L’ouvrage d’une vie, et puis plus rien…

12 03 2011

Carême pédagogique 2011

Jour 4

Pensée 4

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir […]
Si tu peux conserver ton courage et ta tête;
Quand tout les autres les perdront […]

Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard Kipling, 1910

(Traduit de l’Anglais par André Maurois en 1918)

Plus qu’un poème, un chant; plus qu’un chant, une prière; plus qu’une prière, un cri d’humanité qui cette nuit m’est revenu en songe.

Ce texte a accompagné ma vie d’adolescente, je l’ai lu chaque jour, deux fois par jour, parfois trois, parfois plus encore. Il me fascinait, me terrorisait, me révoltait, m’apaisait aussi. Il était mon addiction, ma source d’inspiration, ma chapelle ardente. A cet âge si particulier qu’est l’adolescence, c’est lui qui m’a élevée, m’a portée, m’a construite. Sans lui sans doute serai-je une autre, ou ne serai-je pas.

Pour quelle raison Kipling est-il venu, cette nuit, franchir le seuil de mon sommeil?

Sait-il combien de fois ai-je pleuré en le lisant? Combien de fois me suis-je endormie à ses côtés?

Étrange chose que la mémoire tout de même.

Y aurait-il dans la vie, des épreuves que seule l’indicible beauté permettrait de surpasser?

Si tel est le cas, alors notre seule et unique raison d’être est de transmettre à notre tour ce que les hommes ont construit de plus beau;

parce que nous n’en sommes que de simples dépositaires et que de ne pas le faire nous rendrait coupables de trahison, de crime contre l’humanité.

Le texte original et ses différentes traductions

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