La culture en « questions »

30 04 2008

Il est beaucoup question de CULTURE dans les orientations scolaires depuis une vingtaine d’années. Enjeux éducatifs et sociaux, postures idéologiques ou discours démagogiques? Les réponses sont complexes. Je ne me risquerais ce matin qu’à un petit exercice de style. Comme ça, entre nous, sur le mode petite conversation de salon BLEU PRIMAIRE.

A/ L’élève n’est plus seulementconsidéré comme un parfait répétiteur que l’on récompense d’un bon-point lorsqu’il déclame sur commande la conjugaison du verbe naître au futur antérieur.

B/ L’école n’est plus cette « institution catalogue » dont la fonction première est d’imprimer chapitre après chapitre dans le cerveau de nos enfants des leçons prêtes à poser, prêtes à réciter.

C/ Les enseignants ne se retrouvent plus dans une image de gardiens du temple, seuls détenteurs d’un unique et noble savoir.

– L’élève est devenu un apprenant.

– L’école, un lieu d’apprentissages.

– Le maître, un générateur de progrès.

Oui, bon, tout cela est bien joli…mais et La Culture dans tout ça? Où est passée Notre Culture? Où Nos Savoirs sont-ils rangés et répertoriés? Qui donc se chargera de les transmettre aux générations futures?

Voilà donc mon sujet bleu primaire et votre problématique du jour.

Qu’appelle-t-on CULTURE A L’ECOLE à l’aube du troisième millénaire?

1/ L’ensemble des connaissances scolaires générales d’un élève façon « Questions pour un champion »?

2/La somme, dans un domaine précis, d’un grand nombre de savoirs permettant de répondre à n’importe quel quiz façon « Grand Oral d’Histoire » de Tautavel à Robespierre?

3/ La capacité à mobiliser, au sein de ses propres connaissances, le savoir en question, afin de le mettre au service de la réflexion et/ou de l’action? Ma lampe de poche est H.S, tous les magasins sont fermés, mes parents sont absents et demain je pars camper…

4/La seule chose qui reste quand on a tout perdu et tout oublié. Je m’appelle Sofia, j’ai dix ans, et si ma vie commence aujourd’hui, elle ne s’arrête pas là…

Hé, hé…Amusez-vous bien…De mon côté j’ai soumis mon petit article à mes ados en perdition…la discussion fut vive, fructueuse et pas toujours convenue!

De votre côté, si aucune de mes 4 propositions ne vous satisfait, n’hésitez pas à me faire part de votre définition, ou, préféré-je dire « conception » de la CULTURE. 

A vous!




A la recherche du temps retrouvé…

29 04 2008

« On vous parle beaucoup de votre éducation; or un souvenir conservé depuis l’enfance est peut-être la meilleure des éducations; si on fait provision de tels souvenirs pour la vie, on est sauvé définitivement. »

Dostoïevski, Les frères Karamazov, 1880

En ces heures politiquement et « médiatiquement » agitées, prenons ensemble sur BLOG BLEU PRIMAIRE un peu de recul, un peu de hauteur…

Revenez avec moi vous asseoir quelques instants sur vos bons vieux bancs d’école. Fermez les yeux…respirez…souvenez-vous…

Le tableau noir et l’odeur âcre de la craie, les boulettes de papier  volant et rasant les oreilles de Mr Guillaume, le goût pistache amande de la colle en petits pots, les parties d’osselets et les parcours de billes dans la cour de récré, les nattes de Mademoiselle Riquet, la cloche qui sonne et la joyeuse débandade dans les couloirs malicieusement éteints, les rampes d’escalier transformées en toboggans interdits, le sifflet persifleur de Monsieur le Directeur, les cartables écrasés aux portes du réfectoire, les salsifis…

Oui, n’était-ce pas, n’est-ce pas encore aussi et surtout tout cela l’école?

Ne sont-ils pas les meilleurs, pour ne pas dire les uniques souvenirs que nous en gardons?

Sommes-nous pour autant des vauriens et des incapables?

Allez, je vous propose une trêve, loin du brouhaha médiatique et de l’actualité scolaire, embarquons ici, maintenant, ensemble, le temps d’un voyage nostalgique, non pas sur la Galère de l’Age d’Or révolu, mais sur les traces de nos souvenirs, à la recherche du temps retrouvé…

Soufflez-nous, dans la bulle « commentaire » vos pépites, vos best-off, vos trésors scolaires. Nous ne les avons jamais appris par coeur, mais ils sont bien là, au fond de chacun d’entre nous…parce que vécus, parce que éprouvés.

Offrons-nous ce luxe de secouer l’arbre aux fruits défendus. Osons avouer qu’à l’école il y avait, il y a et il y aura toujours ces perles de vie dont Dostoïevski nous invite à faire provision…

A vous


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Aimé Césaire (26 juin 1913- 17 avril 2008)

17 04 2008

Aimé Césaire nous  quitte  » mais l’oeuvre de l’homme vient seulement de commencer. »

Saurons-nous nous en montrer dignes?

Adieu Césaire, à bientôt.




L’école, pour vivre ensemble

16 04 2008

Pour les lecteurs qui ne lisent pas la presse quotidienne, et pour ceux qui n’ont pas encore exploré le site d’Eveline Charmeux….

Voici, dans son intégralité, mon « coup de colère » publié hier par le quotidien « La Croix »

LA VIOLENCE A L’ECOLE

L’école pour apprendre à vivre ensemble…

Belle ambition !

A son service ? L’éducation civique et ses leçons de vie.
A son service encore ? Les groupes de paroles entre enfants.
A son service toujours ? Les enseignants-éducateurs. (Voir aussi l’article du 4 février « complément d’enquête sur le métier d’enseignants »)
Bref, vivre ensemble, à l’école, c’est vital, c’est inévitable.
Mais alors, et les autres, que font-ils ?

Et vous ?

Vous, les parents ? Les grands parents ?
Vous, les marchands de vidéo ?
Vous, les promoteurs  de gadgets belliqueux ?
Vous, dans le métro ? Dans la rue ?
Vous, le voisin du dessous ? L’automobiliste pressé ?

Vous, intouchables puissants? Juges corrompus ou politiques décadents?

Que croyez-vous donc ? Qu’il suffit de prononcer les mots respect ou morale deux fois dans la journée pour participer à leur diffusion ?

Le respect,un mot tant à la mode qu’il s’est vidé de son propre sens. Trop utilisé, trop galvanisé, trop médiatisé sans doute. Un mot qu’on proclame aux autres, rarement à soi-même. Il erre sur les bancs de la cour de récré, il traîne sur les chaînes de télé. Le Respect s’il vous plaît, je réclame le respect ! Combien de fois par jour entends-je ce même refrain ?

Mais le respect, ça ne se décrète pas ! Ça se vit, ça se transmet. Le respect, c’est un remaniement permanent, une exigence de chaque instant ; si l’on n’y prend garde, les mots, les gestes, les regards, les silences, les rires, les attitudes prennent si naturellement le pas sur la réflexion et le jugement. Apprendre à gérer les paroles et les actes, comprendre pourquoi et comment y parvenir, c’est tout cela que nos enfants apprennent à l’école, dans la cour, dans les couloirs, dans la classe.

Qui peut proclamer que la chose est simple ? Qui peut imaginer que l’école seule relèvera le défi ? Quel parent honnête peut se soustraire à ce devoir d’éducation ? Quel individu majeur peut se dire dégagé de toute responsabilité ? Car enfin, posons-nous (vous étant inclus dans le nous), posons-nous donc aujourd’hui, sans biais ni faux-semblant, la question du rôle de l’exemplarité des adultes pour la construction des jeunes enfants ; ce qu’on leur donne à voir ou à entendre, dans la rue, dans le bus ou le métro, chez le voisin ou à la maison. Les images, les mots, les attitudes dont nous sommes seuls responsables puisque soit nous les véhiculons nous-mêmes, soit nous les laissons à leur portée, soit nous les ignorons.

Nous vivons dans une société formidablement agressive pour les jeunes esprits. Il faut le rappeler, votre enfant ne perçoit pas les images comme vous. Son cerveau ne reçoit pas la même information de la même manière. L’adulte traite toutes les données visibles et sonores via des filtres que la maturité et l’expérience lui ont fournis. L’enfant n’est pas encore capable de cette distanciation, de ce tri entre le réel et le factice. Face à un film d’horreur, il est dans le film, dans l’image, dans la peau du tueur ou de la proie. Quand vous êtes spectateurs, il est lui, auteur ou acteur. Quand vous êtes témoins, il est, lui victime. Et quand enfin vous regardez Catch-Attack le week-end avec lui, il apprend lui que la violence est un jeu, un spectacle qu’on regarde en famille.

Pour le jeune enfant, fiction et réalité sont deux espaces superposables. C’est pour cela qu’il aime tant qu’on lui raconte des histoires, voire toujours la même histoire. Pour lui, au moment où vous lui lisez les mots, où vous lui livrez l’intrigue, il quitte quelques instants le monde, retarde à l’infini l’heure de se coucher et plonge avec délice dans un univers construit rien que pour lui. Mais dès le lendemain matin, lorsqu’il se réveille, lorsqu’il est planté devant son poste de télévision, ou quand la radio lui déverse un flot ininterrompu de paroles en tout genre, lorsqu’il se glisse dans une rame bondée d’adultes gesticulant où maugréant, lorsqu’il traverse les avenues et autres artères survoltées, voilà notre chérubin livré en pâture aux affres du monde moderne. Le parcours du combattant reprend sa course effrénée.

Petit arrêt sur image. Zoom sur la réalité. Extraits choisis. Morceaux vécus.
Attention, esprits sensibles, s’abstenir.

Dressons un échantillon des clichés hauts en couleur qu’un enfant reçoit, sans pouvoir s’en prémunir, en une seule journée: les photos sans équivoque dans les kiosques, juste à hauteur d’yeux, les formules choc en bandeau des journaux, les publicités libidineuses entre deux soit disant programmes télévisuels pour enfants, les clips musicaux qui prônent souvent la violence et le sexe, les téléfilms scandaleux enrobés façon comédies, les faits-divers sordides livrés aux heures de grande écoute, les images sanglantes du « JT » juste avant d’aller dormir. Allez, fais de beaux rêves mon chéri…

Quelle vision de l’homme offrons-nous à ce petit enfant de deux ans, six ans, huit ans, ou à cette toute jeune fille de douze ou quinze ans ? Lui livre-t-on les clés pour décrypter telle affiche, lui donne-t-on les mots pour interpréter tel slogan, lui octroie-t-on du temps pour parler de tout cela ? A défaut de refaire le monde, ayons l’exigence d’exprimer ce que nous ressentons. « Je suis une adulte, mais vois-tu cette image d’adulte me dérange. Je suis un homme mais vois-tu les mots de cet homme me blessent, je suis une grande personne et vois-tu l’attitude de cette grande personne me révolte. Et toi, qu’en penses-tu ? »

Prenez-vous, prenons-nous ce temps là ?

Oui, la violence existe, existait et existera toujours. C’est un fait universel, une donnée intemporelle. La question est ailleurs, inéluctable pour l’éducateur, vitale pour l’enfant, essentielle pour la société. Une question qui engendre mille questions. Mille questions générant la réflexion et non le délit d’opinion, non plus la soumission.

« Que fais-je de cette violence ? Comment travailles-tu avec cette violence ? Que pense-t-elle de cette violence ? Qui jugeons-nous au travers de cette violence ?  De quelle manière transformez-vous cette violence? Comment vivent-ils dans cette violence ? »

A défaut de refaire le monde, ayons l’honnêteté d’affronter ses faiblesses, de s’en insurger, de se positionner. Si nous, responsables majeurs et soi-disant éducateurs, si nous parents ou tout autre tuteur, nous autorisons le silence ou l’indifférence s’installer, alors nous ouvrons délibérément la porte à la banalisation de la violence ou de la médiocrité.  Bien évidemment, face à cette leçon de morale un peu provocatrice, j’en conviens, un tantinet réactionnaire, je l’avoue, et très culpabilisante, il est vrai, la rhétorique du laisser-faire impuissant reprend le dessus. Ainsi va le monde diront certains, nous n’y pouvons rien, se dédouaneront les autres, les enfants s’adaptent à tout rétorqueront les uns, l’école leur apprendra bien les bonnes manières espéreront les derniers. Une ou deux maximes livrées en bon uniforme à la manière du bon vieux temps et nous autres adultes serons absous de toutes nos dérives.

L’école, encore l’école, toujours l’école …L’école fera ce que les adultes souvent ne savent plus faire.

Et bien oui, le matin, quand vous quittez votre enfant et que j’accueille mon élève, je sais qu’il me faudra souvent remonter le cours du temps, effacer certains cauchemars, adoucir des paroles trop brutales, gommer des images affolantes. Dès les premières minutes, dans la cour de récré, il est aisé de capter  l’atmosphère qui déterminera les apprentissages du jour. Agités, bagarreurs, électriques, certains matins ressemblent trop au tapage urbain, certains matins, il ne fait pas bon rester trop longtemps dehors. Vite, il nous faut rentrer la troupe avant la débandade. Ouf, la cloche sonne et tout ce petit monde se met en rang, par deux et dans le calme, s’il vous plait. Pardon ? Dans le quoi ? Lui donner la main, à elle ? Et pourquoi je dois tenir la porte ? T’as vu le dernier combat de Catch-Attack hier, c’était top ! Trop cool quand on lui arrache les yeux ! Pousse-toi gros tas ! M’dam ! y m’a traité ! Même pas vrai, c’est elle qu’a commencé ! Dans tes rêves …

Il est 8 h… l’école s’éveille …
« Bonjour Léa, bonjour Sam ! Tiens, tu t’es coupé les cheveux Sofia ? Attention, tes lacets sont défaits Nicolas. Bonne fête Maxime ! »

La porte de la classe s’ouvre et la leçon de vie reprend son cours.

A commencer par quoi ?

Par se dire bonjour, tout simplement.

Oui, chaque matin, j’apprends à mes élèves à se saluer en se serrant la main, à se sourire en se regardant dans les yeux. Le matin, j’adresse à chaque élève, un mot, un regard. Le matin, je leur lis une histoire, pour leur plaisir et pour le mien. Le matin, on chante une chanson qui nous rassemble. Le matin, j’accroche aux murs les dessins de la veille. Le matin on prend le temps de raconter un petit bonheur vécu. J’appelle ce temps « Les cinq minutes d’intro. » Sans ce temps là, rien n’est possible, sans ce temps là, rien ne se fera. S’installer, s’arrimer, s’ancrer, prendre place, toute sa place. Une place pour chacun. Voilà qui est fait. Je suis là. Ils sont là. Nous sommes là. Tous là ?

« Y manque Sara M’dam, ch’peux prendre ses d’voirs ?
– Oui, merci Victor.
»

Oui, chaque matin, à l’école, on essaie de replanter un décor humain. Chaque matin on essaie de recréer du lien. Pour que la journée soit belle, pour que les heures d’école soient plus douces que la veille, pour que la vie ait un goût d’enfance, pour que l’enfant ait le goût de la vie. Les enseignants s’y attellent à chaque instant car « apprendre à vivre ensemble », c’est le cœur de notre projet éducatif. Alors, c’est vrai, lorsque je quitte cette école le soir, et que j’entends le monde et ses cris, lorsque je vois les hommes et leur violence, je pense à mes élèves, à ma journée et à celle du lendemain. Et j’imagine aisément le malaise qu’ils ressentent ; d’un côté, soumis à des règlements scolaires écrits par l’institution et contresignés par les parents et de l’autre spectateur d’un monde schizophrène qui manie aussi bien la décadence que la repentance, qui instille aussi bien l’éducation civique, que l’incivilité publique.

Et je l’admets, il m’arrive d’être en colère, contre moi et contre vous, car il me semble qu’aucun adulte ne devrait ignorer ce qui est susceptible de corrompre l’innocence d’un enfant.

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Le camion des mots

14 04 2008

Autoroute, est-ce masculin ou féminin?

Un voyage insolite dans un engin atypique

Un itinéraire tout en détours pédagogiques

Une autre manière de vivre le mot APPRENDRE

Merci à l’équipe du camion des mots

Oui, ou plutôt non, il n’y a pas qu’à l’école qu’on apprend. Et c’est tant mieux!

Des collectivités locales, des citoyens de tous bords, des familles d’ici ou d’ailleurs, des enseignants volontaires en quête d’innovations, des enfants curieux du monde, des lecteurs de BLOG BLEU PRIMAIRE…tant de bonnes volontés ici et là, tant de talents à découvrir et à faire partager!

Il n’y a pas qu’à l’école qu’on apprend, mais l’école reste une des passerelles prioritaires par laquelle la culture est diffusée.

Pour nos élèves, pour leurs parents, pour leurs enseignants, ouvrons l’école à ces projets, laissons entrer dans nos écoles les initiatives qui fonctionnent, n’ayons pas peur des détours pédagogiques qui nous le voyons bien ici, sont de formidables vecteurs d’énergies positives!

Et vous, chers lecteurs, de quelles expériences pédagogiques voulez-vous nous faire part?

Un souvenir, une histoire, une rencontre, un projet, une vidéo?

RACONTEZ-NOUS!




Classe unique, un modèle en voie d’extinction

11 04 2008

Une réaction personnelle aux deux articles du 7 avril et du 31 mars derniers de Bernard Collot, ancien enseignant, essayiste, père d’élève. ( 3 dénominations qui invitent au respect!)

ABSORPTION CONTRE DISSOLUTION
Oui Bernard, ainsi va la France. Une France schizophrène, une société disloquée. Une éducation nationale prise à partie qui ne sait plus où donner de la tête.

D’un côté, des classes surchargées dans des univers scolaires surexploités où il faut absorber chaque année un peu plus d’élèves, un peu plus de violence, un peu moins d’apprentissage, un peu moins d’humanisme.
Ecole/parking
Ecole/ghetto
Ecole/entreprise…espèce en voie de prolifération

De l’autre, des classes rurales dans des écoles à taille d’enfant, qui chaque année sont menacées d’être dissoutes et avec elles, des élèves privés de liens sociaux, des familles abandonnées, des villages désertés, des enseignants mutés.
Ecole/accueil
Ecole/convivialité
Ecole/apprentissages…espèce en voie de disparition.

Explosion contre dissolution. Est-ce donc la seule issue possible? N’y a-t-il pas d’autres voies envisageables? Se pose-t-on seulement ces questions dans les anti-chambres du pouvoir?

A quand des cours d’urbanisme pédagogique dans nos grandes écoles d’Archi?

A quand des concours ouverts sur le thème de la ville/structure scolaire à Sciences Po et à l’ENA?

A quand nos grands cerveaux au service de l’Homme? Sans jamais oublier qu’à la racine de cet homme, il y a l’enfant, il y a l’élève.

Avant d’être adulte, l’homme est un enfant. Et oui, c’est bête à dire comme ça, mais il me semble que cette donnée n’entre pas souvent en ligne de compte dans nos sociétés « urbanisantes ». Bien sûr il y a les textes officiels sur les droits de l’enfant…les chartes, les lois qui sauvent la face, mais cachent, trop souvent, une réalité bien différente.

Pourtant ces écoles innovantes mais méconnues (ou ignorées) de la presse et des politiciens, oui, ces ECOLES existent. (encore…) Ne nous privons pas de leurs formidables expériences, mais sachons les considérer comme autant d’exemples à observer. Qui sait, nous pourrions  peut-être en apprendre beaucoup…sur la convivialité, la pédagogie, l’art de vivre, la motivation à apprendre, l’implication personnelle, le service rendu à la collectivité…Pas de solution miracle, mais bien, au service des élèves, des solutions multiples dans ces classes uniques.

Moi j’irais bien en stage, là-bas, loin du brouhaha de la ville et de son agitation permanente…

Sauvegardons la planète…oui, mais sauvegardons avec elle son humanité! ASSOréveil, un autre site à visiter.

Pour contribuer activement à la démarche de Bernard Collot, je vous invite donc à signer, diffuser, et publier sa pétition

Signature en ligne : http://marelle.org/petitions/index.php




Blog Bleu Primaire a le Blues

9 04 2008

Nom du titre : Le Blues De L’Instituteur
Interprété par : Grand Corps Malade
Année : 2008

Grand Corps Malade - Enfant De La Ville Ce titre est extrait de l’album Enfant De La Ville

Paroles de Le Blues De L’Instituteur

Allez entrez les enfants et arrêtez de vous chamailler,
Avancez dans le calme je sais que vous en êtes capables,
Asseyez-vous tranquillement, chacun sa place, ça y est,
Ecoutez-moi, mais ce matin, n’ouvrez pas vos cartables.
On va pas faire de grammaire, de géométrie et de conjugaison.
On parlera pas de complément d’objet et encore moins de Pythagore.
Ce matin pas de contrôle et personne n’aura raison.
Aujourd’hui aucune note et personne n’aura tort.

Les enfants écoutez-moi, je crois que je ne vais pas bien.
J’ai mal quand je vois le monde et les Hommes me font peur.
Les enfants expliquez-moi, moi je ne comprends plus rien.
Pourquoi tant d’injustices, de souffrances et de malheurs.
Hier soir une fois de trop j’ai allumé la télévision,
Sur les coups de 20H, c’était les informations.
Et tout à coup dans la pièce s’est produit comme une invasion,
De pleurs et de douleurs, c’était pire qu’une agression.
Hier soir l’actualité comptait beaucoup plus de morts,
Que de cheveux sur le crâne de Patrick Poivre d’Arvor.
C’est comme ça tous les jours un peu partout sur Terre.
Je crois qu’il fait pas bon vivre au Troisième millénaire.

Comme aux pires heures de l’Histoire, les hommes se font la guerre,
Des soldats s’entretuent sans même savoir pourquoi.
S’ils s’étaient mieux connus, ils pourraient être frères.
Mais leur président se sentait le plus fort c’est comme ça.
Et puis il y a toutes ces religions qui prônent chacune l’amour,
Mais qui fabriquent de la haine, des assassins, des terroristes.
Pour telle ou telle croyance, des innocents meurent chaque jour,
Tout ça au nom de Dieu, on sait même pas s’il existe.

Les enfants, désolé, on vous laisse l’Humain en sale état,
Il faut que vous le sachiez alors aujourd’hui j’essaie.
Les certitudes des grandes personnes provoquent parfois des dégâts.
En fait l’adulte est un grand enfant qui croit qu’il sait.
J’ai mal au ventre les enfants quand je vois l’argent mis dans les armes.
Dans les fusées, les sous-marins et dans les porte-avions.
Pendant que des peuples entiers manquent d’eau, comme nos yeux
manquent de larmes.
Et voient leur fils et leur filles mourir de malnutrition.

Apparemment la nature elle-même a du mal à se nourrir,
Les homme ont pollué l’air et même pourri la pluie.
Quand tu auras plus d’eau nulle part, faudra garder le sourire.
Et même l’odeur des forêts sera tombée dans l’oubli.
Les enfants vous savez ce que c’est des ressources naturelles,
Si vous savez pas c’est pas grave de toute façon y’en a presque plus.
Les mots « humain et gaspillage » sont des synonymes éternels.
L’écologie à l’école serait pas une matière superflue.

Les enfants, désolé on vous laisse la Terre en sale état,
Et bientôt sur notre planète on va se sentir à l’étroit.
Gardez vos doutes, vous seuls pourrez nous sortir de là,
L’enfant est un petit adulte qui sait qu’il croit.

Bah alors les enfants vous êtes bien sages tout à coup,
J’ai un peu cassé l’ambiance mais je voulais pas vous faire peur.
Ce que je veux vous faire comprendre c’est que je compte sur vous,
Ne suivez pas notre exemple et promettez-moi un monde meilleur.

Allez les enfants c’est déjà l’heure de la récréation,
Allez courir dans la cour, défoulez-vous, profitez-en.
Criez même si vous le voulez vous avez ma permission.
Surtout couvrez-vous bien, dehors il y a du vent.




Education nationale

29 03 2008

Un peu d’auto-dérision ne fait de mal à personne…L’humour au service des choses sérieuses. Allez, il pleut dehors, on chasse la déprime comme on peut! Bonne fin de semaine à tous!

Et maintenant, de vous à moi, en passant par l'école...

N'y a-t-il pas ici comme un fond de vérité qui se profile?

N'y a-t-il pas, au delà de la provocation décalée, comme un petit air de lucidité?

Dites-moi collègues d'ici et d'ailleurs, nous qui aimons notre métier comme peu de professionnels aiment le leur, nous qui nous battons car estimons que ce métier contient en lui des enjeux humains et philosophiques, nous qui chaque jour prenons en charge "l'éducation des hommes", nous qui ne comptons ni notre temps, ni notre argent, nous qui ...

Dites-moi donc, chers collègues, ne pensez-vous pas qu'il est grand temps d'avancer, de dépoussiérer un système largement sclérosé? Un système qui nous bouffe et nous étouffe de l'intérieur? Un système auto alimenté par des "forces obscures" qui usent de leur toute puissance pour bâillonner la masse silencieuse et laborieuse?

Je crois en l'extrême dévouement des enseignants. J'en suis. Je crois en leur sens unique du travail bien fait. Je l'éprouve quotidiennement.

Mais je connais aussi leur désarroi et leur souffrance quand les conversations de salon, manipulées par la presse, les politiques et les syndicats réunis, pointent d'un doigt accusateur la lourde machine "pachydermique" qu'est l'éducation nationale.

Mais la machine, c’est pas nous! La machine c’est le système! Ne confondons pas la structure et les hommes! Ne nous trompons pas de combat...

Moi, je remplacerai bien quelques rouages de cette macro-structure.

Moi, je casserai bien le mécanisme de certains machinistes.

Moi, je ferai bien sauter quelques portes blindées.

Moi, j'irai bien, caméra cachée au poing, filmer de l'intérieur les acteurs et les co-réalisateurs de cette tragi-comédie qui nous fige dans un scénario sans fin. 

Et vous?

Exprimez-vous...ici, maintenant. Les commentaires sont ouverts!

Ostiane, ni journaliste, ni politique, ni experte, ni de gauche, ni de droite, juste instit.




Les nouveaux programmes. Réactions à chaud.

27 03 2008

RAPPEL en PDF:  nouveaux programmes

1/ EN RESUME sur le site France 5 Education:

 Plus d’heures de français, de mathématiques, de sport et d’instruction civique mais aussi de la morale, tout cela en vingt-quatre heures de cours sur quatre jours… La réforme de l’école primaire présentée par le ministre de l’Education nationale se veut recentrée « sur les fondamentaux », via les acquis traditionnels : opérations, orthographe, grammaire et conjugaison. Dernière étape d’une réforme engagée en septembre 2007 avec la suppression des cours le samedi matin, Xavier Darcos a précisé, mercredi 20 janvier 2008, devant la presse, le contenu des programmes de l’école primaire. La philosophie du projet, qui fleure bon la tradition, avait été dessiné par Nicolas Sarkozy quelques jours auparavant, lors d’un déplacement à Périgueux.

« Plus courts, plus clairs et plus ambitieux », comme l’affirme leur préambule, ces programmes, qui tiendraient dans leur état actuel sur environ 36 pages du Bulletin officiel de l’Education nationale, contre 104 actuellement, sont marqués par le retour au bon vieux appris par cœur et sont resserrés sur « les fondamentaux » que sont la lecture, l’écriture et le calcul.

A l’origine de cette réforme, un rapport du Haut Conseil à l’éducation, en septembre 2007, faisait état de 15 % d’élèves en fin de CM2 avec de grandes lacunes dans ces disciplines. Au motif que « tout se joue à l’école primaire », il est décidé de faire porter l’effort sur cette partie de la scolarité et de « diviser par 3 en cinq ans le nombre d’élèves sortant du primaire avec de graves difficultés » et « par 2 le nombre de redoublants ».

Pour se faire, la semaine scolaire passera de vingt-six à vingt-quatre heures en moyenne – le samedi étant « rendu aux familles ». Les deux heures gagnées seront, elles, réinvesties sous forme d’aide personnalisée aux élèves en difficulté ou de travail en petits groupes.

En français, les grands classiques de l’apprentissage – récitation et rédaction – sont réhabilités. L’accent est mis sur la grammaire et la connaissance de l’ensemble des temps de l’indicatif, y compris le futur antérieur ou le plus-que-parfait.

De même, en mathématiques, la pratique du calcul mental fait son grand retour et on insiste sur la maîtrise parfaite des quatre opérations ou bien encore sur la connaissance de la règle de trois avant l’entrée au collège.

Enfin en matière d’histoire, l’enseignement devrait être fondé sur la connaissance des grandes dates et des grands personnages qui jalonnent l’histoire de France, grâce à « des repères chronologiques ».

Dans les nouveautés, l’éducation civique est remplacée par des cours d’instruction civique et de morale fondés sur des grands principes ou maximes juridiques, comme « La liberté de l’un s’arrête où commence celle d’autrui ». Un retour des leçons de moral et de politesse qui devra se matérialiser à la fin du CE1 pour l’élève, par la reconnaissance des symboles de la République française, se lever au son de la Marseillaise ou bien encore l’usage du « vouvoiement avec leur enseignant ».

Libres de choisir leurs méthodes dans l’application de ces nouveaux programmes, les enseignants seront en revanche désormais évalués tous les deux ans, par un nombre d’inspecteurs augmenté à la rentrée 2009, et la priorité sera donnée aux résultats. Les performances de chaque école seront ensuite communiquées aux familles, selon des modalités qui seront définies « au cours des prochaines semaines », selon le ministre de l’Education nationale.

Présentée comme une « révolution culturelle de l’essentiel » par Xavier Darcos, la réforme de l’école primaire est jugée comme « un retour aux vieilles recettes », par Ségolène Royal, favorable à une « école qui innove ». Un terme également utilisé par les syndicats enseignants qui ironisent sur le retour de l’école « bonnet d’âne » des années 50 et demandent, pour certains, à l’ancien professeur de français de revoir sa copie.

2/ Ci-après, une réaction recueillie sur le site de  l’ICEM  

(Institut Coopératifde l’Ecole Moderne)

Un point de vue. Celui de Catherine Chabrun.

24 heures chrono !

Dans notre système éducatif à modèle descendant où Polytechnique détermine le lycée qui lui-même détermine le collège le tout en cascade jusqu’en maternelle, il était logique de faire peser sur les épaules du primaire la responsabilité de l’échec scolaire.

Dans sa « révolution culturelle »de 36 pages, Xavier Darcos présente des programmes « recentrés sur l’essentiel », du socle commun on ne garde que les piliers chers à l’Europe, on rejette la complexité, la transversalité qui les articulaient pour privilégier l’empilement de couches simples de fondamentaux.

Que ce soit en français ou en mathématiques on augmente ainsi le nombre de savoirs opératoires, mécaniques et on retire tout ce qui était ambitieux dans les programmes de 2002.   

Surtout pas de temps à perdre, car tout doit tenir en 24 heures !

Entre les dix heures de français, les cinq heures de mathématiques, les quatre heures de sport et l’heure et demie de langue vivante, que restera-t-il  à la « culture humaniste » ?  Aux sciences ? A l’éducation artistique ?

Avec des horaires spécifiques et cloisonnés, une programmation annuelle qui dénie les cycles, ce seront 24 heures compartimentées, morcelées en disciplines et sous disciplines, le tout en conformité avec des manuels dont « l’appui »  est fortement conseillé. Un manuel de vocabulaire, un autre de grammaire …un manuel de calcul un autre de géométrie. Plein de petites leçons illustrées qu’il faudra bien apprendre à la maison ou avec les associations d’aide aux devoirs  !

Une triste certitude : le fossé culturel se creusera davantage pour tous les enfants qui n’ont que l’école pour y accéder. L’accompagnement éducatif sera-t-il chargé de compenser le déficit ? Quant aux enfants qui resteront deux heures de plus à l’école, feront-ils le plein de « fondamentaux » pendant que les autres profiteront de l’offre familiale ou associative d’activités culturelles ?   

Questionner, rechercher, tâtonner, comprendre, réinvestir, confronter ce n’est plus l’air du temps !

Ce sont des pratiques dangereuses, des restes de l’Héritage de 68 qu’il faut définitivement enterrer  ! Comme nous le confirme notre Ministre « L’école primaire doit rester garante de l’idéal républicain : permettre à chaque enfant de devenir, par l’instruction, un citoyen libre et éclairé » 

L’instruction voilà le mot qu’il fallait dire !Si l’éducation rimait avec construction, compréhension, émancipation,  l’instruction elle, rime avec mémorisation, récitation, rédaction. Ce choix de  terminologie à l’ancienne est cohérent avec la teneur rétro des programmes  en relevant particulièrement ceux d’histoire et de géographie qui se cantonnent au territoire national. 

Et naturellement  l’éducation civique se métamorphose en instruction civique et morale.

Dès le CP, on vise en premier l’obéissance, les réflexes du bon écolier : se lever quand un adulte entre dans la classe ou quand il entend la Marseillaise, les formules de politesse, le vouvoiement et les « maximes illustrées » de morale. « Coopérer à la vie de la classe », se réduit à effectuer les services de distribution et de rangement, on est loin de la coopération et de la vie de classe !

Au Cycle 3, sur le registre de la transmission, de l’injonction parfois seront étudiés aussi bien la règle de droit, que les différentes règles de politesse, de sécurité, les préventions des risques, les dangers,  les refus de discrimination, que l’étude des institutions françaises et européennes. Quelques bons manuels devraient suffire !

On ne construit pas, on ne pratique pas, on ne participe pas, on décrit, on apprend, on récite pour avoir de bonnes notes.

C’est ça la réussite scolaire  ?

Catherine Chabrun

22 février 2008

Retrouvez sur ( le site ) aux côtés de celui-ci, d’autres textes d’analyse.

 

3/ Et maintenant…ma petite touche « bleu primaire » à découvrir sur le site  (d’Infobourg France).

Sans oublier de (re)lire l’article du 15 mars sur le sujet: (« hier un niveau scolaire plus élevé? »).

 

ET VOUS?

VOS COMMENTAIRES?

VOS POINTS DE VUE?

VOS REACTIONS?




Un autre regard sur l’école

22 03 2008

Une idée intéressante…à explorer, à développer sur le thème de l’EDUCATION.

Et si nous échangions nos regards sur l’école, juste pour voir?

Et si nous unissions nos meilleurs « Déjà vu » en classe pour les partager?

Et si nous publiions nos « Plus jamais ça » à l’école pour ne pas oublier?

Et si nos cours de récré s’ouvraient sur le monde pour laisser la culture voyager ?

Et si nous regardions comment d’autres vivent le mot « Apprendre », juste pour mieux comprendre?

L’enfant, où qu’il soit, d’où qu’il viennent ne mérite-t-il pas aussi un regard neuf?

Imaginons, dans cet esprit, "Le grand Rendez-vous vidéo" sur le thème de l'école...des milliers d'images rassemblées pour construire un nouveau regard sur l'école.C'est possible.

Qu'en pensez-vous?

Qui est prêt à se lancer dans l'aventure?

Qui commence?

Toi? Vous? Eux?

NOUS?

Envoyez-moi vos idées, vos archives, vos documents et vos projets dans ma "Boîte à textes", sur le côté droit de ma barre d'accueil transversale ou en me laissant juste un commentaire ci-dessous. La première marche n'est pas si haute à gravir...Pensez-y et franchissons ensemble les frontières de nos écoles.

Parce que nos (vos) enfants le valent bien...




Ce que d’autres ont dit…(suite)

19 03 2008

3° sur la réalité du métier : 

« De même que la pédagogie nouvelle est fondée sur cette pensée qu’il importe bien plus de faire trouver à l’enfant le principe ou la règle que de les lui donner tout faits, de même, Messieurs, l’administration de l’instruction publique, telle que je la comprends, doit s’occuper essentiellement de susciter l’énergie des maîtres et mettre partout en jeu leur initiative et leur responsabilité. » Jules Ferry, Réunion annuelle des sociétés savantes, Pâques 1880. 

« Quoique vous fassiez, vous ferez mal. » Sigmund Freud (1856-1939

« Qui ne continue pas à apprendre est indigne d’enseigner » Gaston Bachelard (1884-1962) 

«  L’esprit original n’est pas celui qui découvre une chose nouvelle ; mais celui qui aperçoit et fait voir sous un aspect nouveau une chose vue et connue de tous. » Nietzsche (1844-1900) 

« La fièvre, la toux, les vomissements sont pour le médecin ce que le sourire, la larme, les joues rouges sont pour l’éducateur. Il n’y a pas de symptômes sans signification. Il faut tout noter et tout soumettre à la réflexion, rejeter ce qui est dû au hasard, lier ce qui est similaire, chercher des lois fondamentales…chercher ce qui manque à l’enfant, ce qu’il a en trop, ce qu’il exige, ce qu’il peut donner…l’école est un terrain d’analyse, une clinique d’éducation. »  Janusz Korczak (1878-1942) « Les moments  pédagogiques»  

«S’il est librement choisi, tout métier devient source de joies particulières, en tant qu’il permet de tirer profit de penchants affectifs et d’énergies instinctives.» Sigmund Freud (1856-1939) 

« La pédagogie traditionnelle suppose un auditoire homogène…heureusement cette classe homogène n’existe que dans l’imaginaire des pédagogue et des politiciens…Chacun connaît la réalité : égaux en droit, les enfants comme les hommes sont différents et, dans chaque classe les forts sont dits bons et satisfaisants, les faibles sont des mauvais, insatisfaisants, insatisfaits, débiles, caractériels : inadaptés scolaires »  Fernand Oury (1920-1998)             

« Il faut se garder de chercher dans les différentes doctrines pédagogiques des solutions toutes faites qui pourraient, telle quelles, s’appliquer aujourd’hui…Le pédagogue est un inquiet, non par faiblesse ou par manque de repères, mais parce qu’il s’obstine à regarder en face des réalités souvent difficiles. Parce qu’il ne veut pas renoncer à sa passion de transmettre, mais qu’il ne veut pas non plus enseigner au forceps. » Philippe Meirieu

« La pédagogie est l’ensemble des principes, des démarches, des méthodes, des techniques et des procédés visant à faciliter l’acquisition et l’intégration d’une connaissance (déclarative, procédurale, expérientielle) ou d’un domaine de connaissance. » Georges Adamczewski, 2006 

4° sur le devoir et l’urgence d’éduquer: 

«Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans.» Socrate (470-399 Av JC) 

«L’homme naquit pour travailler, comme l’oiseau pour voler.» 

« Ignorance est mère de tous les vices » François Rabelais (1495-1553)                          

« Hé, mon ami, tire-moi de danger Tu feras après ta harangue. » Jean de La Fontaine (1621-1695) « L’enfant et le maître d’école.»            

« Si l’on se relâche tantôt en une chose, tantôt en une autre, pour petite que  soi  la chose, à la fin, tout est corrompu. »  Vauvenargues (17151747)                             

« Il nous faut tous les jours entendre un peu de musique, lire quelques bonnes poésies, regarder un excellent tableau, et, si l’occasion s’en présente, dire aussi quelques paroles réfléchies ; sinon nous tombons bien vite  dans la vulgarité à laquelle nous sommes si aisément enclins. Notre faculté de comprendre le beau et d’y être sensible s’émousse si facilement qu’il nous faut la défendre et la conserver par tous les moyens » Goethe (1749-1832)  

« Les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont comme point de départ un respect profond du passé. Tout ce que nous faisons, tout ce que nous sommes est l’aboutissement d’un travail séculaire. » Ernest Renan (1823-1892

« Ma prétention est de vous montrer que l’égalité d’éducation n’est pas une utopie ; que c’est un principe, qu’en droit elle est incontournable et qu’en pratique cette utopie apparente est dans l’ordre des choses possibles »  

«  Je me suis fait un serment : entre toutes les nécessités du temps présent, entre tous les problèmes, j’en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j’ai d’intelligence, tout ce que j’ai d’âme, de cœur, de puissance physique et morale, c’est le problème de l’éducation du peuple ». Jules Ferry (1832-1893)  

« Ne tardez pas à vous occuper des jeunes, sinon ils ne vont pas tarder à s’occuper de vous ! » Don Bosco (1815-1888) discours de 1883 

«Les stimulant les plus fort pour l’édification de l’âme humaine émanent de la toute première enfance.» Alfred Adler (1870-1937)                                                                                                                                                       

« Tout ce que vous avez pu recevoir de plus que les autres : santé, talent, enfance heureuse, condition de vie familiale harmonieuse, relations, vous ne devez rien prendre pour vous comme un bien qui va de soi ; c’est une chance dont vous devez faire profiter les autres » Albert Schweitzer (1875-1965)                                                                                                                                 

«Un enfant n’a jamais les parents dont il rêve. Seuls les enfants sans parents ont des parents de rêve.»                     

«Le paradoxe de la condition humaine, c’est qu’on ne peut devenir soi-même que sous l’influence des autres.» Boris Cyrulnik « Les nourritures affectives »            

« En aidant vos enfant, exigez qu’ils s’aident eux-mêmes. La mère oiselle donne la becquée à ses enfants, mais elle leur apprend à voler de leurs propres ailes » Anonyme 

« Apprends-moi à grandir ! » Le petit prince Saint-Exupéry (1900-1944) 

«Les enfants sont les symptômes des parents.» Françoise Dolto (1908-1988)  

Ces paroles d’hier et d’aujourd’hui sont les témoins du temps qui passe. Les jours, les siècles et les millénaires défilent, mais l’homme demeure avec ses doutes, ses interrogations, ses exigences intellectuelles, philosophiques, religieuses, politiques.

Penser ou agir, faut-il choisir ?

A vous de me dire!

Laissez-nous ici-bas vos pensées, celles qui guident vos actes, celles qui inspirent vos actions.

Merci d’enrichir cette petite anthologie perso de vos propres citations, là, en cliquant sur la bulle commentaire


 




Hier, un niveau scolaire plus élevé?

15 03 2008

            Certes. Certains seraient tentés, en toute honnêteté, de l’affirmer. Mais de quel HIER parlons-nous?

Dressons donc ensemble le portrait de cet élève modèle « d’hier », celui qui nous fait tant rêver, qui traverse les âges, dont on ne cesse de vanter les mérites, génération après génération…L’élève d’HIER…

Ah….de mon temps…Je crois entendre parler l’ancêtre Charlemagne, et tous les autres derrière lui, dans un long cortège de litanies psalmodiantes.

En ce temps, là, donc, vivait un jeune enfant…. « élève obéissant, incollable en histoire et géographie (les leçons se limitant à l’étude de la Gaule, au mieux, de la France métropolitaine et d’outre mer) ; irréprochable en calligraphie (de nombreuses heures étant réservées à la seule copie) ; excellent en calculs mathématiques (les quatre opérations étant l’unique champ d’investigation) ; éloquent à l’oral comme à l’écrit (une seule langue, une seule littérature, comme référents linguistiques et humanistes) quant à la culture générale, elle se bornait à la culture commune, c’est-à-dire à une culture franco-française. Il ne s’agit pas de faire un inventaire simplificateur et réducteur des connaissances délivrées par le passé. Il s’agit juste de procéder à un constat objectif. Car si nous voulons comparer le niveau scolaire « d’hier » à celui d’aujourd’hui, n’omettons pas, dans notre analyse, d’y insérer la vision particulière du monde, à un moment particulier de notre histoire, et de définir le fameux « HIER » dont on parle. (Unité de lieu, de temps, de personnage, cela vous rappelle quelque chose?)

Depuis Ferry, en passant parla quatrième et cinquième République, le temps s’est écoulé, l’eau est passée sous les ponts, et les repères ont évolué. Le niveau n’est plus le même car le lit de la rivière non seulement s’est élargi, mais il s’est déplacé. Métaphore, j’en conviens, mais qui traduit bien l’essentiel de ce propos.  Il faut le rappeler, l’exigence d’HIER ne connaissait ni la mondialisation, ni la massification, ni la pluri culturalité. Elle pouvait donc se prévaloir d’une orthographe irréprochable et d’une grammaire compréhensible. Chaque élève parlait français puisque tous les élèves étaient français. Il n’est pas ici question de reporter la faute sur quiconque, mais juste de prendre conscience d’une réalité que certains semblent oublier ou ignorer.  Le niveau pouvait être plus élevé puisqu’il ne prenait en compte ni les élèves étrangers (il y en avait très peu), ni les enfants « différents » qu’on laissait naturellement en marge, silencieux, résignés, inexistants au regard de la société ; tous ces élèves peuvent au XXIème, dans notre, votre et leur école, exprimer leur existence et leur droit à l’éducation, quelles que soient leurs handicaps.  

J’ose le proclamer, nos élèves d’aujourd’hui sont plus ouverts au monde que ceux d’hier. Les connaissances* globales offertes par des moyens de communications puissants, divers et variés, ainsi que la démocratisation de l’école l’ont emporté sur le savoir unique et bilatéral du livre et du cahier d’école, auparavant, seuls référents. L’instituteur d’alors, dans une relation verticale et unilatérale avec l’élève, lui apprenait à lire, à compter et livrait sa bonne parole au travers de la «leçon de choses». Les compétences* du jeune enfant n’intervenaient que très peu, et ne lui permettaient en rien de s’autonomiser, c’est à dire de prendre son intelligence en main ; bon exécuteur et parfait répétiteur, voilà le contrat que le maître passait avec son élève. D’une part, le champ d’investigation ne concernait qu’un ensemble de connaissances nettement plus limitées, d’autre part, les aptitudes n’intervenaient en rien dans les évaluations finales ; par voie de conséquences, ces dernières obtenaient fatalement de meilleurs résultats. Et si nous faisions passer le brevet des collèges ou baccalauréat aux générations passées, certes l’orthographe obtiendrait de bien meilleurs résultats, mais et le reste ? ? La culture d’une nation se borne-t-elle à l’orthographe, si incontournable soit-elle ?

L’école de ma rue, de mon quartier, de ma ville, ressemble désormais à un vaste champ culturel, à une peinture du monde, colorée et vivante, à une fenêtre ouverte sur un horizon aux multiples couchers de soleil. Envolée lyrique s’écrieront certains, nouvel enjeu philosophique penseront d’autres. Pour ma part, pour celle de nombreux enseignants, il est question ici de notre réalité quotidienne. Une  multiplicité de visages qui fait notre bonheur et notre malheur tout à la fois. Joies partagées autour de la diversité, difficultés véhiculées par cette même diversité. En ce qui me concerne, je ne vois pas ici un problème majeur insoluble, mais bien l’émergence d’une problématique nouvelle à laquelle il faudra nécessairement réfléchir, sans tabou, sans idéologie, sans nostalgie mais avec prudence, exigence et bienveillance. L’école ne doit ni se résigner à un insupportable nivellement par le bas, ni succomber au réflexes réactionnaires qui conduisent à l’exclusion et au communautarisme.

 C’est pourquoi il faut inévitablement analyseret réévaluer conjointement multiplicité et qualité des enseignements dispensés pour que l’école reste, non seulement un lieu d’ouverture sociale et humaine, mais également un lieu d’apprentissages des connaissances et des savoirs disciplinaires. Un lieu qui dispense, avec une vision pluri dimensionnelle, les éléments précis et définis préalablement. Un lieu qui évalue pour chacun selon une grille commune, les différents acquis. Un lieu de vie, de partage et de progrès. Un lieu où familles et enseignants avancent conjointement. 

Un niveau scolaire plus élevé hier qu’aujourd’hui ? Une meilleure réussite, ici que là-bas ? Un avenir plus ceci ? Des professeurs moins cela ? Le  voilà, notre mal, le mal de la hantise de l’assiette du voisin. La seule réussite, si tenté qu’on puisse la définir, ne suffit déjà plus à dissiper nos peurs phobiques du « moins bien qu’hier », et du « mieux que demain ». Savoir que peut-être le pré d’à est plus vert que le nôtre, que peut-être la fille de telle amie a obtenu un dixième de plus que la nôtre a sa moyenne générale du mois de mars, que peut-être la maîtresse de CP1 donne 15 minutes de plus de travail à la maison que celle du CP2, que peut-être l’avenir  de notre nation se joue dans une cour de récréation, que peut-être, oui, peut être…

Alors, pour affronter l’insupportable incertitude, on dramatise.Pour exorciser l’insurmontable lendemain, on s’agite en tous sens, on dresse, chaque printemps le palmarès des vraies meilleures écoles et des fausses vraies bonnes méthodes. Pourcentages, rubrique par rubrique, tableaux à multiples entrées, courbes de gausse factorisées par années, par siècles, par quartiers, par pays, par continents. Oui le voilà notre mal. L’orgueil, l’envie, l’insatisfaction, le doute permanent. En un mot, l’ego. Un ego sur-dimensionné sans cesse à revaloriser, sans cesse à réévaluer. Alors, on se perd en calculs appliqués, en taux, en algorithmes. Et bien évidemment, à ce petit jeu, on s’aperçoit avec jalousie qu’il y a toujours mieux et on s’indigne avec frénésie, qu’il y a encore pire.

Et si nous apprenions à vivre, ici, là, maintenant. Ici, dans ma classe, là avec mon enfant, maintenant avec mes élèves. Et si nous apprenions à vivre au présent de l’indicatif. Car à ce petit jeu du « mieux hier qu’aujourd’hui », le passé antérieur et le conditionnel présent finiront par engloutir le présent d’incarnation, temps de notre présence, temps de notre respiration, temps de leur existence, temps à vivre avec eux, nos élèves, avec eux, nos enfants. Temps de la connivence et du partage. Le premier temps simple, le présent de l’indicatif .

Ostiane, ni journaliste, ni experte, ni politique, ni de droite, ni de gauche, juste instit’




Nouveaux programmes…

12 03 2008
PETITE REVUE DE PRESSE PERSO LUE DANS INFOBOURG FRANCE6 mars 2008
Consultation du grand public sur les nouveaux programmes de l’école primaire
Communiqué de presse du ministère de l’Éducation nationale
À compter du mercredi 5 mars 2008, sur le site www.education.gouv.fr, le ministère de l’Éducation nationale invite le grand public à s’exprimer jusqu’à la fin du mois de mars sur le projet de nouveaux programmes de l’école primaire.
Plus courts et rédigés de façon à être compris par tous, ces nouveaux programmes, qui respectent la liberté pédagogique de l’enseignant, indiquent les connaissances et compétences que doit acquérir chaque élève à chacune des étapes de sa scolarité. La réorganisation du temps scolaire et la réécriture des programmes sont les grands axes de la réforme de l’école primaire présentée par Xavier Darcos le 20 février dernier.Source : communiqué de presse du ministère de l’Éducation nationale
 
PETITE REPONSE PERSO
9 mars 2008
ostiane mathon, PARIS

De nouveaux programmes…
S’il s’agit de resserrer les mots pour élargir l’esprit. OUI.
S’il s’agit de recentrer les connaissances pour libérer les apprentissages. OUI.
S’il s’agit de concentrer les efforts pour partager le savoir. OUI.
S’il s’agit de flatter l’opinion. NON.

L’école est certes l’affaire de tous, mais tout le monde n’est pas professionnel de l’enseignement.
Qu’on demande l’avis au grand public, soit. Une meilleure coopération des familles et des enseignants semble aujourd’hui nécessaire et incontournable. Mais, après la commission des grands experts et le débat grand public, pourrait-on aussi, un jour, demander l’opinion du maître de terrain? Je ne parle pas des représentants syndicaux, non, des enseignants tout court!
Ostiane Mathon
ET VOUS? Qu’en pensez-vous? La question posée de manière si ouverte ne vous paraît-elle pas suspecte? Les fondamentaux…tout le monde est d’accord…Mais comment les acquérir et avec quels objectifs?Tous les parents souhaitent la réussite de leurs enfants. Tous les enseignants souhaitent la réussite de leurs élèves. Mais soyons honnêtes, que recherchons-nous avant tout? L’accomplissement de nos propres réussites éducatives et pédagogiques, ou bien la pleine réalisation de nos élèves-enfants? A cette dernière question, la réponse n’est pas évidente. Je suis mère, je suis enseignante, et entre mes convictions profondes et mes attitudes sociales, je l’avoue, il m’arrive souvent d’affronter mes propres contradictions. La chose n’est pas aussi simple qu’on voudrait nous ou vous le faire croire…(Rien n’est simple en Éducation)L’avenir de l’école ne tient pas dans la seule question des fondamentaux. (Sujet à aborder, il est vrai)  Le devenir de nos enfants ne se jouent pas dans l’arène d’un forum. Ils méritent mieux qu’un vrai faux débat (Car pré-entériné.) Les parents méritent plus qu’un miroir aux alouettes.(Demain, tout ira bien!)

Les enseignants méritent davantage que le mépris, ou peur être plus modérée, disons, la toute puissance des gouvernants (gauche/droite confondues…)

ALORS, QU’EN PENSEZ-VOUS?




Les enfants du Mékong

10 03 2008

Une association qui trouve toute sa place au sein de BLOG BLEU PRIMAIRE

Une bannière sous laquelle de nombreux enfants peuvent trouver refuge, éducation et scolarité.

LES ENFANTS DU MEKONG

Prenez le temps de découvrir cette « entreprise humaine » à vocation humanitaire.

Un don, un parrainage, ou juste un regard, ces enfants sont les enfants du monde, nos enfants. Autant que les nôtres, ils réclament leur droit à la formation, à l’éducation, à la culture, à l’école.

Aidons-les. C’est si simple pour nous, si vital pour eux.

MERCI!





Pétition pour élèves en difficulté.

1 03 2008

Ce matin, dans ma « boîte à textes »,un appel de Caro, enseignante spécialisée dans le 77 en Seine et Marne.

Ces enfants, qu’ils soient les vôtres, les nôtres ou les leurs, ce sont avant tout des enfants, et nos élèves.

Retrouvez-les ici, en cliquant sur ( le Forum )du web pédagogique, j’ai estimé qu’ils méritaient une diffusion massive.

MERCI POUR EUX!




De l’acte violent à l’acte d’écriture.

26 02 2008

Écrire…Oui, mais pour quoi dire? Pour quoi faire?

Écrire pour désamorcer.

Écrire pour se distancer.

Écrire pour se recentrer.

Écrire pour exister.

Écrire.

De l’acte violent à l’acte d’écriture, la voie est possible, le chemin initiatique et le résultat accessible.

Un monde sans violence est une illusion de monde.

La violence a toujours existé, elle existera toujours. Vouloir l’éteindre n’aboutirait qu’à en rallumer plus ardemment la flamme.

La (les) question(s), il me semble, se trouve(nt) ailleurs…

Que faire de cette violence?

Comment vivre avec cette violence?

Comment la rendre acceptable?

Peut-on partager cette violence?

Avec qui? Où et comment?

Un possible élément de réponse proposé par ce mini film proposé par le site Curiosphère

La violence réincarnée dans ( l’écriture. )

Ce qui me paraît essentiel dans cette approche, c’est qu’elle permet un processus de réconciliation de l’individu avec ses propres émotions.

« Oui, je ressens cela, j’en ai le droit, je l’exprime avec mes mots pour que l’autre l’entende, pour que l’autre le sache et pour que l’autre me reconnaisse. Oui, j’ai écrit et mon nom est inscrit. Alors maintenant que je suis reconnu comme une personne à part entière qui pense et qui s’exprime dans la cité, dans le quartier, dans l’école, je n’ai plus le droit de faire « le con ».« 

Il n’existe pas de solutions miraculeuses, mais des centaines d’attitudes éducatives, de postures pédagogiques, de compétences individuelles prêtes à accompagner ces jeunes, ces moins jeunes, ces familles, ces quartiers dits trop facilement « à la dérive ». Les regarder s’éloigner, sans rien faire nous rend coupables de « non assistance à personne en danger ».

Ne plus considérer la violence comme un acte fondamentalement illégitime mais tenter de trouver en elle le langage qui lui permettra de lutter contre contre  sa propre explosion.

Cela vaut la peine d’essayer, non?

Des commentaires?

N’hésitez pas, faites-vous violence!

Un peu de courage…

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L’école et la Shoah (bis)

20 02 2008

Cette semaine, dans ma « boîte à textes », la contribution d’un visiteur avisé, clair et éclairant.

Je laisse donc la parole à Greg, qui fait suite à mon article (L’école et la Shoah I ) et à l’intervention d’Emmanuelle Mignon, chef de Cabinet du Président, dimanche 17 dans le JDD )

« Ce que je pense, c’est qu’EM fait un amalgame désastreux entre racisme au sens large et antisémitisme. Utiliser la Shoah comme rempart psychologique contre le racisme (c’est l’objectif qu’elle affiche) entraîne deux conséquences paradoxales : elle dévalorise la cause de la Shoah et elle affranchit les actes de racisme qui ne relèvent pas de l’antisémitisme.

La Shoah est trop inconcevable pour être résolue par une mise en scène à l’école (c’est ce que tu dénonces dans ton article l’école et la Shoa, comme la procuration donnée au primaire). Elle est trop dure à porter par les enfants, non pas parce que ceux-ci seraient trop faibles ou mal équipés, mais simplement parce que la cause est insupportable. Je soupçonne que c’est ce qui provoque l’indignation de S. Veil. Elle s’attendrit sur les enfants, mais en fait elle revendique que l’on ne banalise pas l’affaire en la « traitant » ou en la « résolvant » en classe.

Madame Veil sait bien que les élèves de ta classe, le vendredi matin, même si tu fonds en larmes, ne seront pas immédiatement foudroyés sur leur chaise. Ils mettront en place les mécanismes leur permettant de survivre. Or c’est précisément cela qui a été impossible pour 6 millions de gens il y a 65 ans : ils ont été anéantis sans aucune raison théoriquement concevable et sans échappatoire possible !

Donc, on le sait bien, on ne peut partager, mesurer, mémoriser une telle horreur sans la vivre soi-même. Il n’y a pas d’explication, pas plus que d’expiation possible, et c’est bien cet état instable qu’il faut maintenir. Surtout vu des juifs.

Et puis, bien sûr, il y a le petit Rwandais. A cela E. Mignon répond qu’il faut distinguer entre conflits politiques et conflits racistes. Comme s’il n’y avait de conflits racistes que la Shoah. Or c’est totalement faux à deux égards : primo, la Shoah n’était pas un conflit guerrier, mais une répression civile ; et secundo les conflits comportent presque tous une composante raciste, même si elle n’est pas tout à fait explicite (Rwanda, Soudan, Serbie, etc. – et même, dans une certaine mesure le terrorisme islamiste anti-occidental).

Donc tout cela est assez confus et très déroutant, je suis bien d’accord avec toi, même si je ne le prends pas par le même bout de la lorgnette. »

Merci Greg. C’est justement ces différences de point de vue qui importent, car elles obligent à la distanciation, et permettent de se décentrer, de quitter l’émotionnel pour appréhender la réflexion par le jugement, c’est à dire la capacité de raisonner à partir du savoir et de la connaissance. Je n’ai rien à rajouter, aujourd’hui, j’écoute, je lis, j’essaye de mieux comprendre. Il y aura certainement un article « ter » sur le sujet. Un sujet qu’il ne faut évidemment pas taire, loin de là, mais qui mérite tellement mieux que la polémique politicienne.

Avis aux amateurs, dans ma « boîte à textes », vous pouvez, vous aussi contribuer aux débats en m’envoyant vos propres textes! Voir la barre transversale située dans la partie haute du blog.




De l’école obligatoire à la réussite obligatoire…

19 02 2008

L’évaluation des enseignants sera donc désormais calculée en fonction de la réussite des élèves…

C’est nouveau, ça vient de sortir! Ce qu’il y a de commode, en ce moment, c’est qu’il ne se passe pas une heure sans que l’actualité ne me fasse cadeau de sujets à traiter! Monsieur le Président, encore vous, je vous suis grée de cette manne que vous m’offrez.

Bien alors donc, peu importe les méthodes pédagogiques, l’essentiel, c’est le résultat. La fin justifie les moyens en quelque sorte. Ca me rapelle quelque chose, pas vous?

Et bien voyez-vous, avec tout le respect que je vous dois, pour ce qui concerne l’éducation, l’instruction, l’enseignement, c’est bien tout le contraire. Et oui, messieurs les experts. La vérité est parfois, souvent, ailleurs…Mais il faut l’avoir pratiqué pour en prendre pleinement conscience…

Le chemin emprunté est tellement plus formateur pour l’enfant apprenant que le résultat obtenu.

(Un peu comme dans une promenade, vous savez, les paysages, les chants des oiseaux, les odeurs, les rencontres, les difficultés, les raccourcis, les surprises…ne sont-ils pas en définitive le coeur de la démarche? Le chemin nous mènera peut-être à Rome, peut-être pas, mais qu’il est beau ce chemin! Selon qu’il fasse soleil, ou bien qu’il pleuve, il n’est jamais pareil. Chaque heure, une lumière différente, chaque minute, un regard particulier).

 Mais je m’égare.

Oui, la relation pédagogique entre l’enseignant et son élève est autrement plus libératrice que le seul verdict du livret scolaire. Et cette relation est le fruit d’un long travail, quotidien et sans relâche. Une relation fragile, toujours sous tension. Une relation fondée sur l’exigence et la bienveillance. Une relation qui puise son fondement dans la nécessité absolue de faire grandir l’élève par le savoir mais qui trouve aussi ses propres limites dans l’acceptation par l’enseignant de la liberté de l’élève d’accepter ou non cette relation. Vous me suivez?

Les détours pédagogiques se révèlent autant de conditions d’autonomisation qui permettront, dans la durée, ( et oui…le temps…) à l’élève, à l’enfant, au petit d’homme de se construire en fonction des aptitudes et des compétences qui sont en lui et que l’école doit révéler. Oui, cela, c’est mon devoir. J’ai l’obbligation d’aider mon élève à se connaître et à connaître le monde. Je n’ai ni le droit, ni le pouvoir de lui imposer le monde. Quel monde? Le mien? Le vôtre? Celui qu’on a décidé pour lui ou celui qu’il va tenter de dessiner, avec sa palette, avec ses crayons, ses couleurs. A cela, je l’y aiderai. Farouchement. Obstinément. Avec exigence et bienveillance. (Toujours et encore). Oui, je l’aiderai à touver sa place, ou mieux, à la fabriquer. Je ne sais pas à quoi ressemblera sa vie, son destin. Je ne sais pas quel sera son avenir, ni le niveau de salaire qu’il touchera. je ne sais pas s’il sera heureux ou malheureux. Et vous, le savez-vous? Si oui, surtout, ne me dites rien. Je ne veux pas savoir.

La réussite obligatoire.

Je ne suis pas d’accord.

Et puis quelle réussite? (Cliquez ici pour lire mon article « Attali, le nouvel Attila »)

Et l’imbécile heureux, alors, n’a-t-il pas sa place à l’école?

Et Juliette la simplette, faut-il la radier de la classe?

Et Edouard le « cossard », est-il inapte à la société?

A 8 ans, l’école, c’est important. Mais la vie, la confiance, le droit à l’erreur, c’est tellement plus nécessaire. Tellement plus vital.

Alors donc, si je veux être bien notée par mesdames et messieurs les inspecteurs, oui, j’ai intéret à faire le ménage! Allez, oust! Les moins de 8/10, allez voir chez le voisin, ou plus loin, ou nul part si j’y suis. Demain, il y a inspection!

Des résultats, je veux des résultats!

Mais non, Mdam! Nous, on veut rester là, avec vous! Alors, demain, yaka dire qu’on a tous 10/10!

Ah, le petit malin….

Lui, pas de souci, avec ou sans diplôme, il ira loin dans la vie!

Un de sauvé!




L’école et la Shoah I

16 02 2008

« Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l’existence d’un enfant mort dans la Shoah. Rien n’est plus intime que le nom et le prénom d’une personne. Rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui ».

Il faut donc émouvoir.

Il faut donc que nos enfants soient les confidents intimes des douleurs de ce monde.

Il faut donc enseigner l’Histoire par le sentiment.

Mais Monsieur le Président, mes élèves me verront donc pleurer tous les vendredis matin?

Oui, certainement, car sentimentale, je le suis.

Ces enfants de la Shoah, ils sont inscrits dans nos âmes, à tout jamais. La souffrance d’un enfant, qu’il soit d’ici ou de là-bas, est une chose qui est insupportable, qui m’est insupportable et que je ne veux en aucun cas rendre supportable. Alors je continuerai de pleurer. Je le faisais dans l’intimité de ma conscience, je devrai donc l’assumer face à mes élèves. Curieuse situation. Vraiment. Vendredi matin, psychodrame en CM2, c’est inscrit dans les programmes!

Confier le drame d’un génocide à un enfant, lui en faire porter la souffrance ou la culpabilité. L’idée est surprenante, déroutante. Mais une autre question me vient alors, immédiatement. « Et le petit Rwandais, il n’y pas si longtemps…Vous vous souvenez? Qu’a-t-on fait de lui, de sa mémoire? Qui connaît son prénom? Celui de sa petite soeur? Du bébé à peine sevré? A quoi jouait-il lorsque les machettes lui ont tranché la tête? Et vous tous, les politiciens donneurs de leçons d’Histoire, à quoi étiez-vous occupés lorsque la maman de Bamgy se faisait violée sous ses yeux? »

Pourquoi avoir choisi un peuple plutôt qu’un autre? Ne sommes-nous pas tout autant responsables du drame de David comme de celui de Djumbé?

La loi du silence, sans doute, entretenue par des lois invisibles, par d’indicibles secrets.

Et les enfants serbes? Et tous les autres? Oui, tous les autres…

Enfin, Monsieur le Président, je terminerai par cette dernière question « Est-ce donc à l’école primaire, encore elle, de prendre en charge l’irresponsabilité des hommes politiques et de gérer la mauvaise conscience collective? »
 

Vraiment, je m’étonne. Enfin, non, à vrai dire, je ne suis plus étonnée.

Une fois encore, l’école va faire ce que les adultes ne savent plus faire, ou ne veulent plus. C’est tellement plus simple comme ça. On a coché la sale case. On a classé l’innommable dossier. On a donné procuration à l’école pour nous débarrasser d’un malaise insurmontable, d’un monstre monstrueusement laid. Mais l’école, Monsieur le Président, elle en crève de la douleur du monde!

Confier à nos enfants ce que l’humanité a produit de plus nauséabond, je ne trouve pas cela très honnête ni pour nos enfants, ni pour nos élèves, ni pour Samuel ni pour Zawan.

Voilà, ce n’est que la parole d’une instit’. Et vous êtes le Président.

Mais si les mots d’une enseignante ne pèsent pas lourd, écoutez ceux d’une ancienne déportée, d’une femme qui n’était alors qu’une toute jeune fille au doux prénom de Simone.

« C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste, tranche l’ancien ministre, déportée à 16 ans et demi à Auschwitz. On ne peut pas infliger cela à des petits de dix ans! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent -très bien- de ces sujets à l’école. » Simone Veil

Merci Madame, merci Simone.

Je vous invite également à partager, sur cette question, les réflexions et analyses d’Hugo Billard, professeur d’Histoire Géographie à Meaux. ( Voir son site. ) « Le jardin des retours »




UNE HISTOIRE DE ZEP

8 02 2008

              ZONE D’EDUCATION PRIORITAIRE…

Zone…quel drôle de nom. Zone franche ou Zone interdite ? Zone à risques ou Zone infranchissable.  Zone, Zoneur, zoner. Vraiment, quel nom curieux. Pourquoi pas Zona. Zona Sida. Zona Paria. Paranoïa. Digression mentale, vertige des mots, maladie d’amour.

 Et pourtant, savez-vous qui j’ai vu là-bas ?  J’y ai aperçu Paul Eluard, il se promenait entre deux tours jumelles ; j’y ai croisé Marcel Proust, infatigable, à la recherche d’une rose de bitume ; et Boris Vian aussi, allongé sur un banc, juste là, là où coule la Seine ; j’y ai entendu Pierre Perret qui chantonnait, insolent, à la barbe de Charlemagne, les cancreries de Monsieur Prévert ; et Molière encore, récitant le loup et l’agneau sur les quais de la Marne ; j’y ai surpris Mozart apprenant le Rapp et le Slam sur la Grande Place Victor Hugo, au carrefour Marivaux. Et tant d’autres encore.

Oui, ils sont bien là. Ils sont tous là, fantômes évanescents, en quête de passeurs, de transmetteurs, de télécopieurs. A l’affût d’un cartable où se glisser, d’une main d’écolier à qui se raccrocher.  On peut lire sur leurs lèvres, et discerner le murmure de leurs voix : 

Où cultive-t-on les jolis textes ? Où dessine-t-on les palais à l’imparfait ? Où la musique cache-t-elle ses partitions ? L’école, où est l’école, la petite école, avec sa petite cour et ses marronniers, avec ses petits élèves et ses grands espoirs? Cherche école désespérément. Cherche culture obstinément.

                      Cherche lien social opiniâtrement

Cliquer avant d’entrer: (  Une école, des écoles )

 

                                       Et si nous réformions nos esprits…

                              Sans vendre notre âme

                 Sans renier qui nous sommes

Juste en reliant les hommes