Des outils pour mieux apprendre

26 09 2011

« A partir de travaux et d’expériences développés en Europe de l’Est puis aux Etats-Unis et en Australie, le « mieux-apprendre » propose une approche théorique et pratique en cohérence avec la personnalité de celui qui apprend et la personnalité de celui qui transmet.
Cette approche s’appuie autant sur un bon sens parfois oublié que sur les travaux de chercheurs et de pédagogues. Elle fait découvrir qu’apprendre n’est pas forcément une question de mémoire, de prédispositions ou d’intelligence. Il s’agit surtout de mieux utiliser nos facultés naturelles à travers un processus et un environnement adaptés.
A travers des outils simples, cette approche plus naturelle du fait d’apprendre permet de (re)trouver plaisir, confiance en soi, et une meilleure relation à soi-même et aux autres. » Source: Mieux-apprendre.com

Dans le cadre de ma formation au titre universitaire de formateur, entamé début 2009, et en parallèle des actions de formation que je mets en place à la demande d’équipes d’école ici ou là, il m’est demandé de suivre un certain nombre de modules obligatoires délivrés par les organismes institutionnels comme le CEPEC de Lyon, l’ISP-Faculté d’éducation de Paris et son homologue, l’IFUCOM d’Angers.

Ainsi, formation et pérégrination sont deux mots que je vis et expérimente depuis quelques mois déjà. Je dirais même plus, l’un ne va plus sans l’autre, ils sont devenus indissociables, ce qui n’est pas pour me déplaire, je l’avoue.

Pour autant, le monde de la formation ne s’arrêtant pas aux frontières de l’éducation nationale ni à celui des instituts missionnés, j’ai décidé cette année d’opter également pour un parcours professionnel élargi, en marge des chemins traditionnels. C’est ainsi que depuis quelques temps, je me suis penchée sur les travaux de Bruno Hourst et de son équipe du Mieux Apprendre.

 

 

S’intéresser à l’étude des intelligences multiples, à l’approche des techniques de lecture active ou encore à celle des stratégies de mémorisation, c’est s’intéresser d’un peu plus près à tout ce qui touche à l’apprentissage, et donc à l’enseignement, dans une optique d’ouverture, de mobilisation et de développement des ressources et des compétences propres à chacun; ressources souvent mal exploitées car ignorées.

Chaque apprenant est doté de circuits cognitifs qui lui sont personnels. Mieux les connaître et mieux se connaître, c’est faire le pari d’une optimisation des savoirs-faire de chacun en vue de la mise en place d’une pédagogie différenciée qui optera, non pas sur la démultiplication des « niveaux » d’apprentissage, mais plutôt sur un apport diversifié d’approches facilitant une meilleure prise en compte des particularités et des parcours de chacun. Tirer le meilleur parti de la diversité dans une démarche pédagogique, tel est l’enjeu.

C’est ainsi que jeudi et vendredi prochain, j’ai la grande chance de participer aux ateliers proposés par Bruno Hourst et son équipe. Deux jours entiers consacrés aux techniques du Mieux apprendre, ce serait dommage de passer à côté, vous ne trouvez pas 😉

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La fable des animaux républicains

22 09 2011

 


Britt- Marie Barth            André de Perreti

Hier, dans le cadre de la rentrée des formateurs de l’ISP-Faculté d’éducation, j’ai eu la grande chance de participer à une journée de réflexion collective autour d’un thème majeur, celui de l’évaluation des compétences. Matinée inaugurée par Britt-Mari Barth et animée par André de Perreti. Il serait trop long pour moi d’écrire un compte-rendu rendu complet de cette journée, et trop fastidieux pour vous d’en lire le contenu. Ainsi, j’ai choisi de vous raconter une histoire. Un regret cependant, je ne peux que vous transmettre le texte par écrit alors que j’aurais tant aimé enregistrer la voix de ce grand Monsieur de…95 ans!

Il était une fois…

Un jour, les animaux décidèrent de faire quelque chose pour résoudre les problèmes du monde moderne. Ils organisèrent donc des élections, et un ours, un blaireau et un castor furent désignés membres de la Commission d’Enseignement.

Un hérisson fut engagé comme professeur. Le programme scolaire consistait à courir, grimper, nager et voler, et, afin de faciliter l’enseignement, l’on décida que toutes ces disciplines seraient obligatoires.

Le canard battait tout le monde à la nage, même son professeur, mais il était très médiocre quand il s’agissait de voler et complètement nul à la course. C’était là en fait un si mauvais élève qu’on décida de lui donner des leçons particulières : il devait donc courir pendant que les autres allaient nager. Cet entraînement meurtrit tellement ses pieds palmés qu’il obtint à peine la moyenne à l’examen de natation.

L’écureuil grimpait mieux que quiconque, avait toujours la meilleure note en escalade, 18 sur 20. Voler, par contre, lui déplaisait profondément car le professeur exigeait qu’il saute du haut de la colline, alors que lui préférait s’élancer de la cime des arbres. Il se surmena tant qu’au bout d’un certain temps, il n’obtint plus que 8 en escalade et 6 à la course.

L’aigle était une forte tête que l’on punissait très souvent. Il éclipsait tous les autres quand il fallait grimper aux arbres, mais ne voulait utiliser que sa propre méthode. On décida donc de le mettre dans une classe d’observation.

  Le lapin était tout d’abord le champion de course à pied, mais les heures supplémentaires qu’on lui fit faire à la piscine finirent par lui donner une dépression nerveuse.

A la fin de l’année scolaire, une anguille prodige, médaille d’or de natation, et qui savait aussi grimper, courir et même voler un peu, obtint la meilleure moyenne dans toutes les disciplines. Elle fut donc désignée pour prononcer le discours de fin d’année lors de la distribution des prix.

Creuser des galeries ne figurant pas au programme scolaire, la taupe ne put aller en classe. Elle n’eut donc d’autre choix que d’envoyer ses enfants en apprentissage chez le blaireau. Plus tard, ils s’associèrent avec les sangliers pour fonder une école privée, et celle-ci eut beaucoup de succès 😉

 

  • Morale de cette histoire?

Le propre d’une fable n’est-il pas d’en donner le sens sans avoir à l’expliciter davantage?

Néanmoins, pour ceux qui veulent creuser la question et en savoir plus sur la genèse et l’histoire de cette fable, je vous invite fortement à vous rendre sur le site Diversifier de François Muller, grand ami d’André de Perreti et fidèle disciple.

Une autre manière d’illustrer ce propos, avec d’autres personnage…

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L’ennui crée le rêve et le rêve, la réalité

18 04 2011

Carême pédagogique

Jour 39

Pensée 39

«Donnez le même esprit aux hommes, vous otez tout sel de la société. L’ennui naquit un jour de l’uniformité.»
Antoine Houdar de la Motte

Heureusement, l’enfant étant cet être incroyablement doué pour toute forme de pensée, il saura, pour peu qu’on lui laisse un espace disponible et réservé pour transformer son ennui en rêve, faire de cet ennui un terrain de jeu, de vagabondage, d’expérimentation. Laissons nos enfants s’ennuyer et nous les verrons s’inventer artistes, explorateurs, inventeurs, poètes.

A quand une semaine de l’ennui dans nos établissements?

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De l’art d’enseigner!

1 04 2011

Carême pédagogique

Jour 22

Pensée 22

La tradition du poisson d’avril, une bien belle invitation à la créativité!

Je vous laisse savourer la prouesse technique associée au talent d’acteur de ce prof de math.

Comme quoi on eut être prof, être heureux et rendre les élèves heureux…même en mathématiques 😉

http://www.dailymotion.com/video/xcveim

Bon, maintenant je file en classe…

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Haïku pour Hatsuharu

21 03 2011

Carême pédagogique

Jour 11

Pensée 11

Certains sujets sont difficiles à envisager avec une classe de jeunes élèves. Non pas qu’ils ne soient pas en capacité de les appréhender, mais plutôt qu’il reste très délicat pour un enseignant de se mettre à la portée de leurs attentes, de leurs besoins, de leurs peurs, de leurs représentations, de leurs questions,  sans risquer de les brusquer, de les heurter, de les plonger un peu plus dans le chaos qui envahit les ondes et les écrans. Pour autant, on ne peut rester muet, impassible, faire comme si de rien n’était. Ainsi j’ai choisi de partir avec ma classe à la découverte du patrimoine poétique japonais et de leur proposer de rédiger à l’intention d’un enfant, incarné par un prénom, un court poème sur le modèle des Haïkus.

Le haïku est une forme classique de la poésie japonaise, à forte composante symbolique, qui contient environ 17 syllabes et  fait référence à un élément de la nature, nature qui porte en elle la beauté et l‘éphémère.

Au Japon, chaque prénom est porteur d’un sens, d’une signification. Ici, en choisissant de mêler deux prénoms féminins Hatsu et Haru, j’obtiens un prénom composé Hatsuharu qui signifie Premier Printemps. Hommage au printemps bien sûr, mais surtout hommage à cette petite fille, à ce nouveau-né qui vit le jour au pays du Soleil Levant, à l’aube d’un tsunami dévastateur.

Haïstu pour Hatsuharu

Les eaux noires de tes grands yeux

vaporeux

s’éveillent au Soleil Couchant

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L’opéra à l’école

22 01 2011

Mozart (1756-1791) n’a que 12 ans lorsqu’il compose cet opéra en un seul acte: Bastien et Bastienne.

  • les personnages: Bastien, Bastienne la bergère et Colas le magicien
  • les thèmes: l’amour, la magie,

  • l’histoire en quelques mots: Bastienne aime Bastien, mais Bastien semble en aimer une autre. Alors Bastienne se tourne vers Colas le magicien et lui demande de lui venir en aide…
  • le passage: l’extrait choisi ici, 10 ème Aria et 2ème air de Colas, se situe à la scène IV, au centre de l’opéra, moment pivot où le magicien entame une inquiétante incantation de formules magiques…

Diggi, Daggi, schurry, murry!

Image de prévisualisation YouTube


Hier matin, sans trop savoir où je mettais les pieds, (mais avec quelques petites idées derrière la tête…) j’ai proposé à mes élèves de découvrir cette œuvre du patrimoine lyrique, œuvre de jeunesse d’un compositeur hors normes: Mozart.

Et vous savez quoi? Ils en redemandent!

dessin d’élève

Proposons du beau, de l’insolite, de l’inattendu à nos élèves et ils nous surprendront par leur curiosité, leur envie, leur intérêt, leur motivation…

@ suivre 😉

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Mieux vaut prévenir que…

19 01 2011

Vous ai-je déjà présenté mon autre autre blog?

– Encore un autre blog!? Avec celui de vos élèves et le vôtre, plus tout le reste, vous n’en n’avez donc pas assez? »

– Si, bien sûr, j’en avais déjà largement assez…et puis, voilà, une rencontre, une sollicitation, un projet….et hop! En juillet dernier, paraissaient les premiers articles de ce nouveau web-log.

Je m’explique:

4 raisons principales m’ont poussée à créer ce blog sous l’égide de la MAE :

  • Une rencontre professionnelle et amicale avec l’une de ses responsables impliquée dans le secteur des actions de prévention
  • L’envie de valoriser un patrimoine pédagogique riche et encore trop peu connu des responsables éducatifs (parents et enseignants)
  • Le désir de soutenir les actions de prévention menées sur le terrain par des équipes de bénévoles en lien avec la sécurité des enfants et celle des adolescents
  • L’opportunité de travailler en lien avec un partenaire

Depuis l’été dernier donc, chaque lundi, j’y publie un article relevant d’un thème précis de prévention en lien avec une ressource pédagogique ciblée.

  • Les thèmes abordés:
  1. La sécurité domestique
  2. Éducation à la santé
  3. Les premiers secours
  4. La sécurité routière
  • Les niveaux concernés:
  1. La maternelle
  2. L’élémentaire
  3. Le collège
  4. Le lycée
  • Les types d’outils (toujours gratuits):
  1. Kit pédagogique
  2. Cédérom
  3. Fiches téléchargeables
  4. Expositions, actions et ateliers itinérants
  • Les publics concernés:
  1. Les parents
  2. Les enseignants
  3. Les associations
  4. Les collectivités territoriales

Alors, on s’y retrouve dès lundi prochain?

Blogueuse, un métier passionnant 😉

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Un blog pour quoi faire? (Partie 2)

19 12 2010
  • Utiliser l’outil numérique en situation

Avec un portfolio numérique on utilise l’outil comme média pédagogique et formatif. Les élèves valident ainsi le B2I avec derrière un véritable enjeu d’apprentissages variés. Il ne s’agit pas d’une utilité purement technicienne mais d’une pratique sociale visant des apprentissages fondamentaux comme la lecture, la communication, la production d’écrit, etc.

  • Se servir de la langue française dans sa fonction de communication

Écrire un texte pour la seule maîtresse, ne jamais avoir d’autre retour qu’une correction, aussi précise soit-elle, est-ce là une démarche sensée lorsqu’il s’agit d’écriture? Publier sur un blog, c’est écrire pour une multitude de lecteurs potentiels. Cela change considérablement la donne.

  • Partager ses lectures et ses passions

Apprendre et partager; partager pour avoir envie d’apprendre davantage encore, tel est le cercle vertueux initié grâce au blog de classe.

  • Rédiger des articles sur des sujets variés

Les enfants étant invités à rédiger de petits textes en relation avec de nombreux types de lectures ou domaines d’intérêt, le blog devient ainsi une véritable plateforme multi-culturelle. Blog et cyberculture!

  •  Jouer et interagir entre pairs

Sur le blog, les élèves se retrouvent, ils se lisent, rebondissent sur les articles écrits par leurs pairs. Ils n’écrivent et ne lisent plus plus pour le seul compte du maître mais pour être lus et se commenter eux-mêmes et entre eux.

  • Être auteur, acteur, rédacteur, commentateur, administrateur

Plusieurs attitudes, capacités et compétences sont ici sollicitées en situation. Auteurs, ils rédigent. Acteurs, ils agissent. Rédacteurs, ils publient. Commentateurs, ils réagissent. Administrateurs, ils apprennent à gérer l’administration du blog.

  • Ecrire, lire, écrire, lire….

Image de prévisualisation YouTube

 

Références utiles et citées:

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Un blog de classe pour quoi faire? (partie 1)

17 11 2010

Un blog de classe pour quoi faire? La question peut paraître saugrenue pour les uns, impertinente pour d’autres, sans intérêt pour certains. Travaillant depuis tout  juste trois ans avec ce type de support numérique, j’avais envie d’en donner un feed-back non exhaustif mais ancré dans ma réalité quotidienne de vie de classe.

Alors, notre Cuturo-blog de classe, que permet-il d’autre qui ne soit pas possible sans lui? Qu’offre-t-il de différent de ce qu’offre déjà la classe? Voici quelques éléments de réflexion que je soumets volontiers à vos propres réflexions, analyses et expérimentations.

  • s’exprimer dans et hors de la classe,

Qu’il s’agisse de relation pédagogique, de relations entre pairs ou de relations aux savoirs, la dimension relationnelle se révèle essentielle et incontournable dans une vie de classe. On parle beaucoup d’individualisation dans le milieu de la formation; j »aime de moins en moins ce mot, je l’avoue bien volontiers. Il efface la personne et contourne le collectif. Au terme d’individualisation je préfère nettement celui de personnalisation. On y reconnaît davantage l’existence de la personne en lien avec l’existence du groupe auquel elle appartient. On apprend toujours seul mais jamais sans les autres est un des leitmotivs de Philippe Carré. Je l’expérimente pour ma part chaque jour en classe avec mes élèves. Le blog de classe permet à cette personnalisation de la relation de se poursuivre dans un espace-temps autre que celui de la classe. La relation ainsi que l’expression de cette relation sont au cœur du dispositif d’apprentissage; elles sont au cœur même de l’acte d’apprendre.  Qu’elle soit orale ou écrite, l’expression est un des modes relationnels qui favorise la mise en place d’un apprentissage dynamique, évolutif, vivant, incarné. Développer et organiser cette expression au sein de la classe est une des choses les plus délicates à  gérer pour un enseignant. Qui questionne? Qui répond? Qui propose? Qui exprime et s’exprime? Bien souvent…ce sont toujours les mêmes, avec en exergue la parole de l’enseignant trônant sur l’estrade.

Lorsque la première année j’ai mis en ligne notre premier blog de classe, j’ai progressivement vu s’établir de nouveaux flux de communication, de nouvelles formes d’interaction, de nouveaux espaces d’expression plus propices pour certains à l’expression de soi. Soi et les autres. Soi au sein d’un collectif numérique, mais non moins réel pour autant. Un collectif moins intimidant, moins impressionnant sans doute pour certains enfants plus timides, plus inhibés, moins confiants. Quelle que soit l’importance de l’enjeu éducatif, on ne peut forcer un enfant ni à apprendre, ni à entrer en relation, ni à s’exprimer. On ne peut que l’y inviter, lui tendre chaque jour la main, lui exprimer notre présence et lui signifier son existence. Et puis, peut-être, sans doute, sans aucun doute, un jour, on le verra entrer dans la danse. C’est ce que j’ai pu en effet constater et expérimenter via le blog de classe. J’y ai vu, lu et entendu des enfants qui peinaient à s’exprimer en tant qu’élève et qui peu à peu, à leur rythme, via un espace autre que celui de la classe, de l’école, du cadre institutionnel, se sont autorisés à se construire une identité d’élève . Le blog de classe a cette particularité de représenter la classe sans pour autant en imposer le cadre. Ni obligation de lieu, ni obligation d’horaire, ni obligation de contenu, ni obligation de résultat, ni obligation de présence. Et pourtant…ils sont là, ils y reviennent, ils en redemandent. Intéressant je trouve…

  • établir un lien entre l’école et la maison

Véritable portfolio numérique, le blog de classe, est une porte ouverte sur ce qui se vit et se fait en classe. Les parents, les amis, la famille peuvent ainsi prendre part à un espace-temps généralement clos et mystérieux qui leur est de fait interdit par des contraintes tant exogènes qu’endogènes: disponibilité des uns, emploi du temps des autres, règlement intérieur des établissements, architecture spatiale limitée, sont autant d’obstacles à la mise en place de lieux ouverts propices aux échanges entre les familles et l‘institution. Le blog de classe, lui,  permet cet autre lieu, il permet une relative perméabilité entre deux sphères généralement considérées par l’une comme par l’autre comme territoires infranchissables, inatteignables, voire non autorisés.

Le blog de classe établit ce que j’appelle une passerelle virtuelle. C‘est sans doute mon petit côté claustrophobe, je n’ai jamais aimé les portes fermées, mais c’est davantage évidemment. Derrière cette idée de passerelle, il y a la conviction, là encore, qu’une meilleure communication entre l’école et la famille ne peut que favoriser la confiance réciproque, première pierre d’un pacte éducatif à double entrée. Triple entrée devrais-je dire car l’enfant-élève est un des co-signataires de ce contrat éducatif. Le blog de classe permet ainsi non seulement d’éclairer les contours de la boîte noire que représente la classe, en y laissant entrer un peu de transparence et de couleur mais également il permet aux enfants d’être eux-mêmes au carrefour de ce lieu de transition et de transfert des savoirs. Ce sont eux les passeurs, les transmetteurs; ce sont eux qui gèrent, en fonction de leurs souhaits, le débit et le contenu de ce qu’ils considèrent comme utile, lisible, audible et recevable. Rien n’est imposé. C’est un principe de base et qui fonde de plus en plus, là encore je l’avoue bien volontiers, l’essence de ma pédagogie.

  • créer une identité de classe

Le blog de classe, tel que nous le pratiquons depuis trois ans, peut être assimilé à ce que l’on nomme également un portfolio de présentation. Notre blog, c’est nous, c’est notre classe toute entière et c’est chacun de ses éléments en particulier, lié entre eux dans une entreprise collective. C’est une galerie numérique et permanente de travaux et d’échanges incarnant à la fois le travail de chacun mais aussi la réalisation d’un projet collectif co-construit tout au long de l’année. Chaque année, les groupes-classe se font et se défont au gré des répartitions, des déménagements, des nouvelles inscriptions. Chaque année, il faut reconstituer une nouvelle dynamique de groupe, retrouver un nouvel élan propre à chaque profil de classe, chercher et trouver un projet particulier qui fera sens pour les élèves et donnera du sens à leur quotidien.  Sans  ce sens, il est bien difficile de trouver la motivation et l’appétence nécessaires à l’engagement scolaire.

Le blog de classe, de ce point de vue a largement dépassé mes espérances. Non seulement il génère l’adhésion de tous, mais il va bien au-delà puisque les années passant, les anciens élèves continuent de s’y sentir chez eux même lorsqu’ils ont changé d’établissement! Certes d’une année sur l’autre le blog évolue, en lien avec les besoins particuliers et le caractère propre à la classe, caractère qui chaque année diffère de la précédente. C’est ce qui fait la saveur de ce métier. Rien n’est jamais pareil. Le blog de notre classe, c’est notre travail, c’est notre fierté, c’est notre identité commune. Cette identité de classe est fondamentale pour envisager la mise en place des apprentissages. La classe est d’abord un lieu de vie et c’est parce qu’elle est un lieu de vie qu’elle peut devenir un lieu d’apprentissage. De cela, je reste convaincue.

  • valoriser le travail des élèves

Sur un blog de classe, on ne publie pas n’importe quoi, n’importe comment. En amont, un travail personnel de lecture, de rédaction, de présentation, de choix et de sélection des travaux est co-constitué par les enfants et l’enseignant. A l’heure où l’on parle de développement des compétences autant que des savoirs, à l’heure où l’échec scolaire est quotidiennement affiché aux yeux des élèves qui eux, tentent avec ardeur de donner le meilleur de ce qu’ils peuvent, la valorisation de leur travail et de leur réussite me semble la moindre des choses. Croire en ses élèves, en leurs capacités de progrès, en leurs facultés encore toute naissantes n’est-ce pas une posture fondamentale pour tout enseignant, pour tout éducateur? C’est une question de respect, d’éthique et de solidarité envers eux. La motivation entraîne l’envie; le goût entraîne le plaisir; la reconnaissance entraîne l’engagement, la réussite entraîne la réussite…Le blog de classe, parce qu’il donne à voir le fruit de leur travail permet ce cercle vertueux, pourquoi s’en priver?

Dans un très prochain article, j’aborderai d’autres aspects qui font la particularité du blog de classe. J’y évoquerai, entre autre, la validation du B2I en situation, les activités en lien avec la maîtrise de la langue française, le rapport incontournable aujourd’hui entre les apprentissages et l’usage du numérique. Nous savions déjà que les intelligences étaient multiples. Nous découvrons aujourd’hui, avec l’apparition du numérique qui nous condamne à être intelligent pour reprendre les mots de Michel Serre, que nos rapports à la connaissance et aux modes d’apprentissage s’en trouvent complexifiés et sans aucun doute démultipliés. L’école peut-elle restée sourde, aveugle, muette?

@ suivre 😉

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Séquence d’histoire cycle 3

17 10 2010

Un article en guise de synthèse et de récapitulatif des grands concepts historiques abordés depuis le début d’année; concepts qu’il me semble incontournable d’appréhender dès le primaire afin de mettre en place chez le jeune enfant une posture de dé-centration, d’investigation et de questionnement. L’histoire se transmet, certes, mais elle interroge l’homme et son environnement proche et lointain, dans le temps, comme dans l’espace.

Discipline transversale par nature, l’histoire touche à ce que l’homme vit, a vécu et sans doute vivra, chacun d’entre nous étant une parcelle de l’humanité en devenir, chacun d’entre nous étant inscrit sur cette incommensurable frise historique, marquée elle-même par une multitudes d’événements allant de la micro situation anecdotique jusqu’au le fait majeur et historique.

1/ travail collectif de recueil des représentations en histoire.

Pour vous, c’est quoi l’histoire?

Quelques exemples donnés par les enfants et récoltés sur le tableau:

  • Christophe Colomb
  • les hiéroglyphes
  • les châteaux forts
  • les Romains
  • Léonard de Vinci
  • -500 avant Jésus Christ
  • la deuxième guerre mondiale
  • les silex
  • La Grèce
  • le Moyen Âge
  • Charlemagne
  • la Préhistoire
  • etc…

2/ clarification, organisation sur feuille de cette collecte et classification en 8 grands concept-clés

  • les périodes
  • les époques
  • les dates
  • les événements (ou faits)
  • les personnages historiques
  • les peuples et civilisations
  • les vestiges
  • les lieux

3/ mobilisation de ces données dans des activités de lecture-recherche

4/ travail sur les durées et le calendrier

  • le siècle et leur écriture en chiffres romains
  • le millénaire
  • l’ère
  • les différents calendriers (chrétien, musulman, juif)

5/ reformulation, formalisation et illustration par le biais d’une fiche-outil de référence

6/ méthodologie de l’exposé sous forme de carte mentale (schéma heuristique)

  • comment mener une recherche?
  • quels type de document utiliser?
  • où trouver les différentes sources historiques?
  • comment varier les types de support (carte, frise, schéma, objet, témoignage, etc)
  • comment analyser et exploiter des documents? (date, titre, sujet traité, etc)
  • comment présenter un thème (titre, paragraphe, sous-paragraphe, etc)

7/ rendez-vous sur le blog de classe pour une petite séance vidéo.

A suivre…


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Exposition d’automne

10 10 2010

La classe en direct!


Fiche technique

Matériel:

  • 1 feuille blanche  à dessin A4
  • 1 crayon à papier HB
  • 1 feutre noir pointe fine
  • 4 gouaches: blanc pour les dégradés; noir pour les saturés; rouge et jaune primaires pour les nuances de couleurs
  • 1 pinceau moyen-fin

Etapes: (prévoir 2 séances de 50 minutes)

  • tracer, sans lever le crayon, UNE seule longue ligne courbe
  • entrer par un bord et sortir par un autre bord en traçant des boucles sur toute la surface de la feuille
  • repasser au feutre noir
  • préparer une palette avec les différentes couleurs
  • chercher des teintes chaudes (du jaune doré au rouge braise en passant par l’orangé et le violet)
  • remplir chaque espace avec une nuance que l’on pourra dégrader (éclaircir) ou saturer (obscurcir)

Pour un aperçu des œuvres réalisées, suivez le guide en cliquant sur l’icône « palette » en fin d’article. Vous êtes cordialement invités à découvrir notre exposition « Paysages d’automne » qui inaugure l’ouverture du Culturo-blog des CM1-CM2 pour cette année 2010-2011.

Exposition en ligne

D’autres réalisations à partir de la même entrée:


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Des outils numériques au service de l’école

4 10 2010

AGENDA d’octobre



L’atelier Voix Haute dirigé par  Christian Jacomino, linguiste, pédagogue et docteur en science du langage, nous donne rendez-vous ce mercredi 6 octobre, pour sa journée de rencontre et formation sur le thème: « Des outils numériques au service de l’école ».

Celle-ci réunira- et si ce n’est pas la première fois- vous avouerez que ce n’est pas courant:

  • des professeurs de l’école élémentaire avec ceux du collège
  • des représentants de l’enseignement public avec ceux de l’enseignement privé
  • des animateurs associatifs avec des étudiants et parents d’élèves
  • tous ceux que l’école et son devenir intéressent

Toutes les précisions nécessaires sur ce rendez-vous et sur le détail du programme des interventions sont accessibles ici:

http://voixhaute.com/spip/spip.php?article184

Deux articles enfin à découvrir, qui dessinent le contour de ce projet:

C’est ainsi avec beaucoup de plaisir que j’irai mercredi témoigner des pratiques d’écriture et de l’outil blog que je manipule maintenant depuis 3 ans avec des élèves de cycle 3. Mon témoignage portera essentiellement sur le portfolio numérique mis en place avec mes élèves, à savoir leur Culturo-Blog des CM1-CM2.

Alors si vous êtes du côté de Nice ce jour là, n’hésitez pas à vous joindre à nous! L’amphithéâtre de la place  Garibaldi est là pour ça!

Place Garibaldi

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Réunion de parents

18 09 2010

AgendaTraditionnel rendez-vous de début d’année, la réunion de parents constitue un deuxième élan pour consolider la bonne mise en route de la vie de classe.

Réunion d’information certes,  mais également point d’ancrage d’un partenariat éducatif essentiel à la réussite des élèves et à la cohésion du groupe. Il s’agira d’aborder les points suivants:

  • présentation personnelle et professionnelle
  • composition de la classe et accueil des nouvelles familles
  • retour général sur la première prise de température du groupe-classe
  • emploi du temps hebdomadaire et organisation d’une journée type
  • premiers rituels mis en place
  • consignes d’ordre méthodologique
  • explicitation des règles de vie
  • aperçu du panorama des points de programme
  • projets particuliers et sorties envisagées
  • type de pédagogie utilisé
  • mode d’évaluation
  • espaces réservés à l’accompagnement personnalisé des élèves
  • disponibilités pour les entretiens individuels avec les familles
  • conseils relatifs à l’aide attendue des parents
  • autres, divers, questions…

Des mots-clés: soutien, confiance, contrat, travail, groupe, apprentissage, autonomie, régularité, rythme, ambiance, exigence, respect, partenariat.

Pour ce qui me concerne, ma réunion aura lieu mardi soir et l’essentiel des échanges portera sur le nouveau mode d’évaluation des élèves; en effet, nous passons d’un bulletin scolaire assorti de moyennes chiffrées à un guide de suivi des acquis des élèves. Plus de notes donc mais un repérage précis des différentes compétences à acquérir au cours de l’année. Ce nouvel outil de lecture du parcours scolaire de l’enfant devrait permettre à chacun (enseignant-parent-enfant) de mieux suivre et comprendre les progrès réalisés et les difficultés persistantes dans une logique de construction progressive des savoirs.

Sur ce sujet, lire également l’article « Évaluer, un mot à la mode »

Et vous, votre réunion de début d’année, vous l’envisagez de quelle manière?

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Mon voilier

9 09 2010

Le  voilier

Mon   voilier

Il est de neige, mon voilier
Vogue, vogue mon joli rêve
Il est de neige, mon voilier
Parmi les oiseaux en allés

Vous le verrez si vous rêvez
Vogue, vogue, joli voilier
Vous le verrez  si vous rêvez
La tête au chaud sur l’oreiller

Au ciel vous le verrez passer
Vogue, vogue, rêve étoilé
Au ciel, vous le verrez passer
Avec la lune à son hunier

Maurice Carême

Musique: Charles Scharrès

Interprète: Geneviève Schneider

CD Paprika, enfance et musique

Pour écouter un extrait, cliquez sur ce lien

😉


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Paroles d’enfant

5 09 2010

« Alors, maîtresse, si j’ai bien compris et pour résumer ce que nous venons de dire et d’écrire, les ficelles du Français, ça fonctionne un peu comme la chaîne alimentaire.

– C’est à dire, Sylvain?

– Et bien tout est relié d’une manière ou d’une autre. Si on enlève un élément, tout est perturbé! ça modifie le système! »

système

Et voilà…que dire de plus?

La synthèse de la matinée tiendra dans ces quelques mots que nous afficherons en classe pour le reste de l’année!

Mots d’enfant ou  paroles d’expert?

Je sens que cette rentrée est pleine de promesses…

😉


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Pour se présenter

2 09 2010

photo-portrait par David Batch

Se présenter n’est pas chose aisée, loin s’en faut!

Ni pour l’enfant ni pour l’adulte d’ailleurs!

Que dire de soi? Qui l’on est? Ce que l’on fait? D’où l’on vient?

Que ce soit lors d’un entretien professionnel, d’un dîner chez des amis,  d’un stage ponctuel ou tout simplement, restons d’actualité, d’une rentrée des classes, on est souvent bien embrassé pour trouver les mots justes qui vont dire, en quelques secondes, l’essentiel de soi…Et lorsqu’on entend un peu partout qu’on n’a pas deux fois l’occasion de faire une première bonne impression, on comprendra tout de suite l’énorme vertige provoqué par ces quelques mots anodins…

« Voudriez-vous en quelques mots vous présentez s’il vous plaît? »

En classe, lors des premiers jours, c’est l’occasion de se redécouvrir les uns les autres ou d’accueillir de nouveaux venus. Il existe un grand nombre d’entrées plus ou moins ludiques, formelles, traditionnelles voire culturelles pour ce type d’exercice. Car il s’agit bien d’un véritable  exercice tant il mobilise des compétences à la fois fines et complexes qui relèvent du registre de la langue (choix des mots, syntaxe, sens, etc) comme de celui du champ psycho-socio-affectif (soi face aux autres).

Cette année j’ai décidé d’opter pour une activité nouvelle que je n’ai encore jamais testée en classe mais que j’ai vécue récemment dans le cadre d’une formation animée par Isabelle JACOB à laquelle j’ai eu la joie de participer.

En voici une fiche pédagogique qui me permet d’inaugurer sur le blog une nouvelle rubrique intitulée « Cahier journal ».

Cycle: 3 (enfants de 8, 9 et 10 ans)

Activité: se présenter en quelques phrases à l’aide d’un support imagé

Dispositif:

  • 6 groupes de 5 élèves dans un premier temps
  • grand groupe collectif dans un 2ème temps

Domaine d’étude: Langage oral

Compétences:

  • être capable de (se) raconter et (se) décrire
  • demander et prendre la parole à bon escient

Matériel: 31 cartes images (1 par personne présente + l’enseignant)

Organisation spatiale: petits paquets de 5 chaises en vis-à-vis (en classe ou dans la cour selon le temps)

Déroulement:

1er temps: 25/30 minutes environ

  • faire piocher à chaque enfant  une image face cachée (en piocher une soi-même)
  • laisser un temps à chacun pour découvrir et s’approprier l’image
  • en petit groupe et à tour de rôle dire en quoi cette image parle de vous
  • laisser chacun s’exprimer sans interrompre ni poser de question en retour

2ème temps: 15/20 minutes environ

  • revenir au grand groupe en classe
  • demander à 1 volontaire par groupe de venir raconter l’expérience vécue dans le petit groupe
  • laisser la possibilité au groupe classe de poser des questions

Dernier temps: l’enseignant se livre à l’exercice à son tour. Variable: il pourra commencer la séance par sa propre présentation en guise d’exemple.

Et voilà, demain, je vous raconterai via les commentaires le résultat de l’opération!

@ 2 mains donc 😉


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Fenêtre ouverte sur salle de classe

18 08 2010

Les parents à l’honneur

Comment associer la première communauté éducative que sont les parents au projet éducatif et pédagogique des enseignants ? Comment donner du sens au projet de vie de l’enfant-élève en intégrant dans nos structures scolaires des échanges authentiques entre les familles et les enseignants ? Comment préparer l’orientation des jeunes en étroite collaboration avec leurs histoires personnelles et la multiplicité des réalités professionnelles ? Comment faire travailler ensemble parents, enseignants et jeunes avec le souci de favoriser le développement des compétences collectives ?

Voici un ensemble de questions qui posent à nouveau la question du sens de la coopération entre l’école et les familles. Enseignante au cycle 3 de l’école primaire, et mère de 4 enfants scolarisés en élémentaire, au collège, au lycée et à l’université, je me suis toujours interrogée sur les modalités et les dispositifs à mettre en place au sein des établissements du premier comme du second degré pour favoriser ce nécessaire partenariat éducatif. En ce presque début d’année scolaire, je souhaitais, une nouvelle fois, témoigner d’une expérience mise en place dans ma classe il y a de cela deux ans et qui ne demande qu’à être pérennisée et renouvelée au primaire comme au secondaire. Des parents m’en ont refait la demande, des élèves m’ont sollicitée, des collègues souhaitent s’y associer. De quoi s’agit-il exactement ? D’un forum des métiers entièrement géré par les parents volontaires.

  • Comment ça marche:

Sur la base d’un calendrier à remplir par les parents, j’ai proposé à chaque famille la possibilité de venir témoigner en classe de leur métier, d’une activité, d’une passion ou d’une expérience de vie particulière.

  • Objectifs de cette démarche :

– Associer le parent, non comme « parentdélève » mais comme adulte témoin, acteur et passeur de savoirs et de compétences

– Ouvrir le champ des connaissances en matière de réalités externes à l’institution scolaire

– Favoriser une coopération active entre parents et enseignants

– Ouvrir l’école sur son environnement proche

– Responsabiliser les adultes dans une démarche de co-éducation

– Mettre en projet des jeunes en fin d’école primaire

  • Dispositif proposé :

– Périodicité d’une présentation hebdomadaire entre mars et juin

– Créneau moyen d’une heure trente pour chaque intervention

– Possibilité de grouper deux ou trois parents dont les activités professionnelles sont complémentaires

  • Cahier des charges à respecter :

Associer présentation du métier et mise en activité des enfants (avec aide de la maîtresse si besoin !)

  • Nombres de participants : 11 volontaires sur un total de 32 familles

  • Métiers présentés :

– Chef d’orchestre

– Scénariste

– Comédien

– Machiniste

– Constructeur ferroviaire

– Inspecteur des douanes

-Brocanteur

– Responsable de Marketing

– Publiciste

– Dentiste et orthodontiste

  • Effets produits chez les élèves :

Curieusement, de nombreux enfants n’ont pas idée de l’activité professionnelle de leurs parents. Papa est au bureau, maman est au travail…Les jeunes n’ont pas conscience des réalités concrètes qui se cachent derrière cet espace-temps qu’ils ne partagent pas et dont ils n’ont aucune vision précise. Où disparait maman après m’avoir déposé au portail ? Où va papa lorsqu’il part en voyage ?

Le fait d’entendre, de partager et de vivre des études de cas précis en classe leur aura permis de découvrir non seulement des facettes de la vie professionnelle en général mais plus encore de nouvelles facettes identitaires de leurs parents. Découverte et fierté entremêlées…Et pour certains, invitation au rêve et au voyage…Quand je serai grand, je serai…

  • Retour des parents :

– Plutôt favorables à l’idée de participer à ce moment de vie authentique

– Heureux de voir la classe de l’intérieur

– Surpris de découvrir leur enfant sous un angle différent

– Satisfaits d’être pris au sérieux pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’on attend qu’ils soient…

  • Témoignage en direct : Paroles de papa

Il y a 2 ans Mme Mathon, institutrice de ma fille Eva, a exprimé la demande suivante :

« Souhaitez-vous présenter votre métier à la classe de votre enfant ? ».

Je dois avouer que j’ai été tout d’abord un peu réticent, ne voyant pas d’emblée l’intérêt que comporterait la présentation de mon métier.

A la réflexion, et après avoir discuté avec ma fille, il m’a paru intéressant pour des jeunes écoliers de découvrir la panoplie des différents métiers existant et surtout de les leur présenter, sous toutes leurs facettes, et pas seulement la 1ère perception qu’ils pourraient en avoir.

Afin de me préparer, je me suis rapproché d’un collègue qui effectue ce type de présentations aux écoliers, collégiens et lycéens de quartier difficiles et je l’ai invité à y participer.

Le jour de la rencontre avec la classe de ma fille, j’appréhendais cette présentation comme un écolier qui passe un examen. Bien que préparé, au moment venu, saurais-je répondre à toutes les questions, de façon complète et compréhensible ? Ne vais-je pas les ennuyer ? Et très vite les « pourquoi-comment » ont démarré. Un peu surpris au départ par la précision des demandes, cette demi-journée s’est finalement très bien passée, j’ai été impressionné de l’intérêt qu’ont porté les écoliers sur mon métier et mon entreprise. Quant au collègue qui m’accompagnait, il n’a trouvé que des éloges à faire pour la classe. Il était lui aussi impressionné par la discipline, l’écoute, le respect et la sincérité de ces écoliers.

J’ai trouvé cette expérience intéressante et enrichissante, non seulement pour les enfants dans leur connaissance du monde du travail, mais encore pour moi-même, pour prendre conscience de leurs attentes ou de leurs perceptions parfois erronées.

Je pense que ce type d’expérience mérite d’être renouvelée et espère que de nouveaux parents, dans des professions très diverses, accepteront d’y participer.

Monsieur Guillermo LOPEZ

Ce que ne dit pas Monsieur Guillermo dans ce beau retour d’expérience, c’est la nature de ce fameux métier qu’il est venu nous présenter et l’aventure extraordinaire qu’il nous a fait partager. Machiniste à la RATP, non seulement Monsieur Guillermo nous a magnifiquement exposé son entreprise mais pour aller plus loin encore, il nous a embarqué au fil des rues de Paris dans un bus spécialement réservé pour la classe jusqu’au Terminus d’Aubervilliers. Là, nous avons visité les ateliers de remise en état, les entrepôts de matériel et les bureaux. Nous avons vu les bus par-dessous et par-dessus, en pièces détachées et en rénovation. Nous avons pénétré dans l’envers du décor…Oui, c’était un moment rare, exceptionnel. Pour sa fille, pour tous les enfants et pour moi-même. Merci Monsieur Guillermo. Merci pour cette passionnante et instructive demi-journée.

  • Bilan personnel de cette expérience:

Il est apparu, durant ce troisième trimestre, période de ce forum des métiers, une nouvelle cohésion de classe, une nouvelle ambiance, une nouvelle dynamique. Les vendredis, d’habitude si redoutés, sont devenus des points de rendez-vous attendus et appréciés de tous, et sur les trottoirs de l’école, on entendait des parents échanger sur leur expérience vécue en classe. Pour eux, comme pour moi, une autre manière d’envisager l’école et le partenariat éducatif venait d’émerger. Un partenariat fondé sur le partage des savoirs et des pouvoirs, sur la complémentarité des différents acteurs, sur la coopération entre les personnes, sur la base d’un co-apprentissage.

Parallèlement à cette initiative, ici même sur Blog Bleu Primaire, je donnais à voir les différentes expériences vécues en classe au fil du temps. Une façon pour moi de prolonger les échanges hors du cadre scolaire et de valoriser les interventions des parents. Investis d’un nouveau pouvoir d’agir, les parents et les enfants se sont associés à ce nouveau projet…qui demeure encore d’actualité.

J’ai été impressionnée de voir à quel point les parents se sont engagés dans leurs actions. Chaque intervention était ponctuée d’activités riches, diverses, concrètes et actives. Travail en petits groupes, mise en situation, jeux de rôles, activités créatrices…J’ai découvert des parents pédagogues…Et j’ai appris une foule de choses ! Tant de métiers, tant de talents, tant de compétences

  • Quelques exemples d’activités proposées, gérées et assumées par les parents :

Le forum des métiers s’est ouvert en la majeur…Avec le papa de Paul, chef d’orchestre nous avons parcouru les lignes d’une partition manuscrite géante, tenu la baguette et battu la mesure. Rythme et tempo se sont invités en classe et chaque enfant a pu s’essayer à l’exercice de ce métier « social » pour reprendre les termes de Monsieur Pellivani. Ecoute musicale bien sûr mais aussi et surtout discussion autour du métier de « chef ». Être chef, c’est accorder les yeux, les gestes, les oreilles et les cœurs de chacun pour offrir la plus belle interprétation possible. Belle leçon d’éducation musicale certes, mais plus encore, magnifique témoignage du vivre ensemble. Paul était fier et heureux de la présence de son père parmi nous. Très souvent en tournée autour du monde, ce matin là, il était en tournée à l’école, dans son école, dans sa classe. Un beau cadeau.

D’autres actions sont à découvrir en suivant ce lien: Forum des parents.

  • Limites de l’expérience :

De nombreux parents vivent des situations personnelles et professionnelles très complexes, certains sont au chômage ou ont décroché depuis plus ou moins longtemps de la sphère sociale et professionnelle. D’autres enfin ne maîtrisent pas suffisamment le français pour oser franchir la frontière scolaire et venir témoigner. Il est de la responsabilité de l’institution de trouver et d’inventer des passerelles qui leur permettront, eux aussi, de prendre la parole, d’exister, de valoriser ce qu’ils sont. En leur redonnant ce « pouvoir-être », on leur permettra à nouveau de se saisir de leur autorité éducative, de leur légitimité à éduquer, à accompagner leurs enfants, à jouer pleinement leur rôle de parent. Les parents n’ont pas déserté la sphère éducative. C’est l’image négative et dépréciative qu’on leur renvoie d’eux-mêmes qui les en éloigne peu à peu et pour certains les en exclue totalement. Un père sans activité professionnelle, une mère célibataire, une famille immigrée s’interdisent bien souvent d’exercer leur droit, leur devoir, leur pouvoir parental sous prétexte qu’ils se perçoivent comme illégitimes au regard des normes sociales, culturelles, scolaires…Ils pratiquent alors bien involontairement ce que je qualifierais  l’inconsciente autocensure éducative . En associant ces familles à des actions de co-éducation, en cessant de les exclure ou de les infantiliser, on travaille à resserrer les liens entre parents, enfants et enseignants et on offre aux jeunes un exemple de cohésion adulte et constructive, condition essentielle pour la confiance, le bien-être et la réussite des élèves…

  • Conclusion :

Avant même de parler d’orientation au second degré, il paraît incontournable de mener dès les petites classes des actions de découvertes, d’invitation, d’incitation. On apprécie souvent la saveur des choses après les avoir goûtées plusieurs fois…Comment peut-on imaginer choisir une voie professionnelle du jour au lendemain, sous prétexte qu’il est l’heure, qu’on a 16 ans et que l’institution a décidé pour vous que c’était  le moment? La vie professionnelle est une course au long court. Si elle se construit sur le tas chaque jour davantage, elle se prépare bien avant  l’âge limite requis . Attention, il n’est pas question ici de s’agiter dès le primaire autour de l’idée d’une pré-orientation précoce, ce serait se tromper à la fois d’objectif et de stratégie et faire fi de ce qu’est un enfant. Plutôt, il faut considérer cette période  primaire , comme une période privilégiée car propice à l’émerveillement et au questionnement ouvert et sans limite et s’en saisir ainsi pour multiplier les occasions d’éveil à l’environnement et d’incitation au rêve. La capacité d’ouverture du jeune enfant âgé de 7 à 11 ans est bien supérieure à celui de l’adolescent, focalisé quant à lui sur d’autres centres d’intérêt qui lui réclament alors toute son énergie…

Enfin, pour conclure ce témoignage j’insisterais à nouveau sur cette idée qu’on ne peut, qu’il s’agisse de la simple découverte des métiers au primaire et plus tard, de l’orientation au collège et au lycée, faire l’impasse ni sur la mutualisation des compétences collectives ni sur l’histoire personnelle de chacune des familles. C’est pourquoi il m’a paru utile de témoigner de ce type de dispositif impliquant les parents eux-mêmes. Dispositif très simple à mettre en place et fort éclairant dans de nombreux domaines. On y apprend des enfants, on y apprend des parents, on y apprend des autres et de soi-même.

On apprend à l’école, oui, mais on n’apprend pas qu’à l’école et surtout il est grand temps que l’école accepte, elle aussi, d’apprendre des autres…

C’est ce que j’ai tenté de faire vivre dans mon ouvrage

« Un projet pour repenser les relation parents-enseignants »

D’autres ressources sur le thème des relations parents-profs

1/ Le site de Jacques Nimier:

2/ Le réseau d’échanges de pratiques pédagogiques E.P.P.E.E

3/ Le magazine Psychologie.com

4/ Une vidéo de Philippe Meirieu sur Curiosphère

5/ Une interview de Jean-Louis AUDUC

6/ Un dossier complet sur le site EduScol

7/ Le site « Mieux vivre ensemble à l’école »

8/ Des liens sur EducaSource

9/ …A vous de nous signaler vos pratiques, vos questions et vos ressources

😉

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Apprendre en histoire, c’est chercher

19 06 2010

Hier sur le tableau noir de la classe

Vendredi 18 Juin 2010

Histoire


CHARLES DE GAULLE

….


  • Une heure plus tard, après un travail collectif et interactif ou chacun proposait des éléments de réponse, émettait  des hypothèses, échangeait ses sources d’information, argumentait à propos d’une date ou d’un événement, interprétait, réfléchissait,  justifiait, revenait en arrière, effaçait, validait plus ou moins partiellement…voilà à quoi ressemblait notre tableau noir devenu tout coloré, tout fléché, tout dessiné, tout annoté…

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  • Après ce premier braimstorming, j’ai effacé le tableau, tout en ayant pris soin d’en garder une trace, puis nous avons fait une pause de 20 minutes.
  • De retour en classe, je leur ai distribué une feuille de classeur et leur ai demandé le travail individuel suivant:

A partir de la séance précédente, vous allez lister:

1/ Ce que vous pensiez savoir sur Charles de Gaulle

2/ Ce que vous avez appris sur Charles de Gaulle

3/ Les questions que vous vous posez encore

  • Une fois collectées les dernières questions qui restaient en suspend, nous sommes partis en salle informatique où, en équipe les élèves étaient chargés de rechercher de nouvelles informations, de les sélectionner, de citer leurs sources et de répondre sur une feuille de route aux dernières questions posées…Ainsi nous avons pu éliminer et valider certaines hypothèses restées sans réponse.

Il me semble qu’enseigner lhistoire, c’est partir des représentations de l’enfant et le placer dans des situations de communications et de recherches actives pour l’emmener à déplacer ses représentations, à les dépasser pour ainsi construire de nouveaux concepts historiques, de nouvelles échelles, de nouveaux repères spatio-temporels; c’est permettre au jeune, en partant de ce qu’il pense ou croit connaître, d’acquérir de nouveaux savoirs; c’est lui donner l’occasion de mener et d’expérimenter des démarches d’appropriation de ce savoir.  C’est ce que m’ont appris des auteurs comme Giordan ou De Vecchi. C’est également ce que m’enseignent mes élèves depuis 20 ans.

En focalisant l’enseignement sur le développement d’attitudes et d’aptitudes, on fait le pari d’une éducation durable qui prend alors appui sur l’acquisition de compétences transférables et mobilisables à tout moment par l’élève dans d’autres contextes, sur d’autres domaines d’apprentissage.

Apprendre, en histoire, tout comme en sciences, c’est donc avant tout adopter une démarche d’investigation. Dans ce contexte, c’est se saisir de cette histoire, la prendre en charge intellectuellement, la questionner, la revisiter, la réécrire pour mieux la comprendre et… l’apprendre.

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Une école pour les enfants…impensable? Vraiment?

27 05 2010

Une école faite pour les enfants? Un rythme adapté à leurs besoins? Des apprentissages favorisant la responsabilité et l’engagement?

La pédagogie Montessori apporte depuis bien longtemps des éléments de réponse dont l’école aurait bien avantage aujourd’hui à s’inspirer. A l’heure des réformes et des états généraux en tout sens, à la lecture des rapports d’études comme celui de la Cour des Comptes ou de l’Institut Montaigne, au moment de la remise en question par notre Ministre, Luc Chatel des rythmes scolaires, oser aller voir ailleurs comment cela se passe relève de la responsabilité de chacun: enseignants, formateurs, inspecteurs, recteurs et autres responsables de programmes. Ailleurs, ce n’est pas seulement en dehors du territoire, en Allemagne, en Scandinavie ou en Grande Bretagne; ailleurs, c’est aussi chez nous mais au delà des structures de l’Éducation nationale. Bien des écoles Hors contrat mettent en place des pédagogies nouvelles qui font leur preuve mais restent pourtant inaccessible à la majorité des élèves tant les établissements qui les pratiquent proposent des coûts de  scolarité inabordables pour les familles.

Freinet, instituteur novateur a dû démissionner de l’Éducation nationale et fonder sa propre école. Maria Montessori, également novatrice, a fait bien des émules, mais là encore hors de l’Éducation nationale…Serait-ce donc notre propre système et les acteurs qui y participent qui s’entêteraient à promouvoir des cadres d’apprentissage et des programmes d’enseignement entraînant élitisme d’un côté et échec scolaire de l’autre? Le système travaillerait-il pour lui même pour reprendre le titre du dernier billet d’Eric Le Boucher dans les Echos ? Telle est la question qu’on est en droit de se poser…et que je pose aujourd’hui.

apprentissage

activité

rythme

mobilité

sens

motivation

dévolution

autonomie

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confiance

temps

curiosité

écoute

observation

organisation

responsabilité

Alors…une école pour les enfants, impensable? Vraiment?


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Evaluations nationales

9 05 2010

A trop vouloir enseigner on perd de vue l’essentiel, l’apprentissage.
A trop vouloir contrôler on perd de vue l’essentiel, le temps de l’apprentissage.
Demain commencent les évaluations nationales pour tous les écoliers de France inscrits en CE1.

Je pense à eux, à leurs familles, à leurs enseignants…

En PDF les questionnaires de mai 2009


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