Discipline, connaissance et conscience

19 03 2011

Carême pédagogique

Jour 10

Pensée 10

Autour du mot discipline

  • « La discipline purement répressive n’a pas droit de cité dans nos maisons d’éducation. La discipline libérale cherche, au contraire, à améliorer l’enfant plutôt qu’à le contenir, à la gagner plutôt qu’à le soumettre. Elle veut toucher le fond, la conscience, et obtenir non cette tranquillité de surface qui ne dure pas mais l’ordre intérieur, c’est-à-dire le consentement de l’enfant à une règle reconnue nécessaire, elle veut lui apprendre à se gouverner lui-même. Pour cela, elle lui accorde quelque crédit, fait appel à sa bonne volonté plutôt qu’à la peur du châtiment, elle conseille, avertit, réprimande plutôt qu’elle ne punit. » Extrait d’un texte officiel, circulaire du 15 juiller 1890
  • « La discipline nouvelle, que nous nous garderons bien d’appeler discipline libérale ou même discipline par la liberté, est basée sur la connaissance des besoins et des désirs des enfants, ainsi que sur cette affirmation de la pédagogie moderne que l’éducation ne peut être exclusivement extérieure mais élévation intérieure des individus eux-mêmes ». Freinet, 1928
  • « L’éducation est devenue l’une des questions devant lesquelles les sociétés démocratiques trébuchent, ne sachant comment conjuguer la nécessaire dénivellation impliquée par le rapport pédagogique et l’exigence postulée par le fait démocratique. Si l’enfant l’égal des adultes qui l’élèvent et l’éduquent, il est cet être paradoxal qui a besoin d’eux pour devenir ce qu’il est. » Alain Renaut, La libération des enfants, 2002

Qu’en est-il aujourd’hui?

Les piliers 6 et 7 du socle commun-texte de Loi de 2005 , faut-il le rappeler invitent les enseignants à construire et développer chez les élèves leurs compétences sociales et civiques, leur esprit d’initiative et l’accès à leur l’autonomie; compétences transversales propices à ce travail d’ordre intérieur en étroite relation avec les règles nécessaires à la survie de cette mini-organisation apprenante et démocratique qu’est la classe. Une condition néanmoins: mettre en place de véritables situations d’apprentissages qui font sens pour l’enfant comme pour l’adulte (oui, ça me semble important également) et permettront ainsi la mobilisation d‘attitudes et de connaissances transférables d’un contexte à un autre. Sinon, à quoi bon?

A débattre et à


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Rentrée 2009, J-5

29 08 2009

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En image, ce matin, un petit rappel du texte de LOI de 2005

Les 7 piliers du SOCLE COMMUN

En cliquant sur chacune des feuilles ci-dessous,  une fenêtre s’ouvrira et vous proposera différents types de ressources en ligne glanées ici ou là sur la toile: activités, textes de réflexion,  outils pédagogiques, des clins d’œil humoristiques.

Le numérique, c’est magique!

1 http://johan.lemarchand.free.fr/cliparts/nature/feuille1.gifMaîtrise de la langue française

2 http://johan.lemarchand.free.fr/cliparts/feuilles/erable.gifPratique d’une langue étrangère

3 http://johan.lemarchand.free.fr/cliparts/feuilles/erablejaponais.gifPrincipaux éléments de mathématiques et maîtrise d’une culture scientifique

4http://johan.lemarchand.free.fr/cliparts/feuilles/chene.gif Culture humaniste

5 http://johan.lemarchand.free.fr/cliparts/fleurs/myosotis.gif Maîtrise des TUIC

6http://johan.lemarchand.free.fr/cliparts/nature/feuille2.gif Compétences sociales et civiques

7 http://johan.lemarchand.free.fr/cliparts/feuilles/grandefeuille.gifAutonomie et acquisition de l’esprit d’initiative


Fertiliser

Semer

Planter

Entretenir


http://ep.inrp.fr/EP/actualites/image/socle-commun.jpg/image

ep.inrp.fr/…/image/socle-commun.jpg/image





BIBLIO-Blog et B2i en mode heuristique

23 02 2009

Nouvellement initiée au « Mind mapping », j’ai tenté l’expérience heuristique…

Conformément au texte du « référentiel de l’enseignant », l’innovation et la formation continue font partie intégrante des différentes dimensions professionnelles du métier.

Partant de là, j’ai dressé un premier bilan. Quels sont aujourd’hui mes points d’appui, ceux sur lesquels je peux « me reposer »? Et quels sont mes besoins, ceux qui demandent à être améliorer? Graves et délicates questions…Mais tellement nécessaires après 19 ans de pratique du métier! Ne jamais s’endormir sur ses acquis, mais plutôt s’en servir pour continuer d’avancer plus léger…

Une fois ce premier travail introspectif effectué, j’ai constaté, à côté d’un certain nombre de points positifs (ouf!), l’émergence flagrante de deux défis (aïe!)….Le premier consiste à mieux prendre en compte la diversité de mes élèves et le second à penser autrement leur évaluation.

A partir cet état des lieux personnel et professionnel, j’ai voulu intégrer la lecture de deux autres textes aujourd’hui complémentaires et incontournables; d’une part celui du « socle commun des connaissances et des compétences » exigibles en fin de cycle 3, et d’autre part celui des « nouveaux programmes 2008 »...L’affaire n’était pas simple, vous pouvez l’imaginer…Mais, motivée par mes deux défis et par l’implication et l’adhésion de mes chers petits élèves, j’ai fini par synthétiser l’ensemble de ces 3 textes autour d’un projet concret et vivant, j’ai nommé notre BIBLIO-Blog!

Voici donc sous forme de carte mentale une possible formalisation d’un projet de classe situé au carrefour du lire/dire/écrire/ utilisant comme outil principal les nouvelles technologies internet de communication appelées communément TIC.

Les limites techniques imposées par mon blog ne permettant malheureusement pas de diffuser cette carte mentale sous sa forme première, progressive et interactive, j’ai jugé utile de vous en donner les deux étapes essentielles numérisées sous un format pdf.

Une première étape d’élaboration du cadre général de cette carte sous sa présentation « pliée » en suivant ce premier lien, juste ici

Puis, si vous souhaitez pénétrer dans chacun des 7 nuages qui correspondent aux 7 piliers du socle commun, il vous suffit de cliquer sur la formule magique ci-dessous en fin d’article.

Vous aurez alors accès à notre projet BIBLIO-blog et B2i en carte heuristique « dépliée » et aurez une vision à la fois globale et affinée des différents contenus déclinés selon les nouvelles exigences des programmes 2008.

…Enfin si tout fonctionne…

Dernier point non négligeable…pour en faciliter la lecture, et en fonction de vos performances visuelles, vous avez accès à un effet loupe plus ou moins grossissant!

Un essai pour voir?

…Barbatruc!

Je ne terminerai pas ce post sans remercier Marie qui, sans qu’elle le sache, mais par la qualité informative de son blog m’a permis de me lancer dans l’usage des cartes mentales.

Alors,si vous ne connaissez pas « Lettres et Cartes Heuristiques » c’est le moment de vous y promener!




Le jardinier pédagogue (Intro Bis)

8 09 2008

Ce n’est pas en tirant sur la queue d’un têtard

qu’on le fait devenir grenouille plus vite.

Édouard Claparède (1873-1940)

 

 

L’échec scolaire est un problème qui préoccupe grandement les sociétés dites développées. Alors que toutes les conditions de réussite dont les enseignants rêvaient naguère sont apparemment réalisées, un grand nombre d’enfants fréquentent l’école à reculons “parce qu’il le faut bien” et un nombre considérable d’élèves ne profitent que peu ou pas du tout des cours qui leur sont dispensés. En France, on parle de 150 000 (1) laissés-pour-compte, qui sortent du cursus scolaire en sachant à peine parler, lire et écrire, ou même penser de façon rationnelle, ce qui provoque des difficultés humaines et des coûts sociaux exorbitants. D’autre part, beaucoup d’enfants de milieux dits privilégiés se réfugient dans une bulle de gadgets technologiques ou de “paradis” dangereux, et sabotent leur cursus scolaire.

 

L’État et la société civile ont mis en place des dispositifs innombrables pour tenter d’améliorer cette situation déplorable, mais les succès sont minces selon l’estimation des adultes engagés dans ces actions. La stratégie des structures de “remédiation” consiste le plus souvent à permettre aux enfants de bénéficier de structures allégées – fort onéreuses, au demeurant – et à tenter de leur faire absorber le programme scolaire de leur niveau d’âge. Mais ont-ils réellement les compétences nécessaires pour absorber cette potion ? Des officines à but lucratif se sont ruées sur le fromage de l’aide aux élèves en difficulté, mais leurs préoccupations clairement financières ne concernent pas le problème. On peut imaginer que leur objectif de départ fut louable, mais le fait d’être lucratives pour l’investisseur les a rendues inabordables pour un grand nombre.

 

Ce sont les familles les plus nanties, qui, persuadées que pour réussir il faut savoir avant l’école et plus qu’à l’école, se sont appropriées ces officines. En vacances, combien d’enfants au parcours irréprochable, scolarisés dans des écoles de renommée, se voient inscrits d’office dans des stages non pas de remise à niveau, mais d’anticipation sur le niveau à venir ! Ainsi, l’écart se creuse : ceux qui sont en difficulté le restent et ceux qui réussissent plutôt bien deviennent excellents ! Les dispositifs de lutte contre l’échec scolaire, qu’ils soient publics, associatifs ou privés, parviennent, à force de contrainte à faire accomplir quelques progrès dans le maniement des savoirs élémentaires, appelé aussi “socle commun”. Mais ces procédures ne me semblent pas adéquates et peu rentables par rapport au capital humain (et financier) engagé. Pour tenter de mieux cerner ce qui explique ce demi, quart ou trois-quarts d’échec du soutien scolaire, je vais utiliser une comparaison avec le monde du jardinage.

 

 Voilà donc un jardinier débutant et peu avisé qui entreprend de cultiver les 2 000 m2 de la maison qu’il vient d’acquérir. En bon rurbain tout neuf, il pense que dame Nature est généreuse et qu’il suffit de lui confier quelques graines arrosées copieusement pour qu’elle donne de beaux fruits et de beaux légumes. Las ! il doit déchanter au mitan de l’été ; il y a belle lurette que ses fraises ont été dévorées par les limaces, ses choux par les piérides, ses pommes de terre ruinées par le mildiou. Les plantes épargnées sont malingres, les petits pois microscopiques, les poireaux étiques et les salades chlorotiques. Notre gaillard se lance alors dans la remédiation. La chimie agroalimentaire lui offre un éventail suffisant de poisons pour qu’il achève les rescapés du désastre.

 

Son erreur ? Ne pas avoir – bien avant de planter ou de semer, – analysé son sol, désherbé, défoncé le sol, bêché, biné, râtelé, fumé, éliminé les vers blancs et autres voraces, introduit des antiparasites naturels, installé un réseau commode d’irrigation.

 

Il me semble que notre école commet le même type d’erreurs, avec la complicité involontaire des parents et celle plus déterminée de certains médecins et des géants de l’industrie pharmaceutique (2). On veut « forcer le légume » sans trop se préoccuper du terrain. On saute les étapes, on oublie totalement les exigences d’un développement naturel et harmonieux. On fait appel à la science et à la technologie pour réparer les dégâts, en pensant que ce sont des remèdes-miracles : fatale illusion qui masque les vrais problèmes. Moins l’enfant absorbe, plus on tente de le gaver. On ne perçoit pas les erreurs qui le détraquent. On néglige le désarroi provoqué par une telle pression psychologique, par une telle exigence de réussite dans des domaines si spécifiques.

 

Les parents et les enseignants de terrain invoquent fréquemment une origine unique à l’échec scolaire : les « conditions socioculturelles » que connaissent les enfants et qui expliqueraient à elles seules les inégalités constatées. Ces paramètres sociaux donnent l’impression de relever d’un domaine qui échappe à l’école et la tentation est forte d’en prendre acte et d’effectuer un tri social en contradiction complète avec les objectifs que devrait se donner l’école : offrir des chances égales de réussite à tous les enfants. Cela évite de procéder à une analyse plus précise des causes de l’échec, analyse qui permettrait de pratiquer la prévention nécessaire.

 

Je vais tenter, dans les lignes qui suivent, de pointer quelques insuffisances et proposer, quand cela est en mon pouvoir, quelques pistes susceptibles d’améliorer la situation. Brièvement, car mon propos n’est pas d’écrire un ouvrage qui se voudrait exhaustif. J’aborderai quelques domaines – et il en existe d’autres – dans lesquels j’ai pu noter des oublis ou des carences causant de grands dommages. Je proposerai de travailler dans ces domaines pour aider les enfants à surmonter leurs difficultés, et je suggérerai quelques pratiques issues de mon expérience.

  

La première partie évoquera la socialisation, la transmission, l’acquisition des habitus sociaux, et aussi les valeurs qui nous permettent de vivre harmonieusement avec nos semblables. Je parlerai ensuite des insuffisances linguistiques, obstacle essentiel auquel j’ai consacré un ouvrage (3) ; ce livre aborde aussi d’autres domaines qui seront évoqués ici. Une troisième partie sera consacrée à la construction des notions liées au temps et à l’espace, ces repères qui sont indispensables à tout projet d’apprendre, de faire ou de vivre. Dans une quatrième partie, je tenterai de pointer ce qui est nécessaire pour entrer dans le domaine des sciences : esprit d’observation, connaissance du milieu, accession à l’abstraction, compétences de classement et de hiérarchisation, et aussi capacité d’émerveillement, curiosité, acquisition des démarches scientifiques. Une cinquième partie parlera du monde de la technique. Viendra alors l’étude des domaines artistiques : la musique avec ses rythmes et ses mélodies, les arts graphiques qui enseignent la composition, l’harmonie des formes et des couleurs, la joie du beau (4). La dernière partie sera consacrée à tous les problèmes liés au développement corporel : alimentation, hygiène de vie, pratique de sports collectifs et d’activités sportives douces permettant de s’épanouir dans le plaisir du corps découvert.

 

Christian Montelle,

Ornans, Août 2008

Diffusion libre

                                     A SUIVRE…

 

 

 


(1)  Chiffre à prendre avec des pincettes car il a été utilisé de façon polémique. Lancé durant la campagne présidentielle de 2007, il demande à être précisé. Mais 10 000 enfants sans avenir représentent déjà un scandale.

(2) Voir par exemple L.H. Diller, Coca-Cola, MacDonald’s et Ritaline : http://www.google.fr/search?hl=fr&q=diller+ritaline&btnG=Recherche+Google&meta=

(3) Christian Montelle, La parole contre l’échec scolaire, La haute langue orale, l’Harmattan, Paris, 2005

(4) A thing of beauty is a joy for ever, John KeatsEndymion. “Rencontrer la beauté nous emplit d’une joie éternelle.” à condition que nous sachions la reconnaître, bien sûr !