquences qui parle à qui, ce qu’est un récit; comment il est organisé… Détermination des lieux et personnages (trait de caractère qui expliquera l’incident…), choix de l’enjeu du récit, situation de communication du récit (récit soutenu, lettre, dialogue….), système de temps employé, vocabulaire et connaissances à chercher et rassembler… Par exemple, le chat est de quelle race ; s’il a volé de la viande, de quelle viande s’agit-il (un filet mignon, un rosbif…). Léon (coucou Eveline:http://www.charmeux.fr/blog/index.php) écrit un texte qui n’est pas un récit, parce qu’il n’y a pas de problème, pas de bêtise. Les verbes sont très mal accordés. La ponctuation est rare et fautive. On peut noter : « Sujet mal compris ; accorde tes verbes ; ponctue ton texte… », noter 7/20 et basta. Le récit va s’enterrer au fond du sac et tout cela n’a servi absolument à rien. Aucune acquisition, aucun progrès, découragement.

Pour qu’il y ait progrès, il faut que le correcteur cible deux ou trois erreurs différentes à chaque fois (chez chaque élève), et écrive un commentaire détaillé qui explique pourquoi il y a erreur. Ce commentaire fait référence à des leçons antérieures et peut proposer des exercices. Le travail n’est pas noté sur le premier jet. L’élève écrit une deuxième version corrigée. Elle est notée (ça ne sert à rien bien au contraire, mais c’est obligatoire !). Si les corrections ne sont pas suffisantes, le correcteur, annote de nouveau et l’enfant écrira une version irréprochable et dont il sera fier.
On a passé trois semaines sur un petit récit ? Ce n’est pas du « temps perdu » ! On s’en aperçoit quand on voit que les enfants font des progrès fulgurants. Le problème, ce n’est pas la quantité, mais la qualité obtenue grâce à une évaluation formative systématique. En classe, on n’est pas dans une fabrique de pacotille, mais dans un atelier d’art !

Quand il y a erreur, on ne passe jamais outre. On se réjouit, au contraire, de l’erreur, car ce sera une occasion de détecter et corriger cette erreur. Le progrès consiste à corriger les erreurs.

Je sais que cela demande beaucoup de travail, ne serait-ce que pour parvenir à comprendre l’origine des erreurs et trouver les moyens de les expliquer et de permettre leur disparition. Mais accumuler des tas d’activités ne permet pas aux élèves en difficulté de progresser. Ils deviennent amers et désagréables !

17 12 2010
David (18:09:16) :

Titre de votre article:  » Un blog de classe pour quoi faire ?  »
En effet je me le demande… Je viens de consulter votre CULTURO (?) de classe… C’est d’une pauvreté désespérante. NEUF articles depuis septembre dont SIX créés par la maîtresse. Comme je suis bon en maths, les élèves ont « pondu » TROIS textes dans ce long trimestre…
Travail des élèves valorisé ; identité de classe créée ; lien école-maison établi ?
Hum !
Avant d’écrire ce petit mot charmant je suis allé visiter d’autres blogs de classes. La plupart sont arrêtés, d’autres sont gnan-gnan , quelques raretés intéressantes cependant.
Alors un blog, pour quoi faire ?

4 01 2011
Christian Montelle (01:38:45) :

Il serait utile de savoir quelles sont « ces raretés intéressantes » pour vous.

Le blog ou le cyberjournal ouvrent des perspectives nouvelles à une activité ancienne, chère à la pédagogie de Célestin Freinet : la correspondance scolaire. Ils permettent la rédaction de vrais textes, de vrais documentaires, lus par de vrais lecteurs dans une position ou l’émetteur est un vrai scripteur (ou orateur, car ils permettent la communication orale). Ils posent le problème des compétences nécessaires pour écrire ces vrais textes. Si ces compétences ne sont pas enseignées, les blogs et autres vecteurs de communication ne servent qu’à des épanchements affectifs de peu d’intérêt. Un récit, un documentaire, un ouvrage à caractère artistiques originaux, amenés à un stade d’élaboration suffisant permettent de faire émerger une foule de compétences à acquérir et donnent des raisons de les acquérir. Le fait qu’ils soient soumis au jugement d’autrui génère une puissante justification pour les travailler et retravailler jusqu’à leur donner une forme et un fond satisfaisants.
Se contenter de ce que d’aucuns nomment des textes libres, quand cette expression signifie n’importe quoi, ne conduit qu’à une perte de temps et à des satisfactions narcissiques pour les enfants. Tout le travail du pédagogue doit tendre à aider ces derniers à se décentrer d’eux-mêmes, à s’intéresser à autre chose que leur petite personne à se mettre à la place du récepteur de leur travaux en devenant censeur de leur propre travail.
Une valorisation excessive de la « motivation » ou de l' »expression » a causé beaucoup de dégâts. Ils est donc nécessaire de les analyser soigneusement.

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