A comme Autonomie

2 04 2008

Développer l’autonomie en classe…

Un travail sur la méthodologie au service des capacités de l’élève.

Un investissement essentiel du maître qui ne doit ni s’effacer, ni s’imposer.

Une présence de l’adulte incontournable sans être toute puissante.

Une réflexion globale et transversale axée sur:

1/ les consignes, pour que l’élève lise et comprenne ce qu’on attend de lui.

2/ les objectifs par paliers, pour que l’élève réalise les différentes étapes d’un apprentissage.

3/ les ressources et les outils à la disposition de l’ élève, pour qu’il s’y réfère librement.

4/ la démarche par tâtonnement, pour que l’élève intègre la prise de risque dans sa recherche.

5/ l’auto évaluation, pour que l’élève soit capable de se rendre compte de l’efficacité de sa méthode.

6/ l’échange et l’esprit de groupe, pour que l’élève repère son propre rôle et les compétences de chacun.

7/ la prise de parole et l’écoute réciproque, pour que l’élève prenne conscience de l’importance de la juste formulation.

8/ le travail personnel et le contrat individuel, pour que l’élève soit capable, momentanément, de travailler sans référent adulte.

Une méthodologie au service du savoir faire et du savoir apprendre.

Des capacités au service des savoirs dans les différents contenus disciplinaires (les fameux fondamentaux essentiels).

Des savoirs au service de l’émancipation de l’individu.

Ce qui ne m’empêche pas d’aimer et de respecter la tradition.

Ce qui ne m’empêche pas de lire et d’étudier avec mes élèves les « beaux textes« .

Ce qui ne m’empêche pas de rester fermement ferme sur l’orthographe.

Ce qui ne m’empêche pas d’étudier l’Histoire de France.

Ce qui ne nous empêche pas de remonter jusqu’au latin et au grec.

Ce qui ne nous empêche pas de prendre au sérieux le passé antérieur et le futur proche.

Pourquoi cette guerre incessante et sans issue entre soi-disant anciens et soi-disant novateurs? N’est-ce pas dans le mouvement spiral que nous dépasserons ces clivages nauséabonds?

Les premières victimes, vous les connaissez, ce sont nos élèves, nos enfants.

REUSSITE SCOLAIRE ASSUREE?

Non.

Le SAV ( Service Après Vente) de l’enseignement et de l’éducation n’existe pas. Pas encore.




Education nationale

29 03 2008

Un peu d’auto-dérision ne fait de mal à personne…L’humour au service des choses sérieuses. Allez, il pleut dehors, on chasse la déprime comme on peut! Bonne fin de semaine à tous!

Merci d'activer Javascript et Flash pour voir cette vidéo Flash.

Et maintenant, de vous à moi, en passant par l'école...

N'y a-t-il pas ici comme un fond de vérité qui se profile?

N'y a-t-il pas, au delà de la provocation décalée, comme un petit air de lucidité?

Dites-moi collègues d'ici et d'ailleurs, nous qui aimons notre métier comme peu de professionnels aiment le leur, nous qui nous battons car estimons que ce métier contient en lui des enjeux humains et philosophiques, nous qui chaque jour prenons en charge "l'éducation des hommes", nous qui ne comptons ni notre temps, ni notre argent, nous qui ...

Dites-moi donc, chers collègues, ne pensez-vous pas qu'il est grand temps d'avancer, de dépoussiérer un système largement sclérosé? Un système qui nous bouffe et nous étouffe de l'intérieur? Un système auto alimenté par des "forces obscures" qui usent de leur toute puissance pour bâillonner la masse silencieuse et laborieuse?

Je crois en l'extrême dévouement des enseignants. J'en suis. Je crois en leur sens unique du travail bien fait. Je l'éprouve quotidiennement.

Mais je connais aussi leur désarroi et leur souffrance quand les conversations de salon, manipulées par la presse, les politiques et les syndicats réunis, pointent d'un doigt accusateur la lourde machine "pachydermique" qu'est l'éducation nationale.

Mais la machine, c’est pas nous! La machine c’est le système! Ne confondons pas la structure et les hommes! Ne nous trompons pas de combat...

Moi, je remplacerai bien quelques rouages de cette macro-structure.

Moi, je casserai bien le mécanisme de certains machinistes.

Moi, je ferai bien sauter quelques portes blindées.

Moi, j'irai bien, caméra cachée au poing, filmer de l'intérieur les acteurs et les co-réalisateurs de cette tragi-comédie qui nous fige dans un scénario sans fin. 

Et vous?

Exprimez-vous...ici, maintenant. Les commentaires sont ouverts!

Ostiane, ni journaliste, ni politique, ni experte, ni de gauche, ni de droite, juste instit.




Les nouveaux programmes. Réactions à chaud.

27 03 2008

RAPPEL en PDF:  nouveaux programmes

1/ EN RESUME sur le site France 5 Education:

 Plus d’heures de français, de mathématiques, de sport et d’instruction civique mais aussi de la morale, tout cela en vingt-quatre heures de cours sur quatre jours… La réforme de l’école primaire présentée par le ministre de l’Education nationale se veut recentrée « sur les fondamentaux », via les acquis traditionnels : opérations, orthographe, grammaire et conjugaison. Dernière étape d’une réforme engagée en septembre 2007 avec la suppression des cours le samedi matin, Xavier Darcos a précisé, mercredi 20 janvier 2008, devant la presse, le contenu des programmes de l’école primaire. La philosophie du projet, qui fleure bon la tradition, avait été dessiné par Nicolas Sarkozy quelques jours auparavant, lors d’un déplacement à Périgueux.

« Plus courts, plus clairs et plus ambitieux », comme l’affirme leur préambule, ces programmes, qui tiendraient dans leur état actuel sur environ 36 pages du Bulletin officiel de l’Education nationale, contre 104 actuellement, sont marqués par le retour au bon vieux appris par cœur et sont resserrés sur « les fondamentaux » que sont la lecture, l’écriture et le calcul.

A l’origine de cette réforme, un rapport du Haut Conseil à l’éducation, en septembre 2007, faisait état de 15 % d’élèves en fin de CM2 avec de grandes lacunes dans ces disciplines. Au motif que « tout se joue à l’école primaire », il est décidé de faire porter l’effort sur cette partie de la scolarité et de « diviser par 3 en cinq ans le nombre d’élèves sortant du primaire avec de graves difficultés » et « par 2 le nombre de redoublants ».

Pour se faire, la semaine scolaire passera de vingt-six à vingt-quatre heures en moyenne – le samedi étant « rendu aux familles ». Les deux heures gagnées seront, elles, réinvesties sous forme d’aide personnalisée aux élèves en difficulté ou de travail en petits groupes.

En français, les grands classiques de l’apprentissage – récitation et rédaction – sont réhabilités. L’accent est mis sur la grammaire et la connaissance de l’ensemble des temps de l’indicatif, y compris le futur antérieur ou le plus-que-parfait.

De même, en mathématiques, la pratique du calcul mental fait son grand retour et on insiste sur la maîtrise parfaite des quatre opérations ou bien encore sur la connaissance de la règle de trois avant l’entrée au collège.

Enfin en matière d’histoire, l’enseignement devrait être fondé sur la connaissance des grandes dates et des grands personnages qui jalonnent l’histoire de France, grâce à « des repères chronologiques ».

Dans les nouveautés, l’éducation civique est remplacée par des cours d’instruction civique et de morale fondés sur des grands principes ou maximes juridiques, comme « La liberté de l’un s’arrête où commence celle d’autrui ». Un retour des leçons de moral et de politesse qui devra se matérialiser à la fin du CE1 pour l’élève, par la reconnaissance des symboles de la République française, se lever au son de la Marseillaise ou bien encore l’usage du « vouvoiement avec leur enseignant ».

Libres de choisir leurs méthodes dans l’application de ces nouveaux programmes, les enseignants seront en revanche désormais évalués tous les deux ans, par un nombre d’inspecteurs augmenté à la rentrée 2009, et la priorité sera donnée aux résultats. Les performances de chaque école seront ensuite communiquées aux familles, selon des modalités qui seront définies « au cours des prochaines semaines », selon le ministre de l’Education nationale.

Présentée comme une « révolution culturelle de l’essentiel » par Xavier Darcos, la réforme de l’école primaire est jugée comme « un retour aux vieilles recettes », par Ségolène Royal, favorable à une « école qui innove ». Un terme également utilisé par les syndicats enseignants qui ironisent sur le retour de l’école « bonnet d’âne » des années 50 et demandent, pour certains, à l’ancien professeur de français de revoir sa copie.

2/ Ci-après, une réaction recueillie sur le site de  l’ICEM  

(Institut Coopératifde l’Ecole Moderne)

Un point de vue. Celui de Catherine Chabrun.

24 heures chrono !

Dans notre système éducatif à modèle descendant où Polytechnique détermine le lycée qui lui-même détermine le collège le tout en cascade jusqu’en maternelle, il était logique de faire peser sur les épaules du primaire la responsabilité de l’échec scolaire.

Dans sa « révolution culturelle »de 36 pages, Xavier Darcos présente des programmes « recentrés sur l’essentiel », du socle commun on ne garde que les piliers chers à l’Europe, on rejette la complexité, la transversalité qui les articulaient pour privilégier l’empilement de couches simples de fondamentaux.

Que ce soit en français ou en mathématiques on augmente ainsi le nombre de savoirs opératoires, mécaniques et on retire tout ce qui était ambitieux dans les programmes de 2002.   

Surtout pas de temps à perdre, car tout doit tenir en 24 heures !

Entre les dix heures de français, les cinq heures de mathématiques, les quatre heures de sport et l’heure et demie de langue vivante, que restera-t-il  à la « culture humaniste » ?  Aux sciences ? A l’éducation artistique ?

Avec des horaires spécifiques et cloisonnés, une programmation annuelle qui dénie les cycles, ce seront 24 heures compartimentées, morcelées en disciplines et sous disciplines, le tout en conformité avec des manuels dont « l’appui »  est fortement conseillé. Un manuel de vocabulaire, un autre de grammaire …un manuel de calcul un autre de géométrie. Plein de petites leçons illustrées qu’il faudra bien apprendre à la maison ou avec les associations d’aide aux devoirs  !

Une triste certitude : le fossé culturel se creusera davantage pour tous les enfants qui n’ont que l’école pour y accéder. L’accompagnement éducatif sera-t-il chargé de compenser le déficit ? Quant aux enfants qui resteront deux heures de plus à l’école, feront-ils le plein de « fondamentaux » pendant que les autres profiteront de l’offre familiale ou associative d’activités culturelles ?   

Questionner, rechercher, tâtonner, comprendre, réinvestir, confronter ce n’est plus l’air du temps !

Ce sont des pratiques dangereuses, des restes de l’Héritage de 68 qu’il faut définitivement enterrer  ! Comme nous le confirme notre Ministre « L’école primaire doit rester garante de l’idéal républicain : permettre à chaque enfant de devenir, par l’instruction, un citoyen libre et éclairé » 

L’instruction voilà le mot qu’il fallait dire !Si l’éducation rimait avec construction, compréhension, émancipation,  l’instruction elle, rime avec mémorisation, récitation, rédaction. Ce choix de  terminologie à l’ancienne est cohérent avec la teneur rétro des programmes  en relevant particulièrement ceux d’histoire et de géographie qui se cantonnent au territoire national. 

Et naturellement  l’éducation civique se métamorphose en instruction civique et morale.

Dès le CP, on vise en premier l’obéissance, les réflexes du bon écolier : se lever quand un adulte entre dans la classe ou quand il entend la Marseillaise, les formules de politesse, le vouvoiement et les « maximes illustrées » de morale. « Coopérer à la vie de la classe », se réduit à effectuer les services de distribution et de rangement, on est loin de la coopération et de la vie de classe !

Au Cycle 3, sur le registre de la transmission, de l’injonction parfois seront étudiés aussi bien la règle de droit, que les différentes règles de politesse, de sécurité, les préventions des risques, les dangers,  les refus de discrimination, que l’étude des institutions françaises et européennes. Quelques bons manuels devraient suffire !

On ne construit pas, on ne pratique pas, on ne participe pas, on décrit, on apprend, on récite pour avoir de bonnes notes.

C’est ça la réussite scolaire  ?

Catherine Chabrun

22 février 2008

Retrouvez sur ( le site ) aux côtés de celui-ci, d’autres textes d’analyse.

 

3/ Et maintenant…ma petite touche « bleu primaire » à découvrir sur le site  (d’Infobourg France).

Sans oublier de (re)lire l’article du 15 mars sur le sujet: (« hier un niveau scolaire plus élevé? »).

 

ET VOUS?

VOS COMMENTAIRES?

VOS POINTS DE VUE?

VOS REACTIONS?




Lexique scolaire pour parents désorientés. Lettre A.

20 03 2008

Une « chronique spéciale bleu primaire »  pour parents désorientés… La première d’une longue série

Je parle, tu parles…nous parlons, vous…tout le monde connaît! Mais parlons-nous vraiment le même langage? Il faut le reconnaître, la terminologie utilisée par les enseignants peut parfois ressembler davantage à un jargon taillé de toute pièce. C’est pourquoi, il me paraît essentiel et naturel de mettre à la disposition des parents ce lexique un peu particulier.

Car, vous l’imaginez bien, il ne s’agit pas pour nous de brouiller les pistes avec des mots d’usage barbare mais bien d’utiliser un ensemble spécifique de concepts relatifs à l’école car en relation étroite avec les A-pprentissages qui s’y déroulent. Tiens, et si on commençait par la lettre A?

Acomme Alors là brAvo! C’est très bien! Excellent!

A comme Activités différenciés ou pédagogie différenciée) : méthode pédagogique qui part du constat que dans une classe, un professeur doit enseigner à des élèves ayant des capacités et des modes d’apprentissages très différents. Elle tente de donner une réponse à cette hétérogénéité ) des classes par des pratiques adaptant à chaque élève les programmes d’études, l’enseignement et le milieu scolaire. Bien souvent, l’enseignant ne va plus être le centre de la classe mais va mettre l’enfant ou l’activité comme intérêt central. De plus, ces pédagogies ont souvent pour but le développement personnel de l’enfant.

A comme Apprentissage: mise en place de nouveaux savoirs ) ou  savoir-faire  structurée par un processus d’acquisition de connaissances), ( compétences) , attitudes ) ou ( valeurs) , grâce à l’étude, l’( expérience ) et l’( enseignement). Pour parvenir à l’acquisition des savoirs de ses élèves, l’enseignant, tel un technicien des apprentissages, utilise un large éventail de méthodes pédagogiques. Enseigner ne se résume pas à transmettre. Pour que l’enseignement se révèle un geste éducatif, il faut qu’il ouvre l’esprit de l’élève, qu’il forge son intelligence, pour que peu à peu, l’enfant construise ses savoirs, en fonction de ce qu’il apprend à l’école et de ce qu’il découvre de l’individu qu’il est lui-même. Ici, plus qu’ailleurs, l’institution et les familles sont liées par un véritable pacte d’éducation.

A comme Attention: ensemble des processus psychologiques permettant à l’élève de se préparer à effectuer une action à entreprendre, sélectionner des informations particulières et de les traiter de manière approfondie. Les liens entre l’attention et la mémoire sont nombreux et complexes. Ainsi, un objet sur lequel on porte notre attention sera mieux mémorisé. On estime généralement que les processus attentionnels interviennent entre la mémoire sensorielle et la mémoire à court terme.

Acomme A revoir…ou A Apprendre: expression typiquement scolaire visant l’élève et le famille pour notifier un manque de travail ou une méthodologie défaillante quant à l’apprentissage des leçons à la maison.

Et voilà, la lettre B c’est pour Bientôt!

En attendant, n’hésitez pas à consulter mon « Dico d’Educ » sur la barre transversale. Mieux comprendre permet de mieux accompagner vos enfants, nos élèves. École et parents partenaires. Complémentaires.




Hier, un niveau scolaire plus élevé?

15 03 2008

            Certes. Certains seraient tentés, en toute honnêteté, de l’affirmer. Mais de quel HIER parlons-nous?

Dressons donc ensemble le portrait de cet élève modèle « d’hier », celui qui nous fait tant rêver, qui traverse les âges, dont on ne cesse de vanter les mérites, génération après génération…L’élève d’HIER…

Ah….de mon temps…Je crois entendre parler l’ancêtre Charlemagne, et tous les autres derrière lui, dans un long cortège de litanies psalmodiantes.

En ce temps, là, donc, vivait un jeune enfant…. « élève obéissant, incollable en histoire et géographie (les leçons se limitant à l’étude de la Gaule, au mieux, de la France métropolitaine et d’outre mer) ; irréprochable en calligraphie (de nombreuses heures étant réservées à la seule copie) ; excellent en calculs mathématiques (les quatre opérations étant l’unique champ d’investigation) ; éloquent à l’oral comme à l’écrit (une seule langue, une seule littérature, comme référents linguistiques et humanistes) quant à la culture générale, elle se bornait à la culture commune, c’est-à-dire à une culture franco-française. Il ne s’agit pas de faire un inventaire simplificateur et réducteur des connaissances délivrées par le passé. Il s’agit juste de procéder à un constat objectif. Car si nous voulons comparer le niveau scolaire « d’hier » à celui d’aujourd’hui, n’omettons pas, dans notre analyse, d’y insérer la vision particulière du monde, à un moment particulier de notre histoire, et de définir le fameux « HIER » dont on parle. (Unité de lieu, de temps, de personnage, cela vous rappelle quelque chose?)

Depuis Ferry, en passant parla quatrième et cinquième République, le temps s’est écoulé, l’eau est passée sous les ponts, et les repères ont évolué. Le niveau n’est plus le même car le lit de la rivière non seulement s’est élargi, mais il s’est déplacé. Métaphore, j’en conviens, mais qui traduit bien l’essentiel de ce propos.  Il faut le rappeler, l’exigence d’HIER ne connaissait ni la mondialisation, ni la massification, ni la pluri culturalité. Elle pouvait donc se prévaloir d’une orthographe irréprochable et d’une grammaire compréhensible. Chaque élève parlait français puisque tous les élèves étaient français. Il n’est pas ici question de reporter la faute sur quiconque, mais juste de prendre conscience d’une réalité que certains semblent oublier ou ignorer.  Le niveau pouvait être plus élevé puisqu’il ne prenait en compte ni les élèves étrangers (il y en avait très peu), ni les enfants « différents » qu’on laissait naturellement en marge, silencieux, résignés, inexistants au regard de la société ; tous ces élèves peuvent au XXIème, dans notre, votre et leur école, exprimer leur existence et leur droit à l’éducation, quelles que soient leurs handicaps.  

J’ose le proclamer, nos élèves d’aujourd’hui sont plus ouverts au monde que ceux d’hier. Les connaissances* globales offertes par des moyens de communications puissants, divers et variés, ainsi que la démocratisation de l’école l’ont emporté sur le savoir unique et bilatéral du livre et du cahier d’école, auparavant, seuls référents. L’instituteur d’alors, dans une relation verticale et unilatérale avec l’élève, lui apprenait à lire, à compter et livrait sa bonne parole au travers de la «leçon de choses». Les compétences* du jeune enfant n’intervenaient que très peu, et ne lui permettaient en rien de s’autonomiser, c’est à dire de prendre son intelligence en main ; bon exécuteur et parfait répétiteur, voilà le contrat que le maître passait avec son élève. D’une part, le champ d’investigation ne concernait qu’un ensemble de connaissances nettement plus limitées, d’autre part, les aptitudes n’intervenaient en rien dans les évaluations finales ; par voie de conséquences, ces dernières obtenaient fatalement de meilleurs résultats. Et si nous faisions passer le brevet des collèges ou baccalauréat aux générations passées, certes l’orthographe obtiendrait de bien meilleurs résultats, mais et le reste ? ? La culture d’une nation se borne-t-elle à l’orthographe, si incontournable soit-elle ?

L’école de ma rue, de mon quartier, de ma ville, ressemble désormais à un vaste champ culturel, à une peinture du monde, colorée et vivante, à une fenêtre ouverte sur un horizon aux multiples couchers de soleil. Envolée lyrique s’écrieront certains, nouvel enjeu philosophique penseront d’autres. Pour ma part, pour celle de nombreux enseignants, il est question ici de notre réalité quotidienne. Une  multiplicité de visages qui fait notre bonheur et notre malheur tout à la fois. Joies partagées autour de la diversité, difficultés véhiculées par cette même diversité. En ce qui me concerne, je ne vois pas ici un problème majeur insoluble, mais bien l’émergence d’une problématique nouvelle à laquelle il faudra nécessairement réfléchir, sans tabou, sans idéologie, sans nostalgie mais avec prudence, exigence et bienveillance. L’école ne doit ni se résigner à un insupportable nivellement par le bas, ni succomber au réflexes réactionnaires qui conduisent à l’exclusion et au communautarisme.

 C’est pourquoi il faut inévitablement analyseret réévaluer conjointement multiplicité et qualité des enseignements dispensés pour que l’école reste, non seulement un lieu d’ouverture sociale et humaine, mais également un lieu d’apprentissages des connaissances et des savoirs disciplinaires. Un lieu qui dispense, avec une vision pluri dimensionnelle, les éléments précis et définis préalablement. Un lieu qui évalue pour chacun selon une grille commune, les différents acquis. Un lieu de vie, de partage et de progrès. Un lieu où familles et enseignants avancent conjointement. 

Un niveau scolaire plus élevé hier qu’aujourd’hui ? Une meilleure réussite, ici que là-bas ? Un avenir plus ceci ? Des professeurs moins cela ? Le  voilà, notre mal, le mal de la hantise de l’assiette du voisin. La seule réussite, si tenté qu’on puisse la définir, ne suffit déjà plus à dissiper nos peurs phobiques du « moins bien qu’hier », et du « mieux que demain ». Savoir que peut-être le pré d’à est plus vert que le nôtre, que peut-être la fille de telle amie a obtenu un dixième de plus que la nôtre a sa moyenne générale du mois de mars, que peut-être la maîtresse de CP1 donne 15 minutes de plus de travail à la maison que celle du CP2, que peut-être l’avenir  de notre nation se joue dans une cour de récréation, que peut-être, oui, peut être…

Alors, pour affronter l’insupportable incertitude, on dramatise.Pour exorciser l’insurmontable lendemain, on s’agite en tous sens, on dresse, chaque printemps le palmarès des vraies meilleures écoles et des fausses vraies bonnes méthodes. Pourcentages, rubrique par rubrique, tableaux à multiples entrées, courbes de gausse factorisées par années, par siècles, par quartiers, par pays, par continents. Oui le voilà notre mal. L’orgueil, l’envie, l’insatisfaction, le doute permanent. En un mot, l’ego. Un ego sur-dimensionné sans cesse à revaloriser, sans cesse à réévaluer. Alors, on se perd en calculs appliqués, en taux, en algorithmes. Et bien évidemment, à ce petit jeu, on s’aperçoit avec jalousie qu’il y a toujours mieux et on s’indigne avec frénésie, qu’il y a encore pire.

Et si nous apprenions à vivre, ici, là, maintenant. Ici, dans ma classe, là avec mon enfant, maintenant avec mes élèves. Et si nous apprenions à vivre au présent de l’indicatif. Car à ce petit jeu du « mieux hier qu’aujourd’hui », le passé antérieur et le conditionnel présent finiront par engloutir le présent d’incarnation, temps de notre présence, temps de notre respiration, temps de leur existence, temps à vivre avec eux, nos élèves, avec eux, nos enfants. Temps de la connivence et du partage. Le premier temps simple, le présent de l’indicatif .

Ostiane, ni journaliste, ni experte, ni politique, ni de droite, ni de gauche, juste instit’




Le QUIZ de mars…

14 03 2008

BLOG BLEU PRIMAIRE, c’était mon idée.

BLOG BLEU PRIMAIRE, c’est aujourd’hui votre affaire!

Vous y venez, vous y lisez, vous y écrivez: MERCI

Vous y riez, vous y discutaillez, vous y parlementez: MERCI

Vous l’avez découvert par hasard, on vous en a parlé, à votre tour vous « faites passer »: MERCI

Je suis arrivée sur le webpédagogique, un beau matin, il y a un mois et demi.

Jamais vu un blog de ma vie. Jamais appris la chose internet…Inconnu. Danger. Méfiance.

Et puis voilà, tout est allé très vite, grâce au net, grâce à vous.

Hier, BLOG BLEU PRIMAIRE, un blog à construire.

Aujourd’hui BLOG BLEU PRIMAIRE, une communauté à élargir. 

5 milliers de petits hommes bleus…

Allez, la barre des 5000 vaut bien un quiz…

Juste au-dessus, là, sur la barre transversale…

Quatre Petites Questions Cornéliennes…

A vos clics, à vos plumes…

MERCI




La semaine de la presse à l’école

13 03 2008

Un sujet lancé sur le forum du webpédagogique:

« En 2007, la 18e édition de la semaine de la presse a réuni 4 334 488 élèves de la maternelle à l’université et 392 579 enseignants issus de 13 040 établissements.Le thème proposé cette année aux enseignants et aux élèves est « Une info, des médias ». C’est l’occasion pour aider les élèves à comprendre le système des médias, à former leur jugement critique, à développer leur goût pour l’actualité et à forger leur identité de citoyen.


Vous pouvez voir le site
http://www.clemi.org ) pour avoir plus d’informations.

Certains de nos quelques blogueurs ont déjà traité cet événement dans leurs blogs !
Découvrez ce qu’est une bonne couverture de magazine avec Florence Travers ici :
(
http://lewebpedagogique.com/cdiardilliers/2008/03/05/quest-ce-quune-bonne-couverture-de-magazine/)


ou bien ce qu’a prévu de faire le CDI de Saint Michel des Batignolles à cette adresse :
(
http://lewebpedagogique.com/cdismdb/2008/01/14/semaine-de-la-presse/)

Et vous, qu’allez-vous faire dans votre établissement ?« 

avatar Ma petite bafouille

Bon, je vais être un peu directe et très provocatrice…la semaine de la presse, la semaine de la poste, la semaine du goût, la semaine du recyclage, la semaine des métiers, la semaine du poil à gratter et des coccinelles. Tout cela est bien joli, mais dans la vie, je veux dire la vraie vie…les choses fonctionnent-elles ainsi? Imagine-t-on la semaine de la douche, la semaine du bonjour/merci, la semaine du sport et bientôt la semaine de l’école! Y’en a qui vont être contents!


Non, plus sérieusement, l’école a évidemment besoin de ces ouvertures sur le monde et sur toutes ces réalités externes à l’institution scolaire. Mais pour que ces ouvertures aboutissent à un semblant de réels apprentissages, elles nécessitent bien davantage qu’un simple slogan hebdomadaire. Seul un véritable travail de cycle et de projet peut accompagner l’enfant-élève à la prise en compte de toutes ces données sociétales. Et le temps… N’oublions pas l’incontournable inscription dans la durée, l’expérimentation, la latence, la maturation que réclame tout apprentissage.

Empiler des semaines thématiques comme on enfile des perles à un collier, le visuel peut s’avérer agréable certes, mais l’essentiel ne réside-t-il pas à savoir assortir la parure au reste du vêtement et plus encore, le vêtement à la situation concrète?

Néanmoins, pour être juste, il faut savoir accueillir sans le fustiger, ce qu’il y a de positif dans ces démarches: l’information diffusée auprès des professionnels de l’école, le partage des connaissances et les pistes pédagogiques qui s’y rattachent sont autant d’outils fort appréciables pour des enseignants qui ne peuvent tout savoir sur tout mais à qui on demande de tout enseigner….

Il faut donc le reconnaître, ces semaines thématiques offrent, à l’adulte avant tout, une visibilité sur certains domaines ou secteurs particuliers dont il ignore tout ou presque. A lui, à nous, adultes-enseignants, par la suite, en fonction de notre classe, de nos projets et de nos priorités, de les mettre à portée de nos élèves; ce qui passe nécessairement par un véritable travail d’exploitation de ces données avec l’objectif in fine, non pas d’évaluer en la matière, le niveau de connaissances des élèves, mais bien de permettre à ces élèves-citoyens de mieux discerner, mieux se distancer, mieux appréhender un monde dans lequel ils doivent apprendre à évoluer en toute autonomie, en toute liberté…et cela demande bien plus qu’une semaine, c’est à dire 4 jours!

Si l’enseignant se contente, si je me contente d’un affichage-bricolage sur le sujet à traiter en imaginant une seule seconde que le sujet est traité…c’est ici que j’émets des réserves quant au bien-fondé de ces apprentissages « clés en main. »

Apprendre à l’élève à comprendre, assimiler, réutiliser, transférer ces enseignements en dehors de la classe de manière à ce qu’il s’en empare à juste titre et dans un cadre adéquate, tel est l’enjeu…telle est la mission éducative de l’école hors de l’enceinte sanctuarisée de ses murs. Le savoir se partage. Sans ce partage il est voué à l’idéologie. Mais je sors du sujet…déformation passionnelle et professionnelle!

Pour synthétiser, je dirai:

Oui à la complémentarité des acteurs entre l’école et la société dans son ensemble.

Oui pour un partage des savoirs et savoirs-faire au niveau des adultes.

Oui à l’introduction à l’école de ces données sociétales.

Oui pour un travail de projet par cycle* dans l’enceinte des établissements.

Non à la compilation névrotique de ces semaines thématiques.

Non au QCM systématique « vu, pas vu » ou bien « acquis, non acquis » pour ce qui relève de ces apprentissages.

Enfin, pour terminer cette analyse, une suggestion toute personnelle:

Pourquoi ne pas introduire, au sein même de la formation initiale des maîtres, un cursus particulier relatif à ces thématiques et qui, de fait, introduirait inévitablement le concept de PEDAGOGIE DE PROJET et la mise en route effective de la réforme des cycles, laquelle, il faut l’avouer ne reste encore, à ce jour, qu’une belle idée sur une nième circulaire.

Un peu de pratique, alliée à beaucoup de théorie, elle-même fondée sur l’acte pédagogique, soulagerait et éclairerait bien des enseignants au sortir de l’IUFM.

Et vous, qu’en pensez-vous?




Nouveaux programmes…

12 03 2008
PETITE REVUE DE PRESSE PERSO LUE DANS INFOBOURG FRANCE6 mars 2008
Consultation du grand public sur les nouveaux programmes de l’école primaire
Communiqué de presse du ministère de l’Éducation nationale
À compter du mercredi 5 mars 2008, sur le site www.education.gouv.fr, le ministère de l’Éducation nationale invite le grand public à s’exprimer jusqu’à la fin du mois de mars sur le projet de nouveaux programmes de l’école primaire.
Plus courts et rédigés de façon à être compris par tous, ces nouveaux programmes, qui respectent la liberté pédagogique de l’enseignant, indiquent les connaissances et compétences que doit acquérir chaque élève à chacune des étapes de sa scolarité. La réorganisation du temps scolaire et la réécriture des programmes sont les grands axes de la réforme de l’école primaire présentée par Xavier Darcos le 20 février dernier.Source : communiqué de presse du ministère de l’Éducation nationale
 
PETITE REPONSE PERSO
9 mars 2008
ostiane mathon, PARIS

De nouveaux programmes…
S’il s’agit de resserrer les mots pour élargir l’esprit. OUI.
S’il s’agit de recentrer les connaissances pour libérer les apprentissages. OUI.
S’il s’agit de concentrer les efforts pour partager le savoir. OUI.
S’il s’agit de flatter l’opinion. NON.

L’école est certes l’affaire de tous, mais tout le monde n’est pas professionnel de l’enseignement.
Qu’on demande l’avis au grand public, soit. Une meilleure coopération des familles et des enseignants semble aujourd’hui nécessaire et incontournable. Mais, après la commission des grands experts et le débat grand public, pourrait-on aussi, un jour, demander l’opinion du maître de terrain? Je ne parle pas des représentants syndicaux, non, des enseignants tout court!
Ostiane Mathon
ET VOUS? Qu’en pensez-vous? La question posée de manière si ouverte ne vous paraît-elle pas suspecte? Les fondamentaux…tout le monde est d’accord…Mais comment les acquérir et avec quels objectifs?Tous les parents souhaitent la réussite de leurs enfants. Tous les enseignants souhaitent la réussite de leurs élèves. Mais soyons honnêtes, que recherchons-nous avant tout? L’accomplissement de nos propres réussites éducatives et pédagogiques, ou bien la pleine réalisation de nos élèves-enfants? A cette dernière question, la réponse n’est pas évidente. Je suis mère, je suis enseignante, et entre mes convictions profondes et mes attitudes sociales, je l’avoue, il m’arrive souvent d’affronter mes propres contradictions. La chose n’est pas aussi simple qu’on voudrait nous ou vous le faire croire…(Rien n’est simple en Éducation)L’avenir de l’école ne tient pas dans la seule question des fondamentaux. (Sujet à aborder, il est vrai)  Le devenir de nos enfants ne se jouent pas dans l’arène d’un forum. Ils méritent mieux qu’un vrai faux débat (Car pré-entériné.) Les parents méritent plus qu’un miroir aux alouettes.(Demain, tout ira bien!)

Les enseignants méritent davantage que le mépris, ou peur être plus modérée, disons, la toute puissance des gouvernants (gauche/droite confondues…)

ALORS, QU’EN PENSEZ-VOUS?




Conférence du Café

9 03 2008

BLOG BLEU PRIMAIRE, la nouvelle plate-forme interactive de la communauté éducative. Enseignants, parents, penseurs de la pédagogie et de l’éducation, pour vous ce matin, dans ma « boîte à textes » une jolie proposition de conférence du CAFE DES PARENTS. Trois mots clés pour une problématique qui touche tout adulte responsable d’enfant ou d’élève. Relation/Confiance/Contrainte. Je vous laisse en découvrir la teneur.

« Bonjour,

           « Être parent en 2008 : entre relation de confiance et contrainte » Le contexte, internet, portable… qui entoure nos enfants rend encore plus complexe le rôle des parents. Entre plaisir et contrainte, pas si facile de trouver la posture qui permette à nos enfants de s’épanouir et aux parents de continuer leur vie d’adultes. Lors de ce groupe, les parents pourront échanger leur expérience et réfléchir ensemble pour essayer de trouver l’attitude qui leur permettrait de continuer à assumer leur rôle tout en partageant de bons moments avec leurs enfants. De 19h à 21h les mardis 11 mars, 8 avril, 6 mai, 3 juin et 24 juin 2008

– L’inscription à l’ensemble du cycle est nécessaire.

Si vous souhaitez obtenir de plus amples informations sur ce cycle de rencontres (dates, modalités, tarifs), vous pouvez contacter :

Le CAFÉ de l’École des Parents : 01 43 67 54 00

ou (<mailto:[email protected]>)

A bientôt »

N’hésitez pas à cliquer dans ma blogoliste sur « le café de l’école des parents », vous y trouverez de nombreux et précieux renseignements.

Les parents, premiers partenaires de l’école, premiers concernés par l’éducation, mais pas toujours les premiers informés!

Grâce au « Café », une bonne manière d’y remédier!

Merci pour leur travail d’équipe, leur sens de l’entraide, et leur priorité à l’échange et à la prise de parole.

*************************************************




L’école et la Shoah (Ter)

28 02 2008

La Shoah, oui, les enseignants ont à coeur, et depuis bien longtemps, d’en transmettre la mémoire. Certains n’ont pas dû s’en apercevoir, alors hip hup barbatruc, ils nous pondent une nouvelle circulaire. Eh oui, c’est ainsi, les enseignants s’évertuent dans le silence de leur classe, et les classes politiques, elles, reprennent et transforment à leur manière l’action éducative en textes officiels. C’est sûr, cela fait joli dans un press-book ministériel ! « Vous voyez, là, la circulaire n° 3 554 799 876 930 087 665, c’est Môa »

L’exemple en est ici flagrant: (mes petites incursions)

Extrait d’un article du Monde du 27 février:

Le ministre de l’éducation, Xavier Darcos (Mr Môa ci-dessus cité), a souligné pour sa part que les membres de la mission (y a-t-on invité des instits’?) s’étaient efforcés d’harmoniser leurs analyses et d’appréhender l’ensemble des difficultés pour prévenir tout « refus de ce travail nécessaire » (pardon?) par les professeurs. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’appliquer « un formatage unique » (oh la bonne idée) à toutes les classes mais de proposer « des démarches diverses adaptées aux circonstances » (quel pédagogue inspiré!) et de « respecter la liberté pédagogique » (démagogie bonjour!) des enseignants. Pour le ministre, ces travaux permettront de faire en sorte que « la bonne idée du président de la République soit transformée en démarche pédagogique ». (Non mais je rêve!)

Mais laissons la polémique aux polémiqueux et revenons à notre propos. Et surtout, revenons en classe…Vous savez, là où il y a tout plein de petits élèves teigneux et d’enseignants grincheux…(Mais non, je blogue, enfin je blague quoi…)

Voici donc, plus sérieusement, quelques pistes et quelques liens (où cliquer) qui peuvent donner des idées aux enseignants nouvellement nommés en CM2. (La fiche de voeux…c’est en ce moment!)

1/La littérature offre de merveilleux témoignages :

a/ (Primo Lévy) bien sûr.

b/ (Le journal d’Anne Franck) évidemment.

2/La culture cinématographique, avec deux coups de coeur, pour ce qui me concerne:

a/ Le film majestueux de Roberto Bénigni (« La vie est belle »)

b/ Et encore « la colline aux 1000 enfants » de Jean-Louis Lorenzi.

Automne 1941, quelques mois avant la rafle du Veldhiv, les juifs sont en danger en France. Au même moment, dans un petit village, Clara vient demander asile au Pasteur. Le dimanche, il lance un appel à la charité, entendu par tous. Des dizaines d’enfants débarquent alors au village…

3/Également, au service le l’accompagnement des enseignants, il existe des centres de ressources très instructifs.

Un lieu aujourd’hui incontournable, le Mémorial de la Shoah.

Je vous propose de (visionner )cette vidéo, enregistrée par le Web pédagogique, auprès d’un de leurs formateurs, au salon de l’éducation en novembre 2006. (Et oui, avant la dite circulaire!)

Un autre site  (France 5 )aujourd’hui rebaptisé Curiospère TV, contribue lui aussi, à l’information par la connaissance et à la formation pédagogique par l’accompagement.

Le Mémorial de la Shoah offre de nombreuses et précieuses documentations, et notamment pour ce qui concerne le primaire, une initiation à l’enseignement de la Shoah, grâce au ( grenier de Sarah.)

Autre centre de ressources, ( la fondation) on trouve également une mine d’informations, de témoignages, de textes de références.

Et puis n’oublions pas les mairies et les registres. Une manière de travailler avec sa classe en chercheur, en abordant ce travail comme un historien guidé par la démarche scientifique.

Alors voilà, ces enfants de la Shoah, on ne les a pas oubliés. On ne les oubliera pas. Ils sont inscrits dans notre mémoire collective. La transmission de cette mémoire me semble effectivement un devoir d’homme, un devoir de citoyen, un devoir d’humaniste. Il est certain que le lien générationnel qui nous reliait à cette période sombre de notre Histoire s’estompe du simple fait du temps qui passe. Les témoins disparaissent. Les victimes et enfants de victimes vont disparaître. Nous avons donc à rester vigilants afin que les générations futures ne se retrouvent jamais dans la position de dire « Mais nous ne savions pas! ».

Pour autant, prenons garde aux mots, aux images, aux traces. Il ne peut être non plus question de  sortir ces enfants de leur tombeau, de leur voler leur histoire au nom de l’Histoire. Ils ont droit au repos. Certains désirent même peut-être restés anonymes? Qui sait?

Voilà, une petite contribution personnelle.

Et vous?

Quelles sont vos sources et vos ressources?




De l’acte violent à l’acte d’écriture.

26 02 2008

Écrire…Oui, mais pour quoi dire? Pour quoi faire?

Écrire pour désamorcer.

Écrire pour se distancer.

Écrire pour se recentrer.

Écrire pour exister.

Écrire.

De l’acte violent à l’acte d’écriture, la voie est possible, le chemin initiatique et le résultat accessible.

Un monde sans violence est une illusion de monde.

La violence a toujours existé, elle existera toujours. Vouloir l’éteindre n’aboutirait qu’à en rallumer plus ardemment la flamme.

La (les) question(s), il me semble, se trouve(nt) ailleurs…

Que faire de cette violence?

Comment vivre avec cette violence?

Comment la rendre acceptable?

Peut-on partager cette violence?

Avec qui? Où et comment?

Un possible élément de réponse proposé par ce mini film proposé par le site Curiosphère

La violence réincarnée dans ( l’écriture. )

Ce qui me paraît essentiel dans cette approche, c’est qu’elle permet un processus de réconciliation de l’individu avec ses propres émotions.

« Oui, je ressens cela, j’en ai le droit, je l’exprime avec mes mots pour que l’autre l’entende, pour que l’autre le sache et pour que l’autre me reconnaisse. Oui, j’ai écrit et mon nom est inscrit. Alors maintenant que je suis reconnu comme une personne à part entière qui pense et qui s’exprime dans la cité, dans le quartier, dans l’école, je n’ai plus le droit de faire « le con ».« 

Il n’existe pas de solutions miraculeuses, mais des centaines d’attitudes éducatives, de postures pédagogiques, de compétences individuelles prêtes à accompagner ces jeunes, ces moins jeunes, ces familles, ces quartiers dits trop facilement « à la dérive ». Les regarder s’éloigner, sans rien faire nous rend coupables de « non assistance à personne en danger ».

Ne plus considérer la violence comme un acte fondamentalement illégitime mais tenter de trouver en elle le langage qui lui permettra de lutter contre contre  sa propre explosion.

Cela vaut la peine d’essayer, non?

Des commentaires?

N’hésitez pas, faites-vous violence!

Un peu de courage…

Partager




Edito spécial cancres! Bons élèves, s’abstenir…

22 02 2008

Cancres d’un jour, ou cancres de toujours, cancres à la Prévert ) ou cancres à la ( Pennac )Alain Sotto, psychopédagogue et Varinia Oberto, écrivain, ont concocté un espace spécial cancres, où il fait bon vivre. Si, si, ça existe! Et je souhaitais le partager avec vous!

Oui, partager la connaissance, mettre en commun les bonnes volontés, élaborer une chaîne de complémentarité, faire émerger un nouvel esprit de convivialité, rassembler les compétences de chacun pour les mettre au service de la question éducative. Tels sont les objectifs de ce site. Telle est l’ambition de BLOG BLEU PRIMAIRE

Si vous désirez plus d’infos, aujourd’hui ou demain, vous pourrez toujours avoir recours à ma « blogoliste ». Vous y retrouverez entre autres, Cancres.com, un site, truffé de réponses pratiques et de renseignements fort utiles!

En voilà un petit aperçu…

articles




L’orthographe à la Une…

21 02 2008

L’orthographe, une patate chaude…titre ( le Monde ) dans un récent article.

Danièle Manesse, professeure de sciences du langage, y analyse avec lucidité et concision le problème de l’orthographe, notamment à l’école primaire. La mise en pratique de L’O.R.L* (Observation Réfléchie de la Langue) a d’une certaine manière pénalisé les enseignants (et leurs élèves). Ils ont dû mettre en oeuvre de nouveaux modes d’apprentissages, fort intéressants car émanant du principe que la littérature participe à ce travail sur la langue. Traiter la grammaire et l’orthographe en liaison avec les textes et la réalité de l’écriture. L’idée est plus que noble, mais elle n’a pas eu l’effet escompté. Manque de formation? Complexité de notre langue? Mauvaise interprétation d’une théorie mal intégrée? Ou bien théorie difficilement adaptable à la pratique de classe? Un peu de tout cela, sans doute. Et de nombreux autres facteurs, qu’il est mal aisé de traiter en quelques lignes.

En revanche, il semble évident que l’application de l’O.R.L, conjointement à un programme surchargé par ailleurs, ne permettent pas de prendre suffisamment de temps pour la systématisation, la mémorisation et l’entraînement, autant d’étapes incontournables pour la bonne mise en place des structures grammaticales. Cela a immanquablement abouti à une déliquescence de l’orthographe ces dernières décennies.

 L’art de la pédagogie*, s’il en est, consiste justement à intégrer les récentes études réalisées dans le domaine de la langue et de la didactique* tout en les réajustant sans cesse dans la pratique de la classe.

Je rejoins également Danièle Manesse sur un autre point. Celui de la formation des enseignants en ce qui concerne l’étude de la langue. Même si le maître d’école ne se résume pas, loin de là, à un correcteur orthographique ou à un Bescherelles, il me paraît absolument nécessaire qu’il ait une maîtrise, sinon parfaite, du moins précise et ciblée du fonctionnement interne de la langue française. Davantage de linguistique*, dans les IUFM* est à mon sens, une donnée incontournable.

L’orthographe, la grammaire, le vocabulaire et la conjugaison, sont les premiers outils du « bien parler » au sens, du « bien s’exprimer », au sens de » je dis, et j’écris précisément ce que je pense, et mon camarade, ma maîtresse, mes parents comprennent exactement ce que je dis, ou ce que j’écris ». C’est important non? Ne jamais laisser une idée avorter faute de mots, de syntaxe, de temporalité. Car si les mots viennent à manquer, le doute, la méfiance, et pour finir, la violence prennent le pas. Un autre mode d’expression en quelque sorte. 
Pour ma part, je reste impitoyable quant à l’orthographe de mes élèves, quant à la manière dont ils formulent leurs prises de parole. Et ils me le rendent bien. Ils savent bien pourquoi je le leur demande. Je le leur explique chaque jour.  

« Si je laisse ta pensée s’exprimer avec approximation, je t’abandonne à une espèce de verbiage qui n’est pas digne de ce que tu es capable de dire. Et tu as beaucoup à dire et à écrire. Alors, prends le temps. Choisis le mot exact. Cherche la bonne tournure. »

En matière d’expression écrite ou orale, il n’y a pas de fautes, il n’y a que des erreurs, des omissions, des maladresses. C’est important qu’ils le sachent. C’est important que les parents sachent également que même s’ils l’ont oublié, l’apprentissage de la lecture et la maîtrise de la langue requièrent beaucoup de temps, de patience, de douceur, de vigilance.

Pour ce qui me concerne, je crois fermement en la valeur de la correction. L’hôpital des mots, comme je dis à mes élèves. Oui, tout est corrigé, (y compris mes propres oublis d’ailleurs…cela les amuse beaucoup et je les engage à me faire part des erreurs commises).Tout est donc systématiquement annoté et consigné dans leur répertoire personnel et individuel. Ce répertoire, qui grossit de septembre à février, est censé diminuer jusqu’à dépérir totalement en fin d’année. Un carnet magique avec lequel les élèves ne cessent de me demander de “jouer”.

 M’dam’, M’dam’ ch’peu faire mon carnet zéro faute avec ma voisine, j’ai fini mon travail!

L’orthographe, une patate chaude, mais qui peut se transformer en sujet d’exploration ludique et pédagogique. Si, si!

Pour faciliter la lecture et la juste compréhension de certains termes employés, vous retrouverez, classés par ordre alphabétique, dans mon dico d’éduc ( barre transversale, à droite) les mots repérables par les astérisques.

De l’orthographe, au vocabulaire… il n’y a qu’un clic!

Un autre clic qui vaut le détour, pour la saveur des ( motordus )! L’orthographe…fait salle comble!




L’école et la Shoah (bis)

20 02 2008

Cette semaine, dans ma « boîte à textes », la contribution d’un visiteur avisé, clair et éclairant.

Je laisse donc la parole à Greg, qui fait suite à mon article (L’école et la Shoah I ) et à l’intervention d’Emmanuelle Mignon, chef de Cabinet du Président, dimanche 17 dans le JDD )

« Ce que je pense, c’est qu’EM fait un amalgame désastreux entre racisme au sens large et antisémitisme. Utiliser la Shoah comme rempart psychologique contre le racisme (c’est l’objectif qu’elle affiche) entraîne deux conséquences paradoxales : elle dévalorise la cause de la Shoah et elle affranchit les actes de racisme qui ne relèvent pas de l’antisémitisme.

La Shoah est trop inconcevable pour être résolue par une mise en scène à l’école (c’est ce que tu dénonces dans ton article l’école et la Shoa, comme la procuration donnée au primaire). Elle est trop dure à porter par les enfants, non pas parce que ceux-ci seraient trop faibles ou mal équipés, mais simplement parce que la cause est insupportable. Je soupçonne que c’est ce qui provoque l’indignation de S. Veil. Elle s’attendrit sur les enfants, mais en fait elle revendique que l’on ne banalise pas l’affaire en la « traitant » ou en la « résolvant » en classe.

Madame Veil sait bien que les élèves de ta classe, le vendredi matin, même si tu fonds en larmes, ne seront pas immédiatement foudroyés sur leur chaise. Ils mettront en place les mécanismes leur permettant de survivre. Or c’est précisément cela qui a été impossible pour 6 millions de gens il y a 65 ans : ils ont été anéantis sans aucune raison théoriquement concevable et sans échappatoire possible !

Donc, on le sait bien, on ne peut partager, mesurer, mémoriser une telle horreur sans la vivre soi-même. Il n’y a pas d’explication, pas plus que d’expiation possible, et c’est bien cet état instable qu’il faut maintenir. Surtout vu des juifs.

Et puis, bien sûr, il y a le petit Rwandais. A cela E. Mignon répond qu’il faut distinguer entre conflits politiques et conflits racistes. Comme s’il n’y avait de conflits racistes que la Shoah. Or c’est totalement faux à deux égards : primo, la Shoah n’était pas un conflit guerrier, mais une répression civile ; et secundo les conflits comportent presque tous une composante raciste, même si elle n’est pas tout à fait explicite (Rwanda, Soudan, Serbie, etc. – et même, dans une certaine mesure le terrorisme islamiste anti-occidental).

Donc tout cela est assez confus et très déroutant, je suis bien d’accord avec toi, même si je ne le prends pas par le même bout de la lorgnette. »

Merci Greg. C’est justement ces différences de point de vue qui importent, car elles obligent à la distanciation, et permettent de se décentrer, de quitter l’émotionnel pour appréhender la réflexion par le jugement, c’est à dire la capacité de raisonner à partir du savoir et de la connaissance. Je n’ai rien à rajouter, aujourd’hui, j’écoute, je lis, j’essaye de mieux comprendre. Il y aura certainement un article « ter » sur le sujet. Un sujet qu’il ne faut évidemment pas taire, loin de là, mais qui mérite tellement mieux que la polémique politicienne.

Avis aux amateurs, dans ma « boîte à textes », vous pouvez, vous aussi contribuer aux débats en m’envoyant vos propres textes! Voir la barre transversale située dans la partie haute du blog.




De l’école obligatoire à la réussite obligatoire…

19 02 2008

L’évaluation des enseignants sera donc désormais calculée en fonction de la réussite des élèves…

C’est nouveau, ça vient de sortir! Ce qu’il y a de commode, en ce moment, c’est qu’il ne se passe pas une heure sans que l’actualité ne me fasse cadeau de sujets à traiter! Monsieur le Président, encore vous, je vous suis grée de cette manne que vous m’offrez.

Bien alors donc, peu importe les méthodes pédagogiques, l’essentiel, c’est le résultat. La fin justifie les moyens en quelque sorte. Ca me rapelle quelque chose, pas vous?

Et bien voyez-vous, avec tout le respect que je vous dois, pour ce qui concerne l’éducation, l’instruction, l’enseignement, c’est bien tout le contraire. Et oui, messieurs les experts. La vérité est parfois, souvent, ailleurs…Mais il faut l’avoir pratiqué pour en prendre pleinement conscience…

Le chemin emprunté est tellement plus formateur pour l’enfant apprenant que le résultat obtenu.

(Un peu comme dans une promenade, vous savez, les paysages, les chants des oiseaux, les odeurs, les rencontres, les difficultés, les raccourcis, les surprises…ne sont-ils pas en définitive le coeur de la démarche? Le chemin nous mènera peut-être à Rome, peut-être pas, mais qu’il est beau ce chemin! Selon qu’il fasse soleil, ou bien qu’il pleuve, il n’est jamais pareil. Chaque heure, une lumière différente, chaque minute, un regard particulier).

 Mais je m’égare.

Oui, la relation pédagogique entre l’enseignant et son élève est autrement plus libératrice que le seul verdict du livret scolaire. Et cette relation est le fruit d’un long travail, quotidien et sans relâche. Une relation fragile, toujours sous tension. Une relation fondée sur l’exigence et la bienveillance. Une relation qui puise son fondement dans la nécessité absolue de faire grandir l’élève par le savoir mais qui trouve aussi ses propres limites dans l’acceptation par l’enseignant de la liberté de l’élève d’accepter ou non cette relation. Vous me suivez?

Les détours pédagogiques se révèlent autant de conditions d’autonomisation qui permettront, dans la durée, ( et oui…le temps…) à l’élève, à l’enfant, au petit d’homme de se construire en fonction des aptitudes et des compétences qui sont en lui et que l’école doit révéler. Oui, cela, c’est mon devoir. J’ai l’obbligation d’aider mon élève à se connaître et à connaître le monde. Je n’ai ni le droit, ni le pouvoir de lui imposer le monde. Quel monde? Le mien? Le vôtre? Celui qu’on a décidé pour lui ou celui qu’il va tenter de dessiner, avec sa palette, avec ses crayons, ses couleurs. A cela, je l’y aiderai. Farouchement. Obstinément. Avec exigence et bienveillance. (Toujours et encore). Oui, je l’aiderai à touver sa place, ou mieux, à la fabriquer. Je ne sais pas à quoi ressemblera sa vie, son destin. Je ne sais pas quel sera son avenir, ni le niveau de salaire qu’il touchera. je ne sais pas s’il sera heureux ou malheureux. Et vous, le savez-vous? Si oui, surtout, ne me dites rien. Je ne veux pas savoir.

La réussite obligatoire.

Je ne suis pas d’accord.

Et puis quelle réussite? (Cliquez ici pour lire mon article « Attali, le nouvel Attila »)

Et l’imbécile heureux, alors, n’a-t-il pas sa place à l’école?

Et Juliette la simplette, faut-il la radier de la classe?

Et Edouard le « cossard », est-il inapte à la société?

A 8 ans, l’école, c’est important. Mais la vie, la confiance, le droit à l’erreur, c’est tellement plus nécessaire. Tellement plus vital.

Alors donc, si je veux être bien notée par mesdames et messieurs les inspecteurs, oui, j’ai intéret à faire le ménage! Allez, oust! Les moins de 8/10, allez voir chez le voisin, ou plus loin, ou nul part si j’y suis. Demain, il y a inspection!

Des résultats, je veux des résultats!

Mais non, Mdam! Nous, on veut rester là, avec vous! Alors, demain, yaka dire qu’on a tous 10/10!

Ah, le petit malin….

Lui, pas de souci, avec ou sans diplôme, il ira loin dans la vie!

Un de sauvé!




L’école et la Shoah I

16 02 2008

« Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l’existence d’un enfant mort dans la Shoah. Rien n’est plus intime que le nom et le prénom d’une personne. Rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui ».

Il faut donc émouvoir.

Il faut donc que nos enfants soient les confidents intimes des douleurs de ce monde.

Il faut donc enseigner l’Histoire par le sentiment.

Mais Monsieur le Président, mes élèves me verront donc pleurer tous les vendredis matin?

Oui, certainement, car sentimentale, je le suis.

Ces enfants de la Shoah, ils sont inscrits dans nos âmes, à tout jamais. La souffrance d’un enfant, qu’il soit d’ici ou de là-bas, est une chose qui est insupportable, qui m’est insupportable et que je ne veux en aucun cas rendre supportable. Alors je continuerai de pleurer. Je le faisais dans l’intimité de ma conscience, je devrai donc l’assumer face à mes élèves. Curieuse situation. Vraiment. Vendredi matin, psychodrame en CM2, c’est inscrit dans les programmes!

Confier le drame d’un génocide à un enfant, lui en faire porter la souffrance ou la culpabilité. L’idée est surprenante, déroutante. Mais une autre question me vient alors, immédiatement. « Et le petit Rwandais, il n’y pas si longtemps…Vous vous souvenez? Qu’a-t-on fait de lui, de sa mémoire? Qui connaît son prénom? Celui de sa petite soeur? Du bébé à peine sevré? A quoi jouait-il lorsque les machettes lui ont tranché la tête? Et vous tous, les politiciens donneurs de leçons d’Histoire, à quoi étiez-vous occupés lorsque la maman de Bamgy se faisait violée sous ses yeux? »

Pourquoi avoir choisi un peuple plutôt qu’un autre? Ne sommes-nous pas tout autant responsables du drame de David comme de celui de Djumbé?

La loi du silence, sans doute, entretenue par des lois invisibles, par d’indicibles secrets.

Et les enfants serbes? Et tous les autres? Oui, tous les autres…

Enfin, Monsieur le Président, je terminerai par cette dernière question « Est-ce donc à l’école primaire, encore elle, de prendre en charge l’irresponsabilité des hommes politiques et de gérer la mauvaise conscience collective? »
 

Vraiment, je m’étonne. Enfin, non, à vrai dire, je ne suis plus étonnée.

Une fois encore, l’école va faire ce que les adultes ne savent plus faire, ou ne veulent plus. C’est tellement plus simple comme ça. On a coché la sale case. On a classé l’innommable dossier. On a donné procuration à l’école pour nous débarrasser d’un malaise insurmontable, d’un monstre monstrueusement laid. Mais l’école, Monsieur le Président, elle en crève de la douleur du monde!

Confier à nos enfants ce que l’humanité a produit de plus nauséabond, je ne trouve pas cela très honnête ni pour nos enfants, ni pour nos élèves, ni pour Samuel ni pour Zawan.

Voilà, ce n’est que la parole d’une instit’. Et vous êtes le Président.

Mais si les mots d’une enseignante ne pèsent pas lourd, écoutez ceux d’une ancienne déportée, d’une femme qui n’était alors qu’une toute jeune fille au doux prénom de Simone.

« C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste, tranche l’ancien ministre, déportée à 16 ans et demi à Auschwitz. On ne peut pas infliger cela à des petits de dix ans! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent -très bien- de ces sujets à l’école. » Simone Veil

Merci Madame, merci Simone.

Je vous invite également à partager, sur cette question, les réflexions et analyses d’Hugo Billard, professeur d’Histoire Géographie à Meaux. ( Voir son site. ) « Le jardin des retours »




Parents…pas si facile…

12 02 2008

Whimper a bien raison, lorsqu’en réponse à l’article du 5 février (« Petit complément d’enquête sur le métier d’enseignant »,) il réagit en invoquant le fait que bien des métiers sont difficiles. Éduquer, accompagner, former, instruire n’est pas le seul fait de l’école et des enseignants.

Oui, Whimper, et sans doute le plus ardu des métiers reste celui de parent. Pourtant, aucune formation pour cela…juste le temps qui passe, les expériences, les errances et les grands bonheurs. Parents, vous l’êtes et je le suis: 4 enfants, et donc, 4 élèves, 4 cartables, les devoirs, la grogne, le « ralbol »…

Chers parents, bravo pour tout ce que vous faites, car même si vous le faites parfois avec désespérance, vous le faites, et c’est déjà beaucoup!

Alors voilà, des parents, j’en ai croisé un certain nombre, suffisamment pour me permettre de vous proposer une petite galerie de portraits. Chacun s’y reconnaîtra, j’en suis certaine, du moins en partie, car vous êtes chacun unique et non remplaçable.

Ce texte, il est pour vous, rien que pour vous.

                                        (  GALERIE DE PORTRAITS )

 L’école et la famille, différentes, certes, mais pas indifférentes.

Je vous laisse la parole……cliquez dans la bulle commentaire si le coeur vous en dit!

Ah oui, encore une petite chose, allez donc, si ce n’est déjà fait, dans l’article du 10 février, L’Heure de Vérité 1, et prononcez-vous! Cliquez, votez! Allez, un peu de courage!




UNE HISTOIRE DE ZEP

8 02 2008

              ZONE D’EDUCATION PRIORITAIRE…

Zone…quel drôle de nom. Zone franche ou Zone interdite ? Zone à risques ou Zone infranchissable.  Zone, Zoneur, zoner. Vraiment, quel nom curieux. Pourquoi pas Zona. Zona Sida. Zona Paria. Paranoïa. Digression mentale, vertige des mots, maladie d’amour.

 Et pourtant, savez-vous qui j’ai vu là-bas ?  J’y ai aperçu Paul Eluard, il se promenait entre deux tours jumelles ; j’y ai croisé Marcel Proust, infatigable, à la recherche d’une rose de bitume ; et Boris Vian aussi, allongé sur un banc, juste là, là où coule la Seine ; j’y ai entendu Pierre Perret qui chantonnait, insolent, à la barbe de Charlemagne, les cancreries de Monsieur Prévert ; et Molière encore, récitant le loup et l’agneau sur les quais de la Marne ; j’y ai surpris Mozart apprenant le Rapp et le Slam sur la Grande Place Victor Hugo, au carrefour Marivaux. Et tant d’autres encore.

Oui, ils sont bien là. Ils sont tous là, fantômes évanescents, en quête de passeurs, de transmetteurs, de télécopieurs. A l’affût d’un cartable où se glisser, d’une main d’écolier à qui se raccrocher.  On peut lire sur leurs lèvres, et discerner le murmure de leurs voix : 

Où cultive-t-on les jolis textes ? Où dessine-t-on les palais à l’imparfait ? Où la musique cache-t-elle ses partitions ? L’école, où est l’école, la petite école, avec sa petite cour et ses marronniers, avec ses petits élèves et ses grands espoirs? Cherche école désespérément. Cherche culture obstinément.

                      Cherche lien social opiniâtrement

Cliquer avant d’entrer: (  Une école, des écoles )

 

                                       Et si nous réformions nos esprits…

                              Sans vendre notre âme

                 Sans renier qui nous sommes

Juste en reliant les hommes

 

 

                                      




Catch-Attack dans la cour de récré!

6 02 2008

Je suis en colère…

Interdit au moins de 10 ans, un label qui fait vendre…

Quand la télé et la violence cautionnées par la famille se retrouvent dans la cour de récrée, le spectacle n’est pas joli à voir. Et hier matin, chers parents, la cour de récrée ressemblait étrangement à ce ring de Catch.

Esprits sensibles, s’abstenir…

POUR DES RAISONS QUE J’IGNORE LA VIDÉO A DISPARU DEPUIS QUELQUES MINUTES DE MON TEXTE APRÈS Y ÊTRE RESTÉE 2 JOURS. SANS DOUTE TROP VIOLENTE.

MAIS ET DANS MA COUR DE RECRÉE, VOUS PENSEZ QUE JE PEUX CLIQUER POUR STOPPER LES MATCHS DE CATCH?

ALORS A DÉFAUT D’IMAGES, PRENEZ LE TEMPS DE LIRE MON ARTICLE SUR LE SUJET.

(ROUGE=TRÈS EN COLÈRE!)

Et maintenant, pour ceux qui sont prêts à réfléchir…un peu de lecture! Le clic ci-dessous en vaut la peine. Merci d’y consacrer un peu de votre temps.

( LA VIOLENCE A L’ECOLE )

A QUI LA FAUTE??

Article paru dans le quotidien « La Croix »

Partager




PETIT COMPLEMENT D’ENQUÊTE SUR LE METIER D’ENSEIGNANT

5 02 2008

Livre vert, livre blanc, blog bleu primaire, aujourd’hui, c’est mardi gras! 

L’occasion est trop belle pour que je ne la saisisse pas.

Un rapport Attali (voir dans « archives » l’article du 30 janvier),

Une commission Pochard hier.

Un bal masqué ce matin.

Mais qui sont-ils donc ces enseignants pour qu’on parle autant d’eux?

Cliquez-donc sur le lien orange ci-dessous et amusez-vous bien!

                      (  JEU DE RÔLE TRES DRÔLE )