La fête des voisins

27 05 2008

Et si l’école s’y mettait…

Dans les quartiers,

Dans les couloirs,

Dans la classe,

Si nous fêtions les voisins…

Voisins de table, voisins d’étage, voisins de rue…

On est tous le voisin de quelqu’un, non?

Et si justement, histoire de voisiner un peu,

vous envoyiez cet article à un voisin ou deux…

Un parent d’élève, un collègue, un professeur?

A vos clics, partez!




Parents enseignants…un contact délicat

23 05 2008

Parents – enseignants : améliorer le contact

Un entretien à lire sur le site du Café Pédagogique

Ma petite contribution sur leur forum…

Cette thématique de la relation Ecole Famille me paraît, plus encore aujourd’hui qu’hier, fondamentale et incontournable. Merci à vous d’ouvrir ici un espace de réflexion sur ce sujet. Pourtant, je suis surprise de constater le peu, pour ne pas dire l’absence totale de réaction à votre entretien. 

Est-ce là le reflet du malaise que cette problématique génère? Et pourquoi cette timidité? J’ose proposer quelques axes de réflexion. 

1 / De très nombreux discours négatifs sur l’école et le rôle des enseignants circulent depuis quelques années dans TOUS les médias et diffusent au quotidien, auprès des parents et des élèves, un message pessimiste et destructeur. A force de lire et d’entendre: TOUT VA MAL A L’ECOLE…on finit par y croire…puisque tout le monde le dit! Premier paradoxe: on croit ce que l’on entend plus facilement que ce que l’on vit réellement.  Les enseignants, par instinct de survie, se raidissent donc et n’ont plus qu’à bien se tenir: moins ils font de bruits, mieux tout le monde se porte…La politique de l’autruche…

 2/ Les enseignants, peu habitués à la relation à l’adulte, reçoivent mal cet appel au dialogue avec les familles. Notre formation ne nous a pas ouverts à cette dimension relationnelle HORS CLASSE. On nous a appris à gérer le groupe classe, on nous a informé sur la relation pédagogique maître- élève. On nous a appris à réfléchir sur les pratiques et les théories des auteurs et des penseurs. On nous a enseigné les grands courants pédagogiques. Bref, on nous a appris à rester EN classe, au sein de l’institution. SURTOUT ne pas en sortir, ni ne laisser ENTRER personne. Alors, du jour au lendemain, vous imaginez, « affronter » les parents d’élèves…c’est un peu s’affronter soi-même…Et cela est loin d’être facile. Je dirais même plus, cela s’apprend.  

3/ Les seuls contacts existants à l’heure actuelle, entre l’école et les familles, sont essentiellement d’ordre administratif ou « répressif ». Règlements scolaires, conseils d’établissement, rendez-vous de mauvais augures, mots à l’encre rouge sur les cahiers de correspondance, etc… Comment, dans un contexte pareil de suspicion d’une part et de formalisation à l’extrême de l’autre, comment donc est-il imaginable de construire les prémices d’un début d’un envisageable vrai PARTENARIAT? 

Pourtant… 

1 / Partout où les écoles et les familles élaborent de VRAIS PROJETS éducatifs avec au centre, l’enfant-élève, on voit les tensions disparaître, et les premiers bénéficiaires en sont forcément les élèves, les enfants donc. Puis, par effet de dominos, les parents et les enseignants. La chaîne est bouclée et chacun est entré dans la danse. La communication passe par la coopération. PARLER pour FAIRE. DIRE pour AGIR. Ces expériences restent pourtant limitées pour tout un tas de raisons, dont la plus simple à évoquer ici, reste celle des horaires. Pendant que les élèves sont à l’école, bien souvent, les parents travaillent. 

2/ Un deuxième axe peut alors être exploité, celui des TICE. L’Internet au service de la relation école-famille. Par le biais de Site Web d’école ou par celui de blog d’enseignant ou de parent, nous voyons là émerger un nouveau mode de communication sur lequel il me semble très intéressant de réfléchir. Pas de contraintes d’horaire, pas de délocalisation, pas d’angoisse du face à face direct. Un moyen rapide et efficace donc mais qui ne doit pas se substituer à la relation « physique » entre l’école et les familles. C’est un outil de plus à la communication. Il ne doit pas devenir un ECRAN de plus entre les uns et les autres. Et cela s’apprend également… 

Pour terminer je dirais que l’école ne peut plus faire l’impasse d’une réflexion en profondeur sur cette dimension relationnelle et contractuelle.  A l’heure où de nombreuses familles se trouvent légitimement en attente d’éducation et d’enseignement, où les discours démagogiques et « catastrophistes » débordent de tous médias, où la société peine à trouver des valeurs communes, où les individualismes prônent sur les projets coopératifs; il me paraît incontournable d’envisager autour de l’enfant, de l’élève un véritable PARTENARIAT d’EDUCATION. Un partenariat positif, concret, citoyen, réaliste et porteur de vraies promesses pour les élèves. A chacun de le définir en fonction des attentes et des besoins qu’il rencontre dans son quartier et son école. A nous, enseignants de saisir à bras le corps ce formidable défi. Je pense que tous, nous y gagnerions, en reconnaissance et en confiance réciproque. 

Ostiane Mathon

Et si nous continuions ce petit débat ici…avec vous…entre partenaires bleu primaire!




Allô maman bobo!

22 05 2008

Quand récréation

rime avec hospitalisation…

Qui n’a pas connu ce coup de fil en pleine réunion…allô, bonjour Madame, alors ne vous affolez pas, ici l’école de votre fils, avez-vous une bonne mutuelle?

Non, je blogue, enfin je blague, enfin pas vraiment!

Cette année…et c’est la maman qui parle…mâchoire supérieure, petit doigt de pied, clavicule…ça commence toujours de la même manière…Ostiane, c’est pour toi, téléphone! Tu prends sur la ligne 0? Oui, merci, tu peux m’appeler un taxi en urgence? Aujourd’hui, 1 bus sur 3….Et je crois que je vais en avoir besoin…

L’école: la cour de récré, les couloirs, les portes, les escaliers, les jeux de cache-cache, la course poursuite…etc

Accidents de la vie, petits et gros bobos.

Comment vivre ces moments avec l’enfant, avec l’école, avec le camarade responsable ou non. Tiens, le voilà le mot: RES-PON-SA-BI-LI-TE

Dans un monde où la faute n’est plus acceptable, où l’erreur est mal vécue, où l’imprévu est rayé du vocabulaire, où la responsabilité est légalement engagée à tous les échelons de la vie, où la législation régie toutes les situations  quotidiennes, etc…comment faire accepter chez les jeunes et les moins jeunes, cette notion de risque pourtant tellement nécessaire, tellement formatrice, tellement vitale.

C’est la faute à…

Qui est le coupable?

Qui est le responsable?

A l’école, et là c’est l’instit’ qui reprend la parole, nous vivons directement et de plein fouet cette généralisation du législatif dans la vie scolaire.

Organiser une sortie devient parcours du combattant, proposer un voyage scolaire relève de mission impossible, proposer l’intervention d’un professionnel non labellisé éducation nationale est un acte illégal, laisser aller les enfants aux toilettes, sans surveillance est passible de pénalité, partager un goûter peut dégénérer en psychose allergisante….etc

Alors pour en revenir à mon sujet de départ… »Qui surveillait la cour? A quel endroit précis a eu lieu l’impact entre les deux enfants? Où se trouvait très exactement le référent adulte? A quelle heure a-t-il pris son service? Combien d’enfants jouaient dans le même espace au moment du sinistre…. »

L’école, lieu de vie, de collectivité, d’énergies contradictoires avec ce que cela engendre comme risques encourus?

Ou bien espace aseptisé, lisse, hyper formaté, du type école sur papier glacé…

Qu’en pensez-vous?

Quelle place dans nos vies pour la prise de risque et l’acceptation de la non maîtrise des événements?  Quel équilibre entre nécessaire sécurité et absolu contrôle? Et surtout quelle incidence sur nos comportements, nos réactions et nos mentalités?

Bon, ce sera tout pour aujourd’hui…Je vous laisse la parole…Qui se risquera à s’exprimer en premier?




16h30…sortie de classe

20 05 2008

PARENTS, CHERS PARENTS…C’est quoi, pour vous l’heure de la sortie?

Le compte rendu, heure par heure, de la journée d’école?

Le décompte anxiogène des bonnes et mauvaises notes?

Un instant convivial où vous retrouvez d’autres parents?

L’occasion de glisser un message à l’enseignant?

Un rendez-vous avec votre enfant, petit goûter et sourire en coin?

La possibilité de voir la tête de ses camarades?

Une grand moment de solitude car vous ne pouvez pas y être?

Un passage obligé mais franchement, vivement qu’il rentre seul à la maison!

POUR MOI CE SOIR, UN MOMENT DE GRANDS DOUTES ET DE REMISE EN QUESTION.




Retard scolaire

19 05 2008
Retard scolaire :Respectons le développement de l’enfant  
Pour un tiers des élèves, l’école commence trop tôt et progresse trop vite. Les enseignements doivent s’adapter à leur divers niveaux de maturité, sous peine de les faire courir à l’échec. C’est ce qu’explique le pédiatre Guy Vermeil qui travaille, depuis longtemps, avec des enfants en maternelle et en primaire, dans son ouvrage Le retard scolaire. Retard vrai ou maturité décalée (Ed. Ellipses).

Pour tous, un entretien à (re)lire.

Pour les enseignants, un sujet à approfondir.

Pour les écoles, un projet concret à imaginer.

Pour les parents, des pistes à suivre.

Pour les élèves, un espoir de mieux grandir!

De la théorie, à la pratique, il n’y a qu’un pas.

La fin d’année approche…conseil de classe, concertation, passage, maintient…et si on se posait la question autrement?

Éclairez-nous de vos expériences, de ce que vous et/ou votre enfant avez vécu entre le moment de l’annonce, la concrétisation du redoublement, et le résultat in fine un an plus tard.

Pour vous, une année de plus dans le même niveau, ce fut une bonne ou une mauvaise décision?




Ouverture du forum des parents

17 05 2008

Hier, une très très belle journée d’école…

L’ouverture par les parents du « Forum des métiers ».

Une ouverture en « LA MAJEUR »

Le papa de Paul, « Chef d’orchestre » nous a fait cadeau de sa visite, de son témoignage, de sa passion.

La passion à l’école…vous imaginez?

Un chef, comme on les imagine, le cheveu qui vole, la baguette en main, un petit accent au bord des lèvres, le cœur en bandoulière, mais le geste précis, le mot exact, le regard concentré.

« Bonjour les enfants, je vais vous parler de mon métier, un métier de groupe, un métier social. »

Une heure et demie de bonheur…32 petits élèves transformés en apprentis musiciens.

Nous avons battu la mesure, nous avons donné l’attaque, nous avons écouté de grands compositeurs, nous avons observé le grand livre des partitions, nous avons chanté en rythme et en cadence, nous avons découvert les instruments de l’orchestre

Et puis nous avons écrit tout plein de mots nouveaux au tableau:

« mezzo », « pianissimo », « octave », « queue de pie », « jaquette »

Et un et deux, et trois et quatre….C’était bien, hein les enfants?

Alors le soir, après une retour bien obligé par le groupe nominal et le passé simple, nous avons créé sur de grandes feuilles à dessin, nos partitions imaginaires. Un folklore incroyable de notes dansant sur des portées improbables. Si vous voulez voir de quoi sont capables les enfants…rendez-vous à « l’expo » en fin d’article

Tu as un papa formidable Paul!

Merci Monsieur Pehlivanian!

Vous avez donné à l’école, les couleurs de l’orchestre! (un site à découvrir au passage..)

Et par ici, l’expo des enfants…Cliquez sur une note et entrez dans la danse!

http://lewebpedagogique.com/ostiane/files/2009/02/notes-de-musique-11.gif





Grève ou pas grève?

15 05 2008

L’actualité me donne mon sujet du jour.

Un sujet qui concerne bien des enseignants et de nombreux parents.

Un sujet qui relance de nombreuses polémiques.

Et bien justement, je vous laisse la parole…

Vous êtes profs et vous faites ou non la grève, expliquez-nous pourquoi?

Voue êtes parents et vous soutenez ou non le mouvement des enseignants, dites nous comment vous vivez cette journée?

Vous n’êtes ni « de la maison » ni parent, mais vous avez un point de vue sur la question?

Vous n’habitez pas en France, donnez-nous un regard extérieur!

AUJOURD’HUI des commentaires en forme de Forum.

Faites comme Cécile hier, « lâchez vos comment’s »

Juste un petit détour par la Charte initiale, histoire d’éviter la censure…Un vrai beau débat, voilà ce que j’attends de vous aujourd’hui! Je suis certaine de trouver parmi vos réactions de nouveaux sujets à traiter sous forme d’articles à venir. Alors soyez sincères et inventifs!

A Vous!




Pédagogie et pratique de classe

9 05 2008

Ce matin, un article en forme de réponse au commentaire de JMD.

Constructivisme CONTRE behaviorisme

Cognitivisme CONTRE comportementalisme…

2 conceptions différentes de l’apprentissage ?

Découverte des principes CONTRE élaboration de l’association stimuli-réponse ?

Compréhension du concept CONTRE application du mécanisme ?

Construction de la représentation par paliers CONTRE pédagogie de la maîtrise ?

Approche abstraite de l’idée par la conceptualisation CONTRE entraînements systématiques à une règle donnée ?

Je ne vais pas ressortir ici tous mes cours de pédagogie et de sciences du comportement…Pavlof, Skinner, Piaget, Bachelard et d’autres compagnons d’infortune…

Aujourd’hui, je suis « Prof Dézécolle » et je réponds non à un grand oral de mathématiques supérieures, ni à des théoriciens en didactique des sciences. Je suis institi’ et je tente d’amener un maximum de mes élèves vers quelque chose qui ressemble à la compréhension du monde. Et dans le cadre de ma classe, je suis très opportuniste !               

Je n’ai jamais eu à choisir entre l’une ou l’autre de ces conceptions, je ne m’impose pas de choix pédagogiques qui excluraient l’une ou l’autre démarche. La question sur le terrain, au quotidien, ne se pose pas ainsi, me semble-t-il. Ni pour moi, ni pour les nombreux collègues -pédagogues, profs, instits’ ou enseignants- (à chacun de choisir sa dénomination), aux côtés de qui je travaille depuis 17 ans.

Je suis en classe, je tente comprendre comment fonctionnent le cerveau de mes petits élèves. 32 cerveaux…Vous imaginez…Et bien je suis heureuse d’avoir été, en amont, un minimum initiée à la psychologie comportementale…32 cerveaux, 32 démarches intellectuelles, 32 stratégies d’apprentissage…

Mon principe à moi : Il n’y a pas de ligne droite en matière de compréhension. Un principe donc, un autre me direz-vous, oui, mais qui ouvre, in fine, à de multiples voies et d’innombrables recours.

Donc, pas de gourou ni de grand maître prophétique. Juste de nombreux scientifiques, pédagogues, didacticiens, théoriciens à qui je rends hommage car ils me permettent au jour le jour de m’adapter à mes élèves et non de me conformer à un courant de pensée unique et par là même totalitaire.

Je remercie Skinner et j’applaudis Piaget, je ne fais pas de ma pratique de classe une exploitation idéologique et  sectaire. Je me sers de Montessori, mais je ne suis pas Maria, j’utilise Decroly, mais je ne m’appelle pas Ovide, j’écoute Meirieu, mais mon prénom n’est pas Philippe, je lis Bentolila sans faire de l’Alanisme, etc.

Et je crois pouvoir conclure en reprenant les premières lignes de cet article et en transformant le CONTRE par le ET/OU

Et pour en revenir à nos moutons… résoudre un problème en mathématique (ici, en situation d’évaluation):

1/ Il faut savoir lire, c’est à dire comprendre de quoi il est question. (travail sur l’énoncé et les consignes)

2/ Il faut anticiper la réponse attendue. (émissions d’hypothèses en référence à des contenus déjà vus en classe)

3/ Il faut trouver le concept duquel elle dépend. (réinvestissement d’un savoir précis)

4/ Il faut appliquer la règle ou le théorème dans le bon sens et au bon endroit. (transfert du mécanisme)

5/ Il faut maîtriser l’outil et le mécanisme. ( automatisation et entraînements préliminaires)

6/ Il faut vérifier le résultat en fonction du petit 2/

7/ Bien souvent, il faut tout recommencer!

COURAGE les enfants, on finira par y arriver!




Lectures de vacances

6 05 2008

Trois livres. Trois auteurs. Trois rencontres.

Trois lectures complémentaires car l’école est un espace pluriel qui se trouve à la croisée de bien des chemins!

Trois angles de vues différents. Un maître de conférence. Une psychologue clinicienne et psychothérapeute. Un sociologue et docteur en économie.

1/ Gérard  De vecchi: École: sens commun…ou bon sens? Éditions Delagrave. Lire le sommaire.

J’ai aimé:

p60:  » Qu’est-ce qui a baissé et qu’est-ce qui n’a pas baissé? Est-ce le niveau des élèves qui a changé…ou plutôt le rapport qu’entretient l’École avec la société?

Aujourd’hui l’augmentation des peurs et des frustrations débouche sur une forte demande d’exigences. Cela se comprend aisément mais n’autorise personne à affirmer n’importe quoi. N’oublions pas que ce ne sont pas les individus ou les associations criant le plus fort qui possèdent la vérité! »

p 281: « L’École est-elle faite pour l’administration et les enseignants…ou pour les élèves? Et comment se fait-il qu’elle ait pu ignorer à ce point les bases élémentaires de la psychologie? »

2/ Anne Charley-DebrayLa Psychologie de l’enfant Éditions Le Cavalier Bleu

J’ai aimé:

p10: Les journaux nous disent qu’il faut respecter nos chers bambins afin de préserver leur bonté naturelle, mais dans le même temps, certains affirment que si l’on ne sévit pas, nous allons en faire des pervers.

On apprend soudainement que tous les enfants seraient devenus hyperactifs-ce qui est statistiquement impossible! de même, les classes déborderaient de surdoués… »

p123:Les mutations de la société nous laissent à penser que l’enfant aussi a changé. Si on l’observe dans une perspective neuropsychologique, il n’en est rien. Certes il doit s’adapter aux mutations nouvelles de la famille et à un rythme de vie qui ne cesse de s’accélérer. Mais n’en a-t-il pas toujours été ainsi? »

3/ Éric Maurin: Le ghetto français, Enquête sur le séparatisme social Éditions Le Seuil

J’ai aimé:

p 25: « Plus encore que la ségrégation, c’est extraordinaire sélectivité de la mobilité résidentielle qui révèle le mieux l’anxiété des familles et l’importance quasi existentielle du lieu d’habitation.(…)La lenteur des évolutions du paysage urbain s’explique paradoxalement par l’implacable propension avec laquelle chacun, à chacune de ses mobilités, fuit ceux qui se situent immédiatement au-dessous de lui dans l’échelle supposée des réalisations, et cherchent la proximité rassurante de ceux immédiatement au-dessus. »

p 87: « Il n’y a là aucune fatalité.(…) Il est tout à fait possible d’évoluer vers une société où les trajectoires se définissent de façon moins irréversible à chaque étape de la scolarité et de la vie, une société où les échecs de chacun ne soient pas autant d’atteintes destructrices à l’estime de soi. Il est tout à fait possible d’évoluer vers une société plus fluide. Cela suppose des passerelles plus nombreuses et bien plus étroites, des allers et retours plus fréquents et naturels (…) Alors seulement, les familles pourront entretenir un rapport un peu moins anxieux à l’avenir, à la scolarité de leurs enfants et au territoire qui cristallise et révèle l’étendue des blocages. »

Bon, c’est vrai, la Normandie sous la pluie…ça incite à la lecture!

Voilà demain, après 2 semaines, je retrouve ma classe et mes élèves pour la dernière ligne droite. Dernière ligne toujours émouvante. Le dernier chapitre d’une histoire vécue à plusieurs, dans le rire et les larmes…

A vous!

Bloguez-nous vos dernières aventures livresques!




En Mai, FAIS ce qu’il te plaît!

2 05 2008

Hier soir, petit dîner entre amis.

Sujet de discussion avec mon voisin de table, père de trois enfants, scolarisés en primaire et collège.

 » Je suis venu à plusieurs reprises sur ton Blog; très convivial, agréable à lire, offrant des regards distancés, des approches variées et un état d’esprit énergique et positif…pour moi qui suis un vieux bougon a-social, je suis plutôt séduit. »

Wouaw, je n’en demandais pas tant…

« Mais alors, cher C.S.V…pourquoi n’interagis-tu pas? Pourquoi n’écris-tu pas tes commentaires? Pourquoi restes-tu silencieux derrière l’écran? Je t’entends souvent, comme de nombreux amis parents d’élèves, prendre la parole dans les salons, à propos de l’école, des enseignants, de ceci et de cela, de tout et de son contraire, alors…vas-y, dis, explique, exprime, tout haut et hors d’un champ strictement privé et réservé. Si on veut sortir d’un discours de salon, il faut que chacun prenne sa part de responsabilités! »

Réponse: « Le dialogue, j’y crois pas. On aura beau tergiverser sur toutes les problématiques du jour, il y a un moment où il faut bien AGIR « 

Très bien…Respectable attitude.

Sujet du jour donc:

« En Mai, je fais ce qu’il me plaît… »

FAIRE  AGIR  PARTICIPER  CONSTRUIRE  S’IMPLIQUER  CREER  ORGANISER  TRANSFORMER…

La maxime du mois comme une ritournelle printanière, est sur toutes les lèvres. Mai, le mois de tous les possibles, où tout est permis!

OK, alors, « fais, faites, faisons! »

Je suis parent, je suis prof, je suis élève…j’ai forcément quelque chose à faire!

Dans quelle action concrète m’impliquer?

A quelle sortie de classe participer?

Quel événement vais-je organiser?

Que puis-je encore transformer?

Avec qui construire un nouveau projet?

Voilà qui est dit et qui reste à FAIRE…

En ce début de printemps, et si nous choisissions, notre « FAIRE » du mois de mai?

Un « faire » au singulier, mais UN faire en ACTION

A Vous!

Échangeons nos « faire », nos déjà faits et nos « à faire » et « à refaire ».

Des idées à partager…Dialoguer pour agir…voilà une chose concrète!




En Mai, dis ce qu’il te plaît…

1 05 2008

Aujourd’hui, 1er mai, je dis ce qu’il me plaît.

Le mois s’y prête. Mois de révolution.

L’année m’y invite. Année 2008, année anniversaire.

Pas de pavés qui volent ni de barricades, mais l’envie de dire NON.

Ou plutôt de rendre hommage à 4 NON.

Des NON qui ont pesé dans notre histoire.

Des NON qui ont libéré, inspiré et fait grandir l’humanité.

1/ Le NON à la peine de mort de Victor Hugo lorsqu’il écrit, en 1828 Le Dernier Jour d’un condamné.

2/ Le NON de Lucie Aubrac qui s’engagea dans la résistance pour combattre le nazisme.

3/ Le NON de Rosa Parks qui refusa, le 1er décembre 1955 de céder sa place à un passager blanc dans un autobus.

4/ Le NON de Victor Java, auteur compositeur qui, le 11 septembre 1973 chanta Non à la dictature du général Pinochet.

Des NON qui engagent, qui maintiennent en éveil. Des NON qui s’exposent, au péril de leur vie.

Et NOUS, aujourd’hui, et VOUS, ce matin, quel est le NON que vous aimeriez crier, chanter, danser ou simplement prononcer et écrire?

Aujourd’hui,1er Mai 2008, Bloguons le NON. A chacun son NON.

Action…




La culture en « questions »

30 04 2008

Il est beaucoup question de CULTURE dans les orientations scolaires depuis une vingtaine d’années. Enjeux éducatifs et sociaux, postures idéologiques ou discours démagogiques? Les réponses sont complexes. Je ne me risquerais ce matin qu’à un petit exercice de style. Comme ça, entre nous, sur le mode petite conversation de salon BLEU PRIMAIRE.

A/ L’élève n’est plus seulementconsidéré comme un parfait répétiteur que l’on récompense d’un bon-point lorsqu’il déclame sur commande la conjugaison du verbe naître au futur antérieur.

B/ L’école n’est plus cette « institution catalogue » dont la fonction première est d’imprimer chapitre après chapitre dans le cerveau de nos enfants des leçons prêtes à poser, prêtes à réciter.

C/ Les enseignants ne se retrouvent plus dans une image de gardiens du temple, seuls détenteurs d’un unique et noble savoir.

– L’élève est devenu un apprenant.

– L’école, un lieu d’apprentissages.

– Le maître, un générateur de progrès.

Oui, bon, tout cela est bien joli…mais et La Culture dans tout ça? Où est passée Notre Culture? Où Nos Savoirs sont-ils rangés et répertoriés? Qui donc se chargera de les transmettre aux générations futures?

Voilà donc mon sujet bleu primaire et votre problématique du jour.

Qu’appelle-t-on CULTURE A L’ECOLE à l’aube du troisième millénaire?

1/ L’ensemble des connaissances scolaires générales d’un élève façon « Questions pour un champion »?

2/La somme, dans un domaine précis, d’un grand nombre de savoirs permettant de répondre à n’importe quel quiz façon « Grand Oral d’Histoire » de Tautavel à Robespierre?

3/ La capacité à mobiliser, au sein de ses propres connaissances, le savoir en question, afin de le mettre au service de la réflexion et/ou de l’action? Ma lampe de poche est H.S, tous les magasins sont fermés, mes parents sont absents et demain je pars camper…

4/La seule chose qui reste quand on a tout perdu et tout oublié. Je m’appelle Sofia, j’ai dix ans, et si ma vie commence aujourd’hui, elle ne s’arrête pas là…

Hé, hé…Amusez-vous bien…De mon côté j’ai soumis mon petit article à mes ados en perdition…la discussion fut vive, fructueuse et pas toujours convenue!

De votre côté, si aucune de mes 4 propositions ne vous satisfait, n’hésitez pas à me faire part de votre définition, ou, préféré-je dire « conception » de la CULTURE. 

A vous!




La classe des Parents Blogueurs « Saison 1 »

21 04 2008

EPISODE DU JOUR « A VOS CRAYONS! »

Bloguer, telle est ma devise!

Telle sera bientôt votre devise…

Une toute nouvelle série consacrée aux Parents Blogueurs!

Ça vient de sortir sur le Net…

Pour vous, en avant-première sur BLOG BLEU PRIMAIRE

« LA CLASSE DES P.B. » Saison 1

Chers parents, avant de vous posez la question fatale du « Comment faire? », soyez aujourd’hui les acteurs en direct de l’épisode 2 de la Saison 1…

Nous reviendrons ultérieurement dans un Flash Back aux détails techniques, grâce à l’aide précieuse des experts de mon studio de production (secret pro pour l’instant)

Dites-vous plutôt:

 » Je saurai bien le faire.

Elle l’a fait, le fils de ma copine Julie l’a fait, mon neveu d’Amérique l’a fait, la grand-mère d’Anatole l’a fait, la voisine de Salomé l’a fait, le père de José l’a fait, l’instit de ma fille l’a fait…Alors, moi aussi je peux le faire! »

Bravo, vous adoptez donc la BLOG ATTITUDE!

C’est un bon début. Parole de blogueuse!

Oui, bon d’accord pour un BLOG… mais pour quoi faire?

(Tout plein d’idées sur le site d’Astrid)

Bloguer pour dialoguer?

Merci à Delfine pour son illustration!

Bloguer pour s’informer?

Bloguer pour témoigner?

Bloguer pour rester branché?

Bloguer entre parents?

Bloguer avec les enseignants?

Bloguer sur l’école d’un bout à l’autre de la planète?

Bloguer l’éducation via le net?

Bloguer sur la vie scolaire.

Bloguer les uns avec les autres.

ET VOUS PARENTS, SI VOUS EN ETIEZ…

Vous blogueriez comment, pour quoi et avec qui?

Bloguez-moi vos idées, vos questions, vos témoignages, vos doutes, vos envies. Je vous laisse 10 jours…

Et à mon retour, grâce à votre collaboration, je pourrai mettre en ligne l’épisode suivant. Noms d’acteurs à l’appui vous serez les premiers figurants, que dis-je les futurs stars de la série « La classe des Parents Blogueurs »!

1/Un forum questions/réponses en ligne…cliquez sur la bulle « commentaires » et laissez vos petits doigts bloguer sur le clavier, vous serez surpris du résultat en chaîne! Un commentaire en entraînera un suivant et ainsi de suite…

2/Pour créer le buzz, « envoyez cet article »à une dizaine d’amis parents d’élève(s), qui eux-même contribueront et alimenteront le buzz. Effet blog-buzz, ça s’appelle!

3/Et peut-être, à l’issue des épisodes et des saisons à venir, un concours du meilleur Parent Blogueur, du meilleur commentaire, de la meilleure idée blogueuse. Un concours pour le fun, comme à l’école des fans.

A vous!

Quel Parent Blogueur serez-vous?

Ou plutôt devrais-je écrire quel P.B êtes-vous?




B comme b et a ba

18 04 2008

Une petite clarification sur un sujet très largement polémique. Des explications et des analyses de spécialistes et de linguistes ( dont je n’ai pas  gardé la trace, erreur de jeunesse) glanées au cours de ma formation continuée et dont je restitue ici quelques extraits. J’y ai rajouté, en bleu mes propres réflexions en la matière.

Méthode d’apprentissage de la lecture :selon le critère du modèle d’approche, on peut résumer comme ci-après les quatre grandes méthodes de lecture actuelles qui sont la méthode globale, la méthode semi-globale à laquelle est généralement préféré le terme « méthode mixte », la méthode syllabique et la méthode phonétique.

La méthode globale : elle a pour principale caractéristique de commencer l’apprentissage de la lecture par des textes et des phrases  comme si, entre autres raisons, il y avait une relation « naturelle » entre le code écrit et la construction du sens qui est son objectif prioritaire. L’inconvénient majeur inhérent à la méthode globale, lequel est en même temps le principal reproche qui lui a été adressé de manière unanime, est (en l’absence du concept de règle) de conduire à la devinette du code écrit en matière de lecture, ce qui se révèle inévitable puisque les apprenants restent dans l’ignorance du principe de fonctionnement du mot et a fortiori de la phrase.

Constats immédiats:

1/ Cette méthode peut se révéler gratifiante pour le tout jeune élève (de Grande section de maternelle notammant) qui, ne connaissant pas encore le code écrit, fait COMME SI il savait lire en restituant par voie de mémorisation quelques courtes phrases ou textes. De ce premier contact positif avec l’outil social par excellence, on a imaginé faciliter l’entrée en lecture des futurs élèves de C.P. en les « décomplexant » par rapport à l’écrit. (Mais sont-ils si jeunes a priori complexés?)

2/ Quelques phrases répétées et apprises ont, il est vrai,  permis d’offrir au jeune lecteur des textes un peu plus élaborés que le sempiternel « léo et léa vont à l’école. » La tentative était certes alléchante car lire doit ouvrir au sens du texte et non au simple déchiffrage. L’accès à la culture a prévalu sur la contrainte de la règle. ( Curieux contre sens, là où les deux approches me paraissent tout à la fois nécessaires, distinctes et complémentaires! )

Effets secondaires:

1/ Oublier de passer par le filtre de la règle a conduit de jeunes élèves vers la double impasse orthographique et sémantique. Si lire est juste considérer comme une simple devinette, pourquoi l’ensemble de la langue ne fonctionnerait-elle pas ainsi? Ainsi si l’enfant comprend le sens global de la phrase, du texte tout va bien. La communication fonctionne. Globalement certes.

2/ Mais à y regarder de plus près, qu’y a-t-il de glorifiant dans la construction d’une pensée globale? N’est-ce pas un leurre? Aucune pensée n’est globale. Aucun message n’est simple. Toute communication est complexe. Le choix de chaque mot a son importance. Lire, c’est avant tout respecter la parole livrée, inscrite, écrite. Dans un deuxième temps, et seulement dans un deuxième temps, le lecteur pourra  y injecter sa propre distance, son interprétation personnelle.

La Méthode globale a voulu sortir, tout à fait légitimement, d’une approche purement mécanique et mécaniste de la lecture en partant du principe que lire c’est avant tout interpréter, construire du sens. C’est là, me semble-t-il une erreur majeure.

Cela étant dit, cette méthode a très rapidement été laissée de côté par les enseignants, qui faut-il vous le rappeler ne sont pas des machines automates au service des réformes…Bien heureusement.

La méthode mixte :la méthode globale introduit dans l’apprentissage de la lecture par la phrase entière et, la méthode semi-globale ou mixte, par le mot entier ; l’une et l’autre partagent ainsi le qualificatif de « global » ou « entier ». 
Au demeurant, la méthode mixte procède de l’oral vers l’écrit et expose aux mêmes risques de devinettes que celle-ci. Ce grave défaut a obligé certains auteurs à proposer  l’incorporation, dans la pratique, des éléments qui sont de l’ordre de la méthode syllabique, à savoir la lettre et la syllabe. Toutefois, cette perspective n’a guère changé la nature du problème soulevé ni apporté de solution nouvelle ; elle a donné l’occasion seulement de substituer l’expression « méthode mixte » à l’expression « méthode semi-globale » trop proche du terme fortement décrié désormais « méthode globale ». 

L’intérêt d’une telle approche réside, à mon avis, dans la complémentarité de l’oral et de l’écrit, du global et de l’analytique. Une tentative de consensus, de complémentarité entre la construction du sens et le recours immédiat et systématique à la règle, au code. Mais tous les enfants, de 6/7 ans sont-il capables de cette distinction, de cette alternance? Certains oui, d’autres…

La méthode syllabique : sa particularité consiste à engager justement l’apprentissage de la lecture en partant de l’écrit, ou de la manière dont la langue française s’écrit aujourd’hui, et en allant des lettres à la phrase. 
Elle n’échappe pas néanmoins aux faiblesses qui sont, entre autres, la tendance à présenter des lettres isolées et des syllabes artificielles, auxquelles l’on peut ajouter les mots entiers et qui sont sources de difficultés pour les apprenants.

La seule maîtrise du b et a ba ne fait pas de l’élève un lecteur. Un décodeur, certes. Mais une fois les lettres assemblées et prononcées correctement, le mot trouve-t-il un écho chez l’enfant? Car si le mot n’entre pas en résonance chez l’apprenant avec un référent, s’il n’allume pas le voyant d’un vocable reconnu, l’expérience reste infructueuse et source d’angoisse chez le jeune lecteur. La seule méthode syllabique risque d’installer une rupture entre le jeune lecteur et l’outil de communication. C’est là où le niveau de lecture rejoint le niveau de vocabulaire. Certains lecteurs impriment et s’approprient immédiatement le texte car la grande majorité des mots exprimés sont antérieurement connus. Le mécanisme du déchiffrage profite donc très bien à certains enfants. A d’autres…

La méthode phonétique :elle a pour spécificité d’entreprendre l’apprentissage de la lecture à partir de l’oral et, plus exactement, des sons auxquels sont associés les graphèmes auxquels correspondent les lettres et les séquences de lettres de l’alphabet actuel. Tout se passe alors comme si les apprenants avaient notamment une connaissance discriminatoire des éléments du système phonétique de la langue et comme si celle-ci avait été transcrite phonétiquement ou phonologiquement, ce qui n’est évidemment pas le cas et n’aurait d’ailleurs rien changé à la problématique dans l’hypothèse contraire puisqu’une langue est un système de signes conventionnels et qu’il n’y a pas de correspondance objective entre l’oral et l’écrit.

On comprend ici très aisément les limites d’une pareille approche. Il n’existe pas en français, d’adéquation systématique entre phonème et graphème!

Rien n’est simple en matière de lecture. Pour l’apprenant j’entends. Pour l’adulte qui détricote, cela paraît pourtant à portée de main de n’importe quel esprit bien formé. Oui, c’est pourtant simple voyons, il y a le texte, la phrase, le mot la lettre. Pris dans un sens ou dans un autre on arrive toujours à ces quatres catégories d’unités linguitiques. Parole d’experts!

4 unités= 4 méthodes.

C’est mathématiquement prouvé et chiffré. Choisissez votre camp! Choisissez votre « méthode » et on vous dira à quelle idéologie vous appartenez…Quand cessera donc cette imposture intellectuelle, ce mépris mensonger, cette supercherie qui permet de faire couler tant d’encre et tant de larmes. Comme c’est fatigant!

La Pédagogie justement est là pour nous aider à sortir de cette impasse. S’adapter à son élève, à son groupe. Connaître bien évidemment ces différentes approches afin, non de les imposer, mais de les soumettre en fonction de l’individu, du lieu, du moment. Et si on se montrait moins rigide, moins politiquement correct. Et si on acceptait le fait qu’à ces 4 données, s’interposent une multiplicité d’apprenants et avec eux, une multiplicité de référents culturels et sociaux.

Lire c’est prendre des repères, et il y a autant de stratégies de repérage qu’il y a d’intelligences…Plutôt qu’une méthode, travaillons à mettre en lumière, grâce à l’interactivité des enfants d’une classe, les différents processus d’appropriation des uns et des autres. Ne jamais figer la lecture à une seule activité de décodage. L’insérer dans une démarche d’écriture, elle même inscrite dans le contexte social du groupe classe. Plutôt que de brandir une méthode qui réussira pour certains et se révélera vaine pour d’autres, je préfère opter pour l’organisation par le maître, des échanges entre pairs.

Allez, assez de théories pour aujourd’hui, place au jeu!

En commentaires, essayez donc de transcrire le son [è]…Autrement dit les mots où vous entendez [è]




Aimé Césaire (26 juin 1913- 17 avril 2008)

17 04 2008

Aimé Césaire nous  quitte  » mais l’oeuvre de l’homme vient seulement de commencer. »

Saurons-nous nous en montrer dignes?

Adieu Césaire, à bientôt.




L’école, pour vivre ensemble

16 04 2008

Pour les lecteurs qui ne lisent pas la presse quotidienne, et pour ceux qui n’ont pas encore exploré le site d’Eveline Charmeux….

Voici, dans son intégralité, mon « coup de colère » publié hier par le quotidien « La Croix »

LA VIOLENCE A L’ECOLE

L’école pour apprendre à vivre ensemble…

Belle ambition !

A son service ? L’éducation civique et ses leçons de vie.
A son service encore ? Les groupes de paroles entre enfants.
A son service toujours ? Les enseignants-éducateurs. (Voir aussi l’article du 4 février « complément d’enquête sur le métier d’enseignants »)
Bref, vivre ensemble, à l’école, c’est vital, c’est inévitable.
Mais alors, et les autres, que font-ils ?

Et vous ?

Vous, les parents ? Les grands parents ?
Vous, les marchands de vidéo ?
Vous, les promoteurs  de gadgets belliqueux ?
Vous, dans le métro ? Dans la rue ?
Vous, le voisin du dessous ? L’automobiliste pressé ?

Vous, intouchables puissants? Juges corrompus ou politiques décadents?

Que croyez-vous donc ? Qu’il suffit de prononcer les mots respect ou morale deux fois dans la journée pour participer à leur diffusion ?

Le respect,un mot tant à la mode qu’il s’est vidé de son propre sens. Trop utilisé, trop galvanisé, trop médiatisé sans doute. Un mot qu’on proclame aux autres, rarement à soi-même. Il erre sur les bancs de la cour de récré, il traîne sur les chaînes de télé. Le Respect s’il vous plaît, je réclame le respect ! Combien de fois par jour entends-je ce même refrain ?

Mais le respect, ça ne se décrète pas ! Ça se vit, ça se transmet. Le respect, c’est un remaniement permanent, une exigence de chaque instant ; si l’on n’y prend garde, les mots, les gestes, les regards, les silences, les rires, les attitudes prennent si naturellement le pas sur la réflexion et le jugement. Apprendre à gérer les paroles et les actes, comprendre pourquoi et comment y parvenir, c’est tout cela que nos enfants apprennent à l’école, dans la cour, dans les couloirs, dans la classe.

Qui peut proclamer que la chose est simple ? Qui peut imaginer que l’école seule relèvera le défi ? Quel parent honnête peut se soustraire à ce devoir d’éducation ? Quel individu majeur peut se dire dégagé de toute responsabilité ? Car enfin, posons-nous (vous étant inclus dans le nous), posons-nous donc aujourd’hui, sans biais ni faux-semblant, la question du rôle de l’exemplarité des adultes pour la construction des jeunes enfants ; ce qu’on leur donne à voir ou à entendre, dans la rue, dans le bus ou le métro, chez le voisin ou à la maison. Les images, les mots, les attitudes dont nous sommes seuls responsables puisque soit nous les véhiculons nous-mêmes, soit nous les laissons à leur portée, soit nous les ignorons.

Nous vivons dans une société formidablement agressive pour les jeunes esprits. Il faut le rappeler, votre enfant ne perçoit pas les images comme vous. Son cerveau ne reçoit pas la même information de la même manière. L’adulte traite toutes les données visibles et sonores via des filtres que la maturité et l’expérience lui ont fournis. L’enfant n’est pas encore capable de cette distanciation, de ce tri entre le réel et le factice. Face à un film d’horreur, il est dans le film, dans l’image, dans la peau du tueur ou de la proie. Quand vous êtes spectateurs, il est lui, auteur ou acteur. Quand vous êtes témoins, il est, lui victime. Et quand enfin vous regardez Catch-Attack le week-end avec lui, il apprend lui que la violence est un jeu, un spectacle qu’on regarde en famille.

Pour le jeune enfant, fiction et réalité sont deux espaces superposables. C’est pour cela qu’il aime tant qu’on lui raconte des histoires, voire toujours la même histoire. Pour lui, au moment où vous lui lisez les mots, où vous lui livrez l’intrigue, il quitte quelques instants le monde, retarde à l’infini l’heure de se coucher et plonge avec délice dans un univers construit rien que pour lui. Mais dès le lendemain matin, lorsqu’il se réveille, lorsqu’il est planté devant son poste de télévision, ou quand la radio lui déverse un flot ininterrompu de paroles en tout genre, lorsqu’il se glisse dans une rame bondée d’adultes gesticulant où maugréant, lorsqu’il traverse les avenues et autres artères survoltées, voilà notre chérubin livré en pâture aux affres du monde moderne. Le parcours du combattant reprend sa course effrénée.

Petit arrêt sur image. Zoom sur la réalité. Extraits choisis. Morceaux vécus.
Attention, esprits sensibles, s’abstenir.

Dressons un échantillon des clichés hauts en couleur qu’un enfant reçoit, sans pouvoir s’en prémunir, en une seule journée: les photos sans équivoque dans les kiosques, juste à hauteur d’yeux, les formules choc en bandeau des journaux, les publicités libidineuses entre deux soit disant programmes télévisuels pour enfants, les clips musicaux qui prônent souvent la violence et le sexe, les téléfilms scandaleux enrobés façon comédies, les faits-divers sordides livrés aux heures de grande écoute, les images sanglantes du « JT » juste avant d’aller dormir. Allez, fais de beaux rêves mon chéri…

Quelle vision de l’homme offrons-nous à ce petit enfant de deux ans, six ans, huit ans, ou à cette toute jeune fille de douze ou quinze ans ? Lui livre-t-on les clés pour décrypter telle affiche, lui donne-t-on les mots pour interpréter tel slogan, lui octroie-t-on du temps pour parler de tout cela ? A défaut de refaire le monde, ayons l’exigence d’exprimer ce que nous ressentons. « Je suis une adulte, mais vois-tu cette image d’adulte me dérange. Je suis un homme mais vois-tu les mots de cet homme me blessent, je suis une grande personne et vois-tu l’attitude de cette grande personne me révolte. Et toi, qu’en penses-tu ? »

Prenez-vous, prenons-nous ce temps là ?

Oui, la violence existe, existait et existera toujours. C’est un fait universel, une donnée intemporelle. La question est ailleurs, inéluctable pour l’éducateur, vitale pour l’enfant, essentielle pour la société. Une question qui engendre mille questions. Mille questions générant la réflexion et non le délit d’opinion, non plus la soumission.

« Que fais-je de cette violence ? Comment travailles-tu avec cette violence ? Que pense-t-elle de cette violence ? Qui jugeons-nous au travers de cette violence ?  De quelle manière transformez-vous cette violence? Comment vivent-ils dans cette violence ? »

A défaut de refaire le monde, ayons l’honnêteté d’affronter ses faiblesses, de s’en insurger, de se positionner. Si nous, responsables majeurs et soi-disant éducateurs, si nous parents ou tout autre tuteur, nous autorisons le silence ou l’indifférence s’installer, alors nous ouvrons délibérément la porte à la banalisation de la violence ou de la médiocrité.  Bien évidemment, face à cette leçon de morale un peu provocatrice, j’en conviens, un tantinet réactionnaire, je l’avoue, et très culpabilisante, il est vrai, la rhétorique du laisser-faire impuissant reprend le dessus. Ainsi va le monde diront certains, nous n’y pouvons rien, se dédouaneront les autres, les enfants s’adaptent à tout rétorqueront les uns, l’école leur apprendra bien les bonnes manières espéreront les derniers. Une ou deux maximes livrées en bon uniforme à la manière du bon vieux temps et nous autres adultes serons absous de toutes nos dérives.

L’école, encore l’école, toujours l’école …L’école fera ce que les adultes souvent ne savent plus faire.

Et bien oui, le matin, quand vous quittez votre enfant et que j’accueille mon élève, je sais qu’il me faudra souvent remonter le cours du temps, effacer certains cauchemars, adoucir des paroles trop brutales, gommer des images affolantes. Dès les premières minutes, dans la cour de récré, il est aisé de capter  l’atmosphère qui déterminera les apprentissages du jour. Agités, bagarreurs, électriques, certains matins ressemblent trop au tapage urbain, certains matins, il ne fait pas bon rester trop longtemps dehors. Vite, il nous faut rentrer la troupe avant la débandade. Ouf, la cloche sonne et tout ce petit monde se met en rang, par deux et dans le calme, s’il vous plait. Pardon ? Dans le quoi ? Lui donner la main, à elle ? Et pourquoi je dois tenir la porte ? T’as vu le dernier combat de Catch-Attack hier, c’était top ! Trop cool quand on lui arrache les yeux ! Pousse-toi gros tas ! M’dam ! y m’a traité ! Même pas vrai, c’est elle qu’a commencé ! Dans tes rêves …

Il est 8 h… l’école s’éveille …
« Bonjour Léa, bonjour Sam ! Tiens, tu t’es coupé les cheveux Sofia ? Attention, tes lacets sont défaits Nicolas. Bonne fête Maxime ! »

La porte de la classe s’ouvre et la leçon de vie reprend son cours.

A commencer par quoi ?

Par se dire bonjour, tout simplement.

Oui, chaque matin, j’apprends à mes élèves à se saluer en se serrant la main, à se sourire en se regardant dans les yeux. Le matin, j’adresse à chaque élève, un mot, un regard. Le matin, je leur lis une histoire, pour leur plaisir et pour le mien. Le matin, on chante une chanson qui nous rassemble. Le matin, j’accroche aux murs les dessins de la veille. Le matin on prend le temps de raconter un petit bonheur vécu. J’appelle ce temps « Les cinq minutes d’intro. » Sans ce temps là, rien n’est possible, sans ce temps là, rien ne se fera. S’installer, s’arrimer, s’ancrer, prendre place, toute sa place. Une place pour chacun. Voilà qui est fait. Je suis là. Ils sont là. Nous sommes là. Tous là ?

« Y manque Sara M’dam, ch’peux prendre ses d’voirs ?
– Oui, merci Victor.
»

Oui, chaque matin, à l’école, on essaie de replanter un décor humain. Chaque matin on essaie de recréer du lien. Pour que la journée soit belle, pour que les heures d’école soient plus douces que la veille, pour que la vie ait un goût d’enfance, pour que l’enfant ait le goût de la vie. Les enseignants s’y attellent à chaque instant car « apprendre à vivre ensemble », c’est le cœur de notre projet éducatif. Alors, c’est vrai, lorsque je quitte cette école le soir, et que j’entends le monde et ses cris, lorsque je vois les hommes et leur violence, je pense à mes élèves, à ma journée et à celle du lendemain. Et j’imagine aisément le malaise qu’ils ressentent ; d’un côté, soumis à des règlements scolaires écrits par l’institution et contresignés par les parents et de l’autre spectateur d’un monde schizophrène qui manie aussi bien la décadence que la repentance, qui instille aussi bien l’éducation civique, que l’incivilité publique.

Et je l’admets, il m’arrive d’être en colère, contre moi et contre vous, car il me semble qu’aucun adulte ne devrait ignorer ce qui est susceptible de corrompre l’innocence d’un enfant.

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Classe unique, un modèle en voie d’extinction

11 04 2008

Une réaction personnelle aux deux articles du 7 avril et du 31 mars derniers de Bernard Collot, ancien enseignant, essayiste, père d’élève. ( 3 dénominations qui invitent au respect!)

ABSORPTION CONTRE DISSOLUTION
Oui Bernard, ainsi va la France. Une France schizophrène, une société disloquée. Une éducation nationale prise à partie qui ne sait plus où donner de la tête.

D’un côté, des classes surchargées dans des univers scolaires surexploités où il faut absorber chaque année un peu plus d’élèves, un peu plus de violence, un peu moins d’apprentissage, un peu moins d’humanisme.
Ecole/parking
Ecole/ghetto
Ecole/entreprise…espèce en voie de prolifération

De l’autre, des classes rurales dans des écoles à taille d’enfant, qui chaque année sont menacées d’être dissoutes et avec elles, des élèves privés de liens sociaux, des familles abandonnées, des villages désertés, des enseignants mutés.
Ecole/accueil
Ecole/convivialité
Ecole/apprentissages…espèce en voie de disparition.

Explosion contre dissolution. Est-ce donc la seule issue possible? N’y a-t-il pas d’autres voies envisageables? Se pose-t-on seulement ces questions dans les anti-chambres du pouvoir?

A quand des cours d’urbanisme pédagogique dans nos grandes écoles d’Archi?

A quand des concours ouverts sur le thème de la ville/structure scolaire à Sciences Po et à l’ENA?

A quand nos grands cerveaux au service de l’Homme? Sans jamais oublier qu’à la racine de cet homme, il y a l’enfant, il y a l’élève.

Avant d’être adulte, l’homme est un enfant. Et oui, c’est bête à dire comme ça, mais il me semble que cette donnée n’entre pas souvent en ligne de compte dans nos sociétés « urbanisantes ». Bien sûr il y a les textes officiels sur les droits de l’enfant…les chartes, les lois qui sauvent la face, mais cachent, trop souvent, une réalité bien différente.

Pourtant ces écoles innovantes mais méconnues (ou ignorées) de la presse et des politiciens, oui, ces ECOLES existent. (encore…) Ne nous privons pas de leurs formidables expériences, mais sachons les considérer comme autant d’exemples à observer. Qui sait, nous pourrions  peut-être en apprendre beaucoup…sur la convivialité, la pédagogie, l’art de vivre, la motivation à apprendre, l’implication personnelle, le service rendu à la collectivité…Pas de solution miracle, mais bien, au service des élèves, des solutions multiples dans ces classes uniques.

Moi j’irais bien en stage, là-bas, loin du brouhaha de la ville et de son agitation permanente…

Sauvegardons la planète…oui, mais sauvegardons avec elle son humanité! ASSOréveil, un autre site à visiter.

Pour contribuer activement à la démarche de Bernard Collot, je vous invite donc à signer, diffuser, et publier sa pétition

Signature en ligne : http://marelle.org/petitions/index.php




La complainte du parent d’élève

10 04 2008

Après la complainte de l’instituteur, celle du parent d’élève.

La voici, en musique toujours,…cela adoucit les moeurs, paraît-il…

Un clin d’oeil au récent commentaire de Frédéric.

Un petit clic, juste sur le lien.

La complainte du parent d’élève version MP3

L’homme, un éternel insatisfait…

Bien évidemment, des améliorations doivent être apportées.

Vous avez raison de rester vigilants. Vos enfants ont besoin de votre accompagnement.

Mais… et si nous partions de ce qui fonctionne plutôt bien pour le développer davantage et mieux le diffuser?

Selon vous, si vous n’aviez qu’un seul mot POSITIF concernant l’école, lequel choisiriez-vous de mettre en avant?

Un MOT à écrire dans l’espace commentaire ci-dessous!

MERCI de contribuer, sur BLOG BLEU PRIMAIRE à une vision constructive de l’école.

UN SEUL MOT… 

Allez, je commence, et c’est la mère d’élève qui parle:

ECOLE maternelle=premiers amis!

A QUI LE TOUR?




Blog Bleu Primaire a le Blues

9 04 2008

Nom du titre : Le Blues De L’Instituteur
Interprété par : Grand Corps Malade
Année : 2008

Grand Corps Malade - Enfant De La Ville Ce titre est extrait de l’album Enfant De La Ville

Paroles de Le Blues De L’Instituteur

Allez entrez les enfants et arrêtez de vous chamailler,
Avancez dans le calme je sais que vous en êtes capables,
Asseyez-vous tranquillement, chacun sa place, ça y est,
Ecoutez-moi, mais ce matin, n’ouvrez pas vos cartables.
On va pas faire de grammaire, de géométrie et de conjugaison.
On parlera pas de complément d’objet et encore moins de Pythagore.
Ce matin pas de contrôle et personne n’aura raison.
Aujourd’hui aucune note et personne n’aura tort.

Les enfants écoutez-moi, je crois que je ne vais pas bien.
J’ai mal quand je vois le monde et les Hommes me font peur.
Les enfants expliquez-moi, moi je ne comprends plus rien.
Pourquoi tant d’injustices, de souffrances et de malheurs.
Hier soir une fois de trop j’ai allumé la télévision,
Sur les coups de 20H, c’était les informations.
Et tout à coup dans la pièce s’est produit comme une invasion,
De pleurs et de douleurs, c’était pire qu’une agression.
Hier soir l’actualité comptait beaucoup plus de morts,
Que de cheveux sur le crâne de Patrick Poivre d’Arvor.
C’est comme ça tous les jours un peu partout sur Terre.
Je crois qu’il fait pas bon vivre au Troisième millénaire.

Comme aux pires heures de l’Histoire, les hommes se font la guerre,
Des soldats s’entretuent sans même savoir pourquoi.
S’ils s’étaient mieux connus, ils pourraient être frères.
Mais leur président se sentait le plus fort c’est comme ça.
Et puis il y a toutes ces religions qui prônent chacune l’amour,
Mais qui fabriquent de la haine, des assassins, des terroristes.
Pour telle ou telle croyance, des innocents meurent chaque jour,
Tout ça au nom de Dieu, on sait même pas s’il existe.

Les enfants, désolé, on vous laisse l’Humain en sale état,
Il faut que vous le sachiez alors aujourd’hui j’essaie.
Les certitudes des grandes personnes provoquent parfois des dégâts.
En fait l’adulte est un grand enfant qui croit qu’il sait.
J’ai mal au ventre les enfants quand je vois l’argent mis dans les armes.
Dans les fusées, les sous-marins et dans les porte-avions.
Pendant que des peuples entiers manquent d’eau, comme nos yeux
manquent de larmes.
Et voient leur fils et leur filles mourir de malnutrition.

Apparemment la nature elle-même a du mal à se nourrir,
Les homme ont pollué l’air et même pourri la pluie.
Quand tu auras plus d’eau nulle part, faudra garder le sourire.
Et même l’odeur des forêts sera tombée dans l’oubli.
Les enfants vous savez ce que c’est des ressources naturelles,
Si vous savez pas c’est pas grave de toute façon y’en a presque plus.
Les mots « humain et gaspillage » sont des synonymes éternels.
L’écologie à l’école serait pas une matière superflue.

Les enfants, désolé on vous laisse la Terre en sale état,
Et bientôt sur notre planète on va se sentir à l’étroit.
Gardez vos doutes, vous seuls pourrez nous sortir de là,
L’enfant est un petit adulte qui sait qu’il croit.

Bah alors les enfants vous êtes bien sages tout à coup,
J’ai un peu cassé l’ambiance mais je voulais pas vous faire peur.
Ce que je veux vous faire comprendre c’est que je compte sur vous,
Ne suivez pas notre exemple et promettez-moi un monde meilleur.

Allez les enfants c’est déjà l’heure de la récréation,
Allez courir dans la cour, défoulez-vous, profitez-en.
Criez même si vous le voulez vous avez ma permission.
Surtout couvrez-vous bien, dehors il y a du vent.




L’orthographe d’hier: Analyse d’erreurs

4 04 2008

Le 6 otobre 1915

je vai vou donné un peu de mais nouvél que je me porte toujou trèbien pour le momen je vou di que jais resu votre letre a vec un manda de 10 fran et pui je vou di que vou a vé mal qompri maletre qar je ne sui pas blésé les autre on eu du mal mais mais moi jais pas eu du mal cher feme je vais vou dire que mon camarade Bilien Sébastien ai more il ai tué par un cou de canon il ai tisi toupré de moi a 4 metre vous pou vé dir a sais paran sai trite sais son tour au joudui et a d’autre demin nou some tou les jour au feu de pui 10 jour san dormire je vou di au si que le Pape Frasiboi porte bien toujour doné nouvél a sa feme au cher feme la gaire est trite jai fini an vou an brasan de loin a vec mais deupeti anfan ne vou fait pa tro de bil a vec moi toujour plin de courage

Jacque

cité dans « Paroles dePoilus » page 122 Librio

Et maintenant analysons ensemble:

1/ SYNTAXE

  • grammaire textuelle (paragraphe, connecteurs, ponctuation, cohérence)
  • grammaire phrastique (sujets, verbes compléments, phrases simples et complexes)

2/ VOCABULAIRE

  • répétitions ( travail sur les anaphores)
  • registre de langue ( lexique et expression)

4/ CONJUGAISON

  • présent ( valeur temporelle et situation d’énonciation)
  • passé composé (concordance des temps)

5/ ORTHOGRAPHE

  • lexicale (correspondances phonème/graphème, doubles consonnes, lettres muettes, mots invariables)
  • grammaticale (accords en genre et en nombre dans le groupe nominal, terminaisons des verbes sous leurs formes conjuguées ou infinitives)

Alors…comment « noter »?

Que « vaut » donc cette production d’écrit?

Pour ma part, et en dépit d’une absence visuelle d’indices orthographiques et syntaxiques, j’accepte volontiers ce texte comme appartenant à notre littérature. Oui, le mot sacré est prononcé. LITTÉRATURE. J’irai même plus loin. Un morceau d’anthologie de notre littérature.

Cette dernière ne doit-elle pas, en effet, avant toute chose, refléter la pensée de l’homme et sa culture ?

Cette lettre bien que totalement dysorthographiée  ne demeure-t-elle pas un poignant témoignage du passé, de la guerre, de l’illettrisme, de la condition éphémère de l’homme dans le temps et dans l’espace?

Peu importe, j’imagine, les accords et les concordances de temps, lorsque vous êtes dans une tranchée.

A MÉDITER… suite à la polémique à propos d’hier… un niveau scolaire plus élevé qu’aujourd’hui…

Je ne veux rien prouver. J’essaie juste de sortir de l’impasse du « toujours mieux hier qu’aujourd’hui. »

Parfois oui, souvent non.

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