Tribulations formatives

18 02 2011

Tiens, au fait Ostiane, ça s’est bien passé ton intervention en école l’autre jour à Reims?


Comment as-tu abordé avec l’équipe d’enseignants la problématique de la relation école-famille? Un sujet délicat… j’imagine qu’on avance sur des œufs avec ce genre de demande. Pas évident de travailler un thème pareil avec une équipe qu’on ne connaît pas. C’est le genre de sujet piège où tout le monde a quelque chose à dire et où il est difficile de sortir des a priori et des opinions toutes faites. Dès qu’on parle de relation, on parle de complication, de réclamation, de non communication voire de rupture et de conflit. Et dès qu’on évoque le terme de conflit, on se trouve confronté à l’autre bien sûr, mais surtout à soi-même…Bref, un thème à hauts risques personnels et professionnels! Alors, raconte, tes objectifs, ta problématique, tes intentions pédagogiques, tes outils…

  • Mes objectifs? Comprendre leurs objectifs, chaque histoire étant une histoire particulière.
  • La problématique? La leur… à faire émerger au travers de leurs récits d’expériences de terrain…
  • Mes intentions? Les amener à se mobiliser sur la durée autour de leur projet d’école.
  • Mes outils? Un jeu de cartes 😉

Pour démarrer un suivi d’équipe, car il s’agit bien de cela, la première étape (non négociable) consiste à fédérer le groupe autour d’un nouvel enjeu. Un groupe qu’on ne connaît pas encore et qui ne connaît rien du formateur qui intervient pour la première fois. Un groupe qui va progressivement se transformer en équipage. La formation ex cathédra telle qu’on la pratiquait, appartient désormais au passé; on peut s’en désoler à tort et à raison ou encore tenter de s’adapter en faisant le pari qu’un autre type de formation reste à mettre en œuvre et développer au sein de l’éducation nationale. Une formation sur le mode de l’accompagnement, de la guidance ou du conseil et qui prend davantage en considération les contraintes, les demandes et les besoins exprimés localement. Sans cette écoute et cette compréhension des personnes et du terrain, il sera très difficile d’envisager l’adhésion et l’implication d’un groupe. C’est cette adhésion et cette implication qui rendront par la suite l’équipe autonome car désireuse de jouer ensemble la carte du changement et capable de continuer l’aventure grâce aux compétences collectives développées dès le démarrage de cet accompagnement. 

C’est ce tout début d’intervention que je partage aujourd’hui avec vous via le diaporama-Prézi suivant, comme  une invitation au voyage de l’auto et la co-formation.

Bonne partie 😉

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27 réponses à “Tribulations formatives”

18 02 2011
David Batch. (15:25:26) :

Pas mal votre Prezi… dommage qu’il soit entaché de fautes d’orthographe ! « Atmosphère » , « face-à-face », « individuellement » , « chronométré », « tic tac » à corriger d’urgence avant une autre intervention pour être un peu plus crédible ! (5 fautes c’est quand même beaucoup, non ?)

18 02 2011
David Batch. (15:36:07) :

J’ajouterais (encore 2 dans le texte de présentation, c’est vraiment bcp) « ex cathedra » et « jeu de cartes »

18 02 2011
David (16:02:09) :

J’ai oublié  » à tort » (ce n’est pas la 1ère fois !), (« où à raison »), « …d’envisager ».
N’insistiez-vous pas sur la « relecture » il y a quelque temps ?

18 02 2011
David (16:10:14) :

Je viens de me relire … (ou à raison)

18 02 2011
Ostiane (18:35:57) :

Beaucoup trop d’erreurs en effet…et je n’en suis vraiment pas fière…les voilà rectifiées grâce à votre veille vigilante David.
Je ne vois qu’un remède à cette baisse de vigilance: quelques jours de vacances, et sans doute un petit rendez-vous chez l’ophtalmologiste!

27 02 2011
catherine muller (15:22:39) :

Bonjour, je découvre votre blog, et depuis hier je vous lis sur le web.
Je trouve vos démarches ,études et commentaires très intéressants, ils me confortent dans mes réflexions. Réflexions que je n’ose plus exposer aux collègues, tant les réactions sont vives et agressives…
Je comprends mieux votre approche avec un jeu de cartes pour étudier le rapport enseignant/parents.J’avoue qu’au début de la lecture je ne voyais pas l’intérêt de « perdre » du temps à démarrer ainsi.
L’an passé pour ma première année en primaire j’ai déclaré la guerre sans le vouloir dans mon école en déclarant « classe ouverte »: les parents et moi travaillions main dans la main pour les projets de classe et pour améliorer les approches dans mon enseignement , notamment pour comprendre les pb des élèves dans certains apprentissages, chacun avec son recul et ses commentaires. Nous avons beaucoup appris , j’ai pu créer de nouveaux outils pour mieux aborder l’orthographe par exemple, et eux , les parents , réfléchissaient sur une autre approche devant les devoirs , les leçons..etc..J’ai vraiment adoré ces échanges. Je le fais en cachette maintenant , quand c’est possible…en attendant de trouver une école prête à ce genre de révolution (j’en ai d’autres sous le coude…)

Une instit. trop pressée.

27 02 2011
Christian Montelle (16:54:57) :

Puis-je me permettre une petite intervention hors-sujet ? Je viens de lire un ouvrage important :
TV Lobotomie, Michel Desmurget, Max MIlo, Paris, janvier 2011, 19 € 90, http://www.maxmilo.com
Voilà une somme aussi sérieuse et exhaustive qu’inquiétante sur l’effet de la télévision sur la santé et l’intellect des êtres humains, des enfants en particulier.
[Les pages 71 à 91 sont de moindre intérêt car elles répètent encore un constat bien connu de « baisse du niveau ». Elles combleront cependant David :-))]
Les références sont innombrables et concernent tous les pays. L’approche de l’échec scolaire s’en trouve considérablement enrichie.

27 02 2011
Ostiane (17:52:27) :

De retour sur le blog après une véritable pause en plein parc de la Vanoise. Rien que du blanc tout autour du chalet et pas une habitation à la ronde avant 30 minutes de marche…le torrent à nos pieds et la montagne tout autour…
@Catherine, soyez la bienvenue sur ce blog. Faire en silence, ce n’est pas forcément faire en cachette. Vous n’avez nul besoin de vous cacher, au contraire. Cependant, je comprends très bien votre position. Lorsque vous gagnerez en confiance, vous communiquerez bien plus aisément avec vos collègues. L’expérience aide à se positionner envers et contre les opinions communes. Que vous ayez établi le contact avec les parents de vos élèves sur des sujets aussi importants que ceux que vous énoncez est une véritable réussite et j’imagine que vos collègues vous observent avec intérêt (et en cachette) même s’ils n’ont pas la même approche…
@Christian, tu n’es pas si hors-sujet que tu le penses; la maîtrise et l’usage de la télévision représentent un enjeu crucial en matière d’éducation et donc de fait, un vrai sujet à aborder avec les parents. En début d’année, j’explique les effets pervers que peut générer un excès de TV sur le sommeil, sur la gestion des émotions, sur le développement de l »imaginaire, sur les aptitudes langagières et relationnelles des jeunes enfants. Il n’est pas question de moraliser ni d’infantiliser les parents, encore moins de s’immiscer dans leur vie d’éducateurs, mais juste de leur signifier le plus clairement possible les liens prouvés entre un abus de télévision (très souvent dès le réveil mais également tard le soir), et les difficultés rencontrées face à des tâches et des attendus scolaires.

27 02 2011
christian Montelle (18:14:41) :

1- Veinarde ! J’ai connu cette expérience en plein hiver lors d’un séjour prolongé dans une cabane de berger de génisses, en Savoie. Inoubliable !

2- Les méfaits de la TV semblent être encore plus nombreux et redoutables ! Voici la 4e de couverture de ce livre très scientifique :
« Sophie, 2 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela double ses chances de présenter des troubles attentionnels en grandissant.

Lubin, 3 ans, regarde la télé 2 heures par jour. Cela triple ses chances d’être en surpoids.

Kevin, 4 ans, regarde des programmes jeunesse violents comme DragonBall Z. Cela quadruple ses chances de présenter des troubles du comportement quand il sera à l’école primaire.

Silvia, 7 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela augmente de plus d’un tiers ses chances de devenir une adulte sans diplôme.

Lina, 15 ans, regarde des séries comme Desperate Housewives. Cela triple ses chances de connaître une grossesse précoce non désirée.

Entre 40 et 60 ans, Yves a regardé la télé 1 heure par jour. Cela augmente d’un tiers ses chances de développer la maladie d’Alzheimer.

Henri, 60 ans, regarde la télé 4 heures par jour. René, son jumeau, se contente de la moitié. Henri a 2 fois plus de chances de mourir d’un infarctus que René.

Chaque mois, les revues scientifiques internationales publient des dizaines de résultats de ce genre. Pour les spécialistes, dont fait partie l’auteur, il n’y a plus de doute : la télévision est un fléau. Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l’attention, l’imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l’alcoolisme, la sexualité, l’image du corps, le comportement alimentaire, l’obésité et l’espérance de vie.

Ces faits sont niés avec un aplomb fascinant par l’industrie audiovisuelle et son armée d’experts complaisants. La stratégie n’est pas nouvelle : les cigarettiers l’avaient utilisée, en leur temps, pour contester le caractère cancérigène du tabac… »

Cela est appuyé par ses statistiques internationales solides et nombreuses.

27 02 2011
David Batch. (19:47:05) :

Les pages 71 à 91 sont de moindre intérêt car elles répètent encore un constat bien connu de « baisse du niveau ». Elles combleront cependant David )]

°
@Christian Montelle
Vous me prenez pour un débile ?

27 02 2011
Catherine muller (20:19:10) :

Merci pour votre réponse, juste un mot, je débute dans le primaire , pas dans l’enseignement..j’y suis depuis 25 ans , et c’est la première fois que je dois travailler et m’exprimer en faisant très attention.
Le travail des canadiens est confortablement installé dans le milieu spécialisé et en lycée. Le primaire de par sa structure très lourde , est difficile à transformer.
Pour ce qui est de la télévision , mon passé de maman dépressive , m’avait souvent amené à utiliser la tél comme une nounou. Les enfants y étaient sages et je pouvais souffler. Etudier les enfants revient à comprendre les parents. Comprendre et non pas juger. Il faut les aider en proposant des solutions ,personnellement les enfants et moi avons décidé de ne plus avoir la télévision à la maison (sauf sous la forme de DVD) , nous nous débrouillons bien ainsi: on a parfois recours à l’ordi. avec le net (comme ma petite qui retrouve les Wings regulièrement) , mais nous avons plaisir à passer des soirées à jouer , rire , recevoir.
Bonnes vacances sous la neige Ostiane.

27 02 2011
Ostiane (20:48:42) :

Les vacances sont malheureusement terminées mais elles furent délicieuses…
Vous êtes donc enseignante au Canada! Quel beau pays. Dans quelle région exercez-vous?
Nous avons traversé le Québec en famille il y a quelques temps et avons adoré l’ambiance vivifiante des villes, ces paysages grandioses et le sourire contagieux des personnes que nous avons croisées. Un rêve: qu’un de mes enfants y retourne étudier ou travailler 😉
Pour ce qui concerne les parents et la télé, vous avez bien raison, comprendre et ne pas juger. Expliquer aussi et donner la possibilité aux uns et aux autres de s’exprimer et de partager leurs expériences et leurs interrogations.
Je pense que je vais me procurer l’ouvrage mentionné par Christian.

27 02 2011
christian Montelle (21:26:56) :

Pour te mettre en appétit, il y a 1193 notes (pages 249 à 316) de fin d’ouvrage + les notes de bas de pages. Formidablement documenté ! J’ai appris beaucoup de choses en le lisant.

Bon courage pour la reprise, heureuse bronzée du ski !!!

@David : mais non , je ne vous prends aucunement pour un débile ! Quelle idée ! Je pensais simplement que ces pages qui reprennent les thèses de Brighelli, de Polony, de Bentolila… vous combleraienit d’aise.

28 02 2011
David Batch. (18:26:29) :

@ Christian Montelle
Il me semble vous avoir déjà dit que je ne faisais partie d’aucune chapelle. Je me fous complètement de Brighelli, de Polony et … de Meirieu.
Bien à vous.

1 03 2011
Catherine muller (22:52:59) :

Bonsoir,
après la lecture de votre réponse au sujet de ma bafouille, un qui proco assez génant pour moi , est survenu: quand je parle des méthodes d’enseignement canadiennes , je parle des méthodes et non du pays…il se trouve que j’ai un passé de 22 ans en spécialisé , que j’ai travaillé avec des lycées professionnels , collèges et autres établissements de formation niveau 4 et que le système de formation utilisé est souvent celui connu chez les canadiens , voire les belges . Et ce, depuis une quinzaine d’années. Je rêve aussi d’aller travailler au Canada pour les mêmes raisons que vous , en France et notamment en primaire, je m’aperçois que les dirigeants des enseignants sont frileux de nouvelles expériences: pas assez de cadres, d’expérimentations , de recul, résultat il faut 20 ans pour valider une expérience pédagogique déjà employée depuis longtemps ailleurs , ou que des enseignants innovants et conscients de l’évolution de la société et des moeurs , donc des enfants , mais se font ratatiner par leurs supérieurs ou collègues car incompris.
Grâce à votre Blog , je surfe avec bonheur sur des sites intéressants et riches . Vos « amis  » et autres « abonnés » sont passionnants , ils peuvent se permettre d’exprimer mes ressentis que je me garde de diffuser. (pour l’instant) .J’aimerais relancer mon projet d’ENTS en CM , mais que de blocages , de contraintes!!! On étouffe en primaire!
Je stoppe là. Merci pour vos travaux et désolée de vous avoir déçue. (je ne suis qu’une flamande exportée en normandie)

2 03 2011
Ostiane (07:45:13) :

Bonjour Catherine, vous me devancez de quelques minutes, je comptais rectifier mon commentaire précédent après être allée visiter vos profils sur le web. Point de Canada, donc..Snif! Bon et bien tant pis…nous ferons sans…Bienvenue tout de même 😉
L’expérimentation se pratique en primaire, mais malheureusement trop souvent en mode laboratoire, classe fermée. Avez-vous entendu parlé ou déjà eu l’occasion de participer au forum des enseignants innovants et de l’innovation éducative? Un vrai bonheur. Un rassemblement annuel regroupant enseignants du public et du privé, du primaire, du secondaire, du général, du technologique et du professionnel. Une véritable ruche, un espace nourricier et régénérant. Pour survivre dans notre système clos à la française, un moyen efficace: aller voir ailleurs. Cet « ailleurs » englobant tout ce qui est différent de notre quotidien. Ailleurs, ce n’est pas forcément très loin mais cela peut nous mener beaucoup plus loin que prévu!

2 03 2011
catherine muller (11:44:45) :

Bonjour, j’ai bien entendu parler des forums enseignants , je suis en contact régulier avec des enseignants utilisant les ENT , j’ai constitué un relevé important de leurs travaux , de mes réflexions et recherches pour évoluer, ..
Cependant je n’ose pas encore participer à ces forums ne sachant pas à qui j’ai vraiment affaire. Je me méfie, trop de casseroles reçues sur le coin du nez..Idem pour ne pas me lancer avec plus de coeur dans ma classe. Un seul maître Tice serait prêt à suivre , mais nous ne sommes pas dans la même circo. et il faut qu’une école soit volontaire pour être expériementale…En segpa j’avais créé seule mon ENT , c’était très riche j’étais suivie par tous (principal, directeur..) l’inspection ne me mettait pas de baton dans les roues
.Je serais partante pour consulter et échanger avec d’autres personnes
pour autant que je sois dispo. (petite famille demandant de mon temps). J’avais proposé un moment d’échanges à organiser au sein de ma circo. au sujet des Tice, afin que chacun puisse faire profiter de ses remarques, échecs, réussites, adaptations.. : pas de réponse . Edifiant! Je sais aussi que la plupart des enseignants que je côtoie ne veulent plus s’investir en dehors du temps scolaire. Le retour n’existe pas (estime, reconnaissance du travail, ..des mots , mais tellement motivants pour travailler) , je les comprends. Ils sont fatigués et ne savent pas où on va arriver à terme..Et pourtant il existe des inspecteurs qui les suivent , mais il faut avouer que nous travaillons dans une concrétion d’ensemble de directives et autres contraintes administratives qui plombent les bonnes volontés et les enthousiasmes. Heureusement que des blogs comme le vôtre existent, mais à quel prix? Combien cela coûte -t-il de s’autoriser à développer ses idées ? (je n’attends pas de réponse, c’est une nouvelle réflexion)
Bien , je pars au jardin , une passion dévorante également et très proche de fonctionnement en classe d’ailleurs (observation -recherche-travail- épanouissement)
Bonne journée.

5 03 2011
David (14:01:30) :

Voici le texte trouvé sur un de vos liens : élucubrations pédagogiques. J’aimerais bien avoir votre avis sur cette utilisation des TICE en classe. Cela laisse rêveur…

« Dans la série « j’utilise Twitter en classe avec des élèves de 6 ans », j’avais promis de vous raconter une anecdote concernant le dépassement des cadres et des règles que nous nous étions fixés (voir le « code de Twitter« ).

L’anecdote
C’était un samedi après-midi, et j’étais en train de faire ma sieste devant ma Timeline, quand soudain je vois apparaître le tweet de l’un de mes élèves : une suite de caractères incompréhensibles, envoyés à un contact qui n’est pas un autre élève de la classe.
Quelques minutes plus tard, je commence à m’inquiéter, 2e tweet, mais cette fois avec du sens, et adressé à un autre enfant de la classe : « tu te tais ».
Puis, de minute en minute, chaque enfant inscrit sur Twitter en prend pour son grade :(pour ceux qui n’ont pas le sous-titrage, il faut lire « espèce de crotte de nez »).
Et là, un bel exemple de la pertinence de l’écrit pour guider les apprentissages : je vois clairement qu’avec cet enfant, il faudra reprendre le « œ » ainsi que les valeurs phoniques de la lettre G selon les lettres qui suivent !

Bon, sérieusement, au-delà du comique de la situation pour des adultes non impliqués, j’étais face à un problème éducatif. Devant des parents parfois hésitants à utiliser le Net, quelle image allait renvoyer ce comportement ? Comment réagir, en tant qu’éducateur, pour me servir de cette mésaventure afin de mieux éduquer les enfants et leurs parents (car dans cette anecdote, il s’agit plus d’un manquement de surveillance adulte que de la bêtise de l’enfant) ?

Prévenir
Dans un premier temps, pratiquement instantané, j’ai envoyé un mail (ou un message privé) aux parents des enfants inscrits sur Twitter, pour les prévenir que cet élève utilisait un ordinateur à l’insu de ses parents, et en leur indiquant la marche à suivre pour le bloquer. J’en profitais pour leur rappeler l’importance de toujours accompagner leur fils ou leur fille sur l’ordinateur…

Parallèlement, j’envoyais un message à l’enfant en question, que je savais connecté, pour lui dire que ça n’était pas sérieux et que je contactais ses parents (les insultes ont cessé aussitôt). Mais surtout, j’envoyais un message à la famille concernée pour les prévenir de la situation. J’ai reçu assez rapidement un message bien confus et empli d’excuses de la maman ; l’enfant avait profité d’un court moment d’absence pour accéder seul à l’ordinateur. Les excuses ont été réitérées le lundi matin par l’enfant ainsi que par la maman aux personnes concernées. Cet enfant avait été insulté dans la cour de récréation, et avait utilisé Twitter pour se venger…

Éduquer
C’était bien-sûr l’occasion pour éduquer les parents. Je ne jette pas la pierre à cette famille, ça aurait pu arriver sous ma responsabilité dans la classe. Mais on ne le répétera jamais assez, accompagnez donc vos enfants dans leur utilisation du Net. Certes, accompagner, c’est accorder de la confiance, mais c’est aussi mettre des garde-fous (logiciels adaptés pour le surf, mot de passe à l’ouverture ou à la sortie de veille de l’ordinateur, horaires, limites…).

J’ai souvent pris l’exemple des dangers de la rue (circulation, mauvaises rencontres…) : ça n’est certes pas une solution d’enfermer son enfant chez soi jusqu’à 13 ans ; il est nécessaire de lui tenir la main, de lui expliquer les dangers des véhicules, les codes pour traverser, les pièges fréquents (sur un parking, on ne te voit pas). Si l’enfant n’est jamais confronté au danger, il ne sait pas le gérer, le contourner ou en échapper, mais sans accompagnement, sans explication, il n’a aucun moyen d’y faire face.

Sur Twitter, et sur Internet en général, c’est la même chose : l’adulte doit pouvoir laisser de plus en plus d’autonomie, tout en gardant un oeil éducatif sur ce que l’enfant reçoit ou exprime par ses mots. Cette « aventure » a permis également de rappeler notre code d’utilisation de Twitter, mais plus largement de ce type de média : l’aspect public est revenu dans la bouche des enfants, car le monde entier a vu les insultes (ils imaginent que toute la planète parlent d’eux…), mais cela fut également l’occasion de revoir comment réagir face à quelqu’un qui nous insulte. La défense sur Twitter, c’est de bloquer la personne, c’est aussi l’une des défenses efficaces dans la cour de récréation, ignorer.

C’est amusant d’ailleurs, car je remarque en écrivant ces lignes, que le « block and report spam » de Twitter correspond à mon « ignore-le, mais va prévenir le maître » suite à une insulte de la part d’un enfant… Ainsi chaque lieu, virtuel ou non, a son modèle bien précis de défense, et je répète souvent à mes élèves que se défendre à l’école ou que se défendre dans la rue n’a pas la même logique (quand l’adulte n’est pas là, il faut bien trouver d’autres moyens…).

Punir
Enfin, je ne pouvais pas laisser ces insultes impunies. Il est clair que nous sommes bien au XXIe siècle, car c’était la première fois de ma carrière que je punissais un enfant pendant le week-end, via internet ! Sans compter que la punition que je suggérais à ses parents était la désactivation de son compte Twitter. Vous comprenez, si je lui avais donné 50 lignes à faire « je ne dois pas insulter mes camarades sur Twitter », j’aurais eu trop peur qu’il n’utilise le copier-coller découvert en classe ! ^^

Les parents ont joué le jeu, et de mon côté, l’enfant a été interdit d’ordinateur dans ma classe jusqu’à la fin de l’année scolaire (ce qui n’est pas un détail, croyez-moi). Je pense d’ailleurs que s’il a réussi à utiliser Twitter en l’absence de ses parents, et d’envoyer correctement les insultes à chaque enfant, c’est qu’il a acquis les compétences informatiques attendues en fin de CM2… Pour mes objectifs d’écriture et de lecture, que les personnes inquiètes se rassurent, d’autres activités sont proposées en classe, en dehors de l’écriture de tweets !

En guise de morale
La morale de cette histoire, elle a été dite par l’enfant concerné, lors d’une interview que j’ai faite avec lui concernant Twitter en classe. Je lui demandais si Twitter lui manquait, ou si ça n’était pas trop grave d’en être privé, et voici sa réponse :

« Ben, c’est pas trop grave, au moins, j’peux écrire !«  »

CHERCHEZ L’ERREUR !

5 03 2011
Catherine muller (17:19:40) :

Bonjour, je fais écho à l’expérience de David: L’an passé avec des CM2 j’avais mis en place un ENT sur triade; Nous avions la possibilité de travailler en échangeant par l’intermédiaire d’une messagerie interne que je gérais de la maison.
Les élèves pouvaient échanger entre eux et avec moi, les parents ne pouvaient échanger qu’avec moi.
J’ai aussi vécu pendant un WE l’expérience d’un élève qui faisait circuler une série de grossièretés à propos de ma remplaçante , de mamans d’élèves , puis de certains élèves de la classe. Il s’éclatait littéralement, à grands renforts de smileys plus détestables les uns que les autres. Il en envoyait tellement qu’il avait réussi à modérer fortement le flux, c’est ce qui m’a interpellé. Je l’ai contacté par ce biais , en lui envoyant un premier avertissement (au second il serait interdit de messagerie) exigeant qu’il envoie des excuses à chaque personne insultée à défaut j’utiliserais le blocage de messagerie. L’élève interpellé ne m’a pas répondu , mais en a fait des commentaires à ses copains persuadé que je ne pouvais pas le lire (il avait cru que des personnes s’étaient plaintes) . Là il m’a été facile de le surprendre en lui renvoyant ses précédents messages parmi les plus salés, dont copie à ses parents par la messagerie interne. Ce que l’élève en question n’ a pas digéré. Des parents sont venus me voir le lundi , confus , je leur ai expliqué l’avantage de ce genre de messagerie dont j’assurais la sécurité et le danger des autres formes de messageries non sécurisées.
En classe l’élève puni, n’en a parlé que plusieurs jours après, pour ma part je me refusais d’en parler en classe puisque cela concernait un moment en dehors du temps scolaire , il n’y avait pas lieu de le « déballer » en classe. Quand enfin il en a parlé, c’était suite à une discussion sur des problèmes d’envoi de photos pour illustrer un exposé préparé sur l’ENT par un groupe d’élèves. Du coup , nous avons pu discuter sur la sécurité des sites et autres espaces d’échanges , sur le fait qu’il ne faille pas mettre n’importe quoi sur ses pages personnelles, que chacun pouvait y accéder. C’était très riche. Les enfants comprennent bien tous ces risques et ces travers , c’est d’ailleurs bien tentant pour certains.
Et voilà , et vivement que je puisse remettre cela en place (car mon inspecteur m’a donné l’ordre d’arrêter cette expérience car hors cadre institutionnel…serveur personnel.)

7 03 2011
Ostiane (13:11:24) :

@David et Catherine: L’expérience de la citoyenneté par l’enfant (tout comme par de nombreux l’adultes) passe ainsi par la tentation du dérapage hors-cadre suivi de fait de la sanction qui en découle. Cela me semble parfaitement cohérent. J’ajouterai juste une finesse de langage qui passera pour une coquetterie pour certains mais qui me semble à moi importante: l’éducateur doit en permanence faire la distinction entre punition et sanction et privilégier, le cas échéant la seconde sur la première 😉

7 03 2011
David (19:39:04) :

Vous êtes complètement hors sujet ma bonne dame… Qu’a à voir avec la citoyenneté l’objet de ce post ? Encore un truc fourre-tout !
NON, l’objet de mon post était l’utiisation de « twitter »… dans une classe de… CP.
Autre objet de mon intervention était la sanction appliquée à ce pauvre gamin insultant un autre avec une simple « crotte de nez » et privé de net pendant le reste de l’année scolaire…
Je doute cependant de votre prise de position car cet enseignant est un progressiste qui utilise les nouvelles technologies, avenir de la profession d’enseignant ! et qui fait partie de vos liens favoris.
(A ce sujet -les liens- vous feriez bien d’y faire un peu de ménage. Certains sont obsolètes, d’autres inactifs depuis plus de deux ans, d’autres encore sont produits par des enseignants qui ne maîtrisent pas la langue… ne parlons pas de l’orientation pédagogique nettement marquée, ce qui est le signe d’un manque d’ouverture).
Bien à vous.
Batch.

7 03 2011
Ostiane (19:48:53) :

David, si l’utilisation de twitter vous intéresse, voici de quoi assouvir votre curiosité
http://www.pearltrees.com/#/N-u=1_248248&N-p=18766526&N-s=1_2534716&N-f=1_2534716&N-fa=2534621

7 03 2011
david (19:54:56) :

Vous me prenez pour un débile ou quoi ? Voila bien longtemps que j’utilise twitter… que vous semblez découvrir.
Et vous bottez en touche… c’est la diplomatie de la tortue…

7 03 2011
Ostiane (20:23:55) :

Êtes-vous obligé d’aboyer à chaque fois que vous tapez sur votre clavier pour laisser un commentaire? Non, David, je ne vous prends pas pour un débile.

7 03 2011
David (20:32:33) :

Je n’aboie pas… je réagis, car visiblement vous ne lisez pas ce que j’écris ! C’est le côté « donneuse de leçon » (comme votre comparse) qui me dérange. Je soulève un problème, une idée… on me répond à côté, maladroitement la plupart du temps.

7 03 2011
David (20:34:22) :

Reprenez mon commentaire précédent et répondez franchement à mes questions… ça changera !
Les paris sont ouverts !

7 03 2011
David (21:01:10) :

Vous me donnez des conseils sur l’utilisation de « twitter »… Il est vrai que vous avez une extraordinaire expérience sur ce media social puisque votre premier tweet date du 8 février dernier…
Merci pour vos conseils d’assouvir ma curiosité ! Vous prenez les gens pour des débiles (bis).

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