Carême pédagogique 2011 (J1)

9 03 2011

Petit clin d’œil pédagogique à notre calendrier du jour, en ce mercredi d’ouverture du Carême 2011, je vous propose une nouvelle chronique intitulée Carême pédagogique. Il s’agira, jour après jour, de nous retrouver ici même, de nous poser quelques instants de manière à partager ensemble une pensée personnelle, un précepte, une règle de conduite professionnelle, une citation, un proverbe, un dicton, une réflexion, un aphorisme, un adage, bref, un extrait de notre substantifique moelle pédagogique nous tenant particulièrement à cœur mais qui n’en demeure pas moins si difficile et parois même impossible à incarner au quotidien.

Entre ce que l’on croit, ce que l’on pense, ce que l’on dit, ce que l’on fait et ce vers quoi on tend, les écarts et les paradoxes sont malgré tout inévitables. Le manque de temps, l’usure du quotidien, la part des affects, la tentation de la routine, la surcharge de travail, etc sont autant de bonnes mauvaises raisons de mettre de côté les valeurs humaines et éducatives auxquelles nous sommes pourtant profondément attachés, et ce, quels que soient notre religion, notre athéisme, notre appartenance politique, culturelle ou sociale, car ce dont il est question bien avant tout, c’est de notre référence commune à des valeurs humanistes qui transcendent, elles, nos différences humaines.

Ainsi, de manière à nous rappeler à notre sens éthique et professionnel, je vous inviterai chaque jour, le temps d’une courte pause numérique, non pas à une célébration de pénitence collective (  🙁  ) mais plutôt à ce que j’appellerai une brève analyse de nos pratiques éthiques.

Qu’en pensez-vous?

Jour 1:

Pensée 1:

Éduquer, c’est renoncer à nos propres rêves d’excellence pour permettre à l‘enfant d’accéder à son excellence propre.


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Tribulations formatives

18 02 2011

Tiens, au fait Ostiane, ça s’est bien passé ton intervention en école l’autre jour à Reims?


Comment as-tu abordé avec l’équipe d’enseignants la problématique de la relation école-famille? Un sujet délicat… j’imagine qu’on avance sur des œufs avec ce genre de demande. Pas évident de travailler un thème pareil avec une équipe qu’on ne connaît pas. C’est le genre de sujet piège où tout le monde a quelque chose à dire et où il est difficile de sortir des a priori et des opinions toutes faites. Dès qu’on parle de relation, on parle de complication, de réclamation, de non communication voire de rupture et de conflit. Et dès qu’on évoque le terme de conflit, on se trouve confronté à l’autre bien sûr, mais surtout à soi-même…Bref, un thème à hauts risques personnels et professionnels! Alors, raconte, tes objectifs, ta problématique, tes intentions pédagogiques, tes outils…

  • Mes objectifs? Comprendre leurs objectifs, chaque histoire étant une histoire particulière.
  • La problématique? La leur… à faire émerger au travers de leurs récits d’expériences de terrain…
  • Mes intentions? Les amener à se mobiliser sur la durée autour de leur projet d’école.
  • Mes outils? Un jeu de cartes 😉

Pour démarrer un suivi d’équipe, car il s’agit bien de cela, la première étape (non négociable) consiste à fédérer le groupe autour d’un nouvel enjeu. Un groupe qu’on ne connaît pas encore et qui ne connaît rien du formateur qui intervient pour la première fois. Un groupe qui va progressivement se transformer en équipage. La formation ex cathédra telle qu’on la pratiquait, appartient désormais au passé; on peut s’en désoler à tort et à raison ou encore tenter de s’adapter en faisant le pari qu’un autre type de formation reste à mettre en œuvre et développer au sein de l’éducation nationale. Une formation sur le mode de l’accompagnement, de la guidance ou du conseil et qui prend davantage en considération les contraintes, les demandes et les besoins exprimés localement. Sans cette écoute et cette compréhension des personnes et du terrain, il sera très difficile d’envisager l’adhésion et l’implication d’un groupe. C’est cette adhésion et cette implication qui rendront par la suite l’équipe autonome car désireuse de jouer ensemble la carte du changement et capable de continuer l’aventure grâce aux compétences collectives développées dès le démarrage de cet accompagnement. 

C’est ce tout début d’intervention que je partage aujourd’hui avec vous via le diaporama-Prézi suivant, comme  une invitation au voyage de l’auto et la co-formation.

Bonne partie 😉

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Tutotant-tutoré (3)

22 10 2010

L’une des postures fondamentales du tuteur est celle de l’observateur.

En effet, une grande partie de l’activité du tuteur repose sur l’observation du professeur stagiaire en prise avec sa classe, et c’est à partir des données factuelles récoltées que pourra se mettre en place un échange différé à visée formatrice.  C’est cette phase initiale et centrale d’observation que je souhaite interroger dans ce troisième article consacré au tutorat.

Qu’est-ce qu’observer un jeune professionnel dans sa pratique? Tentons de faire émerger, sous forme de verbes, quelques grands principes.

1/ Observer, c’est se décentrer: se décentrer de sa propre pratique pour se recentrer sur la pratique du professeur-stagiaire. Si le tuteur cherche à trouver chez l’autre ce qu’il fait lui-même, enseignant chevronné,  ou encore ce qu’il faisait lorsqu’il est entré dans le métier, il y a fort à parier que la récolte sera maigre. Derrière chaque professionnel, il y a une et une seule personne. Si le référentiel métier est le même pour tous, la personne elle, demeure unique. Nous retrouvons là le principe même de différenciation. C’est vrai pour les élèves, c’est vrai pour l’enseignant en cours de professionnalisation. Il me semble important de se le redire avant d’entamer toute observation.

2/ Observer, c’est chercher: chercher dans les gestes et les paroles de l’enseignant en situation, des faits précis que l’on relèvera et qui donneront lieu ultérieurement à un échange appelé également entretien d’explicitation, à ne pas confondre avec un compte-rendu d’observation délivrée par le seul observateur.  Seul un échange équilibré entre les deux parties permettra de mettre en lumière les tenants et les aboutissants de tel ou tel acte, telle ou telle parole. Dans tout geste, il y a le visible, et il y a l’invisible; il y a l’intention et il y a le tangible. Si un tuteur veut comprendre et amener l’autre à comprendre et à apprendre de sa pratique, il faut pouvoir s’adosser à une observation fine revisitée par un questionnement ouvert qui conduira à une reformulation, par le jeune praticien lui-même, de ses  objectifs, de leur pertinence ou de leur incohérence.

3/ Observer, c’est organiser: organiser son observation, noter des faits précis et circonstanciés, les répertorier selon des critères communs, trouver une cohérence d’ensemble de manière à guider l’entretien qui suivra de façon efficace et productive. Partir de la pratique pour construire une réflexion sur cette pratique. Chaque tuteur a sa manière d’organiser la trace écrite de cette observation,  selon le schéma mental qui lui est propre: chronologie, couleur, schéma heuristique, organigramme, grille, trame, etc. Ce qui compte, c’est d’avoir unoutil pertinent qui permette dans un premier temps de prendre des notes et dans un second temps de procéder à une relecture sélective, rapide et synthétique. Un outil qui corresponde à l’objectif de la démarche autant qu’au tuteur qui la réalise.

4/ Observer, c’est choisir: choisir la ou les priorités à travailler. Le référentiel de compétences du métier d’enseignant étant d’une  densité assez conséquente, on ne peut ni tout demander, ni tout voir dans l’exercice d’une séance. Choisir un ou deux faits qui serviront de point d’appui, de valorisation, et un ou deux autres qui serviront de point de départ à une réflexion, à un travail à mener sur le long terme. Seuls le temps et  la pratique réflexive guideront pas à pas le développement d’une posture professionnelle avertie et sensée.

5/ Observer, c’est se souvenir: se souvenir qu’on a été soi-même un débutant, un jeune professionnel hésitant, maladroit mais souvent plein de dynamisme et d’envie de bien faire. C’est se souvenir combien un regard peut vous assommer lorsqu’il est lourd de reproche ou de condescendance. C’est se rendre compte également qu’on doit soi-même se questionner dans notre propre pratique d’enseignant expérimenté.

Observer, ce n’est pas simplement regarder, ce n’est certainement pas juger, ce n’est ni pointer du doigt, ni cocher des cases, c’est davantage poser un regard bienveillant en vue de construire une réflexion exigeante.

A développer et à débattre…

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Des outils numériques au service de l’école

4 10 2010

AGENDA d’octobre



L’atelier Voix Haute dirigé par  Christian Jacomino, linguiste, pédagogue et docteur en science du langage, nous donne rendez-vous ce mercredi 6 octobre, pour sa journée de rencontre et formation sur le thème: « Des outils numériques au service de l’école ».

Celle-ci réunira- et si ce n’est pas la première fois- vous avouerez que ce n’est pas courant:

  • des professeurs de l’école élémentaire avec ceux du collège
  • des représentants de l’enseignement public avec ceux de l’enseignement privé
  • des animateurs associatifs avec des étudiants et parents d’élèves
  • tous ceux que l’école et son devenir intéressent

Toutes les précisions nécessaires sur ce rendez-vous et sur le détail du programme des interventions sont accessibles ici:

http://voixhaute.com/spip/spip.php?article184

Deux articles enfin à découvrir, qui dessinent le contour de ce projet:

C’est ainsi avec beaucoup de plaisir que j’irai mercredi témoigner des pratiques d’écriture et de l’outil blog que je manipule maintenant depuis 3 ans avec des élèves de cycle 3. Mon témoignage portera essentiellement sur le portfolio numérique mis en place avec mes élèves, à savoir leur Culturo-Blog des CM1-CM2.

Alors si vous êtes du côté de Nice ce jour là, n’hésitez pas à vous joindre à nous! L’amphithéâtre de la place  Garibaldi est là pour ça!

Place Garibaldi

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Tutorant-tutoré (2)

3 10 2010

Le nouveau dispositif d’accompagnement des néo-profs est donc entré en vigueur depuis le début de l’année scolaire et ce n’est que cette semaine (mieux vaut tard que jamais…) que j’ai découvert le visage de Mademoiselle S, nommée en CM2 dans un établissement proche de mon domicile, détail qui a son importance, la proximité géographique facilitant grandement les possibilités de rencontres et d’échanges. Contrairement à ce que j’écrivais dans mon premier billet Tutorant-tutoré (1), cette jeune enseignante n’est pas une débutante et ne partage pas non plus mon niveau de classe. Mais est-ce si important au fond?

Certains nouveaux enseignants, mais ce n’est malheureusement pas le cas de la majorité d’entre eux,  ont eu un parcours professionnel, ou des expériences antérieures dans des milieux éducatifs variés qui leur permettent de se confronter à la réalité du terrain avec plus de distance et de sérénité qu’un lauréat du concours sans expérience aucune de la classe. C’est le cas par exemple des anciens suppléants qui ont cette année obtenu le concours. Mademeoiselle S en fait parti.

Pour cette première rencontre, dont le rendez-vous a été très facilement fixé en deux échanges de mails, Mademoiselle S m’a invitée à la rejoindre dans sa classe, en tout début de matinée, alors qu’elle était déchargée de cours. Un moment paisible, une parenthèse d’une heure et demi dans la vie de deux enseignantes qui ne se connaissaient pas et que le hasard d’un dispositif naissant aura rapproché. Pas d’élèves, pas d’enjeu de validation, juste l’occasion de faire connaissance et d’entrevoir ensemble quel sens donner cette année à notre binôme.

Une heure et demi pour quoi faire?

  1. Pour se présenter réciproquement et s’apercevoir des nombreux points communs entre nos deux entrées dans le métier
  2. Pour effectuer un premier retour sur la rentrée
  3. Pour mesurer les écarts et les points de convergence entre enseigner en maternelle et enseigner  en CM2
  4. Pour échanger autour de l’accueil de l’équipe
  5. Pour évoquer des questions relatives à la gestion de la classe et l’autonomie des élèves
  6. Pour exprimer des besoins en terme de ressources complémentaires

Finalement, l’heure et demi aura passé très vite et nous nous quittons furtivement avant la réapparition du groupe d’enfants. Prochain rendez-vous dans 15 jours pour une observation en situation face à la classe. D’ici là, nous avons convenu d’échanger par mail ou téléphone en cas d’urgence pédagogique!

La suite de cette chronique d’ici à deux semaines…

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Tutorant-tutoré (1)

16 09 2010

Elle n’a jamais enseigné, je n’ai jamais « tutoré »…

Voilà qui devrait nous relier.

Voilà 3 jours, dans le cadre du nouveau dispositif de formation des enseignants, j’ai été missionnée tutrice pour accompagner une professeur-stagiaire qui entre dans le métier sans formation professionnelle. Lauréate du concours, elle se retrouve en poste face aux élèves pour la première fois. Elle va donc apprendre son métier sur le tas et je serai en charge de la suivre tout au long de l’année. Ce mode de « compagnonnage » étant la résultante de la réforme nouvellement mise en vigueur, je vais, tout autant qu’elle, expérimenter une nouvelle approche du métier; nous sommes donc, elle et moi, dans le même bateau. Elle, ses élèves et moi liés pour le meilleur et pour le pire le temps d’une année scolaire.

Contrairement à elle, et contrairement à de nombreux collègues ici et là qui se retrouvent tuteurs du jour au lendemain, j’ai suivi, sur deux ans, une formation aux côtés d’autres maîtres d’accueil; deux années de préparation à l’accompagnement et au tutorat. Deux années à imaginer, questionner, anticiper, formaliser. Aujourd’hui, c’est différent, aujourd’hui, c’est réel. Ce n’est pas une étudiante-stagiaire qui viendra dans ma classe, comme j’en avais l’habitude auparavant; là, c’est moi qui irai  « chez elle », chaque jeudi matin pour l’observer avec ses élèves et tenter, par le biais d’entretiens d’explicitation, de l’amener à se forger une identité professionnelle, son identité professionnelle.

La réalité du terrain va ainsi nous propulser dans une relation qu’il va falloir construire au jour le jour, prendre en charge au quotidien. Cela ne va pas être simple; nous n’exerçons pas dans le même établissement…et oui, c’eut été trop facile…cela étant dit, le métier d’enseignant  est jalonné de ces fameux inattendus, impondérables impédimentas qui façonnent nos journées. Nous y sommes donc et c’est par cette voie que j’entame ma nouvelle fonction.

Je ne sais pas grand chose d’elle. Je sais qu’elle partage le même niveau d’enseignement que le mien, à savoir une classe de CM1. Je ne sais pas grand chose de ses expériences passées, de son parcours personnel, de ses motivations, de ses besoins. C’est à partir de ce « pas grand chose » que nous allons construire ensemble un chemin professionnel.

Comment vais-je m’y prendre?

Comment vais-je mettre en place un dispositif qui réponde à ses attentes?

Dans quelle disposition d’esprit est-elle?

Comment s’est passé l’accueil dans son équipe?

Y a-t-il eu un accueil?

Et puis, qu’est-ce que c’est en définitive, l’accueil?

Elle n’a jamais enseigné, je n’ai jamais « tutoré »… Du moins, pas sous cette forme. Au point où nous en sommes, deux axes me semblent prioritaires pour entamer cette nouvelle relation:

1/ Trouver des points de convergence:

  • pour réduire la distance émotionnelle
  • pour établir un contact authentique
  • pour ouvrir un questionnement commun
  • pour entrer dans une posture de co-construction

Je ne suis pas l’experte venue d’en haut, je suis une collègue, certes expérimentée, mais qui pour autant, continue également toujours et encore d’apprendre de ses élèves et de ses pairs. C’est important de le dire et de se le redire.

2/ Établir un premier contact hors institution

  • pour signifier mon existence et me présenter à elle
  • pour  permettre une approche à la fois directe et progressive
  • pour initier  la relation à venir
  • pour fixer ensemble le cadre, le lieu et l’horaire de la première rencontre

Je ne suis pas là uniquement parce qu’on me l’a demandé, je suis là car c’est un choix personnel motivé des ressorts personnels et professionnels. Être l’initiatrice de notre relation symbolise à mon sens ce projet commun que nous allons partager.

Voilà, à suivre et à poursuivre dans une prochaine chronique…

Sur le même thème voir aussi:

  1. Etablissement formateur, késako?
  2. Maître associés à la formation
  3. Accompagner, aider, soutenir, servir

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Pour se présenter

2 09 2010

photo-portrait par David Batch

Se présenter n’est pas chose aisée, loin s’en faut!

Ni pour l’enfant ni pour l’adulte d’ailleurs!

Que dire de soi? Qui l’on est? Ce que l’on fait? D’où l’on vient?

Que ce soit lors d’un entretien professionnel, d’un dîner chez des amis,  d’un stage ponctuel ou tout simplement, restons d’actualité, d’une rentrée des classes, on est souvent bien embrassé pour trouver les mots justes qui vont dire, en quelques secondes, l’essentiel de soi…Et lorsqu’on entend un peu partout qu’on n’a pas deux fois l’occasion de faire une première bonne impression, on comprendra tout de suite l’énorme vertige provoqué par ces quelques mots anodins…

« Voudriez-vous en quelques mots vous présentez s’il vous plaît? »

En classe, lors des premiers jours, c’est l’occasion de se redécouvrir les uns les autres ou d’accueillir de nouveaux venus. Il existe un grand nombre d’entrées plus ou moins ludiques, formelles, traditionnelles voire culturelles pour ce type d’exercice. Car il s’agit bien d’un véritable  exercice tant il mobilise des compétences à la fois fines et complexes qui relèvent du registre de la langue (choix des mots, syntaxe, sens, etc) comme de celui du champ psycho-socio-affectif (soi face aux autres).

Cette année j’ai décidé d’opter pour une activité nouvelle que je n’ai encore jamais testée en classe mais que j’ai vécue récemment dans le cadre d’une formation animée par Isabelle JACOB à laquelle j’ai eu la joie de participer.

En voici une fiche pédagogique qui me permet d’inaugurer sur le blog une nouvelle rubrique intitulée « Cahier journal ».

Cycle: 3 (enfants de 8, 9 et 10 ans)

Activité: se présenter en quelques phrases à l’aide d’un support imagé

Dispositif:

  • 6 groupes de 5 élèves dans un premier temps
  • grand groupe collectif dans un 2ème temps

Domaine d’étude: Langage oral

Compétences:

  • être capable de (se) raconter et (se) décrire
  • demander et prendre la parole à bon escient

Matériel: 31 cartes images (1 par personne présente + l’enseignant)

Organisation spatiale: petits paquets de 5 chaises en vis-à-vis (en classe ou dans la cour selon le temps)

Déroulement:

1er temps: 25/30 minutes environ

  • faire piocher à chaque enfant  une image face cachée (en piocher une soi-même)
  • laisser un temps à chacun pour découvrir et s’approprier l’image
  • en petit groupe et à tour de rôle dire en quoi cette image parle de vous
  • laisser chacun s’exprimer sans interrompre ni poser de question en retour

2ème temps: 15/20 minutes environ

  • revenir au grand groupe en classe
  • demander à 1 volontaire par groupe de venir raconter l’expérience vécue dans le petit groupe
  • laisser la possibilité au groupe classe de poser des questions

Dernier temps: l’enseignant se livre à l’exercice à son tour. Variable: il pourra commencer la séance par sa propre présentation en guise d’exemple.

Et voilà, demain, je vous raconterai via les commentaires le résultat de l’opération!

@ 2 mains donc 😉


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Les sciences à l’école par André GIORDAN

29 07 2010

André GIORDAN, instituteur, professeur de collège et de lycée, directeur de recherche à l’INRP et au CNRS en France, chargé de cours à Paris VII, est élu Professeur extraordinaire à l’université de Genève en 1980. Il y crée le Laboratoire de didactique et épistémologie des sciences (LDES) qu’il dirige depuis. Il devient Professeur ordinaire (Professeur avec chaire) en 1983, puis Président de la Section des Sciences de l’Education (1992-94).

Ce scientifique passionné s’est particulièrement penché sur les questions relatives à la manière dont chaque personne apprend et construit ses savoirs scientifiques. Il a notamment développé un nouveau modèle pour comprendre l’apprendre, le modèle allostérique

Pourquoi enseigner la science? et surtout comment aider nos élèves à apprendre?

Quels obstacles?

Quelle démarche emprunter? Quelles entrées utiliser? Quels objectifs viser? Quelle évaluation proposer?

Voici, pour résumer  sa pensée, une série de 9 clips rapides à visionner, clairs, synthétiques, engageants.

Des vidéos signées Laurent DUBOIS que vous pouvez retrouver sur le site Enseigner les sciences

1/ Quels savoirs à l’école primaire?

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2/ Contradictions entre savoirs et savoir-faire

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3/ Évaluer les démarches plutôt que les connaissances

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4/ Tenir compte des conceptions

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5/ Vers un apprentissage de l’élaboration d’hypothèses

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6/ Apprendre les fondements des démarches scientifiques

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7/ Quels points de départ?

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8/ Récolter et traiter les données

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9/ Recherche d’informations:

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Alors promis, dès la rentrée, on s’y met?

D’ici là…profitons des vacances pour expérimenter, découvrir, récolter faits et objets de questionnement. Une manière utile et  agréable de confectionner notre propre kit pédagogique et scientifique. Pour le reste, les élèves nous guideront pour peu qu’on soit attentif à leurs attitudes…car avec le temps, s’il y a un enseignement que j’ai pu tirer de ma pratique de classe, c’est que l’observation de nos élèves constitue notre premier outil de compréhension et de différentiation.

😉

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Parcours de formation ASH

9 07 2010

Une journée de travail comme on les aimerait toutes!

Journée bilan

Journée synthèse

Journée prospective

Journée ré-créative!

Journée consacrée aux Groupes de Travail Réflexif chargés de l‘accompagnement des enseignants en cours d’évolution professionnelle au sein du parcours de formation BEP ASH mis en place l’an passé par l’équipe de formateurs de lISP et destiné à se poursuivre l’an prochain.

Un parcours sur 2, 3 ou 4 ans, proposé à tous les enseignants désireux de travailler sur des postes spécialisés ou des dispositifs accueillants des publics en difficulté.

Une thématique loin d’être facile à aborder, un sujet délicat et un dispositif en cours d’expérimentation.

Le double objectif  de cette journée de mardi:

1/ établir un premier point-étape entre formateurs-associés venus, pour l’occasion, des 4 coins de France afin de témoigner des expériences vécues par chacun.

2/ rédiger une ébauche de charte d’accompagnateur GTR et d’accompagnateur Mémoire, des écrits professionnels étant demandé pour la validation de  chaque palier, 5 en tout.

Un double enjeu ambitieux donc pour cette journée de formation. Et je dois avouer qu’en fin d’année scolaire, les multiples talents et l’ingéniosité d’Isabelle Jacob, consultante et formatrice dans le domaine de la créativité, de l‘innovation et du management créatif depuis plus de plus de 20 ans, n’auront pas été de trop pour animer (voir ré-animer…) et susciter l’adhésion et la motivation de chacun.

Pas évident un 5 juillet…sauf si… les consignes et les modalités de travail laissent toute la place à..

la formation autant qu’à l’innovation

la réflexion autant qu’à l’émotion

au cadre autant qu’à la création

aux contraintes autant qu’à la liberté

Je n’ai pu m’empêcher en toute fin de journée de capter dans mon petit écran mobile les 6 textes co-rédigés par les 6 groupes dans les dernières 15 minutes de travail….

6 textes qui illustrent avec une pointe d’humour et une touche de poésie l’essentiel des propos et réflexions recueillis durant cette belle journée.

Journée de formation re-créative!

Merci Isabelle 😉


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Accompagner, aider, soutenir, servir…

1 07 2010

Dans le cadre de la mise en œuvre prochaine de la réforme des enseignants, nous serons amenés, dans nos établissements et en équipe à accompagner, accueillir, aider, soutenir, informer, conseiller nos jeunes collègues dans une logique de co-formation mutuelle et collective.

C’est une question de responsabilité collective et de solidarité professionnelle.

Pour cela il me semble indispensable de penser cet accompagnement comme un défi tout à la fois professionnel et humain, une occasion de nous fédérer les uns les autres autour d’un enjeu commun, celui de l’avenir de nos établissements scolaires et de leur développement futur.

Ce texte de Kierkegaard, philosophe danois, nous y invite avec prudence, avec pudeur, avec honnêteté, avec courage, de manière éthique et responsable.

 » Si je veux réussir à accompagner un être vers un but précis je dois le chercher là où il est et commencer là, justement là.

Celui qui ne sait pas faire cela se trompe lui-même quand il pense pouvoir aider les autres. Pour aider un être, je dois certainement comprendre plus que lui, mais d’abord comprendre ce qu’il comprend.

Si je n’y parviens pas, il ne sert à rien que je sois plus capable et plus savant que lui. Si je désire avant tout montrer ce que je sais, c’est parce que je suis orgueilleux et cherche à être admiré de l’autre plutôt que l’aider.

Tout soutien commence avec humilité devant celui que je veux accompagner; et c’est pourquoi je dois comprendre qu’aider n’est pas vouloir maîtriser mais vouloir servir. Si je n’y arrive pas, je ne puis aider l’autre. »

Soren KIERKEGAARD (1813-1855)

Dans l’actualité éducative lire également:

La lettre à un tuteur ou accompagnateur par André de Peretti et François Muller parue ce matin sur le site du Café pédagogique

Les 12 clefs du tutorat, par Jacques NIMIER sur son excellent site Pédagopsy


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Du nomadisme en formation

17 06 2010

Envie, dans ce billet, de partager avec vous une face cachée de l’enseignant-formateur, celle de l’enseignant-nomade, enseignant explorateur, enseignant découvreur.

C’était hier. Ça se passait quelque part en France à 6h du matin.

Debout dès l’aube, ma lourde valise rouge à la main, je me suis rendue Gare du Nord à Paris, pour rejoindre le train du quai n°16 chargé de m’embarquer et de me déposer une heure plus tard à Gouvieux, près de Chantilly. Je ne connais pas Chantilly; j’ai le vague souvenir pourtant d’y être allée une fois, lorsque j’étais petite. Je monte dans le wagon. Vide. La fermeture des portes est annoncée. La machine se met en marche. Voilà, c’est parti. Insaisissables images brouillées de verdure et de clochers défilent par la fenêtre de ma mémoire. L’esprit humain est ainsi fait qu’il cherche partout un semblant de déjà vu, quelque chose à quoi se raccrocher pour faire face à l’inconnu. Ces fragments  de souvenirs d’enfance me rassurent. Je recrée du connu. Je retrouve un point d’appui émotionnel. Malgré cette appréhension chaque fois présente et prégnante, et peut-être même grâce à elle, j’aime bien ces départs matinaux et embrumés. Le jour se lève et une nouvelle aventure m’attend, totalement déconnectée de mon quotidien. Je pars à la rencontre de nouveaux territoires, de nouvelles histoires. Je ne sais pas grand chose de ce qui m’attend ni de qui m’attend mais je sais que je vais à cette rencontre.

Pénétrer l’univers inconnu d’un établissement scolaire c’est comme débarquer dans un livre, par un chapitre, une page, une ligne, un mot qui n’est pourtant ni le début ni la fin de l’histoire. Oui, on débarque. Certes, on frappe à la porte, on y a même été convié. Pour autant on ne connaît rien de l’histoire collective qui se joue ici. Chaque école porte en elle ses gloires, ses défaites, ses non-dits, ses tabous, ses joies, ses peines, ses espoirs, ses projets, ses rancunes. Oui, on débarque et comble d’orgueil et de naïveté, on fait pourtant ce pari totalement fou que sans connaître ni les personnages, ni le décors, ni l’intrigue, ni les ressorts profonds de cette histoire cachée entre les murs d’une école, il va se passer quelque chose dans cet intervalle de temps dérisoire d’une journée et qu’on va écrire ensemble un petit bout du grand livre dont on ne connaîtra jamais le dénouement…Oui, je vais à cette rencontre.

8h41.

Grande dame brune a rendez-vous sur le parking de la gare avec petite dame au cheveux grisonnants.

C’est le signe de reconnaissance. Grande dame brune avec valise rouge. Voilà, c’est ici. J’y suis. Maintenant tout va aller très vite. Les premiers signes échangés, les premiers regards, les premiers mots sont d’une importance capitale pour le reste de la journée. Il faut écouter. Il faut se concentrer. Il faut être entièrement là, présent à l’autre, aux autres, présent dans un lieu inconnu qu’il va falloir apprivoiser en temps réel.

9h

Il me reste une demi-heure avant l’arrivée du reste de l’équipe. Agir vite, posément et méthodiquement. Penser au matériel, à l’organisation spatiale, photographier la topologie des lieux pour se repérer et se donner l’impression que tout va bien, que tout est sous contrôle. Capter le maximum d’informations lisibles sur les visages, sur les murs des couloirs, sur les portes des classes et des bureaux. Sentir une atmosphère, en absorber l’essence vitale, entendre les cris des enfants dans la cour vide. S’imaginer et se voir enseignante dans cette école afin de créer, le plus vite possible et plus authentiquement possible un contact positif avec l’équipe.

Une équipe d’une quinzaine d’enseignantes que je découvre par intervalles irréguliers et qui a exprimé, suite à la récente visite d’un inspecteur, le besoin de travailler sur les questions de préparation de la classe, d’animation et de gestion du groupe ainsi que sur la prise en compte de l’hétérogénéité des profils d’élèves dans le domaine de la langue française. C’est mon unique connaissance du passé de cette équipe. C’est mon unique lien avec ces femmes que je ne connais pas. C’est la mission qui m’a été confiée. Une équipe en demande, en attente. Serais-je à la hauteur? L’impertinence de la question me renvoie à mes propres failles, mes propres questions.

9h25

Plus que quelques minutes avant le top départ. Je m’affaire encore à la photocopieuse. Ne rien oublier. Trier et agrafer dans le bon ordre. Se concentrer toujours tout en répondant aux aimables bonjours lancés par la porte. Il fait bon, l’air est doux. C’est un signal engageant Voilà, tout est prêt. Elles m’attendent. Je les entends discuter dans la classe d’à côté.

9h30

6 heures à vivre ensemble.

6 heures, c’est à la fois très précieux mais ce peut n’être également que poussière.

Hier ce fut précieux. Enfin, je parle pour moi.

Il est toujours très délicat pour le formateur de s’engager sur l’efficacité réelle et durable d’une intervention. On débarque avec sa valise, on repart avec sa valise. Et après? Cet après ne nous appartient pas.  C’est à eux, à elles, de le construire entre elles, avec leurs élèves et qui sait, avec les quelques pierres qu’on espère avoir apportées.

C’est quoi enseigner?

C’est quoi apprendre?

C’est quoi une activité d’apprentissage?

C’est quoi la différentiation?

Des questions complexes, d’ordre éthique et professionnel ont été abordées avec implication, sans détours, sans faux semblants et ont ainsi permis la mobilisation d’une compétence collective qui semble s’être mise en marche. La réflexion proposée et le travail entamé ont installé l’équipe dans une dimension de recherche et d’action commune et collective. Le groupe s’est saisi d’une problématique et l’authenticité des échanges et des prises de parole me laisse à penser et à croire que cette journée était une belle journée.

Une belle journée, ensoleillée, conviviale et constructive!

C’est ce que je me suis dit à 17h40 en m’asseyant dans le train qui me ramenait chez moi.

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La violence du mammouth

14 05 2010

Billet d’humeur sur fond de problématique générale.

En colère, très en colère…


Madame,

Vous avez sollicité un congé de formation pour l’année 2010-2011.

J’ai l’honneur de vous informer que la commission consultative mixte départementale qui s’est réunie ce jour a pris la décision suivante:


congé de formation refusé


Il a été tenu compte de l’ancienneté de service et des demandes renouvelées.

Je vous prie d’agréer , Madame l’expression de ma considération distinguée.

Voilà…voilà la l’unique et laconique motif administratif que l’on vous adresse en réponse à la rédaction d’un véritable projet professionnel reposant sur un solide dossier largement étayé et argumenté relatant 20 années de pratiques professionnelles, d’expériences éducatives, de compétences diverses mobilisées au travers  de multiples réalisations concrètes au service de l’enseignement et de l’éducation, au service du collectif autant que de la personne. 20 années de service et de temps de formation et d’auto-formation pris sur les temps de congés et les weekend. 20 années de service, d’expérimentation et d’innovation, de témoignage, de partage et de co-formation.

20 années de bons, assidus et loyaux services. 20 années balayées, méprisées et niées par un simple mot de 5 lignes réduisant la valeur d’une démarche de projet professionnel au seul échelon d’ancienneté lui-même étrangement calculé puisque n’intégrant ni les comptes-rendus élogieux des inspections, ni le soutien et les retours positifs de la direction, ni les années d’enseignement à l’étranger

Mais alors, quoi?

Qu’espérer face à une telle violence administrative?

Pourquoi chercher à donner le meilleur lorsqu’on vous renvoie un tel vide abyssal?

Comment espérer faire bouger l’école et les enseignants tant que de tels critères continuent de scléroser chaque jour un peu plus notre système?

Quelle est cette impensable organisation où l’on demande à l’enseignant de valoriser et de développer les compétences et l’autonomie de ses élèves alors que lui-même ne connaît rien d’autre que la soumission à l’argument enfermant d’une grille archaïque?

Allons-nous un jour envisager le développement professionnel des acteurs de l’école en fonction d’indicateurs tangibles liés aux actions menées et aux engagements pris et assumés?

Allons-nous un jour accepter de réformer cette maudite grille indiciaire fondée sur la seule ancienneté qui fossilise, sédentarise et infantilise les enseignants?


A quand la valorisation des compétences?

A quand l’émergence d’une dynamique inter-catégorielle et collective?

A quand l’accès à la mobilité professionnelle?

A quand la réflexion sur le concept de management responsable et responsabilisant?

A quand la prise en compte de la formation et de l’autodidaxie?

A quand le respect des personnes et la reconnaissance des profils professionnels?

A quand la mise en place d’une véritable antenne de proximité reliant les personnels de l’éducation aux services administratifs?

A quand la création d’un authentique service de ressources humaines

en charge d’une gestion des carrières cohérente et valorisante?


Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs les Recteurs d’académie,

Mesdames et Messieurs les politiques et responsables syndicaux,

au regard du tout récent rapport de la Cour des Comptes,

et de la publication en avril dernier par l’Institut Montaigne d’un autre rapport tout aussi accablant,

n’est-il pas grand temps d’affronter toutes ces questions, d’y répondre et

d’agir de manière éthique et responsable?

Aux appels et besoins des élèves s’ajoutent ceux de milliers d’enseignants impliqués au quotidien dans leurs tâches de manière professionnelle, éthique, responsable et remarquable.


Qu’allez-vous en faire?

Qu’allons-nous en faire?


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Ecrire, lire écrire…un journal d’école

30 04 2010

« Ecrilire »

Lire pour écrire…écrire pour lire

Faut-il choisir?

Écrire pour raconter

Lire pour découvrir

Écrire pour organiser

Lire pour se repérer

Écrire pour s’exprimer

Lire pour écouter

Écrire pour être lu

Lire pour se relire

Écrire pour interagir

Lire pour jouer

Écrire pour informer

Lire pour s’informer

Écrire pour partager

Lire pour s’enrichir

Écrire pour fixer

Lire pour se souvenir

Écrire pour apprendre

Lire pour comprendre

Écrire pour grandir

Lire pour se voir grandir


http://video.google.com/videoplay?docid=-4744064430849936694

Lire pour écrire

Écrire pour lire

Faut-il vraiment choisir?


Petit rappel extrait du

Pilier 1 du socle commun

« Savoir lire, écrire et parler le français conditionne l’accès à tous les domaines du savoir et l’acquisition de toutes les compétences. »

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Philosopher à l’école

6 04 2010

Ce soir, envie de partager avec vous l’expérience philosophique à l’école selon Oscar Brennifer, Docteur en philosophie et philosophe praticien.

Depuis quelques semaines, suite à un billet intitulé Osons philosopher rédigé sur mon autre blog « Enquêtes pédagogiques » , et m’interrogeant sur les modalités et les enjeux de la pratique philosophique avec les jeunes enfants, j’ai décidé de l’expérimenter moi-même…pour voir, pour comprendre et qui sait…pour apprendre.

Apprendre quoi? Apprendre à penser mieux? Apprendre à écouter mieux? Apprendre à l’autre à se penser et penser l’autre

« Chercher à raisonner plutôt qu’à avoir raison » O. Brennifer

Toujours est-il que pour trouver un début de réponse à un prochain possible projet de classe, je me suis inscrite à un cycle d’ateliers dont vous trouverez le descriptif en lien sur le site de l’institut de pratiques Philosophiques.

Entre mars et juin donc, 8 méthodes seront abordées autour de 8 auteurs et de 8 textes. Je viens de vivre les 3 premières rencontres. Expériences pour le moins enrichissantes tant d’un point de vue personnel que professionnel. C’est pourquoi dans ce billet, je vous propose une petite mise en bouche façon formation initiale et continue puisque je vous présente aujourd’hui la première partie d’une série de 5 épisodes retraçant une conférence d’Oscar Brennifer en personne en IUFM il y a de cela deux ans.

A raison d’une par semaine, nous aurons le temps  d’ici la fin de l’année scolaire, d’aborder un certain nombre de points d’ordre méthodologique et de soulever quelques-uns des problèmes issus d’une telle pratique…Alors prêts pour l’ouverture de la session? N’hésitez pas à rebondir sur ce que vous aurez entendu ou à partager vos propres pratiques via les commentaires…

http://video.google.com/videoplay?docid=-613787090980124894

Séduits?

A paraître très prochainement sur BLOG BLEU PRIMAIRE

l’épisode 2!

😉


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L’or-tôt-graff

27 03 2010

http://www.grandpalais.fr/upload/m_file/440_590_vignette_GDP_Logo_Mardis.jpg

Tous les mardis, le Grand Palais vous propose, en partenariat avec les Presses universitaires de France, d’assister à des conférences-débats pour des confrontations stimulantes d’opinions et d’analyses autour d’un modérateur. Les débats portent sur des thèmes liés à l’actualité culturelle et sont organisés en cycles de trois à quatre séances. Ils réunissent artistes, universitaires, ou spécialistes réputés, et sont suivis d’un échange avec le public. Lire la suite et accéder au programme par ici

Mardi 30 mars prochain, débute un cycle sur l’écriture qui s’ouvrira sur la question de l’orthographe…J’ai bien envie d’y faire un tour…et vous? Et si nous nous y retrouvions?

Les horaires? de 18h30 à 20h

Du blog au Grand Palais, il n’y a qu’un pas à faire…les parisiens n’auront pas d’excuse! Ci-joint le plan pour y accéder…

Eh s’y ont si à sauciait an semble…

A mardi 😉

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Ethique et responsable

25 03 2010

La toute première des 10 compétences du référentiel de l’enseignant exprime clairement le devoir de l’enseignant d’ AGIR de façon éthique et responsable

Interrogeons-nous un instant sur la nature et la fonction de cet « Agir » avant de le coordonner à ses deux adjectifs, éthique et responsable. Procédé purement énonciatif et explicatif puisque dans la vie, il paraît essentiel, autant que faire se peut, de ne jamais dissocier nos actes d’une éthique et d’une responsabilité à la fois professionnelle et personnelle…

Agir donc…définition du Petit Larousse illustré version 2006:

1- Entrer ou être en action.

2- Produire un effet, exercer une influence

3- Adopter une attitude, se comporter, se conduire

D’entrée de jeu on sent bien que l’action ne peut se détacher d’une attitude et d’une influence présente donc dans chacun de nos choix d’enseignement et d’éducation.

L’agir suppose des actes visibles, des paroles explicites, des visées finalisées, des positionnements clairs, des choix énoncés…et j’oserai ajouter des renoncements aussi. Renoncements assumés et éclairés à la lumière des choix effectués. Mais cet agir, puisqu’il s’exerce dans le cadre d’un établissement, d’une école, d’une équipe, d’une classe,  ne peut se résumer à un agir solitaire, individuel, personnel. Il se décline au sein d’une institution, d’une histoire, d’une culture, d’une unité qui fait corps et qui donne et construit du sens…Nous touchons ici à une valeur fondamentale qui rejoint une question d’ordre philosophique. Comment faire le lien entre l’individuel et le collectif, comment se montrer garant de l’un et de l’autre, comment agir les uns avec et en fonction des autres… Une tension délicate et néanmoins essentielle avec laquelle il faudra sans cesse composer. Trop de collectif nuit au respect de l’unicité de la personne. Trop d’individuel écarte toute possibilité de projet et donc d’humanité.

Essayons de dresser une typologie des actions directement reliées à cette compétence 1 du référentiel de l’enseignant: Agir de façon éthique et responsable.

Des actions en situation:

accueillir chaque enfant le matin par un mot, un regard, un geste personnalisé

– proposer des activités variées et ciblées en fonction des besoins d’apprentissage de chacun

– encourager le plus possible, féliciter lorsque cela est légitime, nommer clairement les difficultés quand elles se présentent

– mettre en place des conseils d’élèves, des ateliers philo où des quarts d’heure « quoi de neuf sur la terre? » où la parole devient un lieu d’échange, d’ouverture et de co-construction de savoirs et de postures

tenir compte des rythmes  et des besoins biologiques des enfants en fonction de leur âge et de leurs particularités

travailler en lien avec les textes officiels: référentiel, programmes et socle commun

– miser sur la méthodologie et l’apprentissage de l’autonomie

Des actions en équipe:

élaborer un dispositif d’accompagnement et d’évaluation en lien avec les capacités de l’élève et des élèves à un moment T pour le et les mener à un instant T+1

– construire des outils, rédiger des documents explicatifs, lisibles et communicables au sein et hors de l’établissement

– rendre lisible et vivant le projet éducatif de l’établissement

– s’associer à l’accompagnement de chacun des membres de l’équipe éducative

– analyser nos pratiques et co-élaborer des savoirs-faire professionnels

s’interroger sur l’organisation du temps de travail des élèves et des enseignants

– innover, expérimenter, se donner le droit à l’erreur

– continuer d’apprendre à enseigner

Des actions en amont

élaborer ses progressions, ses séquences, ses séances

– anticiper les difficultés

se mettre en veille pédagogique et institutionnelle

– réactiver en permanence ses connaissances dans un souci de clarification des contenus à enseigner *

Des actions sur le long terme

– travailler avec les familles

construire des partenariats

– mettre en place des projets

– s’assurer de l’adéquation entre le « j’enseigne » et le « ils apprennent »

– miser sur la co-formation (entre pair)  et l’auto-formation (par soi-même) *

Ce catalogue à la Prévert, loin d’être exhaustif témoigne néanmoins de choix et de priorités qui me paraissent traduire de cet engagement éthique et responsable au service d’une éducation et d’un enseignement durable…Bien évidemment, chacun des items pourrait être décliné en sous-items et en une multitude de verbes d’action. Il s’agit ici d’une sorte de préambule qui ne demande qu’à être amélioré et enrichi au regard de vos propres pratiques et choix personnels et professionnels. Les commentaires sont ouverts…au débat et à la discussion! Ainsi, dans un souci de participation active, j’ajouterai au fur et à mesure vos propositions que je rendrai visibles par une astérisque *

C’est bien là la finalité de ce blog. Partager, s’interroger, se co-former…

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Eloge du désordre

18 02 2010

Demain, dernier jour de classe et accueil de stagiaire en observation…Bon, alors, là il y a les progressions de français, ici sous le 1er tas de droite face à la pile du bas, les évaluations de maths. Dans le coin supérieur gauche sous le fichier de conjugaison, vous trouverez les dernières productions d’écrits en phase de réécriture et juste en dessous les comptes rendus d’expériences…Bon ben, je crois que tout est là…

Bienvenue chez les CM1!

http://farm4.static.flickr.com/3290/2755583015_eb209fc401.jpg

Gérer l’ordre et le désordre, une véritable compétence à acquérir pour exercer pleinement  le métier d’enseignant

😉




Dictée « Les 2 font la paire »

3 02 2010

Ce matin, atelier pédagogique en réseau pour les enseignants du cycle 3

Thème de travail…l’orthographe…

Je pensais introduire la matinée en leur proposant cette petite dictée..

« Monsieur Lamère a épousé Mademoiselle Lepère.
De ce mariage, est né un fils aux yeux pers*.

Monsieur est le père, Madame est la mère et bien sûr ces deux là font la paire.

Le père, quoique père, est resté Lamère, mais la mère, avant d’être Lamère était Lepère.

Le père est donc le père sans être Lepère, puisqu’il est Lamère et la mère est Lamère, bien que née Lepère.

Aucun des deux n’est maire. N’étant ni le maire ni la mère, le père ne commet donc pas d’impair en signant Lamère.

Le fils aux yeux pers de Lepère deviendra maire.

Il sera le maire Lamère, aux yeux pers, fils de Monsieur Lamère, son père, et de Mademoiselle Lepère, sa mère.

La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd. Aux obsèques, le père de la mère du maire, le grand-père Lepère, vient du bord de mer, et marche de pair avec le maire Lamère, son petit-fils.

Les amis du maire, venus pour la mère, cherchent les Lamère, ne trouvent que le maire et Lepère, père de la mère du maire, venu de la mer, et chacun s’y perd ! »

(*pers = de couleur indéfinissable)

Souhaitez-moi bonne chance!

😉




Voeux pédagogiques!

1 01 2010

« A la poursuite du trésor pédagogique de l’innovation. Une invitation au voyage pour tout enseignant , proposée par la Mission Académique Innovation et Expérimentation de l’académie de Paris. »

Merci à François Muller , responsable de la MAIE, pour cette initiative incitative, inventive et récréative!

En double-cliquant sur la vidéo vous pourrez l’agrandir au format écran. Et n’oubliez pas d’allumer vos enceintes!

A mon tour, je vous souhaite une année 2010 riche en découvertes et en redécouvertes! Innover, ce n’est pas forcément partir très loin, ce n’est pas non plus qu’une question de moyen ou d’arsenal technologique! Innover, c’est d’abord une histoire d’attitude et d’état d’esprit. Parfois, en changeant de quelques petits degrés notre angle de vue, l’horizon épouse de nouvelles perspectives. Juste quelques petits degrés…en longitude ou en latitude…libre à chacun d’orienter son regard, d’expérimenter de nouvelles voies et de conquérir de nouveaux espaces. Un seul verbe peut-être sans lequel rien n’est vraiment possible: le verbe OSER

Pour cette nouvelle année, osons!

Osons transmettre le goût de l’audace!

Osons voir ce qui est à portée de vue mais qu’il nous est parfois confortable d’occulter…

A chacun donc, je souhaite une audacieuse année 2010!




Différenciation, mais encore…

4 12 2009
  • « Le premier des moyens (pour la prise en charge des élèves en difficulté) est la différenciation pédagogique dans la classe pendant les 24 heures d’enseignement dues à tous les élèves. » Circulaire « aménagement du temps scolaire »BO du 19/06/08
  • « La différenciation, c’est un effort de diversification méthodologique susceptible de répondre à la diversité des élèves ». Louis Legrand
  • « Il n’y a pas de méthode unique, il doit y avoir une variété de réponses au moins égale à la variété des attentes. » André de Peretti
  • «Différencier, c’est rompre avec la pédagogie frontale, la même leçon, les mêmes exercices pour tous; c’est surtout mettre en place une organisation du travail et des dispositifs didactiques qui placent régulièrement chacun dans une situation optimale. La pédagogie différenciée pose le problème d’amener les élèves non pas à un point déterminé (comme nous le faisons en fonction de nos programmes actuels) mais chacun à son plus haut niveau de compétence.» Philippe Perrenoud
  • « C’est une philosophie de l’élève comme sujet, une pédagogie de l’autonomie comme capacité de piloter soit même progressivement ses propres apprentissages, une conception de rapport sociaux comme devant être à la fois reconnaissance de la diversité et recherche de solidarité». Philippe Meirieu

Petite synthèse bleu primaire

Etant donné que…

  1. le modèle d’intelligence unique et universel n’existe pas,
  2. l’intelligence ne peut en aucun cas se confondre avec une somme de connaissances,
  3. nos classes sont le reflet de cette hétérogénéité naturelle
  4. le développement des compétences semble désormais reconnues légalement comme essentiel dans le processus d’apprentissage,
  5. l’objectif de l’école obligatoire telle qu’elle existe aujourd’hui reste pourtant de fournir un programme unique, national et commun à chacune des tranches d’âge…

alors l’enseignant avisé n’a bien qu’une seule possibilité d’action s’il veut faire face à ces contradictions…

la diversification et la différentiation...

Une fois qu’on a dit cela, qu’on pense cela, que l’on croit à cela, la tâche reste pourtant ardue. Quand on veut on peut?

Je ne sais pas…parfois oui, parfois non…L’important étant sans doute le plus souvent possible de faire coïncider valeurs personnelles et éthique professionnelle en lien étroit avec le respect de ce qu’est UN enfant…

CET enfant là, à ce moment là.

Pas plus qu’un autre je n’ai de recette, pas mieux qu’un autre je ne fais face aux difficultés de gestion de groupe. Ce que je sais c’est que seuls une solide formation initiale et continue, de réguliers apports théoriques eux-même questionnés par des échanges de praticiens  en poste fournissent à l’enseignant novice ou déjà chevronné un accompagnement qui lui permet de ne pas complètement lâcher prise…

Alors, soit dit en passant…et en guise de mise en débat…deux ou trois questions en relation avec la réforme annoncée de la formation des maîtres…

Comment les enseignants de demain, formés en Master universitaire  mono (ou bi)-disciplinaire vont-ils être en mesure d’affronter cette complexité due à la réalité du terrain?

La pédagogie, la psychologie, la sociologie, la formation professionnelle ne sont-elles donc plus l’affaire de l’enseignement?

Et comble de la situation, on apprendrait donc à nos élèves qu’à l’école il faut apprendre pour réussir tout assumant ce drôle de paradoxe que le métier d’enseignant, lui, ne s’apprendrait pas et qu’il semblerait donc inutile pour ce même enseignant d’apprendre à apprendre?!

Bizarrerie du système, vous ne trouvez pas…