Pisa, et après? Refonder les pratiques plus que les programmes

25 02 2014

Côté Mômes On parle beaucoup de résultats, de programme et de refondation, assez peu du cœur et du quotidien de la classe et de l’établissement, de ce qu’il s’y passe concrètement, de la manière dont on permet (ou pas) d’aider nos élèves à mieux apprendre, de la façon dont les équipes travaillent (ou pas) à se donner les moyens d’interroger collectivement le bien-fondé et l’efficacité de ses pratiques pédagogiques. Habile et ingénieuse posture, typiquement française que d’ignorer la poutre de la réalité en s’acharnant sur la paille des promesses qui n’engagent que les autres …

Pour réamorcer ce blog, je vous propose cet article rédigé pour le dossier Pisa, et après? du magazine Coté famille  paru dans la presse ce mois de février 2014. J’y suis interviewée par Laurent Rochut aux côtés de Pierre Frackowiak, inspecteur honoraire de l’éducation nationale et Maryline Baumard, journaliste au Monde dans le cadre de la parution des résultats de l’enquête Pisa.

L.R: Que faudrait-il mettre en œuvre pour que l’école retrouve une dynamique positive et dépasse le seul objectif des résultats?

On connait ce qui fonctionne, de nombreuses enquêtes sur les pratiques en France, en Nouvelle-Zélande, en Inde, en Finlande, en Allemagne et ailleurs mettent en exergue certains invariants que notre système éducatif connait mais a bien du mal à intégrer dans les actes alors qu’ils permettraient d’entrer dans une vraie logique de réussite et d’excellence:

Plus de coopération et d’intelligence collective là où nous fonctionnons majoritairement  sur le rendement individuel et la mise en compétition du travail. Nos élèves, dès l’entrée à la grande école, c’est à dire en CP sont placés les uns à côté des autres, chacun sa chaise, sa table, son livre, son cahier, sa copie, sa note, sa réussite, son échec. Parfois même, afin d’éviter toute collaboration fortuite, on leur demande de dresser des murs entre eux à l’aide de trousses empilées ou de classeurs posés verticalement…On ne leur apprend pas ou peu à travailler, penser et vivre ensemble les uns avec les autres, mais davantage à travailler, penser, et vivre  les uns à côté des autres et le plus souvent, chacun pour soi. Tout le système éducatif est fondé sur ce modèle hyper individualiste et curieusement, il faut attendre d’arriver en milieu professionnel, pour voir enfin s’inverser cette tendance. Et là, faute d’avoir été éduqués et instruits dans un esprit de coopération et d’émulation collective, on est obligé de faire intervenir dans les entreprises, des professionnels de la relation et de la coopération; on met en place des séminaires de team-building et tout cela pourquoi? parce qu’on sait que l’esprit d’équipe, le plaisir et le sentiment d’appartenance sont essentiels pour le dynamisme, l’efficacité et la performance! Mais si on le sait, pourquoi ne pas commencer dès le plus jeune âge?

Plus d’implication et de construction là où nous sommes encore dans un modèle très vertical, transmissif et applicationniste. Dans nos classes, les élèves sont assis toute la journée,  écoutent -en silence si possible- le savoir du professeur, lequel, par la magie des mots et de l’autorité qu’il incarne est sensé se transformer en savoir d’élève;  puis, pour vérifier que le savoir est bien passé du pôle enseignant au pôle élève, ces derniers sont invités à répéter, s’entraîner, exécuter, bien souvent seuls et en dehors du temps scolaire lequel, il faut le reconnaître reste davantage le temps de l’enseignant que le temps de l’élève, le temps de l’enseignement plutôt que celui de l’apprentissage. Les pratiques qui favorisent ce que les anglo-saxons appellent « l’empowerment » à savoir l’éducation au choix, la prise d’initiative, l’engagement, l’expérimentation par l’élève obtiennent de bien meilleurs résultats tout simplement par ce qu’apprendre requiert la mobilisation de toutes les facultés qu’elles soient intellectuelles, psychologiques, sensorielles, sociales, motrices. Donnons plus de temps et d’espace à nos élèves pour s’impliquer, construire et apprendre,  travaillons davantage à développer des contextes d’apprentissages nourriciers et éclosifs et nos élèves apprendront mieux…

Plus de bienveillance et de feed-back positifs, vis à vis du travail, là où dans notre système, Lire la suite »




Réussir sa 1ère classe…(et les suivantes!)

10 07 2012

 

 

 

 

 

« A un moment où la question de la transmission du métier est particulièrement posée, l’ouvrage d’O. Mathon est d’une grande aide pour les nouveaux enseignants. Mais, « réussir sa première classe » est aussi la question que se pose chaque enseignant à chaque rentrée. Car , même après 10 ou 20 ans d’exercice, chaque classe est nouvelle.

François Jarraud

 

  • Se rendre sur le blog « Réussir sa première classe » pour prendre connaissance du sommaire, de la 4ème de couverture, de la préface et des différents articles qui verront le jour au fil de l’été et de l’année à venir.

Parce qu’on a tous débuté un jour et que chaque nouvelle rentrée est une nouvelle première fois, n’hésitez pas à partager et relayer cet article autour de vous!   😉

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La seule urgence, c’est l’amour

21 03 2012

Montauban, Toulouse

A côté du besoin de comprendre, l’urgence, la seule urgence, c’est d’aimer. Aimer sans distinction, sans limite, sans frontière, sans contrepartie, pour qu’une résilience soit possible.

C’est notre folle condition d’homme. Aimer toujours plus au-delà de ce qui nous semble possible, au delà de ce qu’on nous a appris à croire possible.

Accueillir aussi l’intensité de la douleur et du désespoir quand l’un et l’autre s’immiscent dans nos vies avec toute la brutalité dont l’homme est capable. L’intensité de la violence et de la douleur qui nous submerge, lui faire toute sa place, la reconnaître, l’entourer, la crier, la faire vivre, ne pas en nier l’extrême violence. Cette reconnaissance là est indispensable. Elle autorise alors le chemin du deuil sans ouvrir celui de la vengeance.

Face à tant d’incompréhension, face à l’horreur des actes perpétués, la seule urgence, c’est l’amour. Voilà ce à quoi pourrait être destinée quotidiennement une minute de silence dans nos vies, dans nos écoles. Pour qu’une résilience soit possible. A-t-on d’autre choix? Je ne le crois pas. Et si nous avons un choix, c’est celui-là que je choisis parce que c’est le seul que je crois capable de nous permettre de gagner en humanité. La non violence ne suffit pas. L’amour doit être déclaré partout et à chacun. Parce que, c’est le seul antidote contre la haine. L’amour inconditionnel c’est celui qui nous permettrait, malgré la barbarie de certains actes, d’espérer allumer une lueur d’humanité chez celui qui nous a blessés dans notre chair et dans notre cœur.

Ça semble  impossible, est-ce pour cela qu’on ne doit pas essayer?

Pendant cette minute de silence, de laquelle je n’arrive pas à m’extraire, voilà ce à quoi j’ai pensé. Et voilà à qui j’ai pensé: à ces jeunes soldats, à ces jeunes enfants, à ce jeune père, à ce tueur, à la mère de ce tueur, à ces familles décimées, à notre humanité endeuillée. Oui, j’ai politiquement pêché par amour en associant dans une même déclaration d’amour les victimes et leur bourreau; je l’ai fait intentionnellement parce que sans intention d’amour il n’y a pas de restauration d’amour. Nous avons besoin de restaurer notre humanité, seul l’amour nous y aidera.

Chaque jour, tentons humblement de devenir un peu plus humain, c’est notre folle condition d’homme. Soyons donc fous d’amour.

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Une chose et son contraire

26 10 2011

Peut-on…

Apprendre une chose et son contraire?

Oui, l’annonce d’une naissance sera toujours suivie d’un faire-part de décès…

Aimer une chose et son contraire?

Oui, le doux et l’amer…

Désirer une chose et son contraire?

Oui, décrocher les étoiles en restant les deux pieds sur Terre…

Penser une chose et son contraire?

Si vous avez besoin de quelque chose, appelez-moi, je vous dirai comment vous en passer. (Coluche)

Dire une chose et son contraire?

Oui, lorsqu’on n’en pense pas un mot…

Faire une chose et son contraire?

Oui, pour la paix, faire la guerre…

Démontrer une chose et son contraire?

La mort est un état de non existence. Ce qui n’est pas n’existe pas. Donc la mort n’existe pas. (Woody Allen)

Être une chose et son contraire?

Oui, être soi-même son mon meilleur ennemi!

Démonstration faite, il ne me reste qu’à poser une dernière question…

Mais alors…Peut-on également enseigner une chose et son contraire?

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La joie d’apprendre et le bonheur d’enseigner

11 10 2011

Envie ce matin de partager avec vous cet extrait d’un texte d‘Isabelle Bochet, tiré de l’ouvrage « Les cahiers de l’éducation ». Des mots qui font sens me semble-t-il, et redonnent sens à notre posture éducative. Des mots qui résonnent comme un appel lancé à notre vigilance enseignante. Des mots qui nous engagent dans une réflexion d’une urgente actualité…A l’heure de la mise en œuvre des livrets de compétences et du risque de plus en plus avéré de la marchandisation des savoirs, à l’heure de l’évaluationnite aiguë et du  mal-être de nos élèves et de nos enseignants, ce texte apparaît comme une belle invitation au discernement. Retrouver le sens des choses essentielles: retrouver la joie d’apprendre et le bonheur d’enseigner.

« On peut se demander ce qu’est, au plan de l‘enseignement, une éducation par pression, ou encore par dressage.

J’y verrais volontiers un enseignement qui donnerait la priorité à l’acquisition de savoir-faire et au montage d’automatisme: ceux-ci permettent de réussir tel ou tel exercice sans même vraiment réfléchir et semblent une sécurité, mais c’est au prix du risque de la pensée! La nécessité incontestable de ces savoir-faire ne doit donc pas masquer leur caractère relatif: tout automatisme, dans l’existence humaine, a pour fonction de libérer l’esprit pour autre chose, non de l’étouffer ou de l’anesthésier.

Je me demande parfois si nous ne faisons pas trop de ces savoir-faire une fin, alors qu’ils ne sont que des moyens. Les élèves eux-mêmes nous y incitent en cherchant des recettes, des moyens de réussir à tout coup. Mais si les élèves privilégient la sécurité, n’est-ce pas parce que nous ne leur avons pas assez donné le goût d’un certain risque, d’une invention au plan de la pensée? N’est-ce pas aussi parce qu’ils sont victimes de la pression sociale? L’importance donnée aux notes tue par avance toute forme d‘initiative qui risquerait d’être moins payante.

Il serait bon de les libérer, ne serait-ce qu’un peu de ce souci, et de ne pas perdre de vue que la finalité de notre enseignement va bien au-delà de la réussite du baccalauréat. […]

Bien des questions pourraient être posées ici. Laissons-nous, par exemple, suffisamment d’espaces de silence pour permettre l’appropriation personnelle (y compris pendant nos cours) ? Ne nous laissons-nous pas entraîner parfois, en, raison même des programmes, par la boulimie des connaissances? Discerner l’essentiel du secondaire s’avère une priorité, si nous voulons ménager des espaces pour la réflexion personnelle.

Comment susciter, d’autre part, le désir et la joie d’apprendre? Qu’inventer pour créer à nouveau un élan? Quelles initiatives laisser aux élèves pour leur permettre la joie d’une découverte personnelle?

Isabelle BOCHET, agrégée de philosophie, auteur, professeur au centre Sèvres et à la Faculté de philosophie de l’Institut Catholique de Paris

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C’est quoi encore le problème?!

27 09 2011

A vos agendas! Ou plutôt, devrais-je dire: à vos télécommandes!

Ce soir, sur Arte, sera diffusé un documentaire inédit sur la relation école-famille. L’ironie du calendrier a voulu que ce film soit programmé le soir même du jour de la première grande mobilisation du monde enseignant en cette rentrée scolaire 2011-2012…Les enseignants dans la rue: effet communication de masse assuré mais effet communication dialoguée assez restreint.

Pied de nez ou acte manqué? Il n’en demeure pas moins qu’on ne peut nier que cette délicate relation se construit également par le biais de cette réalité concrète vécue par les familles lors de ce genre de situation. D’où ce petit billet du jour.

« Bon, et ce matin, je fais quoi, moi?

Et surtout je fais comment avec mon fils sur les bras, avec ma fille en vadrouille?

Et puis, c’est quoi encore le problème?

Et oui…C’est quoi le problème?

Entre ce que l’on croit, ce que l’on présuppose, ce que l’on a entendu dire sur le trottoir de l’école d’en face et ce que l’on ignore totalement par manque d’information et abus de désinformation, l’espace laissé aux familles au libre vagabondage d’un imaginaire fantasmagorique très fécond est bien souvent la première source d’incompréhension, de quiproquo voire de conflits potentiels.

Nous, professionnels de l’éducation sommes bien au fait des réalités qui nous contraignent au quotidien, mais les parents, qui vivent d’autres réalités dans d’autres espaces ne sont pas susceptibles de connaître et donc de comprendre le pourquoi du comment d’un mouvement de grève et de protestation. Ce n’est pas parce qu’ils déposent tous les jours leurs enfants au portail de l’école ou qu’ils signent les cahiers de correspondance de leur collégien qu’ils sont censés savoir ce qui se passe réellement à l’intérieur de cette école, de ce collège, de ce lycée, de cette boite noire qu’est encore bien trop souvent l’établissement scolaire. D’où représentations, fantasmes, impatience, exaspération, colère…

« C’est quoi encore le problème »

Alors voilà, en vrac et dans le désordre, voici donc quelques éléments problématiques:

1/ Les problèmes vus du côté des élèves:

  • rythmes scolaires inappropriés = fatigue
  • classes surchargées = écoute personnelle refusée
  • accueil inadéquat des enfants à besoins particuliers = violence psychique et physique
  • disparition progressive du personnel spécialisé = aide spécifique impossible
  • locaux et matériel inadaptés = climat de vie scolaire perturbé
  • incohérence des évaluations en général et des évaluations nationales en particulier = rupture de confiance
  • inadéquation des programmes = incompréhension
  • mise en concurrence face à l’idée de réussite scolaire = stress

Bref, un non respect des spécificités physiologiques, psychologiques et cognitives de l’enfant et un manque de prise en compte des différentes étapes liées à son bon développement entrainant de fait un sentiment de solitude, d’exclusion et d’abandon d’un grand nombre d’entre eux qui se sentent au quotidien, blessés dans leur intégrité physique et intellectuelle et rejetés par l’ensemble des adultes et des quelques camarades, plus normés qu’eux.

2/ Les problèmes vus du côté des enseignants:

  • suppression de la formation initiale = violence faite aux jeunes néo-titulaires
  • injonctions paradoxales à tout va = confusion
  • réformettes successives au petit bonheur la chance = exaspération
  • déficit d’accompagnement des équipes éducatives = sentiment d’abandon
  • inexistence de gestion des ressources humaines = démotivation
  • manque de stabilité des équipes en place = désengagement
  • pression de plus en plus forte face à la notion de réussite scolaire = stress

Bref, un non-respect tant de la personne que du professionnel, un manque de soutien au niveau des équipes d’établissement entrainant de fait, là aussi, un sentiment de solitude, d’impuissance et de culpabilité des enseignants face à l’exclusion d’un nombre de plus en plus conséquent de jeunes considérés par le système comme inaptes au système. Car oui, pour la grande majorité d’entre nous, faut-il le rappeler,  nous avons choisi ce métier, cette fonction, cet engagement humain non pour exclure, cloisonner, sectoriser, niveler, formater, dresser des futurs lauréats mais pour ouvrir des chemins, soutenir des passions, élargir l’accès aux savoirs, rendre  belle l’expérience de l’apprentissage, aider au surpassement de soi et non des autres, faire grandir la personne qu’est l’élève, dans toutes ses dimensions et pas seulement dans sa dimension de futur rouage économique au service du marché économique.


Notre grand malheur en fin de compte -c’est ainsi que je le ressens, et c’est ainsi me semble-t-il qu’une grande partie d’entre nous le ressent également- notre problème donc, c’est que nous sommes partie intégrante du problème; plus que de simples maillons, nous incarnons ce système, nous le servons, nous l’exploitons même. Au lieu de servir l’enfant, oui, nous servons le système. Et c’est ce qui à mon sens devient le plus insupportable. C’est la cause de nombreuses démissions, de nombreuses dépressions, de nombreuses démobilisations. D’où la mobilisation de ce jour. Les enseignants se mobilisent pour éviter la démobilisation générale.

Il me semblait important aujourd’hui, d’exprimer cela aux familles, pour qu’elles comprennent, pour qu’elles soutiennent ou au contraire pour leur laisser le choix de ne pas être d’accord, en connaissance de cause.

Mais revenons-en au point de départ de cet article. La relation parents-profs…

Petit retour en arrière: en juin dernier, Isabelle Cottenceau, journaliste et réalisatrice pour Arte, me contacte en vue de me rencontrer. En effet,  à l’occasion de la préparation de cette émission, et en marge du film lui-même, elle souhaitait recueillir le témoignage de plusieurs acteurs de terrain. Une manière de mener l’enquête au plus près du réel. A la fois enseignante, maman d’élève et formatrice sur ce thème délicat, j’ai en effet quelques idées sur la question. Modeste contribution, certes, mais contribution de terrain. Ainsi, nous avons longuement échangé au soleil autour d’un petit café. Et je l’avoue, ce soir, je suis impatiente de voir et d’écouter le résultat de son reportage.

Je constate en passant, que l’affichette humoristique (voir ci dessus) que je lui avais laissée en souvenir de notre café-rencontre a fait mouche puisqu’elle est en parti reprise dans le titre d’une des séquences de l’émission.

Ce soir il sera question, entre autre chose, du projet de l’école Pajol que j’ai eu par ailleurs l’occasion de rencontrer lors de mes pérégrinations formatives. Une équipe éducative située dans le quartier de la goutte d’or, dans le 18ème arrondissement de Paris. Cet établissement, de par son projet innovant en matière d’accompagnement éducatif fait partie des établissements qui entrent dans le cadre de l’article 34 de la loi d’orientation pour l’avenir de l’école promulguée en 2005. Ce statut particulier donne le droit à l’école d’expérimenter et de mettre en place une organisation particulière au plus proche de ses besoins, c’est à dire au plus proche des besoins des familles qui lui ont donné leur confiance et confié leurs enfants, nos élèves.

Au cours de l’émission, nous voyagerons également en Allemagne. Et pour finir, en fin de soirée, Philippe Meirieu débattra sur le sujet de la relation parents-profs avec un autre invité d’honneur venu d’Allemagne, Christan Füller

En guise de conclusion et d’invitation pour aller plus loin:


Alors, à ce soir 😉

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La langue scolaire: langue vivante ou langue morte?

21 05 2011

La semaine dernière, dans le TGV qui me ramenait à Paris après une longue  journée d’action de formation à Troyes, je perçois du fond de ma somnolence la vibration de mon téléphone portable, en mode silencieux bien sûr 😉

J’hésite à répondre et finis par décrocher.

« Bonjour, Mattea Battaglia, journaliste pour le quotidien Le Monde. Nous effectuons une enquête sur les évaluations nationales de fin de primaire et nous aurions quelques questions à vous poser. Votre témoignage de praticienne nous serait fort utile. Accepteriez de nous faire part de votre expérience de classe? Nous aurions besoin que vous nous exposiez 1 ou 2 points relatifs aux difficultés rencontrées par les élèves en fin d’école élémentaire. »

Sujet sensible et délicat, mais vrai sujet.

De manière à me laisser un temps de réflexion, je propose que nous différions cet échange. Mais le journalisme n’attend pas. L’article doit être sous presse dès le début de semaine. J’invite donc la journaliste à me recontacter le lendemain pour envisager la question un peu plus sereinement qu’entre deux gares de chemin de fer.

Après un deuxième entretien téléphonique et quelques allers retours de mails, nous parvenons à un compromis entre mon témoignage et ses contraintes en terme de nombre de signes. Pas facile de restreindre un sujet aussi délicat à un article de 14 lignes « 1300 signes maximum, pas un de plus, pas un de moins » 🙁

Exercice périlleux…car forcément réducteur.

Ainsi, je vous livre un extrait de l’article tel qu’il est paru ce matin, dans la rubrique L’œil du Monde, coincé entre l’affaire DSK et l’affaire Renault…

« Ce que savent, ou ne savent pas les enfants à la fin du primaire »,  une double page  (14-15) sur les évaluations des acquis des élèves en fin de CM2

Extrait:

« En français, c’est avant tout le lien entre le langage oral et les écrits étudiés en classe qui fait obstacle. Pour la majorité des enfants, nourris presque exclusivement de dessins animés, la langue scolaire est devenue une espèce de langue étrangère ou de langue morte. Les textes que nous abordons utilisent un vocabulaire, une syntaxe et des schémas narratifs sur lesquels les élèves butent. Ils peinent autant dans la recherche d’informations explicites que dans celle d’informations implicites. Ils en ont conscience, n’hésitent pas à poser des questions pour peu qu’on leur en laisse l’occasion, ce que ne permettent pas les tests chronométrés des évaluations nationales. Celles-ci sont génératrices de stress, et invitent peu à une lecture intelligente et intelligible. Pour rapprocher ces enfants des textes résistants, il faudrait dès le plus jeune âge leur offrir l’occasion de découvrir le patrimoine culturel issu de la tradition orale (contes, poèmes, etc.). Pour ma part, je consacre chaque jour trois quarts d’heure à la lecture silencieuse d’ouvrages que les enfants choisissent. Une manière de les habituer à « entrer en lecture » plutôt qu’à zapper d’un mot à un autre. » Ostiane Mathon, enseignante en CM1. Elle est l’auteur du livre Un projet pour repenser les relations parents-enseignants (éd. Delagrave, 2009)

Et pour vous, chers lecteurs de Blog Bleu Primaire voici la première mouture, juste un peu plus longue et nuancée…

« Avant tout, c’est le lien entre le langage oral des élèves et les écrits scolaires qui fait obstacle. S’ils rencontrent des difficultés en langue écrite, ils éprouvent d’abord des difficultés à expliciter leurs idées à l’oral. Pour certains enfants, nourris presque exclusivement aux dessins animés ou aux émissions de téléréalité, la langue pratiquée à l’extérieur de l’école ne ressemble en rien à la langue étudiée à l’école. La langue scolaire est devenue une espèce de langue étrangère ou de langue morte. Les textes littéraires abordés en classe, romans d’aventures, historiques, ou policiers utilisent un vocabulaire, une syntaxe et des schémas narratifs complexes qui gênent leur accès au sens.

Ce fossé entre leur réalité linguistique et les attentes scolaires est en grande partie responsable de leurs difficultés. Quand ils sont soumis à des questions de compréhension de lecture, je vois bien qu’ils butent sur la recherche d’informations explicites autant que sur celle d’informations implicites qui fait appel à leur capacité à rendre compte de ce que dit le texte sans que ce soit explicitement écrit noir sur blanc. Pourtant, savoir lire c’est aussi cela, c’est lire entre les lignes sans pour autant inventer une autre histoire. Lire, c’est accéder au sens et à la parole de l’auteur tout en sachant mettre en réseau tout un ensemble de symboles, d’images et de références culturelles annexes. Références hors texte qui leur font grandement défaut.

Ils ont conscience de tous ces blocages, n’hésitent pas à poser des questions pour peu qu’on leur laisse un espace dédié à ces échanges, ce que ne permettent pas les tests chronométrés des évaluations nationales. Ces dernières, telles qu’elles sont pratiquées, sont génératrices de stress, et invitent peu à une lecture intelligente et intelligible.

Pour rapprocher ces enfants des textes résistants il faudrait entre autre et dès le plus jeune âge leur offrir de multiples occasions de découvrir le patrimoine culturel issu de la tradition orale (contes, récits mythologiques, poèmes etc) à dire et conter sans modération à l’école comme en famille. Ce sont ces derniers qui nourriront leur imaginaire des éléments qui leur permettraient alors d’accéder à une lecture résistante et bienfaisante. Pour ma part, parallèlement à la pratique d’une langue orale riche et enrichissante, chaque jour, je consacre trois quarts d’heure à la lecture silencieuse d’ouvrages qu’ils puisent dans la bibliothèque de classe de manière à les habituer à « entrer en lecture » plutôt qu’à zapper d’un mot à un autre. Trois quarts d’heure, c’est beaucoup au regard du programme à boucler diront certains. Certes, mais enseigner, c’est aussi faire ses propres choix, en toute connaissance de cause. Nous n’enseignons pas un programme, nous formons des enfants. Enfin, c’est ma vision du métier.»

Pour finir ce billet du jour et pour tous ceux qui s’intéressent à cette question de la langue, je ne peux que vous inviter à lire l’ouvrage de Christian Montelle, La parole contre l’échec scolaire, aux édition l’Harmattan. Un ouvrage riche en analyses et en propositions et qui m’a fortement convaincue de la nécessité de pratiquer ce que l’auteur appelle La Haute Langue Orale.

Et vous, qu’en pensez-vous?

A vous la parole et le clavier 😉

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Serment de Socrate

22 04 2011

Carême pédagogique

Jour 43

Pensée 43

Arrivés au terme de cette chronique un peu particulière aux accents éthiques, philosophiques et parfois même métaphysiques, il me vient une dernière pensée empruntée à nos amis belges. Une pensée que certains chanteront comme une prière, d’autres comme une promesse, d’autres enfin comme un serment engageant out à la fois notre sens éthique, notre devoir de questionnement professionnel, notre implication tant physique, qu’intellectuelle et  morale.

Un serment porté haut et fort, devant soi et devant tous, par lequel le futur professionnel proclame solennellement, à l’instar du médecin et de son serment Hippocrate, faire vœu d’intégrité, d’humanisme et de professionnalisme vis-à-vis des jeunes qui lui seront confiés. Un serment comme premier acte et premier geste professionnel et inaugural.

« Je m’engage à mettre,

toutes mes forces et toute

ma compétence au service de

l’éducation de chacun des

élèves qui me sera confié. »

A méditer et à

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Rire, une hygiène de vie

20 04 2011

Carême pédagogique

Jour 41

Pensée 41

Le rire est le propre de l’homme

Rabelais

Une pensée plus légère qu’hier mais tout aussi sérieuse qui m’est revenue en mémoire en savourant pour la nième fois les aventures de Mary Poppins…

Pensée du jour donc, consacrée au rire, à la fantaisie, à l’imagination, à l‘enfance, à la puissance créatrice du rêve et à son combat initiatique contre la représentation qu’ont les adultes de la réalité.

Attention, adultes trop sérieux,  s’abstenir 😉

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Dieu ou Mystère?

19 04 2011

Carême pédagogique

Jour 40

Pensée 40

« Mon souhait est d’aller au plus proche de ce qui ne peut pas s’exprimer et qui nous enveloppe. Les uns peuvent appeler cela Dieu, moi je trouve que c’est un concept rétréci : je dis le Mystère, avec un M majuscule. »

Edgar Morin, pour le journal la Croix du 15 avril 2011 dans un article intitulé l’appétit vorace de connaître

Qu’on l’appelle Dieu, ou Mystère, ou encore autrement, cette approche de l’indicible et de l’invisible, cette reconnaissance de notre passage éphémère sur Terre et du sens qu’on lui confère ici, maintenant et pour certains au-delà, cette question qu’il existeraît par delà nos pouvoirs temporaires et limités une Essence Suprême qui nous échappe depuis la nuit des temps me semble une bien belle question à évoquer sans peur et sans honte avec nos enfants. D’ailleurs, il n’est pas tant question de l’évoquer, les enfants l’évoquant tout naturellement, ou d’y répondre, la réponse appartenant à l’intime de chacun, que d’entendre ce questionnement et avec beaucoup d’humilité et de délicatesse, d’accompagner le jeune vers l’émergence d’une pensée libre, symbolique, existentielle ou métaphysique. Là où il n’existe aucun doute, là où il n’y a de part pour aucune réflexion sur ce qu’Edgar Morin appelle Mystère, s’érigent bien souvent toutes sortes de supers-héros profitant du vide intérieur du coeur des hommes pour y propager leurs soit-disant super pouvoirs.

Un billet ce matin aux couleurs de cette dernière semaine de Carême pédagogique…

A débattre et à  

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L’ennui crée le rêve et le rêve, la réalité

18 04 2011

Carême pédagogique

Jour 39

Pensée 39

«Donnez le même esprit aux hommes, vous otez tout sel de la société. L’ennui naquit un jour de l’uniformité.»
Antoine Houdar de la Motte

Heureusement, l’enfant étant cet être incroyablement doué pour toute forme de pensée, il saura, pour peu qu’on lui laisse un espace disponible et réservé pour transformer son ennui en rêve, faire de cet ennui un terrain de jeu, de vagabondage, d’expérimentation. Laissons nos enfants s’ennuyer et nous les verrons s’inventer artistes, explorateurs, inventeurs, poètes.

A quand une semaine de l’ennui dans nos établissements?

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Une école pour les enfants?

13 04 2011

Carême pédagogique

Jour 34

Pensée 34

Faire passer l’intérêt des enfants avant celui des adultes.

La minute Montaigne

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Une école pour les enfants?

Il faudrait alors repenser:

les « programmes »

les rythmes hebdomadaires

les rythmes annuels

les rythmes biologiques

les rythmes d’apprentissage

l’organisation des groupes d’âge

le système d’évaluation

l’organisation des espaces

la place du corps

la notion de co-éducation en lien avec les familles et l’environnement

le principe d’obligation scolaire

l’implication des enfants dans les propositions à faire

Sommes-nous, nous autres adultes, prêts à tout cela?

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Provoquer l’impossible

12 04 2011

Carême pédagogique

Jour 33

Pensée 33

« Oser demander l’impossible, l’incroyable, l’inouï, c’est ouvrir l’autre à toutes ses ressources. »

Jacques Salomé, Bonjour Tendresse, 1992

Que savons-nous de nos élèves, de leurs rêves cachés, de leurs ressources intimes, de leur potentiel i-révélé?

Pas grand-chose en définitive. Un point de grammaire à approfondir? Une notion de mathématique à acquérir? Un savoir-faire à développer? Certes, et c’est déjà beaucoup.

Mais à trop vouloir attendre de l’enfant une réponse attendue, ne risquons-nous pas de le contenir dans un espace restreint de connaissances? restreint parce que trop limité à notre champ de vision, restreint parce que soumis à une prévisibilité qui ne laisse guère de chance à l’incroyable d’advenir?

Oser demander l’impossible à un enfant, n’est-ce pas lui faire preuve d’une confiance absolue en sa capacité à se révéler, à s’imaginer, à s’inventer au-delà de ce que lui-même pensait possible?

Quelle place laissons-nous dans nos classes à cet inouï et à cet improbable?

Quel chemin ouvrons-nous pour permettre à nos élèves d’accéder à leur

excellence propre?

Telle est la question que je me pose en lisant cette si jolie pensée de

Jacques Salomé.

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De la nécessité de l’extériorité

11 04 2011

Carême pédagogique

Jour 32

Pensée 32

« Si l’on veut philosopher, il faut aller à l’extériorité même du champ philosophique. »

François Dagognet

De la même manière, il me paraît incontournable d’envisager l’enseignement au-delà des seules grilles de références liées aux compétences professionnelles, aux programmes et aux différents cadres règlementaires émis par et pour le système et qui trop souvent nous enferment et nous engrillagent. La fragmentation des disciplines, de l’emploi du temps, des tranches d’âges ne sont-elles pas en parfaite inéquation avec ce qu’est la vraie vie, c’est à dire la vie hors du cadre scolaire?

Enseigner se résume-t-il à assimiler puis mettre en place un nombre pré-établis de techniques professionnelles spécialisées?

Enseigner se résume-t-il à dérouler le tout dernier programme officiel?

Enseigner se résume-t-il à transmettre des objets de savoir savamment sélectionnés?

Enfin, question insolente s’il en est, enseigner est-il le monopole de l’enseignant? Et l’enseignant n’est-il qu’un professionnel agent du service public d’éducation?

Enseigner, n’est-ce pas aussi et même surtout s’inviter soi-même et inviter l’enfant et l’adolescent à aller au-delà de ce qui est prévisible, tangible, transmissible, programmé, programmable, raisonné, raisonnable, enseignable?

Enseigner, n’est-ce pas finalement faire du hors-sujet un sujet véritable d’intérêt, d’émerveillement, de découverte inédite et donc d’apprentissage?

De ce point de vue, enseigner la curiosité n’est-il pas un enjeu essentiel? Mais la curiosité s’enseigne-t-elle? ou bien est-elle le fruit d’une posture, indéfinissable et indomptable?

Autant de questions qui nous poussent à aller voir ailleurs, à laisser venir ce qui vient d’ailleurs, à revisiter nos pratiques et nos postures en vue d’une extériorité formatrice et régénératrice…

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L’imaginaire des vacances

9 04 2011

Carême pédagogique

Jour 30

Pensée 30

Croire en des jours meilleurs et les attendre, c’est redoubler le présent d’une temporalité tendue vers un à-venir et un à-être permettant, au moins temporairement, de s’affranchir en pensée de sa condition, ou, comme le signalait Barthes à propos des mythes, « d’évacuer le réel ». La puissance symbolique des mythes, qui leur confère quelque efficacité sociale, consiste en cette faculté de lier, dans une structure permanente, des éléments du passé, du présent et de l’avenir. (Lévi-Strauss, 1985). En ce sens, penser le bonheur ou se projeter en lui remplit des fonctions indépendantes de la possibilité de son avènement.

Ethnologie des gens heureux, page 52, cahier 23, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2009


Ainsi donc, j’attends avec impatience le temps des vacances pour terminer la lecture de cet ouvrage passionnant!

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Sage est le repos

8 04 2011

Carême pédagogique

Jour 29

Pensée 29

Pour certains commence le temps du repos et des vacances. Une pensée spéciale pour un temps essentiel,

celui de la vie 😉

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Evocation libre

6 04 2011

Carême pédagogique

Jour 27

Pensée 27

photo Erik Johannson

Que vous dit cette photo?

Que ne vous dit-elle pas?

Que vous inspire-t-elle?

A qui ou à quoi vous fait-elle penser?

Une histoire vécue? un voyage? un rêve?

Une citation? un auteur? un poème?

Autre-chose encore?

A vous la parole 😉

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Quel chemin?

5 04 2011

Carême pédagogique

Jour 26

Pensée 26

Photo Erik Johannson

De là où je suis, je n’ai pas forcément le même angle de vue que de là où tu es.

Et toi, de là où tu te trouves, y vois-tu suffisamment pour avancer sans te perdre?

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Vivre, c’est apprendre

4 04 2011

Carême pédagogique

Jour 25

Pensée 25

photo d’Erik Johannson

Va, vis, deviens et si tu ne sais plus où tu vas, regarde d’où tu viens!

😉

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La transgression, un enjeu éducatif?

2 04 2011

Carême pédagogique

Jour 23

Pensée 23

Si l’on part du principe qu’il ne peut y avoir d’apprentissage sans contrainte -contrainte physique due à l’espace, au temps, et à l’environnement, contrainte cognitive dues aux objets d’apprentissage, contrainte affective due aux relations aux autres et à soi-  et dès lors qu’on admet qu’il ne peut y avoir d’éducation sans cadre -cadre qui sécurise, cadre qui délimite, cadre qui protège- enfin, si l’on considère le rapport à l’autorité comme fondement et garant de ce cadre et de ces limites, alors il devient impossible, incohérent et in-envisageable de penser et concevoir son enseignement sans donner à la transgression une place plus que de choix, une place centrale.

Comment puis-je t’enseigner le dépassement de toi, si je ne te permets pas d’aller au delà des limites que j’ai imaginées pour toi? Comment, sans te mettre en péril, puis-je t’inviter à dépasser ces limites, tant intellectuelles que corporelles ou « morales » si je ne les ai pas moi-même pensées comme enjeu d’apprentissage plutôt que comme point de non-retour?

En introduisant l’obligation d‘apprendre dans un système clos tel qu’il existe aujourd’hui, l’institution et les adultes qui la composent peuvent-ils faire l’économie d’une réflexion sur les finalités de cet enseignement, sur ses enjeux et sur le statut tout particulier de la transgression que l’éducateur, le pédagogue, l’enseignant doit penser, intégrer et mettre en scène dans une dynamique d’apprentissage reliéé à l’idée même de dépassement de soi?

A débattre…et à

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