De l’acte violent à l’acte d’écriture.

26 02 2008

Écrire…Oui, mais pour quoi dire? Pour quoi faire?

Écrire pour désamorcer.

Écrire pour se distancer.

Écrire pour se recentrer.

Écrire pour exister.

Écrire.

De l’acte violent à l’acte d’écriture, la voie est possible, le chemin initiatique et le résultat accessible.

Un monde sans violence est une illusion de monde.

La violence a toujours existé, elle existera toujours. Vouloir l’éteindre n’aboutirait qu’à en rallumer plus ardemment la flamme.

La (les) question(s), il me semble, se trouve(nt) ailleurs…

Que faire de cette violence?

Comment vivre avec cette violence?

Comment la rendre acceptable?

Peut-on partager cette violence?

Avec qui? Où et comment?

Un possible élément de réponse proposé par ce mini film proposé par le site Curiosphère

La violence réincarnée dans ( l’écriture. )

Ce qui me paraît essentiel dans cette approche, c’est qu’elle permet un processus de réconciliation de l’individu avec ses propres émotions.

« Oui, je ressens cela, j’en ai le droit, je l’exprime avec mes mots pour que l’autre l’entende, pour que l’autre le sache et pour que l’autre me reconnaisse. Oui, j’ai écrit et mon nom est inscrit. Alors maintenant que je suis reconnu comme une personne à part entière qui pense et qui s’exprime dans la cité, dans le quartier, dans l’école, je n’ai plus le droit de faire « le con ».« 

Il n’existe pas de solutions miraculeuses, mais des centaines d’attitudes éducatives, de postures pédagogiques, de compétences individuelles prêtes à accompagner ces jeunes, ces moins jeunes, ces familles, ces quartiers dits trop facilement « à la dérive ». Les regarder s’éloigner, sans rien faire nous rend coupables de « non assistance à personne en danger ».

Ne plus considérer la violence comme un acte fondamentalement illégitime mais tenter de trouver en elle le langage qui lui permettra de lutter contre contre  sa propre explosion.

Cela vaut la peine d’essayer, non?

Des commentaires?

N’hésitez pas, faites-vous violence!

Un peu de courage…

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Charte

7 02 2008

Soyez les bienvenus!

Une tribune de discussion, un espace de réflexion, un forum d’expression. Oui, vous êtes ici chez vous.

Mais, pour que ces échanges fonctionnent dans le respect d’un dialogue constructif, voici 7 petites règles élémentaires à respecter. Et oui, hier 5, aujourd’hui 7! Deux nouveautés en cette rentrée 2008/2009.

Merci d’y porter attention!

1 Laisser un commentaire avec votre véritable adresse e-mail (qui ne sera pas diffusée). Vous pouvez utiliser un pseudo si vous souhaitez rester anonyme en ligne.

2 Être soit de bonne humeur, soit de mauvaise humeur, mais toujours rester courtois en évitant les attaques personnelles et les allusions à la vie privée d’autrui.

3 S’exprimer pour le meilleur ou pour le pire, mais ne jamais diffamer une personne ni transformer un propos.

4 Échanger sans tabou, mais ne jamais inciter à la violence, au racisme, au suicide, à la pédophilie, à la pornographie.

5 Apporter des contributions aux débats, mais ne pratiquer ni piratage, ni commerce illégal, ni troc de marchandises volées.

6 Vous ressourcer, vous informer, vous documenter, mais ne pas détourner l’identité des articles publiés.

7 Intervenir, réagir, contrargumenter, débattre en veillant srupuleusement à respecter les personnes et leurs différences.

Voilà, les 7 fondamentaux du bon usage du bon blogueur!




C’est quoi encore le problème?!

27 09 2011

A vos agendas! Ou plutôt, devrais-je dire: à vos télécommandes!

Ce soir, sur Arte, sera diffusé un documentaire inédit sur la relation école-famille. L’ironie du calendrier a voulu que ce film soit programmé le soir même du jour de la première grande mobilisation du monde enseignant en cette rentrée scolaire 2011-2012…Les enseignants dans la rue: effet communication de masse assuré mais effet communication dialoguée assez restreint.

Pied de nez ou acte manqué? Il n’en demeure pas moins qu’on ne peut nier que cette délicate relation se construit également par le biais de cette réalité concrète vécue par les familles lors de ce genre de situation. D’où ce petit billet du jour.

« Bon, et ce matin, je fais quoi, moi?

Et surtout je fais comment avec mon fils sur les bras, avec ma fille en vadrouille?

Et puis, c’est quoi encore le problème?

Et oui…C’est quoi le problème?

Entre ce que l’on croit, ce que l’on présuppose, ce que l’on a entendu dire sur le trottoir de l’école d’en face et ce que l’on ignore totalement par manque d’information et abus de désinformation, l’espace laissé aux familles au libre vagabondage d’un imaginaire fantasmagorique très fécond est bien souvent la première source d’incompréhension, de quiproquo voire de conflits potentiels.

Nous, professionnels de l’éducation sommes bien au fait des réalités qui nous contraignent au quotidien, mais les parents, qui vivent d’autres réalités dans d’autres espaces ne sont pas susceptibles de connaître et donc de comprendre le pourquoi du comment d’un mouvement de grève et de protestation. Ce n’est pas parce qu’ils déposent tous les jours leurs enfants au portail de l’école ou qu’ils signent les cahiers de correspondance de leur collégien qu’ils sont censés savoir ce qui se passe réellement à l’intérieur de cette école, de ce collège, de ce lycée, de cette boite noire qu’est encore bien trop souvent l’établissement scolaire. D’où représentations, fantasmes, impatience, exaspération, colère…

« C’est quoi encore le problème »

Alors voilà, en vrac et dans le désordre, voici donc quelques éléments problématiques:

1/ Les problèmes vus du côté des élèves:

  • rythmes scolaires inappropriés = fatigue
  • classes surchargées = écoute personnelle refusée
  • accueil inadéquat des enfants à besoins particuliers = violence psychique et physique
  • disparition progressive du personnel spécialisé = aide spécifique impossible
  • locaux et matériel inadaptés = climat de vie scolaire perturbé
  • incohérence des évaluations en général et des évaluations nationales en particulier = rupture de confiance
  • inadéquation des programmes = incompréhension
  • mise en concurrence face à l’idée de réussite scolaire = stress

Bref, un non respect des spécificités physiologiques, psychologiques et cognitives de l’enfant et un manque de prise en compte des différentes étapes liées à son bon développement entrainant de fait un sentiment de solitude, d’exclusion et d’abandon d’un grand nombre d’entre eux qui se sentent au quotidien, blessés dans leur intégrité physique et intellectuelle et rejetés par l’ensemble des adultes et des quelques camarades, plus normés qu’eux.

2/ Les problèmes vus du côté des enseignants:

  • suppression de la formation initiale = violence faite aux jeunes néo-titulaires
  • injonctions paradoxales à tout va = confusion
  • réformettes successives au petit bonheur la chance = exaspération
  • déficit d’accompagnement des équipes éducatives = sentiment d’abandon
  • inexistence de gestion des ressources humaines = démotivation
  • manque de stabilité des équipes en place = désengagement
  • pression de plus en plus forte face à la notion de réussite scolaire = stress

Bref, un non-respect tant de la personne que du professionnel, un manque de soutien au niveau des équipes d’établissement entrainant de fait, là aussi, un sentiment de solitude, d’impuissance et de culpabilité des enseignants face à l’exclusion d’un nombre de plus en plus conséquent de jeunes considérés par le système comme inaptes au système. Car oui, pour la grande majorité d’entre nous, faut-il le rappeler,  nous avons choisi ce métier, cette fonction, cet engagement humain non pour exclure, cloisonner, sectoriser, niveler, formater, dresser des futurs lauréats mais pour ouvrir des chemins, soutenir des passions, élargir l’accès aux savoirs, rendre  belle l’expérience de l’apprentissage, aider au surpassement de soi et non des autres, faire grandir la personne qu’est l’élève, dans toutes ses dimensions et pas seulement dans sa dimension de futur rouage économique au service du marché économique.


Notre grand malheur en fin de compte -c’est ainsi que je le ressens, et c’est ainsi me semble-t-il qu’une grande partie d’entre nous le ressent également- notre problème donc, c’est que nous sommes partie intégrante du problème; plus que de simples maillons, nous incarnons ce système, nous le servons, nous l’exploitons même. Au lieu de servir l’enfant, oui, nous servons le système. Et c’est ce qui à mon sens devient le plus insupportable. C’est la cause de nombreuses démissions, de nombreuses dépressions, de nombreuses démobilisations. D’où la mobilisation de ce jour. Les enseignants se mobilisent pour éviter la démobilisation générale.

Il me semblait important aujourd’hui, d’exprimer cela aux familles, pour qu’elles comprennent, pour qu’elles soutiennent ou au contraire pour leur laisser le choix de ne pas être d’accord, en connaissance de cause.

Mais revenons-en au point de départ de cet article. La relation parents-profs…

Petit retour en arrière: en juin dernier, Isabelle Cottenceau, journaliste et réalisatrice pour Arte, me contacte en vue de me rencontrer. En effet,  à l’occasion de la préparation de cette émission, et en marge du film lui-même, elle souhaitait recueillir le témoignage de plusieurs acteurs de terrain. Une manière de mener l’enquête au plus près du réel. A la fois enseignante, maman d’élève et formatrice sur ce thème délicat, j’ai en effet quelques idées sur la question. Modeste contribution, certes, mais contribution de terrain. Ainsi, nous avons longuement échangé au soleil autour d’un petit café. Et je l’avoue, ce soir, je suis impatiente de voir et d’écouter le résultat de son reportage.

Je constate en passant, que l’affichette humoristique (voir ci dessus) que je lui avais laissée en souvenir de notre café-rencontre a fait mouche puisqu’elle est en parti reprise dans le titre d’une des séquences de l’émission.

Ce soir il sera question, entre autre chose, du projet de l’école Pajol que j’ai eu par ailleurs l’occasion de rencontrer lors de mes pérégrinations formatives. Une équipe éducative située dans le quartier de la goutte d’or, dans le 18ème arrondissement de Paris. Cet établissement, de par son projet innovant en matière d’accompagnement éducatif fait partie des établissements qui entrent dans le cadre de l’article 34 de la loi d’orientation pour l’avenir de l’école promulguée en 2005. Ce statut particulier donne le droit à l’école d’expérimenter et de mettre en place une organisation particulière au plus proche de ses besoins, c’est à dire au plus proche des besoins des familles qui lui ont donné leur confiance et confié leurs enfants, nos élèves.

Au cours de l’émission, nous voyagerons également en Allemagne. Et pour finir, en fin de soirée, Philippe Meirieu débattra sur le sujet de la relation parents-profs avec un autre invité d’honneur venu d’Allemagne, Christan Füller

En guise de conclusion et d’invitation pour aller plus loin:


Alors, à ce soir 😉

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L’autorité, une question de limites

20 09 2011

Être l’autorité, avoir de l’autorité, faire autorité. Trois expressions couramment employées.

L’exercice de l’autorité en classe, qu’il s’agisse du respect de la loi, de la norme, de la morale ou encore de celui du statut, se rapporte bien évidemment aux exigences du cadre collectif bien particulier qu’est l’école. Pourtant, au-delà du cadre, il se confronte toujours et avant tout à la personne qu’on est, au filtre du « je » intime, social ou professionnelle qui nous fonde au plus profond de nous-même.

Ma collègue d’en face ne supporte pas le mouvement, je ne supporte pas le silence. Celui d’à côté tolère les retards, je les accepte très mal. Le maître de mon fils se fait tutoyer, mes élèves doivent m’appeler Madame.  Un enfant ne fait pas ses devoirs, il les fera plus tard, restera à la récréation ou sera sanctionné par une heure de retenue? etc. Les exemples de dissonances sont multiples et récurrentes à l’école. Il n’y a qu’à entrouvrir la salle des profs et écouter les avis des uns et des autres… Qui a tort? qui a raison? Y a-t-il de bonnes réponses et de mauvaises réponses?  Existe-t-il des règles d’or inaltérables à définir collectivement, une fois pour toute? Force est de constater que cette question de l’autorité, qui ne date pas d’hier, ni d’avant-hier d’ailleurs, reste une question centrale à l’école, en famille mais aussi au bureau, dans le métro, sur le trottoir, à la télé, et  jusque dans nos pires cauchemars.

A chacun selon ses limites, ses valeurs, ses représentations, ses peurs. Une journée d’école est jalonnée de mille et un micro-événements vécus par certains comme de simples perturbations et par d’autres comme de véritables infractions. De l’anecdote sans conséquence à la faute caractérisée…du léger écart de conduite à la transgressionl’exercice de l’autorité n’est pas chose aisée.

Je vous propose un petit jeu. Voici une liste non exhaustive de perturbations courantes à l’école. Je vous propose d’en choisir UNE et une seule. Celle que vous considérez comme fortement dérangeante dans votre pratique de classe. Une fois choisie, je vous invite à exprimer ce qui vous conduit, vous, à considérer cette « perturbation » comme insupportable et enfin, et si vous en êtes d’accord, à nous raconter une situation qui s’y rapporte et que vous avez vécue.

NB: L’objectif ici n’est pas de se répondre les uns les autres et d’entamer une discussion à bâtons rompus mais plutôt, à tour de rôle, de s’exprimer librement sur ce qui nous pose un problème d’acceptation et donc nous conduira d’une manière ou d’une autre à exercer notre autorité. Tolérance, bienveillance et écoute ne sont-ils pas des mots que nous rabâchons à longueur de journée à nos enfants et nos élèves? Témoignages en direct, à vous la parole 😉

 

Liste non exhaustive de perturbations courantes

D’après l’ouvrage de Bruno Robbes L’autorité éducative en classe. 12 situations pour apprendre à l’exercer, ESF éditeur

 

  1.         l’élève qui ne croise jamais votre regard
  2.         l’élève qui vous regarde droit dans les yeux
  3.         l’élève qui se retourne sans arrêt vers ses voisins de derrière
  4.         l’élève qui utilise systématiquement les affaires du voisin
  5.         l’élève qui n’a pas ses affaires pour travailler
  6.         l’élève qui garde son blouson, sa casquette ou son foulard en classe
  7.         l’élève qui graffite sur ses cahiers
  8.         l’élève qui manipule continuellement des objets
  9.         l’élève qui se balance sur sa chaise
  10.         l’élève qui n’apprend jamais ses leçons
  11.        l’élève qui se déplace sans demander l’autorisation
  12.        l’élève qui ne lève pas la main pour demander la parole
  13.        l’élève qui mange ostensiblement des bonbons
  14.        l’élève qui arrive régulièrement en retard
  15.        le garçon qui refuse de s’assoir à côté d’une fille
  16.        la fille qui s’habille à la manière d’une ado
  17.        l’élève qui tient des propos racistes
  18.        l’élève qui en classe refuse d’exécuter une tâche
  19.        l’élève qui fait des bruits de bouche, de succion
  20.        l’élève qui parle tout seul en classe
  21.        l’élève qui se lève à la sonnerie sans attendre votre signal
  22.        l’élève qui insulte ses camarades
  23.        l’élève qui fait passer des petits mots en classe
  24.        l’élève qui triche

Quelques liens pour aller plus loin:

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Aide aux profs

5 05 2010

Organisation

Gestion

Valorisation

Parcours professionnel

Mais de quoi parle-t-on

??

Le concept de ressources humaines demeure un concept jusqu’à présent totalement étranger à notre hyper-structure qu’est l‘Éducation Nationale. Des milliers de profs, d’agents, de fonctionnaires y travaillent partout en France et partout dans le monde. Un budget gigantesque. Des enjeux phénoménaux et pourtant…zéro dispositif en matière de ressources humaines, de gestion de carrière, d’aide au développement de compétences. La seule chose qui semble remonter à la surface de ce mammouth fossilisé (je parle de la structure pas des hommes) ce sont des chiffres vertigineux sur l’absentéisme, des faits divers effroyables sur la violence, des résultats énigmatiques d’évaluations nationales…

Notation pour les profs, évaluation pour les élèves, pourcentage de réussite au bac, quotas d’entrée pour les grandes écoles, sanctions disciplinaires pour les uns et pour les autres. Il est certain, voilà de beaux sujets, d’intérêt national, à très forte valeur ajoutée, et, qui plus est, excellents produits marketing prêts à être vendus le soir même dans tous les journaux, les kiosques et les salons.

Alors voilà, dans ce no mans ‘land…il y avait une belle place à prendre!

Il fallait juste y penser

Il fallait juste oser

Il fallait juste se lancer

Y consacrer du temps

Y développer des compétences

Y partager des valeurs

Y valoriser des expériences

Voici le beau projet de l’association Aide aux profs que je vous invite à découvrir si ce n’était déjà fait…

Un espace de partage

Un dispositif efficace

Un projet unique

Merci à Rémi Boyer et à toute son équipe.

Merci pour votre énergie, votre engagement, votre efficacité,votre professionnalisme.

Merci d’exister.

Aide aux Profs CARTE_VISITE_2008

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