Pour faire l’autoportrait d’un enfant

7 02 2011

Autoportrait

Prenez la main d’un jeune enfant

Un peu avant sept ans.

Placez tout à côté

Une craie, une toile, un écran

Ni trop petit ni trop grand.

Mettez face à l’enfant

Un rêve à dessiner

Comme un nuage blanc.

Laissez-le faire.

Regardez-le.

C’est étonnant…


D’après le titre de Jacques Prévert, Pour faire le portrait d’un oiseau

et le texte Recette du poète Guillevic

Un article poétique en hommage au magnifique travail réalisé par le photographe et réalisateur Gilles Porte dont le film « Dessine-toi… » vient de paraître dans les salles.

Pour en savoir plus sur l’auteur et voir la bande annonce


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5 réponses à “Pour faire l’autoportrait d’un enfant”

8 02 2011
David (16:44:09) :

Remarque : on ne fait pas l’autoportrait de quelqu’un, mais tout simplement le portrait.

12 02 2011
Christian Montelle (03:24:57) :

Le récital de poésie : pour nourrir les enfants de belle langue et rendre agréable la « récitation ».

Avec mes élèves nous avons constitué au fil des ans des fichiers de poésie, un pour les 6e/5e et un autre pour les 4e/3e. Nous approchons des trois cents poèmes dans chaque fichier : que des beaux, des bons, des gouleyants, des signifiants, des qui nous plaisent (le prof participe au choix), en toute subjectivité. Fiches au format B5, poèmes collés proprement, et comprenant au verso une notice sur l’auteur.

Un important travail sur la voix (rythmes, volume, silences, intonations, timbre, etc. a été effectué ; voir : Christian Montelle/La parole contre l’échec scolaire). Le récital est annoncé avec quinze jours d’avance. Des paquets de fiches sont distribués à chaque élève. Lecture silencieuse, choix du poème que chacun va « offrir » à la classe (ou à un auditoire plus large).
Le jour du récital arrive, réservé à la classe aujourd’hui. Consignes : après la musique de début (une musique qui reviendra de temps en temps lors des silences, une musique douce, un peu envoûtante : Suites pour violoncelle de Bach, par exemple), seule la poésie aura la parole. Aucun commentaire d’élève ou de professeur, mais tout le monde, y compris le professeur, pourra dire, lire, chanter, crier, psalmodier — en un mot donner voix — à un ou plusieurs poèmes, du lieu de la classe qu’il choisira, de la façon qui lui semblera convaincante. Le récitant doit articuler, prendre son temps, car les autres ne connaissent pas son poème ; il leur offre, d’amitié, le texte qui l’a conquis lui-même. L’écoute est maximale, le silence d’une densité incroyable. Il faut avoir vécu une de ces séances pour savoir l’émotion que peut engendrer un poème dit, vraiment dit, quand le silence est un berceau dans lequel la parole prend une vie nouvelle. La musique clora doucement la séance et permettra de revenir dans le monde de la classe où, toutefois, aucun jugement ne sera porté, aucune note ne sera donnée. En effet, cette prestation est tellement personnelle et authentique que ce serait juger la personne de façon terrible que d’ajouter quelque chose à la voix entendue. Ces récitals plaisent tellement aux enfants qu’ils sont une récompense : Monsieur, s’il vous plaît, on prépare un récital de poèmes ? Je ne rêve pas : essayez !

Cet exercice est devenu presque classique : de nombreuses classes le pratiquent.

14 02 2011
David Batch. (20:01:44) :

Comme chacun sait, on ne peut être au four et au moulin. Alors à vouloir entamer une tâche par-ci, une autre par là et une troisième à côté, le tout en même temps, risque de conduire à un échec généralisé, sauf si on dispose d’un peu plus de bras que le commun des mortels, du don d’ubiquité et d’un cerveau multitâche.

Et comme ils n’étaient pas totalement idiots, cela, nos ancêtres du XVe siècle s’en étaient déjà rendu compte, puisqu’à la fin du XIVe, on écrivait déjà : « qui trop embrasse, peu étreint », le ‘peu’ ayant vite été remplacé par ‘mal’.

On peut toutefois se demander pourquoi c’est l’image des embrassades qui a été retenue pour cette métaphore alors que bien d’autres formes de l’expression auraient pu faire l’affaire.

Une première raison assez claire est que le verbe ’embrasser’ qui, au XIVe, voulait dire « serrer dans ses bras », a aussi un autre sens qui est : « vouloir entreprendre, s’engager dans, se lancer dans quelque chose » (« Il embrasse toutes les affaires qu’on lui propose ») ; ce qui colle très bien à la signification de notre expression.

L’autre probable raison viendrait d’une allusion au jeune mâle en rut qui, parce qu’il se disperse en s’attaquant à plusieurs cibles féminines à la fois, finit par ne jamais rien accrocher à son tableau de chasse.

Montaigne, au XVIe siècle, formulait la chose différemment : « Nous embrassons tout, mais nous n’estreignons que du vent ».

15 02 2011
christian Montelle (08:46:40) :

Je suis parfaitement d’accord avec vous. Un grand danger guette le pédagogue qui occupe les enfants à des activités diverses sans avoir des objectifs précis qu’il cherche à atteindre dans une démarche cohérente. Mais cela ne veut pas dire que l’on va chercher à faire entrer de force les notions nécessaires dans ces jeunes cervelles en suivant une « progression » rigoureuse et immuable sans tenir compte de la psychologie et des réactions des enfants.
Tout l’art du professeur sera de rendre ses cours à la fois riches et cohérents et aussi intéressants et capables de déclencher des réactions affectives pour les savoirs et savoir-faire.

17 02 2011
David (19:06:29) :

Alors… on abandonne le blog ?
Vous avez écrit, il y a quelque temps…  » J’ai un parti pris également pour capter mes visiteurs: écrire tous les jours. Je veux créer un rendez-vous quotidien, un passage obligé en quelques sortes. »

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