Evaluations nationales, cru 2011

17 01 2011

C’est parti! Ce matin et pour une durée d’une semaine, les 730 000 élèves scolarisés en CM2 sur tout le territoire et au-delà, vont être soumis aux évaluations nationales, cru 2011; évaluations mises en place, petit rappel, depuis l’an neuf.

De quoi s’agit-il exactement?

Il est question de vérifier, en français et en mathématique (le reste n’ayant guère d’importance), si les acquisitions ont bien été acquises par tous et au même moment (souci d’équité), à savoir, avant la clôture du programme (ben oui, sinon ce serait trop facile!)

Étant de joyeuse humeur ce matin et souhaitant rester le plus neutre possible face à une telle absence de sens éthique et éducatif, j’ai fait le choix de laisser la parole à d’autres, en vous proposant sur ce sujet ma petite revue de presse:

A lire donc ce matin à propos de des évaluations nationales des élèves de CM2:

  • Ce qu’en dit le site officiel Education.gouv
  • Ce qu’en pensent les adeptes de SOS éducation
  • Un rappel nécessaire pour le cas des enfants sourds, dyslexiques, dyspraxiques et handicapés moteurs sur le site de l’académie de Poitiers
  • Les résultats 2010, le calendrier 2011, les mises en gardes de l’ICEM sur le site d’Epee ouvaton.org
  • Des parents qui se mobilisent contre ces évaluations, un article de Pablo René-Worms du journal Le Point
  • Le point de vue de la FCPE à écouter sur France Info
  • L’article de François Jarraud, rédacteur en chef du Café Pédagogique
  • Les réflexions d’Eveline Charmeux sur son blog l’amie scolaire
  • Et moi  dans tout ça, qu’est-ce que j’en pense?
    Ceux qui suivent ce blog depuis quelque temps, me connaissent. Les autres auront sans doute deviné

    Allez, c’est parti!

    Top chrono!

    Pour les presbytes, cliquez sur l’image, vous y verrez plus clair 😉

Partager

Tags : , ,


Actions

Informations

12 réponses à “Evaluations nationales, cru 2011”

17 01 2011
Christian Montelle (17:09:12) :

Cet acharnement à multiplier des évaluations grotesques aboutit principalement à un corsetage serré des pratiques pédagogiques, à une aggravation de l’écart entre les élèves et à l’étouffement de la liberté des enseignants. Eveline Charmeux a écrit des pages décisives sur le sujet.

Vivement que nous respirions la bonne odeur du jasmin, aussi, en France !

17 01 2011
Ostiane (17:32:13) :

Ces évaluations entraînent également une méfiance nauséabonde des élèves comme de leur parents vis à vis de l’institution scolaire…Comment garder cette confiance si nécessaire et parfois si fragile entre élèves et enseignants quand ces derniers sont obligés de chronométrer des exercices dont les notions n’ont pas toutes été abordées. Et même si elles avaient été abordées, les conditions requises pour faire passer ces tests sont totalement ahurissantes..

Stop! Posez vos stylos! Non, pas de questions, répondez ou ne répondez pas mais silence et tant pis si vous ne comprenez pas…

Que de violence dans ce mode d’évaluation…
Quelle indécente négation de l’acte éducatif et pédagogique!

Je viens de rajouter dans l’article un lien vers le blog d’Eveline Charmeux. Merci Christian.

17 01 2011
17 01 2011
Christian Montelle (18:52:40) :

Eh ben, moi, je suis super-content et je trouve le coup délectable !

Ce système d’évaluation tue l’école républicaine.

17 01 2011
David (20:50:25) :

Vous êtes dans le royaume de Peter Pan ou quoi ? On croit rêver à lire de telles absurdités (les vôtres) :
-« Comment garder cette confiance si nécessaire et parfois si fragile entre élèves et enseignants ? »
-« Les conditions requises pour faire passer ces tests sont totalement ahurissantes »
-« Que de violence dans ce mode d’évaluation »
-« Quelle indécente négation de l’acte éducatif et pédagogique ».
C’est Bisounours & Co.
C’est du grand n’importe quoi… vous a-t-on appris tout cela à Janson de Sailly ? Franchement on croit rêver !
Si vous critiquez autant le système qui vous fait vivre et qui vous a éduqué, plaquez tout et réfugiez-vous sur le Larzac avec vos chèvres…

17 01 2011
Ostiane (21:14:31) :

Parfois j’y pense, figurez-vous…

18 01 2011
Christian Montelle (07:07:36) :

L’évaluation normative est la pédagogie des imbéciles et des cyniques. Si elle est nécessaire en fin de parcours, elle ne provoque que des régressions et des échecs chez ceux qui n’ont pas encore acquis les connaissances ni les savoir-faire. Elle est le meilleur outil de la reproduction des inégalités.

18 01 2011
David (13:59:10) :

Lorsque vous serez sur le Larzac, laissez donc votre Porsche Cayenne dans la grange…
Sur ce je vais préparer mes valises !
A +

18 01 2011
Ostiane (18:18:16) :

« Porsche Cayenne », dites-vous? Il doit y avoir erreur sur la personne. Ou sur la Porsche! Mais quelle importance au fond. Même si j’en possédais une, je ne vois pas très bien le rapport avec notre propos de départ.

@Christian, dans le cas présent, le terme même d’évaluation est erroné. Dans le document ci-après, un tableau (p4) dresse la différence entre ces 2 termes: évaluer/contrôler. Intéressant me semble-t-il. Dans le cadre de la formation des jeunes professionnels, comme dans celui des élèves, l’évaluation doit fournir une ou des information(s) qualitative(s) et donner du sens au parcours de formation. On en est bien loin dans le cas de ces tests nationaux!
L’évaluation est nécessaire, mais pas dans n’importe quelles conditions. Ou alors, il ne s’agit pas d’évaluation, mais bien d’autre chose…
http://www.limousin.iufm.fr/eps/download/evaluer_96.pdf

18 01 2011
Christian Montelle (20:31:31) :

Pas encore parti, le gamin ? Les Porcs che à Cayenne !!!!
At Ostiane. Oui, oui, je sais. Ce sont eux, les perros, qui nomment évaluation, ce qui n’est que contrôle des professeurs, des élèves… et des écoles.
J’ai encadré plusieurs stages de profs sur l’évaluation (il y a longtemps !) ! Je distingue bien les notions d’évaluation diagnostique et d’évaluation formative (j’ai longuement évoqué une démarche pédagogique d’évaluation formative sur ton blog – ou sur un autre).
L’évaluation diagnostique n’est utile qu’à la condition qu’elle soit suivie d’une élimination des erreurs en devenant formative.
Le résultat du dispositif mis en place est très visible aux Etats-Unis actuellement dans le cadre des classes-charter. Connais-tu bien ce système et la façon dont il fonctionne. Les enseignants et les parents ont bien raison de réagir violemment.
Une ancienne ministre de l’éducation de Bush a écrit un livre accusateur contre les classes-charter qui ont été adoptées et encouragées par Obama ! Le monde ou le Monde diplomatique avait présenté un article à ce sujet.

Je ne retrouve pas l’article, mais celui-là donne déjà une idée :

http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=f0000074e8f8fcd35a0cdee2981524e4a8c35c797a6398b1

Si tu ne peux le débiter, je te l’envoie par mail.

19 01 2011
Ostiane (12:13:55) :

Effectivement, je n’arrive pas à lire la page envoyée. Non, je ne connaissais pas l’existence de ce système de Charter school. Mais je viens de lire un autre article sur le même sujet. (Internet, c’est quand-même dingue! Chaque jour on y apprend davantage, et en un clic! Bon après, il faut faire le tri. N’empêche, cet outil me sidère chaque jour…)

Voilà l’article du Figaro.
http://www.lefigaro.fr/voyages/2009/07/22/03007-20090722ARTFIG00457-aux-etat-unis-la-revolution-educative-des-charter-schools-.php

A chaud, et sans avoir approfondi la question, j’ai envie de dire: OSER aller voir AILLEURS comment les choses se passent me semble incontournable et indispensable lorsqu’on est enseignant.

1-pour mieux comprendre cet ailleurs et la multiplicité des cultures (repères historiques, économiques, éducatifs, etc)
2-pour être capable d’accueillir nos élèves et nos familles en sachant d’où ils viennent (prise en compte des us et coutumes)
2-pour élargir le champ de nos possibles en élargissant notre champ de vision (tiens, je n’y avais pas pensé! je pourrais peut-être essayer)
3-pour sortir du modèle unique français (modèle qui a ses mérites et ses limites)

J’admire les américains pour leur sens de l’action, pour leur capacité à se lancer sans présupposés, pour leur formidable optimisme qui les caractérise.

J’envie les scandinaves pour leur sens du civisme et du consensus raisonnable.

J’ai beaucoup de respect pour l’ingéniosité de tel peuple, le raffinement de telle culture, le sens de l’hospitalité de telle autre.

Nous ne sommes ni pires ni meilleurs que les autres. Nous avons juste une fâcheuse tendance à nous regarder le nombril en pensant que seules les solutions d’amélioration de notre système peuvent venir d’un unique choix politico-binaire droite-gauche et que toute la responsabilité des opérations viennent d’en haut. Non justement! Nous avons à notre échelon, des choses à faire et à mettre en œuvre dans nos classes, avec nos collègues et les élèves.

En matière d’éducation, il me paraît nécessaire d’être à la fois très scrupuleux (nous avons à travailler avec de jeunes enfants qui méritent notre plus grand respect et notre extrême vigilance) et très audacieux ( oser, créer, innover, expérimenter sont des postures professionnelles qui permettent de partager avec nos jeunes l’esprit d’initiative et l’idée que nous sommes tous acteurs à notre niveau)

Bref, en lisant l’article du Figaro, je me dis prudence et en même temps, ça me donne envie de creuser le sujet.
Si tu retrouves l’article du monde diplomatique, je suis preneuse!

19 01 2011
Christian Montelle (19:31:38) :

Les classes charter sont l’objet de critiques très vises aux Etats-Unis. Le Figaro ne semble pas être la meilleure source pour informer sur l’école publique !

Bien sûr, entièrement d’accord pour s’informer sur les systèmes scolaires d’autres pays. Je m’intéresse depuis longtemps à celui des Etats-Unis, ayant des amis professeurs en ces contrées. J’ai aussi longuement correspondu avec une maman qui avait deux enfants scolarisés en alternance en Finlande et en France. J’ai donné des conférences sur le théâtre et la poésie en Suisse et j’ai participé à des rencontres qui m’ont informé sur certains aspects de l’enseignement helvétique dont les modalités varient de canton en canton, malgré une volonté d’unification.

Laisser un commentaire