Du bel usage de l’influence

25 03 2011

Carême pédagogique

Jour 15

Pensée 15

Combien de gens se ferment pour ne pas être influencés! Voilà la véritable peur! Peur, non des autres, mais de soi-même. Peur de perdre son « moi ». Je crois humblement qu’ils se trompent.

L’influence, c’est une rencontre. On ne peut être influencé que par ce qu’on possède déjà en soi. Mieux qu’une rencontre, une reconnaissance. C’est la révélation accélérée de notre propre personnalité grâce à l’expérience d’un autre.

Nous ne pourrions être influencés par quelque chose qui nous est étranger. Les influences sont les effets du hasard qui nous révèlent à nous-mêmes. Nous portions la chose en nous mais à l’état embryonnaire. Nous la rencontrons aboutie. Quel bond en avant! Il faut être bien prétentieux pour ne pas en profiter. Nos aînés ne procédaient pas autrement: Rabelais, La Fontaine, Molière; tous trois cependant étaient des libertaires.

La vie? c’est trente mille jours, avec beaucoup de chance. La vie est courte et la connaissance est l’infini. Il n’y a donc pas de temps à perdre et si quelqu’un m’aide à rencontrer ce que je pressentais vaguement, je gagne du temps pour autre chose que je désire. Ne manquons pas les raccourcis.

Les influences précisent nos contours. Elles ne sont jamais que le résultat de notre choix et de nos capacités.

Jean-Louis Barrault

Enseignant

Passeur de sens?

Éveilleur de conscience?

Accélérateur de talent?

Transmetteur de savoir?

Influenceur?

Mais alors, jusqu’où influencer?

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2 réponses à “Du bel usage de l’influence”

25 03 2011
Christian Montelle (15:44:26) :

Influence, influences, vous avez dit influence. Aie ! aie ! aie ! Vocable dangereux et qui a provoqué bien des querelles !
Les enseignants doivent-ils s’en tenir à l’instruction des enfants et laisser le soin de l’éducation aux parents ? (thèse pétainiste durant la guerre de 39-45). Ou alors les enseignants doivent-ils se substituer aux parents et transmettre des valeurs à leurs élèves ? Mais quelles valeurs ? Tendance depuis 1945 : droits de l’homme et « valeurs de la république » : liberté, égalité fraternité et solidarité.
Dans l’enseignement confessionnel, le problème ne se posait pas autrefois. On inculquait les valeurs chrétiennes supposées insurpassables et universelles. Mais beaucoup de protestants, d’orthodoxes, de musulmans, de juifs, de bouddhistes… et même d’athées sont venus grossir les rangs pour profiter d’écoles où les enfants étaient « mieux tenus ».

Je crois que la solution réside dans la laïcité stricte qui est inscrite dans notre constitution, même si notre président et tel ou tel ministre semblent en ignorer l’esprit et la lettre. Information neutre sur les différents systèmes de pensée, tout en sachant que nous transmettons toujours quelque chose de nous-mêmes en ces matières, ne serait-ce qu’à notre insu. Respect et tolérance. Aucune raison d’imposer une idéologie religieuse ou politique à de jeunes enfants. Ils sont à l’âge où l’on s’informe; pour choisir en connaissance de cause lorsque l’âge adulte sera atteint. Sinon le risque est grand de former des abrutis fanatiques, ou des révoltés stériles.

27 03 2011
Ostiane (06:47:57) :

Bonjour Christian, lorsque tu dis « beaucoup de protestants, d’orthodoxes, de musulmans, de juifs, de bouddhistes… et même d’athées sont venus grossir les rangs pour profiter d’écoles où les enfants étaient « mieux tenus ». » Je te le confirme! En effet, (et c’est une grande chance pour les établissements privés que d’avoir ouvert leurs portes) , une majorité d’écoles privées sous contrat d’association accueille les familles qui se présentent sans demander comme il est dit parfois (parce que malheureusement cela se pratique encore dans une minorité d’établissements confessionnels) de certificat de baptême. Autre temps, autre mœurs, autre défi pour l’avenir de l’homme aussi!

Un autre argument que celui de la discipline est également utilisé par les familles comme critère de choix: celui des influences véhiculées par des valeurs universelles qui leur paraissent davantage explicites que dans d’autres établissements. Le souci de la prise en compte de la personne qu’est leur enfant leur semble également plus palpable.
Trop souvent c’est vrai, sous prétexte de laïcité et d’égalitarisme, on en a oublié le cœur des hommes et ce qui fait la singularité de chacun…

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