Besoin de toi pour devenir moi

29 03 2011

Carême pédagogique

Jour 19

Pensée 19

Si c’est en sortant du ventre maternel qu’on vient au monde, n’est-ce pas en sortant de soi qu’on fonde notre véritable humanité?

Et cette sortie de soi, ne se situe-t-elle pas toujours en relation avec l‘Autre?

Cet autre que je ne connais pas et qui ne me connaît pas mais qui pourtant fera de moi un être doué de cœur et de raison comme je ferai de lui un être doué de cœur et de raison, cet autre donc est celui par lequel mon existence prendra une saveur, une couleur, une tournure, un sens particulier. Il me fera devenir moi au sein des hommes…

Provoquer cette rencontre n’est-elle pas au cœur des enjeux de l’école?

Et, si au centre de cette rencontre, nous y placions le savoir?

Et si le fruit de cette rencontre était la connaissance?

Et si le lieu de cette rencontre était cet espace inconnu à construire ensemble…

Comment l’école peut-elle se saisir de cette question là?

Comment peut-elle imaginer un tel lieu qui n’existe pas encore?

Un arbre à palabre…

Un atelier philosophique…

Un groupe de chercheurs en herbe…

Une équipe de reporters…

Une chorale…

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Du bel usage de l’influence

25 03 2011

Carême pédagogique

Jour 15

Pensée 15

Combien de gens se ferment pour ne pas être influencés! Voilà la véritable peur! Peur, non des autres, mais de soi-même. Peur de perdre son « moi ». Je crois humblement qu’ils se trompent.

L’influence, c’est une rencontre. On ne peut être influencé que par ce qu’on possède déjà en soi. Mieux qu’une rencontre, une reconnaissance. C’est la révélation accélérée de notre propre personnalité grâce à l’expérience d’un autre.

Nous ne pourrions être influencés par quelque chose qui nous est étranger. Les influences sont les effets du hasard qui nous révèlent à nous-mêmes. Nous portions la chose en nous mais à l’état embryonnaire. Nous la rencontrons aboutie. Quel bond en avant! Il faut être bien prétentieux pour ne pas en profiter. Nos aînés ne procédaient pas autrement: Rabelais, La Fontaine, Molière; tous trois cependant étaient des libertaires.

La vie? c’est trente mille jours, avec beaucoup de chance. La vie est courte et la connaissance est l’infini. Il n’y a donc pas de temps à perdre et si quelqu’un m’aide à rencontrer ce que je pressentais vaguement, je gagne du temps pour autre chose que je désire. Ne manquons pas les raccourcis.

Les influences précisent nos contours. Elles ne sont jamais que le résultat de notre choix et de nos capacités.

Jean-Louis Barrault

Enseignant

Passeur de sens?

Éveilleur de conscience?

Accélérateur de talent?

Transmetteur de savoir?

Influenceur?

Mais alors, jusqu’où influencer?

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