De l’indignation et de la liberté de ne pas l’être

28 03 2011

Carême pédagogique

Jour 18

Pensée 18

Il en va de l’indignation comme du libre arbitre.

Comment puis-je t’enseigner à t’indigner de toutes ces choses qui m’indignent si je ne tolère pas que tu t’indignes contre mon propre indignement?

«Il est deux manières de s’éveiller à la vie et de s’ouvrir au monde: par l’étonnement devant les choses qui nous adviennent, certes, sur le fond d’indifférence quotidienne, dans cette nuit où tous les chats sont gris. Mais aussi par l’indignation devant les actions des hommes, sur le fond de la soumission aux faits. Le premier éveil, celui de la vérité de l’être, donne prise à ce qui portera plus tard le nom d’ontologie; il ouvre tout grand le chemin de la liberté. Le second éveil, celui de la dignité du bien, donnera naissance à ce que Levinas entend par le terme «d’éthique»; il explore les voies plus étroites de la justice

Jean-François Mattéi

Comment susciter chez nos élèves et nos enfants ce sentiment précieux de justice, de claire-voyance et d’empathie?

Comment les amener à ne pas confondre indignation avec apitoiement de circonstance, stérile et larmoyant?

Comment les mettre en garde contre une indignation mal dosée qui risquerait de les mener tout droit au rejet de l’homme et au scepticisme si dévastateur?

Comment leur enseigner la différence entre indignation gratuite et revendication pour la préservation d’intérêts personnels?

Comment les aider à ne pas se perdre et se diluer dans une indignation de politesse, à tout va comme il faut, mais bien à développer un sentiment fort issu d’un élan du cœur de soi vers l’autre et incarné dans des actions concrètes et porteuses de sens pour le bien de l’humanité parce que révélatrice d’une conscience intime et naissante prenant part à une conscience  collective?

Des questions qui questionnent notre propre rapport à la liberté, au monde, à l’homme et à la justice auxquelles les éducateurs que nous sommes ne pouvons nous soustraire, me semble-t-il…

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2 réponses à “De l’indignation et de la liberté de ne pas l’être”

28 03 2011
Christian Montelle (10:09:21) :

Comment les aider à ne pas se contenter d’une indignation sélective qui ne sert que leurs intérêts immédiats ? Surtout pas en leur « faisant la morale » car de cela ils sont saturés jusqu’à l’écœurement.
Je crois en un recours massif aux textes fondateurs. Leur raconter l’abnégation de ces héros qui se sacrifièrent pour le bien public, comme Prométhée. Leur présenter les textes de tous les écrivains qui s’engagèrent au service de la justice, jusqu’au péril de leur vie. Leur permettre de découvrir les films qui mettent en scène les véritables héros de notre culture, ceux qui agirent dans l’intérêt commun et non par égoïsme.
La télévision fait exactement l’inverse dans les productions populaires qui trouvent leur pâture dans le crime et le sexe (95% des fictions se passent dans un commissariat, la même proportion des connexions Internet sont de nature pornographique). Aux enseignants de rétablir l’équilibre.
Ces œuvres peuvent être suivies d’une « palabre » au cours de laquelle chacun s’exprime. Nourri de tous ces avis, chacun construira librement sa propre éthique.

29 03 2011
David Batch. (19:21:11) :

 » A ceux et à celles qui feront le XXIe siècle, nous disons avec votre affection:
CREER, C’EST RESISTER.
RESISTER, C’EST CREER.  »

Stéphane Hessel

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