Vivre pleinement

16 03 2011

Carême pédagogique 2011

Jour 7

Pensée 7

« Une vie est une œuvre d’art. Il n’y a de plus beau poème que de vivre pleinement.

Échouer, même est enviable, pour avoir tenté. »

Georges Clémenceau

Dans nos classes, quelle place pour l‘erreur?

Dans nos parcours professionnels, quelle place pour l’audace?

Dans nos vies, quelle place pour l’échec?

Apprendre à oser, apprendre à échouer, n’est-ce pas apprendre à vivre ce « pleinement »?

L’école apprend-elle suffisamment à nos enfants à réussir à échouer?

L‘école invite-t-elle nos enfants à cet élan créateur qu’est l’expérience féconde? féconde car incertaine…


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15 réponses à “Vivre pleinement”

16 03 2011
christian Montelle (08:30:44) :

Je prends la première proposition :
« Dans nos classes, quelle place pour l‘erreur ? »
Un système complètement inepte d’évaluation permanente a totalement perverti l’approche de l’erreur, tant pour les élèves que pour les professeurs. Pour ces derniers, le contrôle reste le seul moyen d’exercer quelque pouvoir. Pour les enfants, le contrôle, c’est la note et surtout la moyenne de toutes les notes. L’utilisation du contrôle pour progresser à partir des erreurs est très souvent ignoré, ou refusé par les enfants. De plus, la peur de la « faute », provoque aussi bien des fraudes diverses que des blocages stérilisants.
Je pense que là réside une cause importante de l’échec scolaire et de la déliquescence de notre enseignement.
On trouve de nombreux site sur Internet qui proposent des pratiques de pédagogie de l’erreur. Par exemple :
http://www.deadfeed.org/~overmann/glossaire/erreur.html
« Il nous faut donc apprendre à analyser l’erreur pour découvrir le cheminement qu’a suivi l’élève pour en arriver à faire cette erreur, donc mettre en évidence non pas seulement la faiblesse qui a causé l’erreur, mais aussi la force qui se cache derrière : quelle règle l’élève a-t-elle tenté d’appliquer? L’étape suivante est de planifier une situation qui permettra à l’élève d’observer d’autres exemples, de faire de nouvelles hypothèses et d’affiner la règle qu’elle s’était formulée. Cette nouvelle manipulation de la langue favorise également le développement d’automatismes (qu’il s’agisse de grammaire, d’orthographe ou d’expressions idiomatiques.) »
Une erreur corrigée intelligemment = une notion définitivement acquise.

16 03 2011
Ostiane (19:34:02) :

Merci pour ce lien Christian.
Détrompons-nous, l’erreur est une alliée et qui plus est fidèle. Nous n’avons pas d’autre choix que de l’apprivoiser. Alors, donnons-lui une place de choix dans notre enseignement et dans la manière dont nous la traitons pour l’empêcher de nous fourvoyer 😉

16 03 2011
David Batch. (19:38:46) :

« Essai, erreur » c’est une pure démarche scientifique. Mais, désolé, l’erreur n’est pas fidèle, car multiple.

16 03 2011
Ostiane (19:53:19) :

Multiple, c’est vrai David. L’erreur aux cents visages. Fidèle aussi; sous de multiples aspects elle accompagne nos allers et retours dans toutes nos démarches d’apprentissage. Et dans la vie aussi.

16 03 2011
David Batch. (19:58:03) :

« Fidèle », non, prégnante, oui !

16 03 2011
Ostiane (20:01:37) :

Prégnante, oui.
Fidèle…aussi…je suis certainement plus romantique que scientifique 😉

16 03 2011
David (20:07:02) :

Disons « polymorphe »…

16 03 2011
Ostiane (20:10:44) :

Polymorphe, oui.
Surprenante, déconcertante, vivifiante aussi.

16 03 2011
christian Montelle (20:21:47) :

L’erreur est plutôt pénible, humiliante. Il faut beaucoup de volonté pour l’accepter et la positiver pour qu’elle devienne outil d’apprentissage. Il est bien difficile de faire comprendre que l’erreur est précieuse aux les enfants, voire aux adultes !

16 03 2011
Mireille (20:24:31) :

Fidèle dans sa fonction paradoxale,
qui est de nous provoquer à la reconnaître et à la dépasser :p

16 03 2011
Ostiane (20:31:49) :

@Christian, ce n’est pas l’erreur qui est humiliante, mais davantage la manière dont on en fait usage en classe. D’où le rôle essentiel du « maître de jeu ».
@Mireille, bienvenue dans la danse!

17 03 2011
christian Montelle (07:57:25) :

Bien sûr ! Je parlais de la façon dont l’erreur est reçue dans nos sociétés, et pas seulement en classe. Le plaisir d’humilier celui qui s’est trompé n’a jamais été aussi manifeste.
Le problème est « Comment changer cette mentalité du « challenge », du « I,m the best », qui inonde notre environnement et pas seulement notre école ? »
Peut-être en remplaçant le :
– Encore un 4/20. Fais des efforts, Kévin ! Tu le peux !
par :
– Ah ! tu as huit erreurs, Kévin. Une bonne occasion d’apprendre huit notions et de ne pas renouveler ces erreurs. On va travailler dessus jusqu’à ce que tout soit bien clair !

Un contrôle où tout le monde a 20 n’a servi à rien qu’à perdre du temps. L’erreur n’est pas un dommage collatéral que l’on tente de positiver, mais l’outil indispensable pour mettre enfin en œuvre une évaluation formatrice.

J’écrivais : un 4/20. En fait, la notation continue empêche le changement de mentalité que j’évoquais à l’instant. Pas de notes, mais des annotations nombreuses et formatrices, suivis d’exercices spécifiques. La motivation ne serait pas la moyenne, mais la constatation d’un progrès réel. J’ai constaté que cela fonctionne très bien.

17 03 2011
christian Montelle (08:02:13) :

Oui, mais détecter l’origine des erreurs et la façon dont on peut aider chaque enfant avec son niveau et sa psychologie propre à les corriger n’est pas facile du tout. Il faut que le prof maîtrise totalement les notions et n’en ait pas une connaissance seulement scolaire. Pendant toute sa carrière l’enseignant perfectionne ses propres compétences en ces domaines, après une nécessaire solide formation initiale (qui a disparu !).

17 03 2011
Ostiane (10:25:26) :

Certes Christian, c’est pourquoi il serait également judicieux de travailler en équipe sur le statut de l’erreur, échanger entre professionnels d’une même école sur les erreurs qui nous mettent, nous, en difficulté. L’enseignant tout seul est bien peu armé.

17 03 2011
christian Montelle (10:53:23) :

J’ai travaillé ainsi, en équipe avec deux collègues profs de français, en collège. C’est génial. Selon ses affinités, chacun se spécialise dans un domaine, creuse à fond, puis partage avec les autres. Nous avions mis en place une structure de pédagogie différenciée, avec des groupes de besoins alimentés par l’ensemble de nos classes.
Quand j’étais formateur, j’ai aussi travaillé dans des groupes spécialisés (lecture, récit, poésie, évaluation).
La seule façon de travailler intelligemment, c’est en équipes, ce qui motive, stimule, développe des synergies.

On en est loin dans la plupart des établissements. Au mieux, on travaille sur un projet pédagogique imposé et qui est souvent assez ceux.

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