Réussir sa 1ère classe

12 06 2012

Réussir sa première classe, édité chez ESFéditeur, est un ouvrage à destination des enseignants du primaire qui se lancent dans le métier ainsi qu’à tous ceux qui conçoivent l’enseignement comme un renouveau perpétuel. Cette page permet de renvoyer vers un nouveau blog du même nom que l’ouvrage, dans lequel les lecteurs pourront réagir et poser des questions, dans une optique de formation continue. On y trouvera notamment les têtes de chapitre, des extraits et des outils à télécharger.

En attendant de découvrir l’intégralité de l’ouvrage, je vous laisse en compagnie de Philippe Meirieu qui m’a fait l’honneur d’en rédiger l’avant-propos:

On raconte qu’un jour, le grand acteur Louis Jouvet, à la sortie d’un de ses cours de théâtre, fut abordé par une étudiante qui lui avoua : « C’est merveilleux, Maître… Vous savez, quand je suis en scène, je n’ai absolument pas le trac ». Et le Maître lui répondit, impassible : « Ne vous inquiétez pas… Avec le talent ça viendra ! ».

La leçon ne concerne pas que les arts de la scène ! Et tout enseignant chevronné pourrait la reprendre à son compte. Entrer dans une classe, faire face à une vingtaine ou une trentaine d’élèves plusieurs heures par jour, s’imposer un devoir de transmission, d’appropriation, d’émancipation, sans jamais se résigner à l’échec d’un élève, gérer, au quotidien, un groupe toujours plus ou moins imprévisible, faire face, à la sortie, aux demandes de justification des parents, rendre régulièrement des comptes à son inspecteur… voilà qui justifie, pour le moins, d’être inquiet ! Sigmund Freud a même parlé, à propos de l’éducation, d’un « métier impossible », l’assimilant aux deux autres métiers impossibles selon lui, la psychanalyse et la politique. Et il est vrai qu’éduquer est une gageure : c’est permettre à un « petit d’homme » de devenir un « petit homme », en sachant que lui seul peut apprendre et grandir, mais qu’il ne peut pas le faire sans l’aide des adultes.

Le grand mérite du livre d’Ostiane Mathon est de ne pas occulter la difficulté de l’entreprise, mais d’en faire, en quelque sorte, une chance pour débuter dans l’enseignement ! Elle ne croit pas à l’existence de recettes magiques qui permettraient de garantir la « tenue de classe » au moindre coût. Mais, elle n’abandonne pas, pour autant, le jeune enseignant à l’improvisation en misant sur son seul charisme, pas plus qu’elle ne le réduit à une « machine à enseigner » chargé de mettre en application, de manière mécanique, des protocoles didactiques… C’est qu’Ostiane Mathon connaît la pédagogie de l’intérieur, d’abord comme praticienne, ayant acquis dans son domaine, une remarquable expertise, ensuite comme chercheuse, ayant assimilé les principaux apports de la tradition et de la recherche pédagogique.

C’est pourquoi son livre comporte les trois caractéristiques essentielles qui permettent de « réussir sa première classe »… et toutes les autres. D’abord, une attention extrême à ce que Célestin Freinet a mis en lumière avec tant d’autres, le « matérialisme pédagogique ». Beaucoup de choses, dans l’enseignement, se jouent dans la préparation technique de la salle, dans la préparation des matériaux et des outils, dans l’affichage des consignes, dans la mise en place de rituels. Il faut « instituer l’École » dans la classe avant même que les élèves y entrent… Ensuite, ce livre explique remarquablement que, tout en ayant tout préparé, il faut savoir accueillir ce qui vient, saisir les indices et les informations qui permettent de réguler au fur et à mesure le travail : « programmer sans figer » précise Ostiane Mathon… Enfin, on trouve, dans cet ouvrage, en une trame structurante, le principe même de l’attitude pédagogique qui permet de « réussir toute classe » : associer étroitement, à l’égard de chaque élève, la bienveillance et l’exigence, prendre chacune et chacun « là où il en est », mais, non pas pour le laisser là où il est… pour l’accompagner le plus loin possible. « Il faut toujours se mettre à la portée des élèves, expliquait la grande pédagogue Maria Montessori. Mais jamais à leur niveau. » Je suis convaincu que Maria Montessori aurait beaucoup aimé le livre que vous allez lire.

Philippe Meirieu

Professeur à l’université

Lumière-Lyon 2

Découvrir le livre sur le blog Réussir sa première classe

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Une école pour les enfants…impensable? Vraiment?

27 05 2010

Une école faite pour les enfants? Un rythme adapté à leurs besoins? Des apprentissages favorisant la responsabilité et l’engagement?

La pédagogie Montessori apporte depuis bien longtemps des éléments de réponse dont l’école aurait bien avantage aujourd’hui à s’inspirer. A l’heure des réformes et des états généraux en tout sens, à la lecture des rapports d’études comme celui de la Cour des Comptes ou de l’Institut Montaigne, au moment de la remise en question par notre Ministre, Luc Chatel des rythmes scolaires, oser aller voir ailleurs comment cela se passe relève de la responsabilité de chacun: enseignants, formateurs, inspecteurs, recteurs et autres responsables de programmes. Ailleurs, ce n’est pas seulement en dehors du territoire, en Allemagne, en Scandinavie ou en Grande Bretagne; ailleurs, c’est aussi chez nous mais au delà des structures de l’Éducation nationale. Bien des écoles Hors contrat mettent en place des pédagogies nouvelles qui font leur preuve mais restent pourtant inaccessible à la majorité des élèves tant les établissements qui les pratiquent proposent des coûts de  scolarité inabordables pour les familles.

Freinet, instituteur novateur a dû démissionner de l’Éducation nationale et fonder sa propre école. Maria Montessori, également novatrice, a fait bien des émules, mais là encore hors de l’Éducation nationale…Serait-ce donc notre propre système et les acteurs qui y participent qui s’entêteraient à promouvoir des cadres d’apprentissage et des programmes d’enseignement entraînant élitisme d’un côté et échec scolaire de l’autre? Le système travaillerait-il pour lui même pour reprendre le titre du dernier billet d’Eric Le Boucher dans les Echos ? Telle est la question qu’on est en droit de se poser…et que je pose aujourd’hui.

apprentissage

activité

rythme

mobilité

sens

motivation

dévolution

autonomie

Image de prévisualisation YouTube

confiance

temps

curiosité

écoute

observation

organisation

responsabilité

Alors…une école pour les enfants, impensable? Vraiment?


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Enfants d’hier et de demain

21 09 2009

Aujourd’hui, dans cette « tribune libre », nouvelle catégorie du blog, je laisse la parole à Pierre Frackowiak qui nous fait part de sa dernière lecture…

Lettre aux grandes personnes sur les enfants d'aujourd'hui


Note de lecture

Lettre aux grandes personnes sur les enfants d’aujourd’hui

Philippe Meirieu

Editions Rue du Monde. Août 2009. 312 pages. 19,80 euros

Quels enfants allons-nous laisser au monde ?

Tous ceux qui s’intéressent à l’évolution de l’éducation auront au moins deux bonnes raisons d’aimer ce « Meirieu nouveau ».

La première raison sera cette question cruciale et déstabilisante : « Quels enfants allons-nous laisser au monde ? », une question neuve qui engage également parents, enseignants et la société toute entière. La question « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? » est devenue banale, même si, au-delà de sa répétition sur tous les tons, les pouvoirs publics peinent à prendre les décisions que les réponses appellent. Philippe Meirieu ne la néglige pas. Il la rappelle même,  commentant les dégâts constatés sur la planète. Mais il lui adjoint une autre question qui, elle, n’est pas banale et nous interpelle fortement : « Quels enfants allons-nous laisser à notre monde ? ». Personne ne s’en préoccupe vraiment alors que l’incompréhension entre les générations s’accroît. Les conflits de générations ont fait l’objet de nombreux ouvrages psychologiques et de romans, mais le problème prend depuis quelques années une tout autre dimension. Il arrive de plus en plus souvent que les parents ne comprennent plus du tout leurs enfants, même quand ils les observent avec la plus grande indulgence dans le prisme de ce fameux conflit. Il arrive de plus en plus souvent que les enseignants soient démunis face aux attitudes des élèves, même dans des collèges huppés de centre ville, devant leur désintérêt face à la chose scolaire et devant leur contestation des pratiques, leur exigence de justice et de droit à   l’expression.

Les parents sont de plus en plus nombreux à souffrir, les enseignants sont de plus en plus nombreux à rencontrer des problèmes qui les laissent complètement démunis.

Comment réagir quand, dans une classe de 4ème de centre ville, au signal discret d’un élève, tous se mettent sous leur table ? Comment réagir quand des centaines de professeurs avouent confidentiellement qu’ils passent tout leur temps à tenter d’obtenir en vain le silence ? Comment les parents, informés, peuvent-ils réagir ? Quelle position adopter quand les récits de leur enfant tendent à les convaincre qu’ils auraient eu envie de faire la même chose dans les mêmes circonstances s’ils n’avaient été craintifs, disciplinés et obéissants comme la majorité des enfants de leur époque ?

La seconde raison est que pour la première fois peut-être dans la littérature pédagogique un expert, un pédagogue, un enseignant a le courage et la modestie de dire qu’il ne sait pas , que nous sommes les uns et les autres dans le même bateau et que nous cherchons tous les réponses et les attitudes les meilleures possible. On n’a pas encore bien compris dans le système éducatif français que l’une des raisons majeures de la difficulté à faire venir les parents à l’école et à faire se rencontrer utilement parents et enseignants, réside dans cette espèce de domination, de pouvoir, qu’exercent sans en avoir toujours conscience les enseignants sur les parents. Les enseignants expliquent, conseillent, recommandent, jugent et critiquent parfois comme s’ils savaient. Or, ils savent sans aucun doute, du moins peut-on l’espérer, enseigner aux élèves, transmettre leurs savoirs. Mais ils n’ont ni la compétence ni la légitimité pour expliquer aux parents ce qu’ils doivent et comment faire. Ils l’ont d’autant moins aujourd’hui qu’ils se heurtent aux mêmes problèmes avec leurs propres enfants et ne savent pas nécessairement mieux réagir que les parents de leurs élèves. Les injonctions ou incantations classiques (« Votre enfant ne travaille pas assez. Il faut le faire travailler. Il faut qu’il fasse ses devoirs et qu’ils apprennent ses leçons ») ne sont plus crédibles, elles sont inopérantes.

Comment réagir avec un enfant qui se moque des savoirs scolaires dont il ne voit pas le rapport avec ce qu’il sait par ailleurs, comment réagir avec un enfant conditionné par la publicité, accroché à son téléphone et à la télécommande, « scotché » à Internet, collé à la communication avec des nouveaux réseaux que nous ne connaissons pas, fasciné par la console de jeux, attiré par les expériences les plus dangereuses ? On se rend vite compte que l’autoritarisme, les menaces, les sanctions, les leçons de morale, les références au passé ne peuvent résoudre les problèmes. On commence d’ailleurs seulement à se rendre compte qu’il devient ridicule de penser qu’il faut revenir aux bonnes vieilles méthodes, isoler l’école de son environnement, sanctionner.

Il faut donc trouver d’autres voies pour que tous ceux qui sont concernés par l’éducation des enfants : parents, grands-parents, enseignants, élèves, partenaires, communiquent entre eux, s’écoutent, se comprennent, analysent ensemble les situations, cherchent ensemble les voies et moyens de réussir.

Philippe Meirieu nous entraîne dans une réflexion de très haut niveau et accessible à tous, y compris à des adolescents en ciblant par exemple le chapitres évoquant les modes vie actuels, leurs modes de vie, avec différentes perspectives complémentaires : historique, philosophique, juridique, pédagogique…

On ne peut parler de l’avenir sans se référer au passé et sans analyser l’évolution des conceptions et des enjeux. En moins de 100 pages, il retrace magistralement, sans concession et sans procès, l’histoire de la place de l’enfant dans la société, dans la famille, dans les apprentissages. Appuyant sa démonstration sur les travaux de Philippe Ariès, il passe en revue les grands penseurs qui ont marqué l’histoire de l’éducation. Comme il aime le faire, il évoque Coménius, Jean-Jacques Rousseau, Paulo Freire, Célestin Freinet, Ferrière, Dewey, Montessori, etc. En 66 pages, il présente et analyse la convention internationale des droits de l’enfant sous tous ses aspects et ouvre la réflexion sur le droit à connaître ses origines, la parentalité biologique et la parentalité psychologique, la justice des mineurs, la liberté d’expression des enfants… En 90 pages, il propose au débat et à la réflexion collective des pistes à explorer pour inventer. Il propose notamment une « révolution copernicienne en éducation » :

« Les temps d’incertitude ne doivent pas être des temps de renoncement. Et c’est bien là notre problème. Ce n’est pas parce que nous ignorons de quoi demain sera fait que nous devons abdiquer toute ambition éducative. Bien au contraire ! Mais – et nous n’avons pas encore vraiment mesuré l’ampleur du changement que cela constitue – éduquer devient infiniment plus difficile dans un monde qui, selon la formule de Milan Kundera, « s’avance dans le vide ». A bien des égards, même, l’acte éducatif change de sens : alors qu’il se nourrissait traditionnellement d’un passé qu’il s’agissait de prolonger, il doit aujourd’hui s’inspirer d’un futur que nous ne sommes pas capables d’anticiper. »

Philippe Meirieu pose la question : « A quoi éduquer nos enfants ? ». Ses réflexions, ses propositions à débattre, sont aux antipodes des « nouveaux vieux programmes » de M. Darcos et des comportements traditionnels des co-éducateurs. Apprendre à différer, apprendre à entrer dans le symbolique et la culture, apprendre à parler et à pense juste, apprendre à habiter le monde, apprendre à exercer sa responsabilité individuelle et collective. Nous sommes dans la perspective d’une éducation globale émancipatrice fondée sur la liberté et la démocratie et faisant le pari de l’intelligence.

S’adressant à toutes « les grandes personnes », Philippe Meirieu rappelle que nous sommes embarqués et qu’il nous faut avancer au risque de sombrer corps et biens. Avancer. Ne pas reculer. Ne pas se réfugier dans la nostalgie du passé. Pour avancer ensemble, il nous faut un cap : « Eduquer nos enfants pour qu’ils deviennent capables de faire fonctionner, de renouveler et d’étendre nos institutions démocratiques. Il nous faut des balises… Il nous faut une détermination : celle de créer sans relâche des situations éducatives, à l’école, dans la cité, dans la famille, qui permettent à nos enfants d’avoir prise sur leur histoire, sur notre Histoire. »

Philippe Meirieu n’a pas toutes les réponses. Il est, comme nous, habité par l’inquiétude et taraudé par le doute. Mais il donne un cap. Malgré les difficultés et les tempêtes, il ne quitte pas le navire et veut associer toutes les grandes personnes au grand voyage de l’éducation du futur.

Pierre Frackowiak

Merci Pierre pour cet envoi et ce partage. Pour ma part je n’ai pas encore lu l’ouvrage de Philippe MEIRIEU mais cette note de lecture m’y invite grandement!

Je retiens entre autre ces quelques lignes…

« Il faut donc trouver d’autres voies pour que tous ceux qui sont concernés par l’éducation des enfants : parents, grands-parents, enseignants, élèves, partenaires, communiquent entre eux, s’écoutent, se comprennent, analysent ensemble les situations, cherchent ensemble les voies et moyens de réussir. »




Célestin, Maria, John et tous les autres

21 07 2009

En ce mardi 21 juillet 2009, voici quelques réactions à chaud et dans le désordre (c’est les vacances tout de même!) à 2 articles parus ce jour dans le quotidien La Croix.

 

1 Docteur en sciences de l’éducation, Marie-Laure VIAUD explique le manque de succès des pédagogies différentes en France:

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2382951&rubId=786

 

2 Un article de Jean-François FOURNEL sur la pédagogie FREINET

  

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2382705&rubId=4076

 

1/ Une centaine d’écoles labellisées Freinet ou Montessori répertoriée sur le territoire, c’est bien entendu beaucoup trop peu ! Cependant il ne faudrait pas oublier le travail d’un grand nombre d’enseignants au niveau du primaire qui, au sein de structures traditionnelles, tentent « frénétiquement » de réinjecter un peu de ce substrat pédagogique. Pas facile du reste d’adhérer à un modèle collaboratif d’apprentissage, où apprendre apparaît comme un processus lié aux interactions entre pairs (je fais ici référence aux pédagogies « institutionnelles »), dans un système où les adultes entre eux peinent souvent à travailler ensemble faute de temps, d’organisation et/ou de motivation.

 

2/ Je ne pense pas que le manque d’ouverture des enseignants soit la principale cause du faible engouement pour ces pédagogies. Encore faudrait-il que les enseignants aient été formés à cela. Freinet comme d’autres pédagogues, s’ils sont « cités » en formation initiale, le sont davantage comme des personnages historiques faisant partie de l’histoire de l’éducation plutôt qu’appréhendés comme de possibles sources d’inspiration concrète. Et demain…comment Pestalozzi, Montessori, Freinet, Dewey, Steiner, Ferrière, Cousinet, Decroly, Oury (et tous les autres!!) vont-ils être intégrés, compris, assimilés au sein des nouveaux dispositifs de formation ? La question demeure ouverte…

 

3/ Ce n’est effectivement pas Mai 68 qui a inspiré Freinet (il est mort en 66) mais plutôt sa traversée du Chemin de Dames et l’indélébile handicap dont il fut victime. La pédagogie n’est pas qu’une technique d’apprentissage, même si pour Freinet cette technique est essentielle ; la pédagogie est avant tout une réflexion d’ordre anthropologique. Il me plait à rêver, croire même que la « crise » que nous traversons actuellement porte en elle les fruits d’une nouvelle réflexion sur l’homme, sa place et son rôle dans la société. Que laisserons-nous à nos jeunes ?

 

 4/ Montessori, une pédagogie de luxe… Si Maria venait à apprendre cela…Mais Montessori, ce n’est pas une méthode ! Montessori, c’est une grande Dame qui s’est toute entière dévouée à l’éducation des plus fragiles, de ces enfants à l’époque considérés comme aliénés, débiles et par voie de conséquence évincés de toute préoccupation éducative. Comment en sommes-nous venus à « marchandiser » sa pensée et son action ?! Il y a là encore quelque-chose qui ressemblerait à cela…

 

Ce dont le système ne veut pas, soit il le pervertit, soit il le rend inaccessible…

 

http://www.dailymotion.com/video/x9tb16

 

Des parents, associés, intégrés, partenaires…ça aussi ça compte!

 




Pédagogie et pratique de classe

9 05 2008

Ce matin, un article en forme de réponse au commentaire de JMD.

Constructivisme CONTRE behaviorisme

Cognitivisme CONTRE comportementalisme…

2 conceptions différentes de l’apprentissage ?

Découverte des principes CONTRE élaboration de l’association stimuli-réponse ?

Compréhension du concept CONTRE application du mécanisme ?

Construction de la représentation par paliers CONTRE pédagogie de la maîtrise ?

Approche abstraite de l’idée par la conceptualisation CONTRE entraînements systématiques à une règle donnée ?

Je ne vais pas ressortir ici tous mes cours de pédagogie et de sciences du comportement…Pavlof, Skinner, Piaget, Bachelard et d’autres compagnons d’infortune…

Aujourd’hui, je suis « Prof Dézécolle » et je réponds non à un grand oral de mathématiques supérieures, ni à des théoriciens en didactique des sciences. Je suis institi’ et je tente d’amener un maximum de mes élèves vers quelque chose qui ressemble à la compréhension du monde. Et dans le cadre de ma classe, je suis très opportuniste !               

Je n’ai jamais eu à choisir entre l’une ou l’autre de ces conceptions, je ne m’impose pas de choix pédagogiques qui excluraient l’une ou l’autre démarche. La question sur le terrain, au quotidien, ne se pose pas ainsi, me semble-t-il. Ni pour moi, ni pour les nombreux collègues -pédagogues, profs, instits’ ou enseignants- (à chacun de choisir sa dénomination), aux côtés de qui je travaille depuis 17 ans.

Je suis en classe, je tente comprendre comment fonctionnent le cerveau de mes petits élèves. 32 cerveaux…Vous imaginez…Et bien je suis heureuse d’avoir été, en amont, un minimum initiée à la psychologie comportementale…32 cerveaux, 32 démarches intellectuelles, 32 stratégies d’apprentissage…

Mon principe à moi : Il n’y a pas de ligne droite en matière de compréhension. Un principe donc, un autre me direz-vous, oui, mais qui ouvre, in fine, à de multiples voies et d’innombrables recours.

Donc, pas de gourou ni de grand maître prophétique. Juste de nombreux scientifiques, pédagogues, didacticiens, théoriciens à qui je rends hommage car ils me permettent au jour le jour de m’adapter à mes élèves et non de me conformer à un courant de pensée unique et par là même totalitaire.

Je remercie Skinner et j’applaudis Piaget, je ne fais pas de ma pratique de classe une exploitation idéologique et  sectaire. Je me sers de Montessori, mais je ne suis pas Maria, j’utilise Decroly, mais je ne m’appelle pas Ovide, j’écoute Meirieu, mais mon prénom n’est pas Philippe, je lis Bentolila sans faire de l’Alanisme, etc.

Et je crois pouvoir conclure en reprenant les premières lignes de cet article et en transformant le CONTRE par le ET/OU

Et pour en revenir à nos moutons… résoudre un problème en mathématique (ici, en situation d’évaluation):

1/ Il faut savoir lire, c’est à dire comprendre de quoi il est question. (travail sur l’énoncé et les consignes)

2/ Il faut anticiper la réponse attendue. (émissions d’hypothèses en référence à des contenus déjà vus en classe)

3/ Il faut trouver le concept duquel elle dépend. (réinvestissement d’un savoir précis)

4/ Il faut appliquer la règle ou le théorème dans le bon sens et au bon endroit. (transfert du mécanisme)

5/ Il faut maîtriser l’outil et le mécanisme. ( automatisation et entraînements préliminaires)

6/ Il faut vérifier le résultat en fonction du petit 2/

7/ Bien souvent, il faut tout recommencer!

COURAGE les enfants, on finira par y arriver!




Ce que d’autres ont dit…

18 03 2008

1° Sur le respect:

« La première instruction que je donnais à mes professeurs fut qu’ils ne devaient jamais et sous aucun prétexte battre les enfants, ni les menacer par la moindre parole ni le moindre geste, ni employer un langage injurieux ; mais qu’ils devaient au contraire leur parler avec une expression agréable et sur un ton aimable. » Robert Owen (1771-1858)

« Il faut démolir cette fatale barrière de méfiance et lui substituer une confiance cordiale. Que l’obéissance guide l’élève comme la mère guide son petit enfant. » Don Bosco (1815-1888)

« Les enfants ne sont pas des personnes de demain, mais des personnes d’aujourd’hui ». 

 « Il faut se mettre sur la pointe des pieds pour se hisser à leur hauteur. » Janusz Korczak (1878-1942) 

 « La quasi-totalité de la soi-disant action éducative se fonde sur l’idée qu’il faut obtenir l’adaptation directe -et donc violente- de l’enfant au monde adulte : une adaptation fondée sur une soumission incontestable et sur l’obéissance absolue qui conduit à la négation de la personnalité de l’enfant. Une négation qui fait de l’enfant l’objet de jugements injustes, d’insultes et de punitions que l’adulte ne se permettrait jamais vis-à-vis d’un autre adulte. Cette attitude est si profondément ancrée qu’elle prévaut en famille, même vis-à-vis de l’enfant le plus aimé, pour ensuite s’intensifier à l’école qui le plus souvent, reste, elle, le lieu où l’on met en œuvre de manière méthodique l’adaptation directe et précoce de l’enfant aux exigences du monde des adultes. » Maria Montessori (1870-1952)            

«Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences.» Françoise Dolto (1908-1988) 

2° Sur les apprentissages : 

«Les gens qu’on interroge, pourvu qu’on les interroge bien, trouvent d’eux-mêmes les bonnes réponses.» Socrate (470 -379 Av JC) 

« Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va » 

« Etudie, non pour savoir plus, mais pour savoir mieux » Sénèque (4-65) 

«C’est une belle harmonie quand le dire et le faire vont ensemble.»

« …plutôt la tête bien faite que bien pleine. » Michel de Montaigne (1533-1592    )

«Nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos mains, nos yeux. Substituer des livres à tout cela, ce n’est pas nous apprendre à raisonner, c’est nous apprendre à nous servir de la raison d’autrui.» Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) « Emile ou de l’éducation » 

« Il faut surtout se garder de rien apprendre aux enfants qu’ils ne seraient plus tard forcés de désapprendre, la chose la plus difficile au monde. » Robert Owen (1771-1858) 

« Tel livre où l’on n’ avait rien trouvé d’utile, lu avec les yeux d’une expérience plus avancée, portera leçon. » Eugène Delacroix (1798-1863) 

 « Oui, il est possible qu’au bout d’un an ou deux nos petits enfants soient un peu moins familiers avec certaines difficultés de la lecture ; seulement, entre eux et les autres, il y a cette différence : c’est que ceux qui sont forts sur le mécanisme ne comprennent rien à ce qu’ils disent, tandis que les nôtres comprennent. Jules Ferry (1832-1893)

« Il est parfois plus important de poser les problèmes que de les résoudre » Bergson (1859-1941

« Que l’importance soit dans ton regard et non dans la chose regardée » André Gide (1869-1951) 

« Le génie, ne vous y trompez pas, c’est 10% d’inspiration et 90% de transpiration » Einstein (1879-1955) 

« Mettre de l’ordre dans ses représentations mentales est une activité si indispensable au développement de l’esprit qu’aucune éducation digne de ce nom n’en devrait frustrer les enfants. »  Roger Cousinet (1881-1973

« Le langage est aux postes de commande de l’imagination » 

« Plus l’esprit est délié, moins l’irrationnel est compact » 

« La connaissance s’élabore contre une connaissance antérieure » 

« Rien ne va de soi. Tout est donné. Tout est construit. » Gaston Bachelard (1884-1962)

« L’acquisition d’une information se traduit par une « perturbation » qui va entraîner chez l’individu un « déséquilibre » du champ cognitif et exiger un travail de synthèse pour assimiler, intégrer, critiquer, admettre, ajouter cette nouvelle dans un champ cognitif alors enrichi. » (1940)

 « On ne connaît un objet qu’en agissant sur lui et en transformant. »Jean Piaget (1896-1980)

 « Ce que l’enfant est en mesure de faire aujourd’hui à l’aide des adultes, il pourra l’accomplir seul demain ». Vigotsky (1896-1934) 

 « Dans la conception bancaire…l’éducation est l’acte de déposer, de transférer, de transmettre des valeurs et des connaissances…Si l’éducateur est celui qui sait, si les élèves sont ceux qui ne savent rien, il revient au premier de donner, de livrer, d’apporter son savoir aux seconds. Et ce savoir n’est plus celui de l’expérience vécue, mais celui de l’expérience racontée. » Paolo Freire (1921-1997) 

« Il y a des cas où l’intelligence tourne à vide sans embrayer sur le réel » André Maurois (1885-1967)  

« Pour apprendre, il faut garder l’esprit libre. Voir. Si l’on veut apprendre, il faut rétablir la liaison entre les cinq sens et l’intelligence. Lire. L’art d’apprendre, c’est, partant de n’importe quoi, de se faire une idée personnelle sur ce qu’on a appris. Avoir de la culture, cela consiste à garder, classées dans sa tête, des données assez générales pour concevoir (pour situer) de façon suffisamment claire une chose nouvelle qu’on vous dit ou qu’on lit. » Pierre Mille (1864-1941)  

….A SUIVRE…DEMAIN… Deux autres paragraphes…

Mais et vous, quelle est votre maxime préférée, votre citation fétiche, votre petite ritournelle?