Devinettes à l’honneur

15 01 2011

Je vis si on me cherche, je meurs si on me trouve. Qui suis-je?

C. Lhainigm

C’est par cette invitation au questionnement que s’ouvre le chapitre 13 de l’ouvrage de Christian Montelle, La parole contre l’échec scolaire, la haute langue orale; un ouvrage riche et dense (voir le sommaire en fin d’article)  consacré à l’acquisition de la langue des savoirs et de la culture, socle sur lequel s’appuiera tout le parcours scolaire de nos élèves.

Le point de vue de l’auteur sur l’usage des devinettes en classe:

L’énigme, la charade ou encore les rébus au même titre que le théâtre, la poésie, le conte ou les récits fondateurs très largement abordés dans les chapitres précédents, gagneraient à occuper une place toute particulière dans l’univers scolaire tant leurs vertus pédagogiques, encore trop mal exploitées à tous les niveaux de scolarisation, se révèlent efficaces aussi bien sur le développement cognitif et linguistique du jeune enfant que sur sa capacité à réagir et interagir avec ses pairs formant par la même occasion un réseau de communication ludique et réactif au sein duquel « chacun parle et se socialise ».

Les mérites et les vertus de la devinette:

  • favorise l’écoute et la mémorisation
  • développe les capacités en terme de compétences de classement
  • participe à l’acquisition de la fonction métalinguistique de la langue
  • sensibilise au langage poétique
  • permet d’affiner le contour sémantique des mots
  • génère les aptitudes à (se) poser des questions
  • aide à la manipulation des indices
  • développe les capacités hypothético-déductives
  • facilite la prise de risque que représente la prise de parole
  • met en place des pratiques socialisantes au sein du groupe

Quelques exemples de devinette:

Plus il est chaud, plus il est frais…

Je suis le capitaine de 25 soldats et sans moi Paris est pris. Qui suis-je?

Trente-deux demoiselles, toutes de blanc vêtues, assises sur des bancs rouges, avec une bavarde au milieu. De qui s’agit-il?

Feuilles en pales d’hélice et fruits en perles gluantes…

Même devant l’Empereur, son vieux chapeau il ne l’enlève pas…

On l’met en terre, on l’sort de terre,on l’met dans l’eau, on l’sort de l’eau, on lui casse les os pour avoir sa peau…qui donc est-il?

Long nez pointu, un trou derrière, j’avance en zigzaguant…Qui suis-je?

Jouer pour apprendre, jouer pour partager, jouer pour grandir, jouer pour ressentir, jouer pour explorer

Jouer finalement, c’ est une affaire très sérieuse!

Mon point de vue sur cet ouvrage

Je ne saurais que trop vous inviter à découvrir l’ouvrage de Christian Montelle tant il fourmille d’analyses à la fois rares et fines, toujours étayées de très nombreux exemples concrets et vivants illustrant l’art et la manière d’envisager ce qu’il appelle « la haute langue orale ».

A l’heure où la tentation est forte pour les enseignants du primaire comme du secondaire de baisser les bras face à la menace grandissante de l’échec scolaire, ce livre constitue un puissant antidote pour lutter contre l’impuissance et le défaitisme ambiant. Ainsi, par les pistes de transmission que l’auteur met à notre disposition, il nous propose de sortir de cette impasse en nous invitant, via de multiples entrées langagières à « nourrir les enfants par l’oreille.« 

  • Pour en savoir plus l’auteur et son ouvrage:


La Parole contre l’échec scolaire
(La haute langue orale),
Christian Montelle, L’Harmattan, Paris, 2005

Au fait…

Je vis si on me cherche, je meurs si on me trouve. Qui suis-je?

😉

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16 réponses à “Devinettes à l’honneur”

15 01 2011
Christian Montelle (14:05:01) :

Merci, Ostiane, pour cette présentation louangeuse qui me couvre de confusion mêlée de beaucoup de plaisir.
Je pense, en effet, que les lacunes linguistiques et de connaissances générales, sont les matrices premières de l’échec scolaire. La transmission (j’entends des dents qui grincent) d’une langue orale riche de lexique, de structures, de contenus culturels et symboliques riches et pertinents permettrait, j’en suis persuadé et j’en ai fait l’expérience, de réduire considérablement ce cancer qui ronge l’école.
Les devinettes, comme tu le notes, n’ont pas que des vertus concernant la langue. Elles initient aussi à la pratique de l’hypothèse et de la déduction, si nécessaires dans les disciplines scientifiques. « Je vis si on me cherche, je meurs si on me trouve. » demande tout un travail intellectuel pour valider les propositions de solution qui nous viennent à l’esprit. Ce n’est pas cela parce que…. Si c’était ceci, il y aurait telles conséquences, ce qui n’est pas le cas… donc…. Mon hypothèse est infirmée par telle impossibilité ; je conserve cependant cet indice, mais modifié. La solution : C. Lhainigm :-)))) ne conclut pas ce travail. Un autre proposera : « la devinette », « la charade » et on discutera de la validité et de la valeur relative des propositions, en utilisant encore le matériel linguistique de la causalité, de la conséquence.
On demande à ceux qui proposent une solution de motiver leur choix et cela les amène à mieux peser le poids de leur parole, à réfléchir avant de parler.

Les autres textes de la tradition orale, ou de l’orature savante que j’évoque dans mon livre, permettent de développer bien d’autres compétences linguistiques ou autres. Comme je voudrais qu’ils ne servent pas seulement d’amusement, mais que l’on reconnaisse leur valeur d’outils puissants qui permettent d’apprendre avec plaisir et d’aimer sa propre langue.

15 01 2011
Ostiane (15:02:51) :

La transmission est une si belle chose Christian. Qui pourrait faire le grief à un enseignant de vouloir transmettre le patrimoine culturel et humain que des millions d’hommes et de femmes avant nous ont transmis? Ni transmettre ni enseigner ne signifient gaver. Nos enfants ne sont pas des cerveaux vides qu’il faudrait remplir, ils ne sont pas non plus des automates programmés pour recevoir et absorber sans que soient mises en place de véritables situations vivantes d’acculturation qui font sens et donnent du sens en même temps. Ce sont les multiples activités langagières qui permettront jour après jour de transmettre ce patrimoine de la tradition orale que tu déclines dans ton ouvrage. Encore faut-il connaître ce patrimoine…Voilà pourquoi ton ouvrage me semble particulièrement remarquable et d’utilité publique pour ce qui concerne la formation des enseignants. Auto-formation devrais-je plutôt dire aujourd’hui…mais c’est là un tout autre sujet!

15 01 2011
David (18:03:39) :

Un petit coup de cirage de pompes ne fait de mal à personne !

15 01 2011
Ostiane (18:24:23) :

Votre intervention était si prévisible David qu’elle en est décevante.
Vous auriez pu rebondir sur les devinettes, soumettre des hypothèses, vous mêler au jeu du challenge hypothético-déductif, en proposer vous-même, vous qui êtes un fervent praticien de la chose mathématique. Oui, j’aurais aimé que vous me surpreniez. Mais vous avez opté pour la facilité: le croche-pied immature et impulsif. Bof…

15 01 2011
Christian Montelle (19:31:01) :

David réagit sur ce qu’il comprend. Ne lui parlez pas d’hypothético-déductif trop snob), mais plutôt de table de multiplication. Allons soyons pédagogue ! Un ouvrage passionnant qui expose bien la problématique : Georges Bouligand et Jean Desgranges, Le Déclin des absolus mathématico-logiques
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhs_0048-7996_1950_num_3_3_2847
Ancien, mais bon à rappeler.

15 01 2011
David (20:40:24) :

(NB. Le commentaire de CM totalement illisible, comme c’est dommage ! )

Evidemment ma réaction était prévisible… Etait-ce donc, pour une fois, une provoc de votre fait ?
Je sais je suis immature… et franchement j’assume venant de la part de grands pédagogues comme vous.
Comme vient de l’écrire le big Chris, je ne comprends pas tout… Seuls les pédagogues de « haut niveau » munis de la « haute langue orale » distillée par la compagne d’icelui peuvent comprendre…
J’ai lu quelques pages (grâce à la référence de l’auteur de l’énigme, sans doute britannique : C. Lhainigm – quel humour, quelle finesse ! ) de l’inefable sieur Montelle, bien sûr. Que de mots pour bien peu. Le langage mathématique, loin des contes, est beaucoup plus concis et empreint de la même poésie. Notez les vertus pédagogiques, ces qualités cognitives pour lutter contre l’échec scolaire car tant que durera une nécessité de questionnement dans la logique obligée des handicaps socioculturels, il convient d’intérioriser la globalité des situations-problèmes des groupes de pilotage, non ?

Petit conte mathématique à votre méditation…

Il est midi à Gizeh* (* situer Gizeh sur Google earth ou sur le blog de MachinTruc), sans doute un 21 janvier, le soleil brille et se trouve à 45°…
Thalès* (*retour historique…) dit au bédouin* (*éthymologie et historique de la colonisation…) :  » Quand mon ombre aura la même longueur que ma taille, alors la pyramide* (* revoir la notion de volume) aura la même hauteur que la longueur de mon ombre « .
Il trace un cercle* (*revoir définition) sur le sable égyptien* (* noter la teneur en silice de ce sable particulier à la région) dont le rayon égale sa taille. Avec Thalès pour centre, à midi pile, l’ombre égale sa taille. A ce moment précis Thalès hèle le fellah* (* notez le caractère péjoratif de l’interpellation…), qui aidait Thalès dans son expérience. le fellah plante un piquet à la base de l’ombre de la pyramide.
L’ombre que mesure Thalès est égale à 60 coudées royales* (* une coudée royale est égale à 0,523 m ).
La base de la pyramide mesure 440 coudées.
Quelle est la hauteur de la pyramide ? ( en coudées puis en mètres).

Veuillez notez que la quasi majorité de mes élèves – de CM1- ont réussi le problème, certes élagué de blablas pédagogistes.
A vous de déblayer un peu le terrain !

Bon courage, j’attends une réponse circonstanciée.

17 01 2011
Christian Montelle (16:29:17) :

Je suis atterré ! D’autant plus atterré que la quasi majorité des élèves ont réussi le « problème » !

Il est midi à Gizeh, sans doute un 21 janvier, le soleil brille et se trouve à 45°…
[45° de quoi ? Mystère.]
Thalès dit au Bédouin :
[ Quel Bédouin ? ]
 » Quand mon ombre aura la même longueur que ma taille, alors la pyramide aura la même hauteur que la longueur de mon ombre  » .
[Vraiment !??? La pyramide – quelle pyramide, en fait ? – aura la même hauteur que la longueur de l’ombre de Thalès ???? Là, c’est le délire !]
Il trace un cercle sur le sable égyptien
[ Du sable égyptien, comme on a du sable français ou turc. Besson veille !]
( noter la teneur en silice de ce sable particulier à la région)
[ qu’est-ce que vient foutre la teneur en silice de ce sable dans ce problème ????]
dont le rayon égale sa taille.
Avec Thalès pour centre, à midi pile, l’ombre égale sa taille.
[L’expression est lamentable, mais ce n’est pas faux.]
A ce moment précis Thalès hèle le fellah
( notez le caractère péjoratif de l’interpellation…)
[ le caractère péjoratif de l’interpellation ??????? Fellah signifie paysan, en arabe. Pendant la période de diffusion de l’islam au Moyen-Orient, ce terme a été utilisé pour faire la distinction entre les Arabes venus de la péninsule Arabique et les Égyptiens d’origine. Sinon, il n’est pas employé dans un registre péjoratif, quand il est question d’Egypte ancienne]
qui aidait Thalès dans son expérience. Le fellah plante un piquet à la base de l’ombre de la pyramide.
L’ombre que mesure Thalès est égale à 60 coudées royales ( une coudée royale est égale à 0,523 m ).
La base de la pyramide mesure 440 coudées.
[440 coudées. A quoi sert cette mesure ?]
Quelle est la hauteur de la pyramide ? ( en coudées puis en mètres).
[ Selon ce texte, la grande pyramide de Gizeh mesurerait 60 coudées, comme son ombre à ce moment-là. En fait, elle mesure 280 coudées royales, soit 146,58 mètres, réduits aujourd’hui à 137 mètres.

Bravo, David-le-persifleur ! C’est la totale ! Et je ne parle pas de l’incroyable confusion de l’ensemble, en raison du mélange des disciplines et des notions. De plus, je suis passé sur quelques autres erreurs mineures, comme étymologie avec une h.
Je suis certain que les intentions sont bonnes, mais les connaissances sont bien incertaines. Travaillez, au lieu de perdre votre temps sur des blogs !

17 01 2011
David (17:52:42) :

J’ai fait lire autour de moi… Sourires et exclamations !
Bien sûr que j’avais rajouté la logorrhée habituelle que l’on trouve dans tous les textes pédagogistes… Le texte originel ne fait que quelques lignes accompagné d’un joli dessin et suivi de quelques explications… (orales).
La coudée royale -pour votre info- était utilisée par les anciens égyptiens.
Désolé pour la faute d’orthographe… j’avais oublié aussi « ineffable » que je corrige. « Aura la même hauteur que SON ombre » !
Mais au fait quelle est la hauteur de la pyramide, car vous n’avez, je vois, aucune connaissance mathématique… ? La pyramide ne mesure pas 60 coudées de hauteur, bien que son ombre ait cette longueur… Mes élèves avaient tout de suite pigé le truc, eux !

Pour terminer pourquoi tous ces ( ? ), un seul suffit ! Vous devez bouillir, non ?

NB. Je pars en voyage pour quelques jours de l’autre côté de l’océan. Je suis désolé pour le manque de commentaires que cela va entraîner.

17 01 2011
Christian Montelle (18:33:00) :

Les desseins de David sont impénétrables !

17 01 2011
David (20:25:02) :

Les réponses de Christian sont absentes…
Par le calcul, simple, une seule réponse est possible. Je m’aperçois que le « pédagogue » est plus calme tout à coup.
Le « persifleur », comme vous l’exprimez si bien, vous dit que vous avez tout simplement triché, ne vous en déplaise, car visiblement vous n’avez rien compris à ce problème, pétri de votre suffisance.
N’espérez rien de votre pseudo discours qui n’en enfle que votre ego.
Je vais me régaler de sirop d’érable et de clams showder…
A +

17 01 2011
David (20:33:16) :

Mon dessein, Montelle, vous voulez savoir ?
Je ne supporte pas les gens qui crachent dans la soupe… cela ne s’adresse pas à vous, mais vous y contribuez. Cela me donne envie de vomir…

17 01 2011
Ostiane (20:46:02) :

Serait-il possible de converser sans débordements outranciers?
La soupe est certes meilleure lorsqu’elle est subtilement relevée. Trop pimentée, elle devient imbuvable.
A l’heure qu’il est, que pensez-vous d’une petite tisane à la verveine?

17 01 2011
David (20:59:33) :

« débordements outranciers » dites-vous !
Evidemment votre blog n’est lue que par des zélateurs pétris de pédagogisme… Pour peu qu’un opposant vienne vous titiller quelque peu et voilà que la potion devient « imbuvable ».
Je n’ajouterai pas de commentaires supplémentaires sinon dire que je ne peux pas supporter le double langage ou plutôt la boboïtude… voyez ce que je veux dire ! (et je suis en accord avec votre cousin…)

17 01 2011
David (21:01:30) :

Oups !
« votre blog n’est LU »

17 01 2011
Ostiane (21:44:18) :

Ajoutez, David, à votre tisane, une cuillère de miel ou de sirop d’érable; je sens que vous vous énervez, vous en perdez votre belle orthographe!
Une dernière requête: si vous en avez l’occasion, saluez de ma part mon oncle d’Amérique!

17 01 2011
Christian Montelle (21:45:50) :

Cracher dans la soupe ? Qu’entendez-vous par là ? Vous êtes un opposant à quoi, au juste ? Voir des ennemis imaginaires, cela s’appelle la paranoïa. Je ne répondrai plus à vos provocations car cela ne mène à rien, sauf à déclencher chez vous des comportements infantiles. A 70 ans, j’ai autre chose à faire !
Je ne suis pas une grosse tête de la pédagogie, comme vous semblez l’imaginer. je ne suis qu’un professeur de collège à la retraite qui tente de partager un peu de son expérience professionnelle passée avec des collègues.

Allez vous défouler ailleurs !

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