Rire, une hygiène de vie

20 04 2011

Carême pédagogique

Jour 41

Pensée 41

Le rire est le propre de l’homme

Rabelais

Une pensée plus légère qu’hier mais tout aussi sérieuse qui m’est revenue en mémoire en savourant pour la nième fois les aventures de Mary Poppins…

Pensée du jour donc, consacrée au rire, à la fantaisie, à l’imagination, à l‘enfance, à la puissance créatrice du rêve et à son combat initiatique contre la représentation qu’ont les adultes de la réalité.

Attention, adultes trop sérieux,  s’abstenir 😉

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Sage est le repos

8 04 2011

Carême pédagogique

Jour 29

Pensée 29

Pour certains commence le temps du repos et des vacances. Une pensée spéciale pour un temps essentiel,

celui de la vie 😉

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Pour faire l’autoportrait d’un enfant

7 02 2011

Autoportrait

Prenez la main d’un jeune enfant

Un peu avant sept ans.

Placez tout à côté

Une craie, une toile, un écran

Ni trop petit ni trop grand.

Mettez face à l’enfant

Un rêve à dessiner

Comme un nuage blanc.

Laissez-le faire.

Regardez-le.

C’est étonnant…


D’après le titre de Jacques Prévert, Pour faire le portrait d’un oiseau

et le texte Recette du poète Guillevic

Un article poétique en hommage au magnifique travail réalisé par le photographe et réalisateur Gilles Porte dont le film « Dessine-toi… » vient de paraître dans les salles.

Pour en savoir plus sur l’auteur et voir la bande annonce


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Mieux vaut prévenir que…

19 01 2011

Vous ai-je déjà présenté mon autre autre blog?

– Encore un autre blog!? Avec celui de vos élèves et le vôtre, plus tout le reste, vous n’en n’avez donc pas assez? »

– Si, bien sûr, j’en avais déjà largement assez…et puis, voilà, une rencontre, une sollicitation, un projet….et hop! En juillet dernier, paraissaient les premiers articles de ce nouveau web-log.

Je m’explique:

4 raisons principales m’ont poussée à créer ce blog sous l’égide de la MAE :

  • Une rencontre professionnelle et amicale avec l’une de ses responsables impliquée dans le secteur des actions de prévention
  • L’envie de valoriser un patrimoine pédagogique riche et encore trop peu connu des responsables éducatifs (parents et enseignants)
  • Le désir de soutenir les actions de prévention menées sur le terrain par des équipes de bénévoles en lien avec la sécurité des enfants et celle des adolescents
  • L’opportunité de travailler en lien avec un partenaire

Depuis l’été dernier donc, chaque lundi, j’y publie un article relevant d’un thème précis de prévention en lien avec une ressource pédagogique ciblée.

  • Les thèmes abordés:
  1. La sécurité domestique
  2. Éducation à la santé
  3. Les premiers secours
  4. La sécurité routière
  • Les niveaux concernés:
  1. La maternelle
  2. L’élémentaire
  3. Le collège
  4. Le lycée
  • Les types d’outils (toujours gratuits):
  1. Kit pédagogique
  2. Cédérom
  3. Fiches téléchargeables
  4. Expositions, actions et ateliers itinérants
  • Les publics concernés:
  1. Les parents
  2. Les enseignants
  3. Les associations
  4. Les collectivités territoriales

Alors, on s’y retrouve dès lundi prochain?

Blogueuse, un métier passionnant 😉

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Devoirs du soir pour parents « zens »

15 09 2010

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, il y a comme un air de déjà vu déjà vécu

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Bon, c’est pas tout, mais nous sommes mercredi et les devoirs m’appellent…

😉


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Le temps des vacances!

12 07 2010

Le temps des vacances, un temps idéal pour renouer avec nos besoins vitaux, nos instincts sauvages et primaires si souvent niés et exclus de nos vies domestiquées…

Bonnes vacances donc 😉

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La vie sauvage des animaux domestiques

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Les vacances, l’école de la vie

10 07 2010

 » L’adolescent aime la nature : on le parqua dans des salles closes. L’adolescent aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu’elle n’eut aucun but. Il aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile. Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées. Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau. Il aime parler : on le contraignit au silence. Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser. Il voudrait chercher la science : on la lui sert toute faite. Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. Alors les adolescents apprirent ce qu’ils n’auraient jamais appris sans cela. Ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir « .

Adolphe Ferrière (1879-1960)

Je souhaite à tous les enfants qui partent mais également à ceux qui restent, un temps de vacances au plus proche de la nature et de ses rythmes,  riche en activités nouvelles et en rencontres inattendues. Un temps pour se réjouir, découvrir, bouger, explorer, méditer, échanger, apprendre…autrement.

😉

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Délices de la langue française

30 05 2010

Dialogue entre mère et fille sur le trottoir de l’école.

« Maman, la maîtresse m’a félicitée aujourd’hui, je n’ai pas eu d’étourdissement en mathématiques, je n’ai oublié aucune retenue!


– A mon tour de te féliciter ma chérie pour ta concentration et ta satisfaction méritée! »

Elle n’est pas belle notre langue française 😉


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L’apprentissage des règles scolaires 1

16 04 2010

Le règlement scolaire ou l’histoire d’un grand malentendu

Lorsqu’ils découvrent un nouvel établissement, une nouvelle classe ou tout simplement un nouveau professeur, les élèves découvrent également de nouvelles règles de vie. De ce postulat qui relève de l’évidence, deux axes de réflexion bien souvent trop vite écartés me semblent pourtant incontournables. C’est pourquoi j’ouvre aujourd’hui une petite chronique consacrée à ce thème d’une actualité brûlante qu’est celui de l’autorité.

Le premier axe que nous  tenterons d’aborder aujourd’hui, concerne la manière dont l’adulte (enseignant ou responsable légal de l’enfant) va permettre au jeune de se saisir de ces règles qui pré-existent; règles inconditionnelles qui font figure de loi et qui fondent la pérennité de toute vie en collectivité. Le second axe privilégiera la façon dont le professeur peut engager les élèves dans la prescription de nouvelles règles auto-proclamées d’ordre public. Cette seconde voie donnera lieu à la mise en place de règles secondaires mais tout aussi essentielles tant pour le bon fonctionnement du groupe-classe au quotidien que pour l’éducation à la citoyenneté et l’exercice de la démocratie.

1/ Comment connaître la loi, comment la rendre accessible, lisible et compréhensible?

Curieusement, et sans doute justement parce qu’il s’agit d’une évidence pour eux-mêmes, les adultes ont tendance à considérer un peu trop vite et naïvement que la loi, parce qu’elle est cette chose si essentielle et incontournable pour vivre en société, relèverait de ces fameux pré-requis connus d’office par les jeunes. De la formule consacrée « Nul n’est sensé ignorer la loi » on arrive, un peu trop vite là encore, à cette croyance que l’enfant au contact de la collectivité, convoquerait de manière intuitive et innée les attitudes de respect, d’ordre et d’obéissance qui expriment l’acceptation et la reconnaissance des règles.

Mais pour ne point l’ignorer, encore faut-il à un moment ou à un autre en avoir pris connaissance et plus encore en avoir conscientisé les enjeux. Alors très vite et parce qu’on a autre chose à faire en classe et que le programme lui, n’attend pas, on se rassure et on répond à la question par un évitement tout légitime…On se dit qu’après tout, quelqu’un leur en a déjà certainement parlé, la maîtresse de l’année dernière ou les parents, premiers éducateurs; oui, quelqu’un s’en est forcément déjà chargé…D’ailleurs, pour pallier cet obstacle et mieux se décharger tout à fait de toute responsabilité, un règlement intérieur propre à chaque établissement est systématiquement distribué en début d’année à chaque famille qui le lit et le signe ou le signe sans le lire, ou le lit sans le lire à l’enfant, ou le lit et le signe sans le comprendre…

C’est vrai après tout, tant de papiers à lire et à signer en début d’année, multipliés par le nombre d’enfants…Ajoutez à cela un vocabulaire parfois obscur, même pour des parents lecteurs et francophones (et au fait..et les autres?) Additionnez également ici le nombre de paragraphes et de sous-paragraphes…Il faut l’avouer, ce document très officiel n’engage pas à une lecture très approfondie en famille. D’ailleurs, à la maison aussi on a autre chose à faire qu’à déchiffrer et décoder les interminables interdits prescrits dans la charte de bonne conduite…Et puis, on connaît la chanson par cœur, on nous distribue la même enveloppe garnie tous les ans! Le maître ou le directeur en reparlera bien avec eux en classe puisque finalement c’est de l’école qu’il s’agit! C’est leur affaire tout de même!

Bref, on comprendra ici très vite que cet outil sensé fixer le cadre de référence commun à chaque membre de la collectivité éducative (enseignant-élève-parent) se trouve malheureusement trop souvent à la source même des premiers quiproquos, des premières incompréhensions entraînant dans leurs sillages les premières situations conflictuelles. 

« Mais vous n’avez donc pas lu le règlement distribué en début d’année? Vous le copierez 10 fois! Cela vous permettra de l’apprendre jeune homme. « 

Punition…action-réaction…« C’est incroyable, l’institutrice de mon fils l’a cloîtré tout un mercredi après-midi pour recopier les 5 pages du règlement: 5X10=50 »...et encore le résultat ne tient pas compte de l’écart entre un texte dactylographié et un texte manuscrit…

Cette petite introduction qui ne répond pas encore à la question soulevée en 1/ pose néanmoins, me semble-t-il,  le décors de fond. Et si le ton, vous l’aurez noté, se veut volontairement décalé, c’est pour mieux laisser à l’humour une chance d’engager une vraie réflexion autour d’un sujet très sérieux.

La suite de cette chronique à paraître très bientôt.

Pour le moment j’ai assez parlé, je vous laisse la parole 😉

Quel temps prenons-nous avec nos élèves et avec les familles pour aborder ce fameux règlement?

Et avec nos enfants, comment nous y prenons-nous pour mettre en évidence les points clés d’un contrat d’autorité?

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Histoire de famille

24 03 2010

Un jour une petite fille demande à sa maman:

« Dis maman, comment ils sont nés les tous premiers parents?

-Hé bien lui répond sa maman, c’est Dieu qui a crée les premiers parents humains, Adam et Ève. Adam et Ève ont eu des enfants qui plus tard sont devenus parents à leur tour et ainsi de suite. C’est ainsi que s’est formée la famille humaine. »

Deux jours plus tard, la fillette pose la même question à son père. Celui-ci lui répond:

« Tu vois ma fille, les singes ont lentement, très lentement évolué jusqu’à devenir les êtres humains que nous sommes aujourd’hui. »

La petite fille toute perplexe retourne aussitôt voir sa mère.

« Maman!Maman! Mais comment c’est possible que tu me dises que les premiers parents ont été crées par Dieu et que papa me dise  que c’étaient des singes qui ont évolué?

Et la mère de lui répondre très calmement tout en souriant:

C’est très simple ma chérie…moi je t’ai parlé de ma famille..et ton père de la sienne! »

http://www.gifimili.com/gif/singe/3.gif

Je remercie mon cher papa de ce petit clin d’œil glissé dans ma boîte mail 😉

Heuh..rectification matinale…je remercie ma chère maman qui dès hier soir revendiquait ses droits de transmission…erreur due à une même adresse mail et à une interprétation un peu trop rapide de ma part de l’auteur-expéditeur du courrier…

L’histoire continue donc dans la vraie vie!

😉

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Dis maman…

10 03 2010

Conversation dans le métro…entre fille et mère…

http://emodecoco.e.m.pic.centerblog.net/2ihgsruy.gif

« Dis maman, est-ce que deux femmes peuvent se marier?

– Oui, c’est possible.

– Et comme ça, elles peuvent avoir 2 fois plus de bébés!

– Pourquoi?

– Ben, elles ont deux ventres!

– Pour « faire » un bébé, il faut toujours un homme et une femme.

– Même si les deux femmes font l’amour?

– Oui, même si elles s’aiment. Deux femmes peuvent vivre en couple mais ensemble, elles ne peuvent pas avoir d’enfant.Un bébé vient de la rencontre d’un spermatozoïde « homme » et d’un ovule « femme ».

– Alors elles peuvent trouver un bébé abandonné?

– Oui, l’une des deux femmes peut adopter un enfant qui n’a plus de mère ou de père et toutes les deux décident de l’aimer et l’élever, comme leur propre enfant.

– Mais alors, l’une des deux femmes, c’est comme le papa?

– Non, elles sont toutes les deux des femmes donc des mamans, elles ne peuvent pas être « papa ». Un papa, c’est forcément un homme.

– Comme papa?

– Oui, comme papa, ou comme ton oncle, ou comme ton grand-père…Allez, on est arrivé, on descend là! »

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Oh la vache!

26 02 2010

http://www.coloriages-enfants.com/rubrique-animaux/images/gifs-animes/vaches/vaches-13.gif

Cliquez sur l’image pour avoir le son!

Et pour les petits curieux qui souhaitent réviser avant de se rendre au salon de l’agriculture, suivez le guide! Pascal Pick historien paléontologue nous raconte l’évolution de la biodiversité, du premier chien domestiqué à notre amie la vache! Sur mon autre blog…

Séquences pédagogiques

😉




Après le désordre…

19 02 2010

Après le désordre…

http://leroiprof.fr/wp-content/uploads/2009/08/classe-vide-surcharge-300x225.jpg

Bonnes vacances!

Profitez

Lambinez

Rêvez

Rêvasser

Sortez

Dansez

Chantez

Aimez

Marchez

Respirez

Découvrez

Savourez

Dégustez

Languissez

d’autres idées en commentaires?

😉




Le sentiment amoureux

13 02 2010
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Un article à consulter en ces jours amoureux sur le blog de mes Séquences pédagogiques…l’amour à l’école, drôle d’idée?

Et pourquoi pas 😉

http://lewebpedagogique.com/images/ostiane3.jpg




Correspondance autour de la lecture…

7 02 2010

Ce matin, dans ma boite mail, un courrier envoyé par Laurent Carle faisant état d’une lettre qu’une maman déboussolée vient de lui adresser. Avec son autorisation je souhaite aujourd’hui vous faire part de cette correspondance tant elle illustre bien des inquiétudes et soulève bien des questions liées à l’apprentissage de la lecture et aux enjeux qui en découlent…Je leur laisse donc la parole et la reprendrait en fin d’article sous forme d’une petite vidéo tournée en collaboration avec l’équipe du Web pédagogique.

Et maintenant…bonne lecture 😉


Mercredi, 3 février,

Bonsoir,

Je me permets de vous adresser ce mail car je suis une maman désemparée. J’ai une petite fille 4 ans. Là, elle vient d’avoir son « carnet ». Il est noté qu’elle a sans cesse besoin d’être rassurée et qu’elle n’est pas assez active à l’oral. Je pense qu’elle est stressée à l’idée de décevoir si elle se trompe (elle est très sensible). Comment faire pour l’aider ? De plus, aujourd’hui on a joué à la maitresse. J’ai essayé de lui apprendre des lettres (elle en connait déjà) et lui ai expliqué qu’en les « mélangeant » ça faisait des mots. Je lui ai fait un B et lui ai nommé la lettre 5 ou 6 fois.

http://corigif.free.fr/alphabet/alphadanserouge2/img/alpha_002.gif

source

Elle m’a écouté et quand je lui ai demandé le nom de la lettre, elle m a regardé comme si je venais de mars et n’a pas su me répondre (je lui avais dit 30 sec avant). Même quand elle arrive à retenir, 10 minutes après elle ne sait plus.

Est ce normal ? Est ce que je lui en demande trop ?

J’ai vraiment besoin d’un avis car en plus quand ça se passe comme ça, je m’énerve et après je culpabilise.

Merci de votre réponse.

Cordialement.

Isabelle

Jeudi, 4 février,

Bonjour Isabelle,

Vous vous interrogez fort à propos, au bon moment, et vous vous posez les bonnes questions à propos de l’effarement de votre fille, quand elle est confrontée à l’enseignement des lettres de l’alphabet. Elle est à l’âge où se décide le style de rapport que la future écolière établira prochainement avec l’écrit. Les premiers contacts déterminent si, plus tard, elle aimera ou détestera lire. Quand elle vous écoute nommer les lettres (vous lui présenteriez des syllabes, ce serait pareil,) et vous regarde comme une martienne, elle se trouve en état de surcharge cognitive devant une information non pertinente, « extraterrestre ». Les fusibles de protection, heureusement, coupent le courant. Ce qui n’a pas de sens ne peut pas être compris. On ne peut pas apprendre quelque chose qu’on ne comprend pas parce que ça n’a aucun sens.

Et lire, c’est comprendre, seulement comprendre, c’est tout.

On peut commencer à apprendre à lire à tout âge. Par contre, on ne doit pas commencer à enseigner la lecture prématurément. Apprendre, ne signifie pas recevoir un enseignement. Il convient de bien distinguer enseigner et apprendre. On peut être enseigné et ne pas apprendre, comme les élèves « en échec scolaire ». On peut apprendre sans être enseigné, comme les autodidactes. On peut être enseigné et apprendre à lire en dehors des leçons de lecture. Les « méthodes de lecture » sont très utiles aux maîtres pour enseigner la syllabation. Elles ne sont pas nécessaires aux élèves pour apprendre à lire. La plupart des adultes bons lecteurs sont d’anciens écoliers, autodidactes en lecture, qui se sont appris à lire malgré l’enseignement reçu. Pour être un maître de lecture efficace, mieux vaut être lecteur soi-même, un lecteur qui aime lire. D’ailleurs, l’un va avec l’autre.

Ceux qui aiment lire, lisent vite et facilement, prennent plaisir à aider et accompagner les enfants dans leur conquête de la lecture. Ceux qui n’aiment pas lire, lisent lentement et difficilement, parce qu’ils portent les séquelles de la syllabation enseignée par une « méthode ». Ils dispensent un enseignement de lecture fastidieux et rebutant. Dans ce cas, il est préférable de passer la main. Sinon, on croit transmettre la lecture et on ne transmet que le dégout qu’on en a. Le premier critère pour être un « bon prof » est d’aimer lire.

Pour comprendre ce qui arrive aujourd’hui à votre fille, essayons d’imaginer une situation semblable chez un adulte.

Supposons que, à ce jour, pour des raisons qui tiennent à votre histoire et à votre parcours personnels, vous n’ayez jamais vu personne rouler à bicyclette, ni même vu, de près ou de  loin, une vraie bicyclette, sauf en illustration sur du papier. Un parent proche ou un ami, sincère et dévoué, s’attellerait à la tâche de combler cette lacune et entreprendrait de vous apprendre. Il vous présenterait au fur et à mesure, à l’occasion et peu à la fois, par précaution, le guidon, la selle, un rayon, un maillon de chaine, une dent de pignon, un câble, une valve, une chambre à air, bref, la liste complète des pièces, vous expliquant, pour chacune, sa nature et sa fonction mécanique. Il vous les nommerait et vous demanderait de les répéter sur-le-champ, plusieurs fois, vérifierait, ensuite, que vous les avez bien gardées en mémoire, quelques minutes plus tard.

C’est d’ailleurs ainsi qu’on procède dans les leçons de lecture « méthodiques », jour après jour, unité après unité, parce que la théorie pédagogique dominante postule que lorsque toutes les unités élémentaires du catalogue des sons et toutes les règles de correspondance auront été acquises, mémorisées une à une, il ne restera plus à l’élève qu’à faire la synthèse de ces éléments séparés. Enfantin, mon cher Watson ! Mais peu pertinent, incongru et franchement anti-pédagogique ! Est pédagogique, ce qui est profitable à l’enfant et à lui seul, ce qui a du sens, une réalité fonctionnelle, ce qui apprend à faire en faisant, « en situation », ce qui est en harmonie avec l’intérêt et les intérêts de l’enfant, ici et maintenant. Comme dit Philippe Meirieu, « apprendre, c’est faire ce qu’on ne sait pas encore faire, pour apprendre à le faire ».

Est pédagogique ce qui permet à l’enfant de conquérir son autonomie pour se soustraire à la tutelle de l’adulte, d’abord, du « marché », par la suite. Les méthodes de « lecture » ne sont pas des armes pour la conquête de cette autonomie. La lecture, la vraie, permet au lecteur d’entrer dans le monde de la pensée libre, dans le jeu social démocratique, d’y trouver place et d’y prendre sa part. Le chemin de la démocratie passe par l’autonomie et la liberté de pensée.

Un déchiffreur dressé à « décoder », par une méthode – toutes dressent, aucune n’est libératrice -, n’est ni penseur, ni lecteur libre. Il n’est même pas lecteur. […]

Voici ce que disait Alain, en 1930 :

« Quand je suis dans l’autobus, je m’amuse, comme chacun fait, à lire les réclames collées sur le verre et qui se montrent à l’envers ; je suis alors semblable à un illettré ; car je reconnais aisément chaque lettre, mais l’ensemble du mot m’est tout à fait étranger. J’épelle, mais je n’ai jamais cette perception instantanée qui me permet de reconnaître un mot comme on reconnaît un visage. Et si j’avais coutume d’examiner un visage par parties, le menton, le nez, les yeux, jamais je ne reconnaîtrais un visage. Au reste, si la règle de nos pensées était d’aller du détail à l’ensemble, nous ne penserions jamais rien, car tout détail se divise, et cela sans fin. L’esprit d’ensemble, c’est l’esprit. Ainsi, il se peut bien qu’épeler soit un très mauvais départ… »

La pièce, détachée de la bicyclette et de son contexte, hors de son emploi, abstraite, bien que tangible, peut-elle avoir du sens, vous dire quelque chose, vous parler ? Si, bien que cela ne vous apporte aucune satisfaction personnelle, par un immense effort de mémorisation, heureuse de faire plaisir à votre instructeur, vous parveniez, à peu près, à retenir la nomenclature, sauriez-vous rouler à bicyclette ? *

Le rôle des parents n’est pas d’enseigner les composants linguistiques de la langue écrite. D’ailleurs, ce n’est pas non plus en procédant de cette manière que les enseignants, professionnels de la lecture, peuvent enseigner efficacement la lecture à l’école. Le rôle des parents est simplement de donner le gout de la lecture, entre autres, en montrant comment ils s’y prennent pour lire. C’est aussi ce que devraient faire les enseignants en école maternelle, plutôt que s’occuper à « mettre en place les pré-requis ».Lire, à haute voix, pour l’enfant, des histoires qui font rêver, dans les albums et livres pour enfants de cet âge, lire pour soi, en silence, pour qu’elle voit, sans entendre, ce que c’est que lire, adulte, des livres, des romans, ainsi que les écrits usuels de la vie quotidienne.

Autrement dit, il s’agit d’accompagner l’enfant sur ce chemin, dans la réalité de l’écrit authentique, – non dans de l’écrit scolaire, simulé, fictif, exclusivement destiné à enseigner des unités de langue décomposées – comme on l’accompagne sur les trottoirs du quartier, pour apprendre la ville, en lui montrant, en faisant, en lui donnant la main, sans la soumettre à des impératifs, qui ne sont pas compréhensibles à son âge. Les unités de langue élémentaires, abstraites, ne peuvent être assimilées et retenues que par quelqu’un qui sait déjà lire et écrire. Car, elles ne sont pas des unités de lecture, contrairement à ce que disent les méthodes. L’enseignement de la lecture à l’unité est une énorme tromperie, un abus didactique sur mineur.

Ce n’est pas parce qu’on est à l’école, par devoir et par gratitude pour l’école, qu’il faut apprendre à lire. C’est dans le but d’apprendre à lire pour soi, en collectivité, que l’école existe et qu’on y va. Sans la nécessité sociale de s’instruire et de se former, point d’école. Comme la bicyclette, la lecture est une activité sociale, une pratique « de terrain », un mode d’échange, un média, un savoir-faire, non une connaissance scolaire abstraite. Imaginez-vous apprenant à rouler à bicyclette, à l’unité, roue après roue ! Ça roulerait ? Les premiers rapports entre l’enfant et la lecture ne peuvent qu’être ludiques, comme pour la bicyclette. D’ailleurs, il en est de même pour nous. Nous ne lisons pas un roman qui ne nous plait pas. Voyez le bouquin « Comme un roman » de Daniel Pennac.

On n’enseigne pas ce qu’on sait, on enseigne ce qu’on fait.

Ne lui enseignez plus la lettre, ni la syllabe, allumez le feu, soufflez sur la braise, transmettez l’esprit, lisez avec ! Mieux, lisez pour elle !

Bon courage et bonne lecture à deux, sans leçon.

Laurent CARLE

* « En segmentant les savoirs pour les rendre progressifs et accessibles, on risque de leur faire perdre toute attractivité : autant un problème complexe peut stimuler la curiosité et déclencher une recherche, autant l’acquisition, palier par palier, de « bases », dont on n’entrevoit aucune utilisation future peut décourager, voire dissuader durablement… Autant la joie de comprendre « comment ça marche »  peut réconcilier avec les savoirs, autant l’acharnement sur des procédures abstraites peut écarter pour longtemps tout espoir de trouver un plaisir intellectuel à l’école… »

Philippe Meirieu, Lettre aux grandes personnes sur les enfants d’aujourd’hui, Rue du monde, 2009

http://www.dailymotion.com/video/x6ir1d

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Dictée « Les 2 font la paire »

3 02 2010

Ce matin, atelier pédagogique en réseau pour les enseignants du cycle 3

Thème de travail…l’orthographe…

Je pensais introduire la matinée en leur proposant cette petite dictée..

« Monsieur Lamère a épousé Mademoiselle Lepère.
De ce mariage, est né un fils aux yeux pers*.

Monsieur est le père, Madame est la mère et bien sûr ces deux là font la paire.

Le père, quoique père, est resté Lamère, mais la mère, avant d’être Lamère était Lepère.

Le père est donc le père sans être Lepère, puisqu’il est Lamère et la mère est Lamère, bien que née Lepère.

Aucun des deux n’est maire. N’étant ni le maire ni la mère, le père ne commet donc pas d’impair en signant Lamère.

Le fils aux yeux pers de Lepère deviendra maire.

Il sera le maire Lamère, aux yeux pers, fils de Monsieur Lamère, son père, et de Mademoiselle Lepère, sa mère.

La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd. Aux obsèques, le père de la mère du maire, le grand-père Lepère, vient du bord de mer, et marche de pair avec le maire Lamère, son petit-fils.

Les amis du maire, venus pour la mère, cherchent les Lamère, ne trouvent que le maire et Lepère, père de la mère du maire, venu de la mer, et chacun s’y perd ! »

(*pers = de couleur indéfinissable)

Souhaitez-moi bonne chance!

😉




Parents partenaires

13 01 2010
  • Une jolie maison à visiter…Rencontre avec Anne Buisson
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Le site de l’association

Sur les bancs de l’école

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  • Je profite de cet article pour mettre également en avant une autre association qui œuvre pour le lien avec les familles. Il s’agit du Café des parents. De nombreuses rencontres et conférences y sont organisées. A noter dans vos agendas…la soirée du mardi 26 janvier pour mieux cerner les troubles d’apprentissage et le rôle de l’école. Pour en savoir davantage, n’hésitez pas à visiter leur site.






Poème des mois

4 01 2010

Pour commencer cette nouvelle année, voici un poème écrit par un drôle de papa. Un papa poète, un papa interprète, le papa de Carmen!
Je vous laisse savourer ce petit texte taquin, plein d’humour de trouvailles et de poésie…

POÈME DES MOIS

Janvier…ton sort

Février…tes yeux dans les miens

Mars…moi pas sur les pieds!

Avril…toi sous mon parapluie

Mai…pas ta main dans mon slip!

Juin…l’utile à l’agréable

Juillet…dit:

Août…toi de là que j’m’y metee!

Septembre…sur l’herbe

Octobr’iquet marche mal!

Novembre pas sous la peau de l’ours avant de l’avoir tué!

Décembre…à la cave

Jean MALIGNON

Je vous souhaite un mois de janvier 2010 à l’image de ce texte..

rieur, mutin,

joueur, calin

plein de petits bonheurs

et de très gais matins!

😉




Pour faire une crèche…

25 12 2009

POUR FAIRE UNE CRECHE…

Prenez un tas de feuilles sèches

Ajoutez quelques brins d’herbes coupées

Parsemez de copeaux de bois d’olivier…

Faites-y paître un ou deux moutons nouveau-nés

Placez à côté d’eux un petit  joueur de flûte

Installez le boeuf et l’âne au creux d’un rocher

Près d’une mangeoire, agenouillez Marie et Joseph

N’oubliez pas de convier quelques bergers

Et d’allumer une lueur pour faire briller l’étoile…

Attendez que la lune d’hiver illumine le ciel endormi

Là, voilà, tout est prêt…

 Il ne me reste qu’à vous souhaiter à tous

un très très joyeux Noël

😉 




Vive le vent!

19 12 2009

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Sur le long chemin
Tout blanc de neige blanche
Un vieux monsieur s’avance
Avec sa canne dans la main
Et tout là-haut le vent
Qui siffle dans les branches
Lui souffle la romance
Qu’il chantait petit enfant :

{Refrain:}


Vive le vent, vive le vent
Vive le vent d’hiver
Qui s’en va sifflant, soufflant
Dans les grands sapins verts…
Oh ! Vive le temps, vive le temps
Vive le temps d’hiver
Boule de neige et jour de l’an
Et bonne année grand-mère…
Joyeux, joyeux Noël
Aux mille bougies
Quand chantent vers le ciel
Les cloches de la nuit,
Oh ! Vive le vent, vive le vent
Vive le vent d’hiver
Qui rapporte aux vieux enfants
Leurs souvenirs d’hier…

Et le vieux monsieur
Descend vers le village,
C’est l’heure où tout est sage
Et l’ombre danse au coin du feu
Mais dans chaque maison
Il flotte un air de fête
Partout la table est prête
Et l’on entend la même chanson :

{au Refrain}

Boule de neige et jour de l’an
Et bonne année grand-mère !
Vive le vent d’hiver !


D’autres chants et comptines de Noël?

Allez, cadeau! Écoutez le souffle du vent et les grelots animés

sur le site de Lire et RéCréer

A l’année prochaine

😉