â côté d’un rêve…

11 03 2011

Carême pédagogique

Jour 3

Pensée 3

« C’est une chose souvent éprouvée : cet abîme entre un savoir lourd, embaumé dans les livres ou les morales, et l’humeur aérienne de la vie qui va. On peut ainsi être instruit de tout, et passer sa vie dans l’ignorance absolue de la vie. Ce ne sont pas les livres qui sont en cause, mais la parcimonie d’un désir, l’étroitesse d’un rêve. »

(« Le huitième jour de la semaine » C. Bobin)

lundi: je rêverai je rêverai je rêverai je rêverai…

Mardi: tu rêvas tu rêvas tu rêvas tu rêvas…

Mercredi: il rêvait il rêvait il rêvait il rêvait…

Jeudi: nous avons rêvé nous avons rêvé nous avons rêvé nous avons rêvé…

Vendredi: vous aurez rêvé vous aurez rêvé vous aurez rêvé vous aurez rêvé…

Samedi: ils avaient rêvé ils avaient rêvé ils avaient rêvé ils avaient rêvé…

Dimanche: elles eurent rêvé elles eurent rêvé elles eurent rêvé elles eurent rêvé…

  • Le huitième jour de la semaine : Il est trop tard pour rêver au présent de l’indicatif! Le temps s’en est allé 🙁

Lorsqu’à l’école on apprend certains verbes

apprenons d’abord à les vivre

avant de les conjuguer

pour éviter de passer

à côté d’un rêve

Bonne journée donc!

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6 réponses à “â côté d’un rêve…”

11 03 2011
christian Montelle (08:44:53) :

De la nécessité du rêve, du rêve éveillé de la vacance au cours de laquelle l’esprit vogue doucement, sans carte ni boussole, heureux d’être déboussolé. C’est dans ces brumes imaginatives que se forme les strates les plus profondes de l’individu.
« Si je serais… » Et il vole dans l’azur sur des chevaux de feu, il découvre qu’en marge de la réalité crue, il est possible d’échapper au lieu et au temps, de plonger pour un instant dans une utopie (un non-lieu) où se refonder et où trouver le recul nécessaire pour échapper à la contingence et s’imaginer un destin.
« Il rêvasse tout le temps ce gamin : il n’est pas socialisé. Il faudra contacter le psy ! »

Le flux continuel de télé ou les activités incessantes tue le rêve, annihile la vacance fondatrice.

11 03 2011
Ostiane (17:21:31) :

Développer l’imaginaire intérieur de l’enfant reste un défi. Trop souvent nos « activités » scolaires appellent des réponses attendues et faciles à valider par l’enseignant; peu de place pour des réponses ou des interprétations silencieuses…invérifiables, incontrôlables. Des traces, il faut des traces, lisibles, audibles. Bien sûr, il en faut. Mais les rêves n’appartiennent qu’à ceux qui les vivent, de l’intérieur. C’est aussi de cette richesse intérieure que jailliront des expressions singulières. De temps en temps, je pratique des petits exercices sensoriels. Musique zen à l’appui, les enfants sont détendus sur leur table, les yeux fermés; je décris un univers de couleurs, de sensations tactiles (le vent, le souffle, le chaud, le doux, et) et nous nous promenons d’image en image. Par de simples évocations, (pas trop de mots) nous survolons ainsi des forêts odorantes, nous allongeons sur le sable d’un désert, traversons des mers chaudes portés par des courants mousseux…20 minutes de détente et de rêve où je perçois leurs petits corps réagir en silence: visages, mains, dos, pieds bougent imperceptiblement au fil de la musique et du voyage. Un pur délice…puis nous reprenons progressivement contact avec la réalité, la musique s’estompe doucement, les bruits de la cour et du couloir nous ramènent peu à peu à l’école. Une fois revenus sur Terre, nous ouvrons les yeux. Certains se sont endormis. Chut, il ne faut pas les réveiller!

11 03 2011
christian Montelle (18:05:13) :

Qu’ils ont de la chance de goûter ces moments d’évasion dans le tintamarre de la vie ! Connais-tu la marguerite ? 24 enfants. Trois marguerites : on se couche sur le dos en rond pieds au centre et on se touche la main. On ferme les yeux. Le maître-conteur (euse) transporte ce petit monde dans un lieu précis (désert, plage, littoral, bord de rivière, planète Mars…). En parlant d’une vois très détimbrée, très lente, coupée de longs silence, il construit le milieu choisi de façon déambulatoire. Description apaisée de la beauté et du calme. Les respirations se calment. Les rêves s’élèvent peu à peu, se mélangent et s’enrichissent mutuellement.
L’émergence est très douce, très lente.
C’est un des exercices que je pratiquais lors de l’apprentissage du comédien (travail théâtral) pour aider les enfants à se quitter eux-mêmes pour endosser un personnage.
Suivent des écritures ou paroles de type poétique, lors du retour en classe.

11 03 2011
Ostiane (18:32:48) :

Non, je ne connais pas la marguerite mais j’y retrouve certains des ingrédients utilisés lors de nos évasions sensorielles. Le timbre de voix, les silences, le fait de déambuler autour des enfants, la lenteur, le calme, les respirations. C’est noté, un de ces jours j’essaierai la marguerite, histoire de changer un peu de dispositif!

11 03 2011
christian Montelle (20:22:06) :

Je ne m’étonne pas que nous nous rejoignions dans les pratiques pédagogiques. Et cela me fait très plaisir.

12 03 2011
Christian Montelle (17:40:20) :

Un joli texte d’Alain Rémond sur le rêve à la dernière page du Marianne de cette semaine. Avec une longue introduction sur les faux rêves bling-bling ou people dont on nous inonde pour nous cacher le vrai.

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