Croire OU penser, faut-il choisir?

13 09 2008

Si l’esprit des hommes était davantage occupé à penser ET à croire, il serait moins exposé au gavage du prêt-à-penser et du prêt-à-croire vendu ici et là à coups de télé-achat par les marchands de paillettes et autres bondieuseries.

Penser sans croire c’est comme boire un bon vin le nez bouché.

Croire sans penser, c’est s’enivrer d’illusions et crever de certitudes.

A-t-on le droit de parler de ça à l’école?




Le jardinier pédagogue (Chap.1)

10 09 2008

IDENTITE ET SOCIALISATION

« Il ne s’agit pas de tuer la liberté individuelle,

mais de la socialiser. »

                                               P.J. Proudhon (1809-1865)

L’identité est un concept à double face. D’une part, l’identité désigne un individu dans ce qu’il a d’unique, dans son physique, sa psychologie : ce que Paul Ricœur nomme l’ipse. D’autre part, l’identité contient l’idée de mêmeté, ce qui est identique dans tous les membres de tel ou tel groupe humain, l’identité citoyenne : ce que Paul Ricœur nomme l’idem. Les enseignants jouent un rôle important, même s’il est souvent ignoré ou sous-estimé, dans le développement de ces deux aspects de l’identité. Par les exemples de comportements qu’ils donnent, par la philosophie qu’ils exposent consciemment ou inconsciemment, par la pédagogie qu’ils pratiquent, par les textes qu’ils proposent, et en particulier les récits. Ils peuvent enthousiasmer, indigner, révulser, passionner les enfants qui réagiront différemment selon leur milieu familial, leur origine. La laïcité doit s’exercer sans concession, non dans des choix restrictifs, mais dans une information neutre de tout ce qu’offre le monde aux jeunes intelligences. Paul Ricœur (5) parle de cette responsabilité subtile et déterminante dans son ouvrage : Soi-même comme un autre, Seuil, Paris, 1996. Je laisse le lecteur accompagner ce grand philosophe dans cette réflexion complexe. Je suis persuadé que les professeurs sont aussi des maîtres qui aident les enfants à se construire, et que cette fondation de ce qu’il y a d’humain dans l’homme doit s’effectuer dans le respect de la liberté de chacun.

C’est un euphémisme de dire que les rapports entre adultes et enfants sont peu amènes. Grossièreté, agressivité sont de mise, bizarrement mêlées à des manifestations exagérées d’amitié factice : baisers (bisous, dit-on) distribués à l’encan, marques incessantes de compassion convenue, manifestations envahissantes de convivialité qui trouvent rarement leur aboutissement. Les modèles médiatiques donnés par les émissions comiques, les talk-shows, les émissions de télé-réalité, les séries, les films, les hommes politiques (« Casse-toi, pauvre con ! ») sont désolants. Les enfants adoptent les modèles que les adultes leur donnent quels que puissent être les efforts de certaines familles pour donner encore un peu d’éducation à leurs rejetons. Cette déliquescence des rapports sociaux est sensible dans le milieu scolaire. De petits caïds se taillent des « territoires », terrorisent et rackettent les plus faibles. Des violences physiques ou sexuelles – verbales ou avec passage à l’acte – sont monnaie courante, y compris envers des adultes. Cela fait partie de l’échec scolaire. On constate aussi un esprit de défi permanent, de challenge, pour utiliser un anglicisme qui masque la violence de l’affrontement. Défis dans le négatif, et des émissions comme Jackass en donnent l’exemple : happy slapping (6), paris stupides, absorption de substances variées, paroxysmes de conduites aberrantes. Défis dans la course au résultat, certains élèves étant classés ou se classant comme surdoués et écrasant les autres, quitte à recevoir des raclées comme « intellos ». La société du spectacle fabrique à la chaîne du « sauvageon » comme Chevènement nomma ces enfants perdus.

Il est certain que l’état devrait agir auprès des médias pour protéger les enfants mais l’école a aussi vocation de donner des habitudes d’urbanité et de solidarité. Les adultes peuvent utiliser un langage irréprochable, éviter toute grossièreté, faire montre d’une correction totale envers leurs pairs ou envers tous les élèves. Cela leur permettrait de bannir de l’école les « cons », « enculés », « nique ta mère », « pétasses », qui fleurissent (fleurs de latrines, j’entends) dès la maternelle. J’en passe et de plus raides !

Plus important : on peut tenter de fonder le groupe de la classe. Mon expérience me suggère de donner deux pistes pour ce faire. Premièrement, présenter le groupe-classe (qui devrait rester stable plusieurs années consécutives) comme une équipe :

« Cette classe est une équipe de foot. Dans une équipe, il n’y a pas des perdants d’un côté et des gagnants de l’autre. Tout le monde gagne ou tout le monde perd, selon que l’équipe a su se montrer solidaire ou non. C’est pourquoi nous ne laisserons personne sur le bord du chemin. Chaque fois qu’un condisciple sera en difficulté, un « sauveteur lui viendra en aide, lui « passera la balle ». Ceux qui sont le plus à l’aise dans telle ou telle matière seront les « tuteurs » (les entraîneurs) de ceux qui éprouvent des difficultés dans ce domaine. Tout le monde peut être tuteur car chacun possède un domaine d’excellence. Le bon slameur, guidera le fort en maths et vice versa. L’angliciste doué aidera de ses conseils l’acteur-né, qui lui donnera ses techniques. Et ainsi nous jouerons notre partie, chacun apprenant autant en partageant qu’en recevant. ».

On est étonné de constater comme les enfants entrent volontiers dans cette solidarité, reconnaissent des compétences qui fondent des hiérarchies estimées. Le maître est le chef d’orchestre qui coordonne l’ensemble.

En second lieu, la classe peut aussi être soudée par le partage culturel si elle reçoit des textes très forts qui suscitent des émotions et d’intenses jouissances intellectuelles d’interprétation. Les récits oraux ou écrits, les poèmes, les extraits de théâtres, les énigmes, les merveilles de la nature, les « exploits » sportifs, les célébrations, les sorties et tant d’autres événements peuvent être magnifiés pour devenir des références qui soudent un ensemble d’enfants en communauté. Pour renforcer cette spécificité, la classe peut adopter le nom d’un héros dont elle se baptisera. La 5e Berlioz, la 4e Courbet, la 6e Marie Curie ont plus de sens que 6e1 ou 3e2 ! Ce héros sera l’objet de travaux divers qui seront échangés et exposés à l’occasion des journées « portes ouvertes », en même temps que les chefs-d’œuvre réalisés par les élèves. Ils pourront aussi être diffusés dans un journal scolaire, ou un cyberjournal, ce qui leur permettra d’être soumis à une critique externe.

Le but est que les enfants cessent de dénigrer leur établissement, soient fiers de leur classe et de leur école, de leur collège ou de leur lycée. Pour qu’ils apprennent la vie avec autrui, le respect de l’autre, l’urbanité qui fait le charme des rapports sociaux, il est important de prendre très au sérieux les procédures démocratiques d’élections, de ne pas manquer une occasion de donner une illustration d’éducation civique. Non pas dans des « journées de… » , mais de façon beaucoup plus proche, en traitant des exemples locaux. Intervenir toutes les fois que cela est possible, au lieu de se contenter de yaka-ci ou yaka-ça.

D’une manière générale, la socialisation se réalise quand on la vit plus que lorsqu’on en parle. Comme le dit si justement Ostiane Mathon : « Il vaut mieux FAIRE ensemble plutôt que de DIRE aux autres de FAIRE ceci ou cela. »

A SUIVRE…

Christian MONTELLE

Ornans, août 2008

Diffusion libre

 


 

5 On l’aura remarqué, je cite abondamment Paul Ricœur qui nous a quittés récemment. Bien que ce soit pas précisément son propos, il traite dans ses ouvrages  de nombreux sujets intéressant l’enseignement : l’interprétation, l’identité, le temps et le récit, la poésie (La métaphore vive), la mémoire, la responsabilité…

6 On filme subrepticement (avec son portable) une scène d’agression brutale et on la place sur le Net.

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Le jardinier pédagogue (Intro Bis)

8 09 2008

Ce n’est pas en tirant sur la queue d’un têtard

qu’on le fait devenir grenouille plus vite.

Édouard Claparède (1873-1940)

 

 

L’échec scolaire est un problème qui préoccupe grandement les sociétés dites développées. Alors que toutes les conditions de réussite dont les enseignants rêvaient naguère sont apparemment réalisées, un grand nombre d’enfants fréquentent l’école à reculons “parce qu’il le faut bien” et un nombre considérable d’élèves ne profitent que peu ou pas du tout des cours qui leur sont dispensés. En France, on parle de 150 000 (1) laissés-pour-compte, qui sortent du cursus scolaire en sachant à peine parler, lire et écrire, ou même penser de façon rationnelle, ce qui provoque des difficultés humaines et des coûts sociaux exorbitants. D’autre part, beaucoup d’enfants de milieux dits privilégiés se réfugient dans une bulle de gadgets technologiques ou de “paradis” dangereux, et sabotent leur cursus scolaire.

 

L’État et la société civile ont mis en place des dispositifs innombrables pour tenter d’améliorer cette situation déplorable, mais les succès sont minces selon l’estimation des adultes engagés dans ces actions. La stratégie des structures de “remédiation” consiste le plus souvent à permettre aux enfants de bénéficier de structures allégées – fort onéreuses, au demeurant – et à tenter de leur faire absorber le programme scolaire de leur niveau d’âge. Mais ont-ils réellement les compétences nécessaires pour absorber cette potion ? Des officines à but lucratif se sont ruées sur le fromage de l’aide aux élèves en difficulté, mais leurs préoccupations clairement financières ne concernent pas le problème. On peut imaginer que leur objectif de départ fut louable, mais le fait d’être lucratives pour l’investisseur les a rendues inabordables pour un grand nombre.

 

Ce sont les familles les plus nanties, qui, persuadées que pour réussir il faut savoir avant l’école et plus qu’à l’école, se sont appropriées ces officines. En vacances, combien d’enfants au parcours irréprochable, scolarisés dans des écoles de renommée, se voient inscrits d’office dans des stages non pas de remise à niveau, mais d’anticipation sur le niveau à venir ! Ainsi, l’écart se creuse : ceux qui sont en difficulté le restent et ceux qui réussissent plutôt bien deviennent excellents ! Les dispositifs de lutte contre l’échec scolaire, qu’ils soient publics, associatifs ou privés, parviennent, à force de contrainte à faire accomplir quelques progrès dans le maniement des savoirs élémentaires, appelé aussi “socle commun”. Mais ces procédures ne me semblent pas adéquates et peu rentables par rapport au capital humain (et financier) engagé. Pour tenter de mieux cerner ce qui explique ce demi, quart ou trois-quarts d’échec du soutien scolaire, je vais utiliser une comparaison avec le monde du jardinage.

 

 Voilà donc un jardinier débutant et peu avisé qui entreprend de cultiver les 2 000 m2 de la maison qu’il vient d’acquérir. En bon rurbain tout neuf, il pense que dame Nature est généreuse et qu’il suffit de lui confier quelques graines arrosées copieusement pour qu’elle donne de beaux fruits et de beaux légumes. Las ! il doit déchanter au mitan de l’été ; il y a belle lurette que ses fraises ont été dévorées par les limaces, ses choux par les piérides, ses pommes de terre ruinées par le mildiou. Les plantes épargnées sont malingres, les petits pois microscopiques, les poireaux étiques et les salades chlorotiques. Notre gaillard se lance alors dans la remédiation. La chimie agroalimentaire lui offre un éventail suffisant de poisons pour qu’il achève les rescapés du désastre.

 

Son erreur ? Ne pas avoir – bien avant de planter ou de semer, – analysé son sol, désherbé, défoncé le sol, bêché, biné, râtelé, fumé, éliminé les vers blancs et autres voraces, introduit des antiparasites naturels, installé un réseau commode d’irrigation.

 

Il me semble que notre école commet le même type d’erreurs, avec la complicité involontaire des parents et celle plus déterminée de certains médecins et des géants de l’industrie pharmaceutique (2). On veut « forcer le légume » sans trop se préoccuper du terrain. On saute les étapes, on oublie totalement les exigences d’un développement naturel et harmonieux. On fait appel à la science et à la technologie pour réparer les dégâts, en pensant que ce sont des remèdes-miracles : fatale illusion qui masque les vrais problèmes. Moins l’enfant absorbe, plus on tente de le gaver. On ne perçoit pas les erreurs qui le détraquent. On néglige le désarroi provoqué par une telle pression psychologique, par une telle exigence de réussite dans des domaines si spécifiques.

 

Les parents et les enseignants de terrain invoquent fréquemment une origine unique à l’échec scolaire : les « conditions socioculturelles » que connaissent les enfants et qui expliqueraient à elles seules les inégalités constatées. Ces paramètres sociaux donnent l’impression de relever d’un domaine qui échappe à l’école et la tentation est forte d’en prendre acte et d’effectuer un tri social en contradiction complète avec les objectifs que devrait se donner l’école : offrir des chances égales de réussite à tous les enfants. Cela évite de procéder à une analyse plus précise des causes de l’échec, analyse qui permettrait de pratiquer la prévention nécessaire.

 

Je vais tenter, dans les lignes qui suivent, de pointer quelques insuffisances et proposer, quand cela est en mon pouvoir, quelques pistes susceptibles d’améliorer la situation. Brièvement, car mon propos n’est pas d’écrire un ouvrage qui se voudrait exhaustif. J’aborderai quelques domaines – et il en existe d’autres – dans lesquels j’ai pu noter des oublis ou des carences causant de grands dommages. Je proposerai de travailler dans ces domaines pour aider les enfants à surmonter leurs difficultés, et je suggérerai quelques pratiques issues de mon expérience.

  

La première partie évoquera la socialisation, la transmission, l’acquisition des habitus sociaux, et aussi les valeurs qui nous permettent de vivre harmonieusement avec nos semblables. Je parlerai ensuite des insuffisances linguistiques, obstacle essentiel auquel j’ai consacré un ouvrage (3) ; ce livre aborde aussi d’autres domaines qui seront évoqués ici. Une troisième partie sera consacrée à la construction des notions liées au temps et à l’espace, ces repères qui sont indispensables à tout projet d’apprendre, de faire ou de vivre. Dans une quatrième partie, je tenterai de pointer ce qui est nécessaire pour entrer dans le domaine des sciences : esprit d’observation, connaissance du milieu, accession à l’abstraction, compétences de classement et de hiérarchisation, et aussi capacité d’émerveillement, curiosité, acquisition des démarches scientifiques. Une cinquième partie parlera du monde de la technique. Viendra alors l’étude des domaines artistiques : la musique avec ses rythmes et ses mélodies, les arts graphiques qui enseignent la composition, l’harmonie des formes et des couleurs, la joie du beau (4). La dernière partie sera consacrée à tous les problèmes liés au développement corporel : alimentation, hygiène de vie, pratique de sports collectifs et d’activités sportives douces permettant de s’épanouir dans le plaisir du corps découvert.

 

Christian Montelle,

Ornans, Août 2008

Diffusion libre

                                     A SUIVRE…

 

 

 


(1)  Chiffre à prendre avec des pincettes car il a été utilisé de façon polémique. Lancé durant la campagne présidentielle de 2007, il demande à être précisé. Mais 10 000 enfants sans avenir représentent déjà un scandale.

(2) Voir par exemple L.H. Diller, Coca-Cola, MacDonald’s et Ritaline : http://www.google.fr/search?hl=fr&q=diller+ritaline&btnG=Recherche+Google&meta=

(3) Christian Montelle, La parole contre l’échec scolaire, La haute langue orale, l’Harmattan, Paris, 2005

(4) A thing of beauty is a joy for ever, John KeatsEndymion. “Rencontrer la beauté nous emplit d’une joie éternelle.” à condition que nous sachions la reconnaître, bien sûr !

 

 




Le jardinier pédagogue (Intro)

6 09 2008

A débattre très prochainement sur BLOG BLEU PRIMAIRE…dans une nouvelle rubrique « La chronique de Christian Montelle »

« Il est hélas devenu évident aujourd’hui que notre technologie a dépassé notre humanité »

Albert Einstein

Résumé

Les enfants en échec doivent passer par les étapes qui leur ont échappé ou qui ne leur ont pas été proposées. Avant d’en venir au « programme », aux remédiations, il est nécessaire de mettre en place les compétences premières et les appétences psychologiques qui permettent d’accéder à la pensée et au savoir.

Pour faire face au problème très préoccupant – mais qui n’est pas nouveau – de l’échec scolaire, de nombreuses réformes ont été proposées, mais jamais évaluées ni même, semble-t-il, massivement appliquées par les enseignants. Une querelle entre modernistes et traditionalistes s’est développée, avec une « victoire » récente de ces derniers. On ne peut attendre des miracles de ce retour en arrière, car les méthodes proposées produisaient déjà un lourd échec là et quand elles étaient (ou quand elles sont encore) mises en œuvre.

Christian Montelle tente d’explorer d’autres voies pour lutter contre le fléau de l’échec scolaire. Il rejette les approches mécanistes qui ne tiennent pas compte de la nature de l’enfant et appliquent des « remèdes » scientistes et technologiques à des élèves qui n’en sont que plus meurtris et humiliés. La violence engendrée par cette incompréhension empoisonne tout le monde scolaire. Un être humain n’est pas une machine dont on pourrait noter les symptômes de dysfonctionnement afin de les réparer de façon normée. Les méthodes employées pour dresser des rats, ou conditionner des hommes à un travail déshumanisé, montrent leur inefficacité : le taylorisme, le fordisme n’ont pas leur place dans l’école républicaine.

Sept pistes sont évoquées plus que traitées de façon exhaustive et beaucoup d’autres sont négligées afin de ne pas trop alourdir cet essai. D’autres points pourraient être pris en compte ou traités de façon plus approfondie. En vrac : l’apprentissage de la lecture et sa pratique, la construction de la parole, l’initiation à la sagesse et la transmission des valeurs, la précocité d’une sexualité dégradée en pulsions, la construction de l’identité psychologique et citoyenne, les errements de la psychiatrie chimique, les interactions entre la culture savante et la culture populaire, l’immense déferlement de la médiocrité et/ou de l’abjection dans les vecteurs médiatiques, le rapport à la nature, l’intégration des enfants issus de l’immigration, le délitement du milieu familial, la destruction de la valeur du travail au profit de l’idolâtrie de l’argent, la fermeture du marché de l’emploi, l’utilisation de la peur comme moyen d’aliénation des masses, le naufrage moral des « élites ». Et la liste n’est pas close ; elle veut simplement suggérer que les approches méthodologiques actuelles de lutte contre l’échec sont très insuffisantes.

On trouvera ici des réflexions et des propositions sur :
– la construction de l’identité psychologique et la socialisation.

– la fracture linguistique ;

– l’appréhension du temps et de l’espace ;

– le développement des compétences d’observation et de raisonnement ;

– l’initiation au monde de la technique ;

– l’appréciation des arts ;

– le bien-être physique ;

L’auteur voudrait simplement ici redonner une dimension humaine à la pédagogie, laisser sa place au cœur tout en respectant sans concession les exigences de la raison et de l’efficacité.

La science du pédagogue…
et le cœur du jardinier
Le Jardinier par Archimboldo

Christian Montelle,

Ornans, Août 2008

Diffusion libre




Le programme est dans sac!

4 09 2008

DRRRRRRINNNNNG!

Allez les enfants….l’heure, c’est l’heure!

Mardi 2 septembre, rentrée des classes, emploi du temps, fournitures et matériel.

Hier, mercredi…Ah non, j’oubliais, plus d’école!

Aujourd’hui…jeudi 4 septembre, on rattrape le temps perdu!

Et hop! Ou plutôt, « oh hisse », le programme est dans le sac, bonne journée…

Image de prévisualisation YouTube

 




La philosophie à l’école

3 09 2008

Un apologue grec d’utilité publique…

Pris sur le vif, retour de récré: « Maîtresse, i ma traité…M’dam c’est le copain de la soeur de Polo qui m’a dit que…Même pas vrai, y’a quelqu’un qu’est…STOP!…Ecoutez plutôt mon histoire, une très très vieille histoire, et après, c’est promis, nous reparlerons de tout ça… »

Et oui, même du temps béni des anciens et des vieux sages, ces questions se posaient déjà…

LES TROIS TAMIS

 » Un jour, quelqu’un vint voir Socrate et lui dit :

– Écoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.

– Arrête ! interrompit l’homme sage. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?

– Trois tamis ? dit l’autre, rempli d’étonnement.

– Oui, mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis. Le premier est celui de la vérité. As-tu contrôlé si tout ce que tu veux me raconter est vrai ?

– Non, je l’ai entendu raconter et…

– Bien, bien. Mais assurément tu l’as fait passer à travers le deuxième tamis. C’est celui de la bonté. Ce que tu veux me raconter, si ce n’est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?

Hésitant, l’autre répondit : Non, ce n’est pas quelque chose de bon, au contraire…

– Hum ! dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as envie de me dire…

– Utile ? Pas précisément…

– Eh bien ! dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l’oublier… « 

AUTEUR INCONNU

Voilà, mon histoire est finie…Et maintenant, si on reprenait votre histoire depuis le début?

Une joile manière, je trouve, d’aider les enfants à prendre du recul, une façon de dédramatiser, un moyen de faire baisser les tensions, un texte qui pose le débat de la citoyenneté et du respect.




Teaser de rentrée

27 08 2008

Comme promis, une petite production artisanale sur le thème « l’Ecole expliquée aux parents », à paraître sous forme de série à partir du 4 septembre.

L’entrée à La Grande Ecole, au Collège ou au Lycée suscite bien des inquiétudes chez les enfants…mais aussi chez leurs parents. S’il peut s’avérer utile d’être inquiet, au sens de « en attente », la peur elle, peut vite générer des angoisses voire même dégénérer en phobies scolaires. Une fois encore, je crois aux vertus du dialogue. Il assainit les relations et ouvre la voie à une meilleure compréhension des autres et de soi-même.

Une manière directe, moderne et conviviale de nouer un lien avec les familles. Quelques enseignants triés sur le volet…(je blogue…je blague quoi!) se sont livrés à l’exercice avec comme objectif de répondre à des questions pratiques sur la vie scolaire, les enjeux éducatifs, les problématiques relatives à L’Ecole, au Collège, au Lycée.

Aujourd’hui, un petit avant goût avec cette bande annonce tournée avec Fabien et Marc en juillet en collaboration avec:

Merci Vincent pour cette chouette idée!

5-4-3-2-1 Silence…ça tourne!

http://www.dailymotion.com/video/x65mrb



Ecole et paradoxes

25 08 2008

 

Allez, quand faut y aller…faut y aller! 

 

L’heure de la pause s’achève et pour sortir BLOG BLEU PRIMAIRE de sa torpeur estivale…un article en 10 points, comme autant d’invitations à réfléchir, rebondir et réagir.

 

L’Ecole primaire de la fin du XXè et du début du XXIème siècle, entre institution et ambition, génère de fait ses propres paradoxes et ses contradictions intimes. Doit-elle s’y résoudre ? Peut-elle y échapper ? Comment les assumer, les absorber ou les contourner ? Une première étape de conscientisation de ces oppositions inhérentes à l’Ecole permet, me semble-t-il, d’éviter l’écueil d’une attitude très à la mode du confortable « c’est la faute à » suivi de la réplique immédiatement apposable du « Ya-ka »…

 

Sans culpabilité excessive ni réquisitoire stérile, j’ai tenté d’en identifier un échantillon pour les soumettre ici à discussion.

 

Voici donc, en guise de « prérentrée », un éventail non exhaustif de ces douloureux paradoxes auxquels enseignants, élèves et familles sont confrontés depuis plus d’un demi-siècle donnant peu à peu naissance à d’indissociables binômes, antinomiques pour certains, complémentaires pour d’autres…

 

L’Ecole…

 

1/ s’adresse au plus grand nombre quand les attentes sont toujours d’ordre individuel (collectif/unicité)

 

2/ ouvre ses portes à tous les élèves mais ne délivre de laissez-passer final qu’à un certain nombre d’entre eux (démocratisation/sélection)

 

3/ s’inscrit dans la durée des apprentissages dans une société de l’immédiateté, du prêt-à consommer et du prêt-à-jeter (permanence/zapping)

 

4/ fait face à la modernité tout en évoluant dans des structures ancestrales (adaptation/ rigidité)

 

5/ participe à une éducation traditionnelle relativement standardisée là où les modèles éducatifs, familiaux, culturels et sociaux sont multiples, complexes et modulables à l’infini (uniformisation/ diversité)

 

L’Ecole est sensée…

 

5/ donner accès à l’ascenseur social mais sans plus pouvoir y faire monter ses propres enseignants (progression/immobilisme)

 

6/ livrer les clés du monde futur là où elle scelle ses frontières aux portes de ses établissements (ouverture/enclave)

 

7/ favoriser l’autonomie et l’esprit d’initiative dans un cadre où l’erreur est sanctionnée et où les programmes font office de projet (recherche/contention)

 

8/ développer l’esprit critique là où toute forme de contradiction est vécue comme force d’opposition (participation/soumission)

 

9/ véhiculer le progrès humain tout en répondant à des critères orthonormés d’objectifs et de résultats chiffrés (humanisme/pragmatisme)

 

10/ porter haut les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité dans un univers où le caprice, l’incivilité et la misère se vendent sur écrans géants 24 H/24 (utopie/réalité)

 

10 points, 10 problématiques, 10 manières d’appréhender les enjeux et les défis d’une Ecole qui reste à construire, à adapter, à protéger… Une fois encore, entre le dire et le faire, sur le terrain, et en dehors de toute posture partisane, il existe un panel de possibles permettant à chacun de s’y développer sereinement et de contribuer à la faire évoluer au travers d’attitudes inventives et de conceptions nouvelles. Une Ecole qui doit apprendre à se nourrir de ses exigences contradictoires pour continuer de grandir. Une Ecole qui ne peut ni renier son passé ni s’y engluer. Une Ecole dont les efforts sont constants mais restent à parfaire sans cesse.

 

Bon, ben c’est tout pour aujourd’hui mais c’est déjà bien assez pour une reprise!

 




La pause s’impose…

3 07 2008

Parce qu’il n’y a pas que l’Ecole dans la vie, parce qu’il y a des jours comme aujourd’hui où le retour à la vie d’une femme  efface tout le reste…

INGRID est restée, durant toutes ses années de captivité, une mère, une amie, une soeur, une fille, une tante, une voisine, une compagne, une alliée, un modèle. Aujourd’hui, Ingrid incarne la victoire, la sienne, celle de ses proches mais également celle de tous ceux qui restent, captifs, quelque part, avec cet espoir fou qu’il ne faut jamais oublier, celui d’une libération toujours possible.

Voilà, sans transition, le temps est venu de faire une petite…pause!

                                              A chacun sa pause!

 Se reconnecter aux rythmes naturels

 Ecouter les flonflons d’un bal musette

 Chausser ses vieux souliers

 Respecter quand le corps dit « stop! »

 Somnoler à ciel ouvert

 Profiter de ceux qu’on aime

 Savourer les bonheurs simples

 Digérer….

Réfléchir…

Savourer le farniente

 Dormir?

Et laisser ses statistiques de fréquentation chuter, chuter, chuter…

Plus d’article pour quelques semaines, mais les commentaires restent ouverts!

Naviguez à votre guise, le fil n’est pas coupé et la joie de converser reste entière.




Métiers de parents

30 06 2008

Lundi, mardi…l’école jusqu’au bout du bout pour quelques courageux, et mercredi, jeudi, vendredi, pour les derniers d’entre vous qui fréquentez Blog Bleu Primaire. Après quoi…un repos mérité, enfin…repos relatif mais mérité quand même!

Pour clore le forum des métiers, je vous propose aujourd’hui dans la série IV, les épisodes 6 à 10…

6/ Attention, attention…

…Voilà un Monsieur très important pour un travail très important mais assez peu connu en réalité: « inspecteur des douanes »… Le papa de Sébastien a fait sensation. Douane, police, gendarmerie, tout cela se mélange dans les esprits des uns et des autres et les feuilletons télévisés n’arrangent rien à l’affaire. Allez, un peu d’ordre s’il vous plaît…Nous avons découvert la notion d’espace territorial et de règles de transport des marchandises. Les enfants ont posé de nombreuses questions relatives à la contrebande, au commerce de la drogue, à la contre-façon. C’est incroyable de voir ces jeunes de 9/10 ans se soucier à ce point des fléaux qui règnent dans nos sociétés…Maintenant, ils sont avertis et comme dit le proverbe « un homme averti en vaut deux »!

Merci monsieur Ottaviani!

7/ Maman est « antiquaire »! me présente fièrement Sébastien.

Valérie est donc venue à l’école. Certains enfants la connaissent bien. Le marché Biron aussi! Ah la belle vie des objets. Vestiges de passés mystérieux, porteurs de secrets indicibles, les objets, les vieux objets racontent de belles histoires. Si on sait les regarder et les écouter…Que de beaux objets et que de métiers à découvrir: ébéniste, tapissier, vernisseur, brocanteur. Les artisans à l’école. Tiens ça existe encore? Et oui, on peut les voir du côté de la Bastille, autour du Faubourg Saint-Antoine, mais aussi dans de nombreux petits villages, au fond de petites boutiques adossées aux églises et cachées derrière des vitrines un peu vieillies par temps. Mais ils sont bien vivants ces artisans, pour encore combien de temps?

8/ – Et si on parlait « marketing »?

– Marc et qui??

La maman de Thomas est arrivée en classe, ce matin là, avec un sac rempli de choses tout à fait banales mais pour nous proposer une activité pas banale du tout. La classe s’organise en ateliers, chaque groupe reçoit « un produit ». « Bon, et maintenant, qu’est-ce qu’on fait? » « Vous devez vendre votre produit. » 4 étapes vont alors se succéder pour réfléchir aux questions suivantes: quoi? à qui? comment? combien?…quelques temps plus tard…

« Le riz sera donc expédié par gros sacs aux pays africains. Plus la quantité sera grande moins le prix sera élevé. Et pour 2 sacs achetés, un 3è offert! »

« Le caleçon d’homme sera vendu par deux et la publicité en sera faite dans des magazines féminins car ce sont les femmes qui achètent pour les hommes… »

« Les pommes BIO seront distribuées dans des petits commerces de proximité, et à l’unité, pour permettre aux personnes âgées de se les procurer facilement. »

« Le stylo bille, présenté aux grandes entreprises par un négociant qui se déplace avec sa mallette, sera vendu en grande quantité pour tout le personnel de la société! Un stylo pas très cher, mais dont la qualité est fiable! Enfin, tout dépend du soin qu’on y porte… »

Décidément, ils ne manquent pas d’idées ces enfants!

9/ Après le marketing, la publicité bien sûr…

Et là, c’est le papa de Jules qui est venu. Fallait voir Jules…tellement content…Il ne boudait pas son plaisir. Pour lui avant tout, MERCI Monsieur Ardjal! Alors là, difficile de vous raconter. La Pub, du cinéma muet, ou presque, à nos jours…Nous avons visionné une dizaine de petits films publicitaires. Les années défilent, les images ne se ressemblent pas, du noir et blanc, nous sommes passés à la couleur et aux effets spéciaux. Mais ce qui reste inchangé, c’est l’envers du décors.

La PUB, à quoi ça sert? Où ça se trouve? Qui l’a inventée? Pourquoi on aime ça? Qui la fabrique? Est-ce que la  pub, c’est vrai? Peut-on montrer n’importe quoi? Finalement, la PUB…elle est partout, elle n’est ni bonne ni mauvaise, il faut juste savoir se poser les bonnes questions pour ne pas être pris au piège. Belle prestation! Et bravo pour les montages vidéos!

10/ Et pour finir…

Un sujet que les enfants connaissent mais dont ils ne se lassent pas: les dents! Cours de médecine à l’école primaire en compagnie des maman de Lydia et Paloma. Des mots bizarres: racine, collet, couronne, émail, dentine, pulpe, calcium, fluor, incisive, prémolaire, canine, molaire, bactérie, gingivite, carie, tartre…aïe, aïe…ça fait mal docteur!

Et oui, c’est pour éviter les problèmes, qu’il faut absolument suivre quelques petites règles de base: Bien se nourrir, se rendre chez le dentiste régulièrement pour contrôler, bien se nettoyer quotidiennement les dents, changer sa brosse 4 fois par an (1 couleur par saison!) Mais ça vaut la peine, car une dent, quand elle meurt, elle ne repousse plus…

Voilà, le forum s’arrête là pour cette année, mais j’attends avec impatience l’année qui s’annonce et les nouveaux projets à mettre en place avec les nouveaux parents. Car il est à mon avis essentiel d’ouvrir l’école aux familles, d’ouvrir les classes à autre chose que le « purement » scolaire. Alors je peux imaginer certains d’entre vous se demander. Oui mais alors, la division et le passé composé, vous l’étudiez quand?…Ils les ont étudiés…demandez-leur…mais faites-le vite car les vacances sont comme une grande vague qui déferle et emporte bien des souvenirs. Heureusement le phénomène des marées est là…ça s’en va et ça revient…

Pour mémo, voici les articles précédents

http://lewebpedagogique.com/ostiane/2008/05/17/ouverture-du-forum-des-parents/

http://lewebpedagogique.com/ostiane/2008/05/30/les-cm1-ont-fait-leur-cinema/

http://lewebpedagogique.com/ostiane/2008/06/28/forum-des-metiers/




Forum des métiers

28 06 2008

Suite et presque fin du Forum de métiers mis en place ces deux derniers mois …

Je souhaite, avant toute chose, exprimer mon immense gratitude à tous les parents qui ont pu y participer et dire, à tous ceux pour qui cela n’a pas été possible, qu’ils ont d’une manière ou d’une autre été associés à ce projet. Les parents qui ont témoigné ont d’une certaine façon fait entrer tous les parents dans la classe. Oui, c’est le monde un peu opaque et lointain des adultes qui s’est frayé un chemin entre les tables d’écoliers et le tableau blanc…MERCI, chers parents, MERCI pour eux d’abord et puis pour l’école en général.

Le temps étant compté en cette fin du mois de juin, je vais tenter lors de deux prochains articles de résumer les faits.

Je vous avais déjà raconté nos deux premiers épisodes: « chef d’orchestre » et « scénariste ».

Depuis, de nombreuses, diverses et riches expériences ont vu le jour en classe. Reprenons donc où nous en étions restés…à l’épisode…

3/ Le papa de Carmen…

Le papa de Carmen, « comédien » est venu nous parler de la scène, du métier, de la sincérité de l’acteur, de ce qu’est la présence scénique. Il nous a parlé du conservatoire, du théâtre classique, des textes modernes. Il nous a « dit », le verbe est faible, un poème improbable sur les saisons et les douze mois de l’année. Et puis surtout il nous a offert en avant-première un petit scénario top secret que nous nous sommes amusés à lire en classe. Y a-t-il un volontaire? 32 mains levées…Merci Jean-Pierre!

4/ Grâce au papa d’Eva, « machiniste » et à toute son équipe, nous avons eu le privilège de visiter le grand centre de dépôt des BUS parisiens à Auvervilliers.

http://www.gifsmaniac.com/gifs-animes/vehicules/autobus/vehicules-autobus-4.gif

Promenade unique et sur mesure au coeur de la RATP, en bus bien sûr, mais un bus vert rien que pour nous, qui se souviendra longtemps des nos chants animés…Le bus des CM1 direction Gare centrale: ateliers de mécanique, machines à laver gigantesques, odeur de soudure. La bus attitude, maintenant, on connaît, et surtout on comprend! Merci Monsieur Lopez!

5/ Le papa d’Emilien, « constructeur ferroviaire » nous a raconté les premiers chemins de fer, les chevaux de feu, la révolution industrielle, l’épopée des ponts, des viaducs et des constructions métalliques…La tour Eiffel…Nous avons remonté le temps puis l’avons redescendu…jusqu’à la toute dernière ligne de TGV « Paris Strasbourg ».

http://www.gif-anime-gratuit.com/gif-anime-gratuit/moyens-de-transports/trains/train011.gif

Un film pour terminer, un voyage extraordinaire, au centre de la terre, je veux dire, quand tout le monde dort et que Paris respire enfin, nous sommes entrés sous terre, à l’heure et là où un autre monde s’éveille, celui des équipes de maintenance et de surveillance du réseau métropolitain….Vous auriez vu les yeux incrédules des enfants. « Hein! Il se passe tout cela, toutes nuits sous Paris? » Eh oui, leur a répondu Monsieur Bertrand!

6/ 7/ 8/ 9/ 10…à paraître dans un prochain article. Gardez l’oeil ouvert, l’école n’est pas tout à fait terminée…




Formation des enseignants

27 06 2008

Ces dernières semaines, l’actualité éducative porte sérieusement atteinte à l’avenir de la profession, mais surtout à celui de nos élèves, de nos enfants.

Un APPEL de Bernard Collot, hier, pour penser et concevoir « une autre école ».

Aujourd’hui, sur le site l’écume des heures, de Daniel Calin, un APPEL pour la mise en place d’une formation des enseignants de haut niveau au sein d’IUFM rénovés.

Il m’appartient en tant que citoyenne responsable, en tant que mère, en tant qu’enseignante, de défendre et réclamer haut et fort une formation digne de ce nom pour un métier « à nul autre pareil ».

En 18 ans d’exercice, je n’ai jamais éprouvé, comme je l’éprouve aujourd’hui, ce besoin ardent de défendre les valeurs d’un éducation que l’on voudrait solder au rabais sous prétexte de je ne sais quel argument faussement économique, tout en faisant croire au plus grand nombre que BAC+5 serait le garant d’une reconnaissance de statut et le gage d’une technicité méritoire.

Grave erreur de diagnostic de la part de nos dirigeants. Si le savoir savant délivré à l’université reste nécessaire, il n’est en rien suffisant! Le plus haut degré universitaire ne permettra jamais à quiconque d’enseigner dans une classe, de la petite section de maternelle au CM2.

C’est d’un manque cruel de FORMATION PEDAGOGIQUE CONTINUE dont nous souffrons depuis plusieurs décennies. Oui, je réclame, je supplie notre hiérarchie de nous fournir une formation de haut niveau en aval ET en amont de l’obtention de notre diplôme.

Les IUFM présentaient de larges insuffisances car les STRUCTURES SCOLAIRES en marche actuellement sont restées les mêmes qu’il y a 50 ans! La rénovation a voulu se faire au sein des instituts de formation des maîtres, mais cet effort n’a jamais été suivi « intra muros ». On peut comprendre alors les déceptions d’un grand nombre de jeunes enseignants qui récupéraient, à la sortie de leur formation, des postes à 10 000 lieux de ce pour quoi ils avaient été formés.

Mais ne nous trompons pas…C’est à l’école de se mettre enfin à la mesure de la modernité et des enjeux du XXIème siècle. C’est à ses murs, à ses rythmes, à ses structures internes, sans oublier à ses équipes éducatives en place d’enfin accepter, non plus l’évolution (nous sommes restés trop longtemps sur place), mais sa nécessaire métamorphose.

Pour y faire face, nous avons besoin, plus que jamais, d’une solide formation pédagogique portée par l’engagement sans faille des instances structurelles.

Que cette formation soit rendue obligatoire. Que cette formation soit multiple. Que cette formation soit gratuite. Que cette formation soit inclue dans nos horaires ou payée s’il s’agit de stages hors temps scolaire. Que cette formation soit au service d’une autre école, une école plus humaine et plus exigeante, plus moderne, capable de faire face à la formidable attente de nos élèves, de nos enfants.

Je vous laisse juge…à chacun de se positionner sans perdre de vue l’essentiel: la formation de l’enfant qui dépend en grande partie de celle de son enseignant.

Lire l’APPEL

                




Appel pour « une autre école »

26 06 2008

Hier, dans ma boîte mail, un message de Bernard Collot que je m’empresse de communiquer. Il s’agit d’un appel pour « une autre école ». Que l’on soit concerné directement ou non, que l’on se retrouve totalement ou partiellement dans cette lettre, il me semble que chacun, père, mère, enseignant, éducateur en somme, doit prendre le temps de lire cet appel et d’en profiter pour se poser un certain nombre de questions relatives à l’école, et surtout aux finalités auxquelles est doit ou devrait se vouer.

L’école n’est-elle que ce maillon utilitaire au service de la société? Maillon essentiellement économique et financier? Dans ce cas alors, résultats, productivité et compétitivité sont les maîtres mots en matière éducative. Une école pour former des futurs consommateurs et selectionner les purs esprits capables de concevoir les futurs produits marchands?

Ou bien peut-on imaginer l’école comme un espace de vie, de découvertes, de coopération, d’échanges en vue de l’épanouissement intellectuel, social et humain. Une école pour révéler les talents de nos élèves et les aider à prendre part aux formidables et multiples défis qui leur tendent les bras?  Travail et réflexion, travail et humanisme, travail et entraide sont alors des binômes qu’il serait urgent de mettre en place dans nos écoles. Ce sont nos enfants, les vôtres qui la côtoient, quotidiennement.

Que voulons-nous faire de nos enfants?

Il est temps de nous pencher ensemble sur ces questions, et non, chacun de son côté, à la seule lumière de son petit quant à soi.

Je laisse maintenant la parole à Bernard Collot, et je vous invite une nouvelle fois à découvrir le riche sommaire de son site.

« Faire croiser des parents et des enseignants qui ont des aspirations d’une autre école pour leurs enfants. Faire connaître aux uns et aux autres la réalité à laquelle les uns et les autres se heurtent. De cette confrontation, celle des faits, de cette recherche de compréhension, peut-être faire naître ce qui pourrait être commun… pour une autre école. Tel est l’objectif de ce groupe de recherche en constitution.

Pouvez-vous diffuser cette information dans vos réseaux ? Merci. Bernard COLLOT.

Une nouvelle liste de diffusion pour « une autre école » vient d’être lancée par les CREPSC. Elle s’adresse aux parents et aux enseignants. Vous trouverez sa définition ci-dessous. Pour vous y abonner, aller à :

http://listes.marelle.org/sympa/info/pourune.autreecole

Dans le bandeau de gauche, cliquez sur « abonnement »

Dans la partie centrale indiquez votre adresse de messagerie et validez.

Sans quitter le site, allez voir dans votre messagerie, le robot vient de vous envoyer un message avec un mot de passe. Copiez-le, retournez dans le site, collez-le et cliquez sur « abonnement ». C’est fait.

Définition de la liste :

– Vous êtes parents, futurs parents, anciens parents.

Dans l’école actuelle*, telle qu’elle est conçue, vous trouvez:

que les enfants ont du mal à s’épanouir,

qu’elle constitue un ghetto dont vous êtes exclus,

qu’elle provoque des dégâts, de la violence, des comportements face auxquels vous êtes impuissants,

qu’elle ne conduit pas les enfants et les ados à devenir des citoyens actifs.

Bref, vous aspirez pour vos enfants, pour les enfants, pour toute la société, à « une autre école ».

* Il s’agit de l’école en général, peut-être vos enfants ont la chance d’être dans une classe qui dénote. Votre apport est alors tout aussi intéressant.

– Vous êtes enseignants.

Sur le terrain, vous vous débattez aussi,:

pour atténuer les conséquences du vieux cadre scolaire,

pour tenter d’y faire autrement malgré les pressions, les contraintes, la coercition hiérarchique,

pour permettre aux enfants de quand même s’y épanouir, de s’y construire comme futurs citoyens,

pour travailler dans une autre approche,

vous avez aussi des envies, des idées, d’une « autre école ».

– Cette liste est faite pour en parler, échanger, évoquer ce sui se passe pour les enfants, les adolescents, les difficultés rencontrées, les obstacles sur lesquels vous buttez les uns et les autres, les pressions voire les mesures de rétorsion subies, les essais, les tâtonnements faits par les uns et les autres, la réalité quotidienne des uns et des autres, qu’est-ce qu’on peut faire dans l’immédiat,…. vers quelle autre école vous voudriez aller.

– Connaître, faire connaître, comprendre, se comprendre, résister, construire. « 

MERCI BERNARD!

Et maintenant…à vous!




Ecole et famille, une histoire sans fin…

25 06 2008

L’année s’achève bientôt, mais l’aventure continue!

Ce matin, je vous propose donc une vidéo sur un thème qui m’est cher, vous l’aurez deviné…la relation école-famille, pour arrêter de dire, répéter et titrer à tout va que « la tension monte »…

Cap Canal est un magazine dirigé par le pédagogue Philippe Meirieu qui a le mérite de mettre en scène, autour d’une table de réflexion, des personnalités diverses et variées pour y aborder des problématiques récurrentes à l’école. Il appelle cela « Questions de parents ».

Les parents à l’école, dans l’école, hors de l’école…Comment et pourquoi?

Alors justement pourquoi attendre le mois de juin pour diffuser un tel document? Parce  qu’il n’est jamais trop tard…

1/ pour réfléchir

2/ pour comprendre

3/ pour agir

4/ pour mettre en place de nouveaux projets

5/ pour se quitter en se disant…l’année prochaine, je m’y mets!

JE= toute personne désireuse de faire avancer le schmilblick!

PARCE QUE NOS ELEVES, VOS ENFANTS LE VALENT BIEN!




Fête de la musique

21 06 2008

  Hier , un début de soirée festif, un apéritif coloré entre grands et petits, une douce veille d’été au parfum léger, une cour de récré transformée en estrade géante, et des enfants partout, des parents partout, des enseignants partout! Bref, un début de soirée comme on en souhaite davantage à l’école…

Fête de la musique, bien sûr, mais surtout fête des talents…

Mandoline, guitare, piano, flûte traversière, trompette, tambour, luth mais aussi de nombreuses partitions chantées à capela.

Et puis des duos, des valses à quatre mains, des versions rock revisitées, des mamans au micro, des papas à la guitare électrique, des petits jupons hauts comme trois pommes, des collégiens qui sortent à peine de l’enfance.

                                                       

                                                  

Une touche d’organisation, une pincée d’improvisation, le tout mélangé avec une bonne dose de participation active…Bravo à tous ceux qui y ont participé, en live ou dans les coulisses…

                           

La fin d’année se prête à ses regroupements festifs. Nous sommes tous fatigués, nous sommes tous impatients de retrouver le bonheur des vacances toute proches…Se quitter sur un joli moment de partage, c’est un sourire à l’année passée et un clin d’oeil à l’année qui suit!




L’autorité…une histoire d’équilibres

19 06 2008

Joli mot ou vilain tabou?

Ce soir, pas envie de disserter en bonne et due forme.

Juste le plaisir de susciter des pistes via un petit dialogue sans prétention fait de bric et de broc à partir de petites phrases que tout le monde a entendues ou prononcées au moins une fois…

– Oui, mais toi, tu as l’autorité naturelle.

– Ah, tiens donc la fée bleue se serait-elle penchée sur mon berceau? Et hop! une maîtresse, une!

– Aujourd’hui, l’autorité n’est plus à la mode à l’école, il vaut mieux être un prof sympa, ça passe mieux aux yeux des élèves.

– C’est drôle, les miens me trouvent plutôt sévère et les parents me disent exigeante. Et ils ont certainement raison. Ce qui me dérangerait c’est qu’ils me trouvent injuste ou inabordable.

– L’autorité, c’est comme les règles d’orthographe, ça ne se discute pas.

– Parfois oui, souvent non…Ca dépend de mon degré de fatigue ou de mon niveau d’incompétence. Le « taisez-vous » ou le « c’est comme ça » sont directement reliés à ces deux facteurs.

– Faire autorité ou être autoritaire, deux formules pour le prix d’une.

– Il y a pourtant ces 2 verbes bien  distincts « faire » et « être ». L’un suggère l’action et le consensus, le second évoque plutôt l’auto-proclamation et l’injonction. Pour moi, ce sont bien deux concepts éducatifs radicalement différents, voire opposés. A la maison ou en classe, je peux passer mon temps à crier « je suis la référence », « je suis l’autorité », « je suis ta mère »…si je ne convaincs pas en actes, mes paroles risquent de se perdre en échos de plus en plus lointains. 

– L’autorité, une histoire d’expérience.

– Comme tout dans la vie, je crois. On a des prédispositions dans tel ou tel domaine, et puis à force de questions, de recherches, d’erreurs surtout, on avance, on met en place des rituels, des trucs, des savoirs-faire…L’éducateur, maître ou parent n’échappe pas à ce corps à corps avec les réalités de l’existence. L’enfant ou l’élève évolue lui aussi, d’un groupe à l’autre, d’un âge à l’autre. Il serait vain de penser que l’autorité, une fois acquise, n’est jamais remise en question…

– Un maître qui sait ce qu’il dit est mieux respecté. Sans savoir, pas de respect. 

– Ce qui me paraît incontournable c’est la reconnaissance de part et d’autre d’une espèce de partenariat autour de l’idée de compétences. Mon élève ou mon enfant possède des talents, un potentiel plus ou moins révélé, je le lui reconnais et je lui permets de l’accroître ou de le développer. Il peut l’accepter ou le refuser, c’est alors que l’adulte doit faire preuve de distance.

– Savoir dire « stop ». Imposer le « non » inconditionnel, c’est aussi cela l’autorité.

– Là aussi, combien de fois ai-je proféré ce « non » sans appel et non négociable. Et puis, derrière ce non, un autre se profilait immédiatement, et de non en non, on passe son temps à contenir, à exiger, à refuser. L’autorité passe par le jugement. Savoir choisir les « oui » légitimes fera passer les « non » tout aussi légitimes. J’essaie toujours de comprendre mes motivations personnelles et les enjeux éducatifs auxquels je ne peux me soustraire. C’est un peu l’explication du titre de cet article, « L’autorité…une histoire d’équilibres ».

Pour terminer, quelques concepts synonymes: travail accompagé, auto-régulation, respect mutuel, autonomie, bienveillance exigeante, réciprocité, mise en évidence du sens, complémentarité éducative…

Bon, ça suffit pour aujourd’hui, à vous de livrer vos trucs, astuces, préceptes, idées, expériences…les commentaires sont ouverts!




Droit de réponse à Natacha Polony

17 06 2008

Si Natacha Polony m’avait interviewée…aux côtés de certaines de mes collègues Jeanne, Elisabeth, Ariane, Rachel, sans oublier Julien Dazay, inspecteur de Seine-Saint-Denis, je n’aurais pas forcément répondu comme elle eût souhaité que je l’eusse fait…

Je vais donc m’amuser ici, entre vous et moi, à improviser un dialogue dont les répliques de A sont toutes directement issues de « l’enquête » du Marianne de cette semaine, intitulé « Les instits sont-ils encore les hussards de la République? ». Vous trouverez au travers des répliques de B comme un écho de ma propre pensée…

  • Pour vous l’école aujourd’hui c’est quoi?

A: Tous les problèmes sociaux concentrés dans la vie quotidienne de 20 gamins.

B: Le reflet de la vie quotidienne.

  • Et votre métier, comment le qualifieriez-vous?

A: Un monde étrange qui ne ressemble pas à ce que j’avais espéré.

B: Le plus beau métier du monde, mais sans doute un des plus exigeants humainement, intellectuellement.

  • Selon vous, quelle est la mission de l’école primaire?

A: Autrefois, les instituteurs devaient former des hommes libres, les futurs citoyens de la République. Ils étaient le pilier sur lequel reposait l’édifice social et politique. Aujourd’hui l’école primaire est en crise, la société est bouleversée, l’école déstabilisée.

B: « Nos » écoliers sont nés à l’aube du XXIème siècle. Eux seuls détiennent les clés du futur. Il me semble alors que la mission de l’École est de les aider à vivre pleinement leur présent d’écolier de 5 ans, de 8 ans, de 10 ans. L’École et les familles, côte à côte et non plus l’institution scolaire au-dessus de tous. C’est un défi car cela signifie qu’on regarde enfin les écoliers comme des enfants d’aujourd’hui éducables et respectables.

  • Pour vous, c’est plutôt « instituteur » ou « professeur des écoles »?

A: Il y avait de la beauté dans ce titre: instituteur. « Professeur des écoles » est un titre prétentieux, boursoufflé. Pétris de sciences de l’éducation, ils ne sont plus ces missionnaires vénérés pour leur savoir autant que pour ce statut de modèle qui les auréolait.

B: Mon métier ne se résume ni à un titre ni à un statut, encore moins à l’allégorie statufiée d’un buste glorieux, vestige de je ne sais quel passé plus que parfait. Je me considère comme praticienne et pédagogue mais dans mes dîners entre amis je dis volontiers maîtresse d’Ecole ou instit’. C’est toujours l’Ecole qui porte la majuscule, pas le titre.

  • Justement, les parents, quels rôles jouent-ils dans l’éducation?

A: Ils nous demandent de combler leurs propres lacunes, ils n’ont pas le courage d’apprendre les bonnes manières à leurs enfants. Ils nous menacent quand les résultats sont mauvais et exigent, pour des élèves de maternelle de connaître le programme de mathématiques et de français. C’est à nous de les éduquer. Les gamins passent leur journée devant leur console de jeu. Comment voulez-vous que nous en tirions quoi que ce soit?

B: Les parents sont les premiers déstabilisés par une société qui les harcèle. Soumis aux intempéries de la vie familiale et professionnelle, ils transfèrent une grande part de leur angoisse dans la vie scolaire de leurs enfants. L’école n’est certes pas un centre d’écoute familiale mais elle doit prendre en considération certaines données sociétales. Elle ne peut en faire l’impasse. Nier le besoin des familles en matière d’aide à la parentalité, c’est fermer la porte à l’éducation d’une grande partie de nos élèves.

  • Enseignant, une mission ou une profession?

A: Qu’ils appellent cela mission ou vocation, les instituteurs font un métier qu’ils savent un peu à part, certains l’acceptent, s’en font un étendard, d’autres le refusent au nom de la « professionnalisation. »

B: Enseignante missionnaire, professionnelle de l’éducation, praticienne scolaire et chercheuse insatiable. Il est inconcevable de dissocier ces divers « attributs », tant ils sont liés les uns aux autres et surtout liés au devenir de l’École. Refuser une des dimensions c’est se confiner dans une posture et dans l’immobilisme. De tous temps, diviser pour mieux régner fut une stratégie efficace mais lorsque l’avenir de nos enfants est en jeu, de grâce, un peu de hauteur et beaucoup de pudeur.

  • On parle beaucoup du retour aux bonnes vielles méthodes. A commencer par apprendre à lire. N’est-ce pas une évidence?

A: Je suis avec les enfants et je me considère comme un rouage dans le processus de liberté. Pourquoi j’enseigne le B et A-BA? Cela n’a l’air de rien, mais l’enjeu du CP est de savoir si, plus tard, il y aura la lecture de Balzac ou pas.

B: Balzac est un auteur parmi tant d’autres. Pourquoi pas lui, pourquoi pas Villon, pourquoi pas aussi Boris Vian? Lire bien sûr, évidemment, énormément, passionnément. B et A, ça donne bien les deux premières lettres de Balzac. Mais de là à croire que déchiffrer B.A.L.Z.A.C. permettra d’entrer dans l’univers de Lucien de Rubempré ou de Lolotte, il y a là un tour de passe-passe proche de l’escroquerie intellectuelle qui fera perdre à beaucoup bien des illusions!

  • L’échec scolaire, un sujet qui fâche. Quelles leçons tirer de ces chiffres qui font frémir?

A: Pris entre leur envie d’affirmer la grandeur de leur métier et le refus d’assumer les échecs du système, qu’ils préfèrent attribuer aux inégalités sociales et à des causes externes, laissant croire ainsi qu’il n’est pas de pouvoir émancipateur du savoir, les enseignants courent le risque de dévaloriser eux-mêmes l’école en clamant son impuissance. Qui croit en l’homme, croit en un rôle majeure de l’éducation. Le reste doit être dicté par le pragmatisme et l’évaluation des résultats.

B: Et si on arrêtait de vivre par procuration au travers de ces chiffres qui veulent tout dire et ne signifient pas grand chose. Je veux dire par là, oui il y d’immenses progrès à faire en terme d’éducation, d’instruction, d’enseignement. Le nier serait faire preuve d’immaturité et d’un manque total du sens des réalités et des responsabilités. Mais qui souhaite progrès exige aide et formation. Il en va des élèves comme des enseignants, et oserais-je ajouter, comme des parents. Faire le pari d’une école ambitieuse ne se mesure pas qu’aux seuls résultats chiffrés. La valeur de l’homme, et encore moins de l’enfant, ne se réduit pas à une somme de notes. La part humaine de l’écolier n’est que très rarement prise en compte. Pourquoi? Parce qu’elle n’est pas quantifiable. C’est dommage. Car alors, les statistiques parleraient autrement.

  • Et la maternelle, fleuron de l’école française ou débâcle annoncée du système?

A: La maternelle va mal. Elle a pour objet de faire intégrer aux enfants des repères temporels, de les préparer à devenir des élèves, c’est à dire à contrôler leurs pulsions et à se tenir silencieux et concentrés. Il m’arrive d’inspecter des écoles dans lesquelles les enfants ne restent pas une heure affilée dans la classe. Activités de groupe, sorties…Ils bougent en permanence et sont incapables de se taire et d’écouter. L’enjeu est clair, pour défendre cet outil formidable qu’est la maternelle, à la française, il faut le repenser, le réformer dans le sens de l’exigence.

B: Il me semble que tout enseignant devrait commencer par enseigner en maternelle. Tout s’y apprend, tout s’y comprend, tout s’y construit. La maternelle, la plus belle chose que l’école ait inventé mais qui reste à réinventer avec toujours plus d’audace et de courage. Je refuse le terme d’outil. Non, la maternelle est un espace de vie, de mouvement, de découverte, d’apprentissage, de construction. Elle ne doit en rien dresser le futur élève, elle doit révéler l’enfant. C’est bien différent.

  • Pour terminer sur une note positive, que proposeriez-vous?

A: Plus que jamais, les instituteurs et professeurs des écoles jouent un rôle fondamental dans le processus d’émancipation des futurs citoyens. Sans doute faut-il retrouver un peu de la force de ce pacte moral noué il y a plus d’un siècle entre la nation et ses instituteurs. Retrouver aussi les conditions de la confiance.

B: Je propose 5 entrées en matière pour une réflexion en profondeur sur ce pacte d’éducation:

  1. l’Ecole pour tous
  2. l’Ecole de tous
  3. l’Ecole comme rempart contre l’exclusion
  4. l’Ecole comme vecteur d’accès au monde
  5. l’Ecole comme moyen de partage.

Les programmes et les réformes doivent être pensés en fonction des élèves et non pour coller à une société qui ne sera, de toute façon, pas celle dans laquelle nos enfants vivront. Donnons-leur les moyens de construire leurs rêves, pas les nôtres, et de ces rêves d’imaginer leur réalité, et non pas la nôtre…

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Une bonne leçon!

13 06 2008

« L’école de la République est celle de tous les enfants sans aucune discrimination, quelle que soit leur déficience ou la maladie qui les atteint » : tel est le premier article de la charte Handiscol…

Merci d'activer Javascript et Flash pour voir cette vidéo Flash.

L‘humour au service des vraies questions.

Le rire pour désamorcer les peurs…

Les peurs de l’enseignant:

« Serai-je soutenu ?

Faut-il que je change ma pédagogie ?

Quel regard porter sur cet élève ?

Existe-t-il des formations ?« 

Autant de questions pour l’enseignant chargé d’accueillir dans sa classe un ou plusieurs enfants handicapés et auxquelles ce guide tente de répondre.

Et vous parents…

Si votre enfant est enfin scolarisé…vos peurs ne sont jamais très loin…

« Quelles étapes aurai-je encore à franchir?

Quels seront mes nouveaux interlocuteurs?

Comment accompagner mon enfant? »

Comment construire une relation de confiance avec son enseignant?

Pour tous, quand handicap et quotidien partagent les bancs d’école, quelques pistes à suivre sur ce magazine.

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Digital natives

7 06 2008

Pour poursuivre une discussion commencée cette semaine sur BLOG BLEU PRIMAIRE…

« L’école peut-elle faire l’économie de la révolution numérique ? Jusqu’à ce jour, elle a résisté, contre vents et marées, se positionnant comme gardienne de la tradition plutôt que comme laboratoire du troisième millénaire. Mais désormais, la génération des enfants du Net a envahi les bancs de l’école, du collège et du lycée, trouvant au tableau noir et à la craie un petit air bien désuet.. »

Extrait de l’édito sur les digital natives paru dans le Monde de l’Éducation, avril 2008.

http://www.dailymotion.com/video/x5tvr5

Trouvé chez Mario Asselin

Une vidéo de Théo Bondolfi


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Les CM1 ont fait leur cinéma!

30 05 2008

Dans le cadre de notre forum des métiers, nous avons reçu cette semaine le papa de Cléo, qui travaille pour une chaîne de  télévision, au service des achats de scénarios.

Il revenait de Cannes, alors, bien sûr, nous étions tous très impatients!

Des stars, des potins, des rumeurs, des paillettes?

Pas du tout, les enfants ne sont pas comme les adultes. Ils n’ont pas besoin de cela pour rêver.

Nous avons appris tellement de choses.

Pour que le film arrive en salle, il a fallu qu’il traverse toute une longue chaîne  d’étapes.

Que de métiers différents, que d’hommes et de femmes invisibles et méconnus du grand public.

Scénariste, réalisateur, distributeur, acteur, décorateur, costumier, éclairagiste, preneur de son, cameraman, monteur, maquilleur, cascadeur…

Une grande foire aux mots: générique, doublure, court métrage, image rush…

Et puis surtout, la prise de conscience que fiction n’est pas réalité.

– Mais le Titanic, c’est une histoire vraie!

– Quand la balle traverse son coeur, on voit le sang, comment ça marche?

– Et Quand le monstre se transforme?

– Les flammes dans l’incendie, elles sont réelles! On voit la tour qui s’effondre!

Il était très intéressant de voir ces jeunes spectateurs prendre conscience qu’un film, ça se fabrique, qu’il faut souvent plusieurs années entre le projet initial et la sortie du film.

Nous avons décidé d’élaborer dans le cadre de nos productions d’écrit, 6 scénarios et de les soumettre à un comité de lecture.

6 ateliers de 5 élèves.

Il nous reste peu de temps…mais grâce à leur motivation, je suis certaine qu’ils y parviendront.

Souhaitons-leur BONNE CHANCE!

Et surtout MERCI au papa de Cléo d’avoir donné un peu de son temps et beaucoup de son expérience!