Forum des métiers

28 06 2008

Suite et presque fin du Forum de métiers mis en place ces deux derniers mois …

Je souhaite, avant toute chose, exprimer mon immense gratitude à tous les parents qui ont pu y participer et dire, à tous ceux pour qui cela n’a pas été possible, qu’ils ont d’une manière ou d’une autre été associés à ce projet. Les parents qui ont témoigné ont d’une certaine façon fait entrer tous les parents dans la classe. Oui, c’est le monde un peu opaque et lointain des adultes qui s’est frayé un chemin entre les tables d’écoliers et le tableau blanc…MERCI, chers parents, MERCI pour eux d’abord et puis pour l’école en général.

Le temps étant compté en cette fin du mois de juin, je vais tenter lors de deux prochains articles de résumer les faits.

Je vous avais déjà raconté nos deux premiers épisodes: « chef d’orchestre » et « scénariste ».

Depuis, de nombreuses, diverses et riches expériences ont vu le jour en classe. Reprenons donc où nous en étions restés…à l’épisode…

3/ Le papa de Carmen…

Le papa de Carmen, « comédien » est venu nous parler de la scène, du métier, de la sincérité de l’acteur, de ce qu’est la présence scénique. Il nous a parlé du conservatoire, du théâtre classique, des textes modernes. Il nous a « dit », le verbe est faible, un poème improbable sur les saisons et les douze mois de l’année. Et puis surtout il nous a offert en avant-première un petit scénario top secret que nous nous sommes amusés à lire en classe. Y a-t-il un volontaire? 32 mains levées…Merci Jean-Pierre!

4/ Grâce au papa d’Eva, « machiniste » et à toute son équipe, nous avons eu le privilège de visiter le grand centre de dépôt des BUS parisiens à Auvervilliers.

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Promenade unique et sur mesure au coeur de la RATP, en bus bien sûr, mais un bus vert rien que pour nous, qui se souviendra longtemps des nos chants animés…Le bus des CM1 direction Gare centrale: ateliers de mécanique, machines à laver gigantesques, odeur de soudure. La bus attitude, maintenant, on connaît, et surtout on comprend! Merci Monsieur Lopez!

5/ Le papa d’Emilien, « constructeur ferroviaire » nous a raconté les premiers chemins de fer, les chevaux de feu, la révolution industrielle, l’épopée des ponts, des viaducs et des constructions métalliques…La tour Eiffel…Nous avons remonté le temps puis l’avons redescendu…jusqu’à la toute dernière ligne de TGV « Paris Strasbourg ».

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Un film pour terminer, un voyage extraordinaire, au centre de la terre, je veux dire, quand tout le monde dort et que Paris respire enfin, nous sommes entrés sous terre, à l’heure et là où un autre monde s’éveille, celui des équipes de maintenance et de surveillance du réseau métropolitain….Vous auriez vu les yeux incrédules des enfants. « Hein! Il se passe tout cela, toutes nuits sous Paris? » Eh oui, leur a répondu Monsieur Bertrand!

6/ 7/ 8/ 9/ 10…à paraître dans un prochain article. Gardez l’oeil ouvert, l’école n’est pas tout à fait terminée…




Métiers de parents

30 06 2008

Lundi, mardi…l’école jusqu’au bout du bout pour quelques courageux, et mercredi, jeudi, vendredi, pour les derniers d’entre vous qui fréquentez Blog Bleu Primaire. Après quoi…un repos mérité, enfin…repos relatif mais mérité quand même!

Pour clore le forum des métiers, je vous propose aujourd’hui dans la série IV, les épisodes 6 à 10…

6/ Attention, attention…

…Voilà un Monsieur très important pour un travail très important mais assez peu connu en réalité: « inspecteur des douanes »… Le papa de Sébastien a fait sensation. Douane, police, gendarmerie, tout cela se mélange dans les esprits des uns et des autres et les feuilletons télévisés n’arrangent rien à l’affaire. Allez, un peu d’ordre s’il vous plaît…Nous avons découvert la notion d’espace territorial et de règles de transport des marchandises. Les enfants ont posé de nombreuses questions relatives à la contrebande, au commerce de la drogue, à la contre-façon. C’est incroyable de voir ces jeunes de 9/10 ans se soucier à ce point des fléaux qui règnent dans nos sociétés…Maintenant, ils sont avertis et comme dit le proverbe « un homme averti en vaut deux »!

Merci monsieur Ottaviani!

7/ Maman est « antiquaire »! me présente fièrement Sébastien.

Valérie est donc venue à l’école. Certains enfants la connaissent bien. Le marché Biron aussi! Ah la belle vie des objets. Vestiges de passés mystérieux, porteurs de secrets indicibles, les objets, les vieux objets racontent de belles histoires. Si on sait les regarder et les écouter…Que de beaux objets et que de métiers à découvrir: ébéniste, tapissier, vernisseur, brocanteur. Les artisans à l’école. Tiens ça existe encore? Et oui, on peut les voir du côté de la Bastille, autour du Faubourg Saint-Antoine, mais aussi dans de nombreux petits villages, au fond de petites boutiques adossées aux églises et cachées derrière des vitrines un peu vieillies par temps. Mais ils sont bien vivants ces artisans, pour encore combien de temps?

8/ – Et si on parlait « marketing »?

– Marc et qui??

La maman de Thomas est arrivée en classe, ce matin là, avec un sac rempli de choses tout à fait banales mais pour nous proposer une activité pas banale du tout. La classe s’organise en ateliers, chaque groupe reçoit « un produit ». « Bon, et maintenant, qu’est-ce qu’on fait? » « Vous devez vendre votre produit. » 4 étapes vont alors se succéder pour réfléchir aux questions suivantes: quoi? à qui? comment? combien?…quelques temps plus tard…

« Le riz sera donc expédié par gros sacs aux pays africains. Plus la quantité sera grande moins le prix sera élevé. Et pour 2 sacs achetés, un 3è offert! »

« Le caleçon d’homme sera vendu par deux et la publicité en sera faite dans des magazines féminins car ce sont les femmes qui achètent pour les hommes… »

« Les pommes BIO seront distribuées dans des petits commerces de proximité, et à l’unité, pour permettre aux personnes âgées de se les procurer facilement. »

« Le stylo bille, présenté aux grandes entreprises par un négociant qui se déplace avec sa mallette, sera vendu en grande quantité pour tout le personnel de la société! Un stylo pas très cher, mais dont la qualité est fiable! Enfin, tout dépend du soin qu’on y porte… »

Décidément, ils ne manquent pas d’idées ces enfants!

9/ Après le marketing, la publicité bien sûr…

Et là, c’est le papa de Jules qui est venu. Fallait voir Jules…tellement content…Il ne boudait pas son plaisir. Pour lui avant tout, MERCI Monsieur Ardjal! Alors là, difficile de vous raconter. La Pub, du cinéma muet, ou presque, à nos jours…Nous avons visionné une dizaine de petits films publicitaires. Les années défilent, les images ne se ressemblent pas, du noir et blanc, nous sommes passés à la couleur et aux effets spéciaux. Mais ce qui reste inchangé, c’est l’envers du décors.

La PUB, à quoi ça sert? Où ça se trouve? Qui l’a inventée? Pourquoi on aime ça? Qui la fabrique? Est-ce que la  pub, c’est vrai? Peut-on montrer n’importe quoi? Finalement, la PUB…elle est partout, elle n’est ni bonne ni mauvaise, il faut juste savoir se poser les bonnes questions pour ne pas être pris au piège. Belle prestation! Et bravo pour les montages vidéos!

10/ Et pour finir…

Un sujet que les enfants connaissent mais dont ils ne se lassent pas: les dents! Cours de médecine à l’école primaire en compagnie des maman de Lydia et Paloma. Des mots bizarres: racine, collet, couronne, émail, dentine, pulpe, calcium, fluor, incisive, prémolaire, canine, molaire, bactérie, gingivite, carie, tartre…aïe, aïe…ça fait mal docteur!

Et oui, c’est pour éviter les problèmes, qu’il faut absolument suivre quelques petites règles de base: Bien se nourrir, se rendre chez le dentiste régulièrement pour contrôler, bien se nettoyer quotidiennement les dents, changer sa brosse 4 fois par an (1 couleur par saison!) Mais ça vaut la peine, car une dent, quand elle meurt, elle ne repousse plus…

Voilà, le forum s’arrête là pour cette année, mais j’attends avec impatience l’année qui s’annonce et les nouveaux projets à mettre en place avec les nouveaux parents. Car il est à mon avis essentiel d’ouvrir l’école aux familles, d’ouvrir les classes à autre chose que le « purement » scolaire. Alors je peux imaginer certains d’entre vous se demander. Oui mais alors, la division et le passé composé, vous l’étudiez quand?…Ils les ont étudiés…demandez-leur…mais faites-le vite car les vacances sont comme une grande vague qui déferle et emporte bien des souvenirs. Heureusement le phénomène des marées est là…ça s’en va et ça revient…

Pour mémo, voici les articles précédents

http://lewebpedagogique.com/ostiane/2008/05/17/ouverture-du-forum-des-parents/

http://lewebpedagogique.com/ostiane/2008/05/30/les-cm1-ont-fait-leur-cinema/

http://lewebpedagogique.com/ostiane/2008/06/28/forum-des-metiers/




Ouverture du forum des parents

17 05 2008

Hier, une très très belle journée d’école…

L’ouverture par les parents du « Forum des métiers ».

Une ouverture en « LA MAJEUR »

Le papa de Paul, « Chef d’orchestre » nous a fait cadeau de sa visite, de son témoignage, de sa passion.

La passion à l’école…vous imaginez?

Un chef, comme on les imagine, le cheveu qui vole, la baguette en main, un petit accent au bord des lèvres, le cœur en bandoulière, mais le geste précis, le mot exact, le regard concentré.

« Bonjour les enfants, je vais vous parler de mon métier, un métier de groupe, un métier social. »

Une heure et demie de bonheur…32 petits élèves transformés en apprentis musiciens.

Nous avons battu la mesure, nous avons donné l’attaque, nous avons écouté de grands compositeurs, nous avons observé le grand livre des partitions, nous avons chanté en rythme et en cadence, nous avons découvert les instruments de l’orchestre

Et puis nous avons écrit tout plein de mots nouveaux au tableau:

« mezzo », « pianissimo », « octave », « queue de pie », « jaquette »

Et un et deux, et trois et quatre….C’était bien, hein les enfants?

Alors le soir, après une retour bien obligé par le groupe nominal et le passé simple, nous avons créé sur de grandes feuilles à dessin, nos partitions imaginaires. Un folklore incroyable de notes dansant sur des portées improbables. Si vous voulez voir de quoi sont capables les enfants…rendez-vous à « l’expo » en fin d’article

Tu as un papa formidable Paul!

Merci Monsieur Pehlivanian!

Vous avez donné à l’école, les couleurs de l’orchestre! (un site à découvrir au passage..)

Et par ici, l’expo des enfants…Cliquez sur une note et entrez dans la danse!

http://lewebpedagogique.com/ostiane/files/2009/02/notes-de-musique-11.gif





Fenêtre ouverte sur salle de classe

18 08 2010

Les parents à l’honneur

Comment associer la première communauté éducative que sont les parents au projet éducatif et pédagogique des enseignants ? Comment donner du sens au projet de vie de l’enfant-élève en intégrant dans nos structures scolaires des échanges authentiques entre les familles et les enseignants ? Comment préparer l’orientation des jeunes en étroite collaboration avec leurs histoires personnelles et la multiplicité des réalités professionnelles ? Comment faire travailler ensemble parents, enseignants et jeunes avec le souci de favoriser le développement des compétences collectives ?

Voici un ensemble de questions qui posent à nouveau la question du sens de la coopération entre l’école et les familles. Enseignante au cycle 3 de l’école primaire, et mère de 4 enfants scolarisés en élémentaire, au collège, au lycée et à l’université, je me suis toujours interrogée sur les modalités et les dispositifs à mettre en place au sein des établissements du premier comme du second degré pour favoriser ce nécessaire partenariat éducatif. En ce presque début d’année scolaire, je souhaitais, une nouvelle fois, témoigner d’une expérience mise en place dans ma classe il y a de cela deux ans et qui ne demande qu’à être pérennisée et renouvelée au primaire comme au secondaire. Des parents m’en ont refait la demande, des élèves m’ont sollicitée, des collègues souhaitent s’y associer. De quoi s’agit-il exactement ? D’un forum des métiers entièrement géré par les parents volontaires.

  • Comment ça marche:

Sur la base d’un calendrier à remplir par les parents, j’ai proposé à chaque famille la possibilité de venir témoigner en classe de leur métier, d’une activité, d’une passion ou d’une expérience de vie particulière.

  • Objectifs de cette démarche :

– Associer le parent, non comme « parentdélève » mais comme adulte témoin, acteur et passeur de savoirs et de compétences

– Ouvrir le champ des connaissances en matière de réalités externes à l’institution scolaire

– Favoriser une coopération active entre parents et enseignants

– Ouvrir l’école sur son environnement proche

– Responsabiliser les adultes dans une démarche de co-éducation

– Mettre en projet des jeunes en fin d’école primaire

  • Dispositif proposé :

– Périodicité d’une présentation hebdomadaire entre mars et juin

– Créneau moyen d’une heure trente pour chaque intervention

– Possibilité de grouper deux ou trois parents dont les activités professionnelles sont complémentaires

  • Cahier des charges à respecter :

Associer présentation du métier et mise en activité des enfants (avec aide de la maîtresse si besoin !)

  • Nombres de participants : 11 volontaires sur un total de 32 familles

  • Métiers présentés :

– Chef d’orchestre

– Scénariste

– Comédien

– Machiniste

– Constructeur ferroviaire

– Inspecteur des douanes

-Brocanteur

– Responsable de Marketing

– Publiciste

– Dentiste et orthodontiste

  • Effets produits chez les élèves :

Curieusement, de nombreux enfants n’ont pas idée de l’activité professionnelle de leurs parents. Papa est au bureau, maman est au travail…Les jeunes n’ont pas conscience des réalités concrètes qui se cachent derrière cet espace-temps qu’ils ne partagent pas et dont ils n’ont aucune vision précise. Où disparait maman après m’avoir déposé au portail ? Où va papa lorsqu’il part en voyage ?

Le fait d’entendre, de partager et de vivre des études de cas précis en classe leur aura permis de découvrir non seulement des facettes de la vie professionnelle en général mais plus encore de nouvelles facettes identitaires de leurs parents. Découverte et fierté entremêlées…Et pour certains, invitation au rêve et au voyage…Quand je serai grand, je serai…

  • Retour des parents :

– Plutôt favorables à l’idée de participer à ce moment de vie authentique

– Heureux de voir la classe de l’intérieur

– Surpris de découvrir leur enfant sous un angle différent

– Satisfaits d’être pris au sérieux pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’on attend qu’ils soient…

  • Témoignage en direct : Paroles de papa

Il y a 2 ans Mme Mathon, institutrice de ma fille Eva, a exprimé la demande suivante :

« Souhaitez-vous présenter votre métier à la classe de votre enfant ? ».

Je dois avouer que j’ai été tout d’abord un peu réticent, ne voyant pas d’emblée l’intérêt que comporterait la présentation de mon métier.

A la réflexion, et après avoir discuté avec ma fille, il m’a paru intéressant pour des jeunes écoliers de découvrir la panoplie des différents métiers existant et surtout de les leur présenter, sous toutes leurs facettes, et pas seulement la 1ère perception qu’ils pourraient en avoir.

Afin de me préparer, je me suis rapproché d’un collègue qui effectue ce type de présentations aux écoliers, collégiens et lycéens de quartier difficiles et je l’ai invité à y participer.

Le jour de la rencontre avec la classe de ma fille, j’appréhendais cette présentation comme un écolier qui passe un examen. Bien que préparé, au moment venu, saurais-je répondre à toutes les questions, de façon complète et compréhensible ? Ne vais-je pas les ennuyer ? Et très vite les « pourquoi-comment » ont démarré. Un peu surpris au départ par la précision des demandes, cette demi-journée s’est finalement très bien passée, j’ai été impressionné de l’intérêt qu’ont porté les écoliers sur mon métier et mon entreprise. Quant au collègue qui m’accompagnait, il n’a trouvé que des éloges à faire pour la classe. Il était lui aussi impressionné par la discipline, l’écoute, le respect et la sincérité de ces écoliers.

J’ai trouvé cette expérience intéressante et enrichissante, non seulement pour les enfants dans leur connaissance du monde du travail, mais encore pour moi-même, pour prendre conscience de leurs attentes ou de leurs perceptions parfois erronées.

Je pense que ce type d’expérience mérite d’être renouvelée et espère que de nouveaux parents, dans des professions très diverses, accepteront d’y participer.

Monsieur Guillermo LOPEZ

Ce que ne dit pas Monsieur Guillermo dans ce beau retour d’expérience, c’est la nature de ce fameux métier qu’il est venu nous présenter et l’aventure extraordinaire qu’il nous a fait partager. Machiniste à la RATP, non seulement Monsieur Guillermo nous a magnifiquement exposé son entreprise mais pour aller plus loin encore, il nous a embarqué au fil des rues de Paris dans un bus spécialement réservé pour la classe jusqu’au Terminus d’Aubervilliers. Là, nous avons visité les ateliers de remise en état, les entrepôts de matériel et les bureaux. Nous avons vu les bus par-dessous et par-dessus, en pièces détachées et en rénovation. Nous avons pénétré dans l’envers du décor…Oui, c’était un moment rare, exceptionnel. Pour sa fille, pour tous les enfants et pour moi-même. Merci Monsieur Guillermo. Merci pour cette passionnante et instructive demi-journée.

  • Bilan personnel de cette expérience:

Il est apparu, durant ce troisième trimestre, période de ce forum des métiers, une nouvelle cohésion de classe, une nouvelle ambiance, une nouvelle dynamique. Les vendredis, d’habitude si redoutés, sont devenus des points de rendez-vous attendus et appréciés de tous, et sur les trottoirs de l’école, on entendait des parents échanger sur leur expérience vécue en classe. Pour eux, comme pour moi, une autre manière d’envisager l’école et le partenariat éducatif venait d’émerger. Un partenariat fondé sur le partage des savoirs et des pouvoirs, sur la complémentarité des différents acteurs, sur la coopération entre les personnes, sur la base d’un co-apprentissage.

Parallèlement à cette initiative, ici même sur Blog Bleu Primaire, je donnais à voir les différentes expériences vécues en classe au fil du temps. Une façon pour moi de prolonger les échanges hors du cadre scolaire et de valoriser les interventions des parents. Investis d’un nouveau pouvoir d’agir, les parents et les enfants se sont associés à ce nouveau projet…qui demeure encore d’actualité.

J’ai été impressionnée de voir à quel point les parents se sont engagés dans leurs actions. Chaque intervention était ponctuée d’activités riches, diverses, concrètes et actives. Travail en petits groupes, mise en situation, jeux de rôles, activités créatrices…J’ai découvert des parents pédagogues…Et j’ai appris une foule de choses ! Tant de métiers, tant de talents, tant de compétences

  • Quelques exemples d’activités proposées, gérées et assumées par les parents :

Le forum des métiers s’est ouvert en la majeur…Avec le papa de Paul, chef d’orchestre nous avons parcouru les lignes d’une partition manuscrite géante, tenu la baguette et battu la mesure. Rythme et tempo se sont invités en classe et chaque enfant a pu s’essayer à l’exercice de ce métier « social » pour reprendre les termes de Monsieur Pellivani. Ecoute musicale bien sûr mais aussi et surtout discussion autour du métier de « chef ». Être chef, c’est accorder les yeux, les gestes, les oreilles et les cœurs de chacun pour offrir la plus belle interprétation possible. Belle leçon d’éducation musicale certes, mais plus encore, magnifique témoignage du vivre ensemble. Paul était fier et heureux de la présence de son père parmi nous. Très souvent en tournée autour du monde, ce matin là, il était en tournée à l’école, dans son école, dans sa classe. Un beau cadeau.

D’autres actions sont à découvrir en suivant ce lien: Forum des parents.

  • Limites de l’expérience :

De nombreux parents vivent des situations personnelles et professionnelles très complexes, certains sont au chômage ou ont décroché depuis plus ou moins longtemps de la sphère sociale et professionnelle. D’autres enfin ne maîtrisent pas suffisamment le français pour oser franchir la frontière scolaire et venir témoigner. Il est de la responsabilité de l’institution de trouver et d’inventer des passerelles qui leur permettront, eux aussi, de prendre la parole, d’exister, de valoriser ce qu’ils sont. En leur redonnant ce « pouvoir-être », on leur permettra à nouveau de se saisir de leur autorité éducative, de leur légitimité à éduquer, à accompagner leurs enfants, à jouer pleinement leur rôle de parent. Les parents n’ont pas déserté la sphère éducative. C’est l’image négative et dépréciative qu’on leur renvoie d’eux-mêmes qui les en éloigne peu à peu et pour certains les en exclue totalement. Un père sans activité professionnelle, une mère célibataire, une famille immigrée s’interdisent bien souvent d’exercer leur droit, leur devoir, leur pouvoir parental sous prétexte qu’ils se perçoivent comme illégitimes au regard des normes sociales, culturelles, scolaires…Ils pratiquent alors bien involontairement ce que je qualifierais  l’inconsciente autocensure éducative . En associant ces familles à des actions de co-éducation, en cessant de les exclure ou de les infantiliser, on travaille à resserrer les liens entre parents, enfants et enseignants et on offre aux jeunes un exemple de cohésion adulte et constructive, condition essentielle pour la confiance, le bien-être et la réussite des élèves…

  • Conclusion :

Avant même de parler d’orientation au second degré, il paraît incontournable de mener dès les petites classes des actions de découvertes, d’invitation, d’incitation. On apprécie souvent la saveur des choses après les avoir goûtées plusieurs fois…Comment peut-on imaginer choisir une voie professionnelle du jour au lendemain, sous prétexte qu’il est l’heure, qu’on a 16 ans et que l’institution a décidé pour vous que c’était  le moment? La vie professionnelle est une course au long court. Si elle se construit sur le tas chaque jour davantage, elle se prépare bien avant  l’âge limite requis . Attention, il n’est pas question ici de s’agiter dès le primaire autour de l’idée d’une pré-orientation précoce, ce serait se tromper à la fois d’objectif et de stratégie et faire fi de ce qu’est un enfant. Plutôt, il faut considérer cette période  primaire , comme une période privilégiée car propice à l’émerveillement et au questionnement ouvert et sans limite et s’en saisir ainsi pour multiplier les occasions d’éveil à l’environnement et d’incitation au rêve. La capacité d’ouverture du jeune enfant âgé de 7 à 11 ans est bien supérieure à celui de l’adolescent, focalisé quant à lui sur d’autres centres d’intérêt qui lui réclament alors toute son énergie…

Enfin, pour conclure ce témoignage j’insisterais à nouveau sur cette idée qu’on ne peut, qu’il s’agisse de la simple découverte des métiers au primaire et plus tard, de l’orientation au collège et au lycée, faire l’impasse ni sur la mutualisation des compétences collectives ni sur l’histoire personnelle de chacune des familles. C’est pourquoi il m’a paru utile de témoigner de ce type de dispositif impliquant les parents eux-mêmes. Dispositif très simple à mettre en place et fort éclairant dans de nombreux domaines. On y apprend des enfants, on y apprend des parents, on y apprend des autres et de soi-même.

On apprend à l’école, oui, mais on n’apprend pas qu’à l’école et surtout il est grand temps que l’école accepte, elle aussi, d’apprendre des autres…

C’est ce que j’ai tenté de faire vivre dans mon ouvrage

« Un projet pour repenser les relation parents-enseignants »

D’autres ressources sur le thème des relations parents-profs

1/ Le site de Jacques Nimier:

2/ Le réseau d’échanges de pratiques pédagogiques E.P.P.E.E

3/ Le magazine Psychologie.com

4/ Une vidéo de Philippe Meirieu sur Curiosphère

5/ Une interview de Jean-Louis AUDUC

6/ Un dossier complet sur le site EduScol

7/ Le site « Mieux vivre ensemble à l’école »

8/ Des liens sur EducaSource

9/ …A vous de nous signaler vos pratiques, vos questions et vos ressources

😉

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Symphonie en noir et blanc

7 02 2009

De la mélodie sonore au rythme graphique, de l’oreille à la main, du son au geste…

Après le passage en classe, l’année dernière, d’un papa chef d’orchestre (découvrez l’article ici!), les élèves encore tout remplis d’une émotion vivante, avaient souhaité graver sur le papier un moment, il faut l’avouer, unique en son genre. Ces chefs d’œuvres, je les avaient enregistrés depuis dans la mémoire de mon ordi…sans pouvoir, par manque de technique, vous en faire profiter. Voilà l’erreur rattrapée…Il m’aura fallu du temps…

Partitions imaginaires

Do

Mi

Fa

Sol

La

Si

Do

Si

La

Sol

Fa

Mi

Do

Depuis trop longtemps, je garde pour moi des trésors d’élèves. Ils sont pourtant bien là, classés au fond de ma mémoire numérique, attendant qu’un clic les libère de leur prison silencieuse. Aujourd’hui, Je suis heureuse de les partager avec vous. D’autres suivront…




Les CM1 ont fait leur cinéma!

30 05 2008

Dans le cadre de notre forum des métiers, nous avons reçu cette semaine le papa de Cléo, qui travaille pour une chaîne de  télévision, au service des achats de scénarios.

Il revenait de Cannes, alors, bien sûr, nous étions tous très impatients!

Des stars, des potins, des rumeurs, des paillettes?

Pas du tout, les enfants ne sont pas comme les adultes. Ils n’ont pas besoin de cela pour rêver.

Nous avons appris tellement de choses.

Pour que le film arrive en salle, il a fallu qu’il traverse toute une longue chaîne  d’étapes.

Que de métiers différents, que d’hommes et de femmes invisibles et méconnus du grand public.

Scénariste, réalisateur, distributeur, acteur, décorateur, costumier, éclairagiste, preneur de son, cameraman, monteur, maquilleur, cascadeur…

Une grande foire aux mots: générique, doublure, court métrage, image rush…

Et puis surtout, la prise de conscience que fiction n’est pas réalité.

– Mais le Titanic, c’est une histoire vraie!

– Quand la balle traverse son coeur, on voit le sang, comment ça marche?

– Et Quand le monstre se transforme?

– Les flammes dans l’incendie, elles sont réelles! On voit la tour qui s’effondre!

Il était très intéressant de voir ces jeunes spectateurs prendre conscience qu’un film, ça se fabrique, qu’il faut souvent plusieurs années entre le projet initial et la sortie du film.

Nous avons décidé d’élaborer dans le cadre de nos productions d’écrit, 6 scénarios et de les soumettre à un comité de lecture.

6 ateliers de 5 élèves.

Il nous reste peu de temps…mais grâce à leur motivation, je suis certaine qu’ils y parviendront.

Souhaitons-leur BONNE CHANCE!

Et surtout MERCI au papa de Cléo d’avoir donné un peu de son temps et beaucoup de son expérience!




La semaine de la presse à l’école

13 03 2008

Un sujet lancé sur le forum du webpédagogique:

« En 2007, la 18e édition de la semaine de la presse a réuni 4 334 488 élèves de la maternelle à l’université et 392 579 enseignants issus de 13 040 établissements.Le thème proposé cette année aux enseignants et aux élèves est « Une info, des médias ». C’est l’occasion pour aider les élèves à comprendre le système des médias, à former leur jugement critique, à développer leur goût pour l’actualité et à forger leur identité de citoyen.


Vous pouvez voir le site
http://www.clemi.org ) pour avoir plus d’informations.

Certains de nos quelques blogueurs ont déjà traité cet événement dans leurs blogs !
Découvrez ce qu’est une bonne couverture de magazine avec Florence Travers ici :
(
http://lewebpedagogique.com/cdiardilliers/2008/03/05/quest-ce-quune-bonne-couverture-de-magazine/)


ou bien ce qu’a prévu de faire le CDI de Saint Michel des Batignolles à cette adresse :
(
http://lewebpedagogique.com/cdismdb/2008/01/14/semaine-de-la-presse/)

Et vous, qu’allez-vous faire dans votre établissement ?« 

avatar Ma petite bafouille

Bon, je vais être un peu directe et très provocatrice…la semaine de la presse, la semaine de la poste, la semaine du goût, la semaine du recyclage, la semaine des métiers, la semaine du poil à gratter et des coccinelles. Tout cela est bien joli, mais dans la vie, je veux dire la vraie vie…les choses fonctionnent-elles ainsi? Imagine-t-on la semaine de la douche, la semaine du bonjour/merci, la semaine du sport et bientôt la semaine de l’école! Y’en a qui vont être contents!


Non, plus sérieusement, l’école a évidemment besoin de ces ouvertures sur le monde et sur toutes ces réalités externes à l’institution scolaire. Mais pour que ces ouvertures aboutissent à un semblant de réels apprentissages, elles nécessitent bien davantage qu’un simple slogan hebdomadaire. Seul un véritable travail de cycle et de projet peut accompagner l’enfant-élève à la prise en compte de toutes ces données sociétales. Et le temps… N’oublions pas l’incontournable inscription dans la durée, l’expérimentation, la latence, la maturation que réclame tout apprentissage.

Empiler des semaines thématiques comme on enfile des perles à un collier, le visuel peut s’avérer agréable certes, mais l’essentiel ne réside-t-il pas à savoir assortir la parure au reste du vêtement et plus encore, le vêtement à la situation concrète?

Néanmoins, pour être juste, il faut savoir accueillir sans le fustiger, ce qu’il y a de positif dans ces démarches: l’information diffusée auprès des professionnels de l’école, le partage des connaissances et les pistes pédagogiques qui s’y rattachent sont autant d’outils fort appréciables pour des enseignants qui ne peuvent tout savoir sur tout mais à qui on demande de tout enseigner….

Il faut donc le reconnaître, ces semaines thématiques offrent, à l’adulte avant tout, une visibilité sur certains domaines ou secteurs particuliers dont il ignore tout ou presque. A lui, à nous, adultes-enseignants, par la suite, en fonction de notre classe, de nos projets et de nos priorités, de les mettre à portée de nos élèves; ce qui passe nécessairement par un véritable travail d’exploitation de ces données avec l’objectif in fine, non pas d’évaluer en la matière, le niveau de connaissances des élèves, mais bien de permettre à ces élèves-citoyens de mieux discerner, mieux se distancer, mieux appréhender un monde dans lequel ils doivent apprendre à évoluer en toute autonomie, en toute liberté…et cela demande bien plus qu’une semaine, c’est à dire 4 jours!

Si l’enseignant se contente, si je me contente d’un affichage-bricolage sur le sujet à traiter en imaginant une seule seconde que le sujet est traité…c’est ici que j’émets des réserves quant au bien-fondé de ces apprentissages « clés en main. »

Apprendre à l’élève à comprendre, assimiler, réutiliser, transférer ces enseignements en dehors de la classe de manière à ce qu’il s’en empare à juste titre et dans un cadre adéquate, tel est l’enjeu…telle est la mission éducative de l’école hors de l’enceinte sanctuarisée de ses murs. Le savoir se partage. Sans ce partage il est voué à l’idéologie. Mais je sors du sujet…déformation passionnelle et professionnelle!

Pour synthétiser, je dirai:

Oui à la complémentarité des acteurs entre l’école et la société dans son ensemble.

Oui pour un partage des savoirs et savoirs-faire au niveau des adultes.

Oui à l’introduction à l’école de ces données sociétales.

Oui pour un travail de projet par cycle* dans l’enceinte des établissements.

Non à la compilation névrotique de ces semaines thématiques.

Non au QCM systématique « vu, pas vu » ou bien « acquis, non acquis » pour ce qui relève de ces apprentissages.

Enfin, pour terminer cette analyse, une suggestion toute personnelle:

Pourquoi ne pas introduire, au sein même de la formation initiale des maîtres, un cursus particulier relatif à ces thématiques et qui, de fait, introduirait inévitablement le concept de PEDAGOGIE DE PROJET et la mise en route effective de la réforme des cycles, laquelle, il faut l’avouer ne reste encore, à ce jour, qu’une belle idée sur une nième circulaire.

Un peu de pratique, alliée à beaucoup de théorie, elle-même fondée sur l’acte pédagogique, soulagerait et éclairerait bien des enseignants au sortir de l’IUFM.

Et vous, qu’en pensez-vous?