Des mots, des phrases, du sens

18 10 2009

borborygme

tohu-bohu

cacophonie

tintouin

brouhaha

tintinnabuler

charivari

tintamarre

Drôles de mots me direz-vous! C’est que les enfants raffolent des drôles de mots! Des mots qui grattent la langue ou chatouillent l’oreille; des syllabes qui grincent, chantent ou hoquettent; des sons qui dérapent ou s’entrechoquent; des  mots pleins les oreilles et plein la tête…

Consigne: voici une liste de mots. A vous d’écrire une phrase où vous en utiliserez au moins 5 . Peu importe le sens véritable du mot, le but étant de jouer à créer du sens à la manière du langage des schtroumpfs.

http://www.gifsmaniac.com/gifs-animes/ecole/crayon/ecole-crayon-15.gif

Exemple: Monsieur Tohu-Bohu a retrouvé sa cacophonie au fond d’un tintamarre qui tintinnabulait sur le charivari de son borborygme.

A vous!

http://www.maxi-gif.com/gif-anime/ecole/ecole-crayon-00014.gif




B comme…

24 09 2009

Voici notre mot du jour:

« barbacole »

A vous de jouer…postez votre définition dans la boîte à commentaires…

Top chrono!

A vos dicos!

http://clippss.free.fr/livre/1%20(2).gif




1 mot, des mots

24 01 2009

Nouvelle rubrique: « un jour, un mot »

parce qu’il est bon de jouer avec les mots

parce qu’il est important de ne pas prendre un mot pour un autre

parce qu’il est désagréable d’avoir un mot sur le bout de la langue

parce qu’il ne faut pas toujours prendre un mot au pied de la lettre

parce qu’il est utile de posséder des mots pour soigner les maux

parce qu’il existe toujours un bon mot pour sourire

parce que mot à mot et mot pour mot n’ont pas le même sens

Le mot du jour….à la lettre « C »

« CAGOU »

A vos dicos! A vos commentaires! Top chrono!


LE GAGNANT DU JOUR EST SAMY!

Pour toi, une photo

Source




Du figuratif au figuré…

21 01 2009


A/

B/

C/

D/

E/

F/

G/

H/

La consigne est simple:

Retrouvez l’expression qui se cache derrière chacune des illustrations proposées et en donner le sens, la signification.




Le jardinier pédagogue (Chap 2)

15 09 2008

                                    LA FRACTURE LINGUISTIQUE

« Les limites de mon langage signi?ent les limites de mon propre monde. »

Ludwig Wittgenstein (Tractatus logico-philosophicus,1918)

Je vous demande de bien vous pénétrer de ce que signifie cette citation de Wittgenstein et d’envisager les conséquences qu’elle induit sur le plan pédagogique :

Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde.

Autrement dit, je ne peux connaître de façon intellectuelle que ce que je peux nommer (7). De façon intellectuelle, c’est-à-dire non pas dans un contact sensoriel ou seulement émotionnel avec tel ou tel objet de connaissance, mais en ayant dans mes réserves linguistiques son représentant oral et/ou écrit dans ma langue : le mot qui le désigne en français. Ainsi, je rencontre le mot « vanel ». Le signe linguistique étant arbitraire, ce substantif ne peut me « parler », me révéler son sens. Le contexte va commencer à m’éclairer : « La truite s’emmêla dans le vanel qui barrait la rivière. »  Je suppute – à raison – que le vanel est une sorte de filet placé en barrage. Mais il serait miraculeux que le mot soit aussi facilement engrangé dans mes neurones. Il faudra d’autres rencontres pour que le sens de « filet fixe à nappe simple employé pour la pêche des truites » soit validé et enregistré. Si je connais l’acteur Charles Vanel, cela m’aidera peut-être à mieux me souvenir de ce mot. Après de nombreuses auditions ou lectures, le mot « vanel » sera disponible et utilisable dans mes propres interventions orales ou écrites. Il fera partie de mon vocabulaire actif, utilisable, le vocabulaire passif étant celui que je comprends à peu près dans un contexte.

Les noms propres, les structures syntaxiques, les tours stylistiques doivent aussi être entendus ou lus de nombreuses fois pour être compris, retenus et utilisés. Ce n’est pas en regardant TF1 que les milliers de mots qui sont les briques de la culture vont être donnés à l’enfant. Ce sont d’abord les proches qui vont remplir son réservoir de langue, l’aider à constituer ses « stocks sémantiques » ;  l’école continuera ce nourrissage, si elle se donne ce but en priorité. Ensuite, la lecture d’ouvrages littéraires et scientifiques lui servira de source linguistique pendant toute son existence. S’il sait et peut lire !

Le problème se complique par le fait que les mots peuvent avoir de nombreux sens selon le contexte dans lequel ils sont employés. Il faut donc connaître les emplois et les sens des mots et ne pas se contenter d’une vague intuition de ce qu’ils signifient.

Pour donner une idée de l’importance de cette question du lexique, des chercheurs américains estiment de 80 000 à 120 000 le nombre de mots qu’un bon élève de Terminale maîtrise, au moins de façon passive (compréhension). Mots dans le sens que leur donnent les linguistes : va, vas, sont des mots différents ; cure : logement, cure : thérapie aussi. C’est l’ordre de grandeur qui est intéressant car il montre que l’enseignement du lexique devrait être une préoccupation constante et centrale. Dans l’enseignement du français comme dans celui des autres langues, et dans celui des vocabulaires spécialisés : scientifiques, techniques ou artistiques. Un enseignement lexical extrêmement précis avec un contrôle rigoureux de l’acquisition effective dans le vocabulaire actif des enfants. L’accumulation de mots inconnus ou mal compris empêche tout simplement les élèves de comprendre ce qui est écrit dans leurs manuels ou ce que disent leurs professeurs.

C’est dans le domaine de la langue que se produit la première fracture entre les enfants qui ont été nourris d’une langue très riche et ceux qui sont restés sur leur faim. Fracture déterminante pour l’avenir scolaire, fracture que l’école a le devoir de combler, fracture que l’on doit inlassablement tenter de réduire quand un enfant est en échec. Cette fracture s’élargit au fil des ans, car les enfants nantis de langue peuvent lire et augmenter leurs stocks de mots, de structures, de tours stylistiques, de connaissance des contextes alors que les autres ne peuvent pas lire et ne sont alimentés que par de chétives sources orales car ils ne manipulent couramment et avec pertinence que quelques centaines de mots. Des centaines de fois, leur compréhension de ce qu’ils lisent ou de ce que dit le professeur est nulle ou vague. Les énoncés et consignes sont vaguement perçus. Oublis, erreurs, punitions découragent vite ces enfants démunis de langue.

Mais comment donner aux enfants ces outils linguistiques indispensables ? Puisqu’ils ne peuvent pas lire des textes nourrissants, faute de mots pour les comprendre, il faut chercher une autre porte et passer d’abord par l’oreille. Alain Bentolila ou Christian Jacomino proposent de lire des textes littéraires aux enfants, dès la maternelle, afin de les nourrir de riche langue. Je ne suis pas convaincu par cette proposition qui devrait être appliquée plus tard, car la lecture auditive d’un texte littéraire est encore plus difficile à déchiffrer et interpréter que sa lecture visuelle sur papier. On ne peut interrompre le flux oral, revenir en arrière, poser des questions. Les enfants démunis auront de grandes difficultés à faire leur miel de cette pratique, à moins de choisir des textes très pauvres, ce qui rend l’exercice peu utile.

Depuis la nuit des temps, il existe quatre autres supports, autrement efficaces, pour transmettre ce que je nomme la « haute langue orale » aux enfants : les textes de la tradition orale, la poésie, le théâtre, les chansons. Ces textes, redits ou chantés par les enfants, induisent une rétention remarquable des contenus linguistiques, culturels, symboliques qu’ils portent. Ils doivent être réitérés pour être efficaces, donc répétés soit par l’enfant, soit par l’adulte.

Les textes de la tradition orale sont très riches de langue, de grammaire, de figures stylistiques et de symboles. Leur caractère polysémique appelle l’interprétation qui laisse la liberté à chacun d’en tirer ce qu’il veut. La capacité d’interprétation est une des compétences indispensables (8) pour des lectures intelligentes et c’est l’une de celles qui manquent le plus cruellement. Souvent, le médiocre auditeur ou lecteur récupère un mot ou deux et transforme complètement le propos émis. Loin de l’interprétation, on est en pleine incompréhension ce qui provoque des conflits constants.

Le corpus de ces textes de l’orature comprend : les proverbes, les dictons, les devinettes, les contes, les légendes, les épopées, les mythes, les chansons. Chacun de ces textes possède une fonction particulière dans le développement des enfants ou des adultes qui les écoutent ou les disent. Un ouvrage cité plus haut indique les fonctions et le mode d’emploi de tous ces textes de l’orature. Je ne m’y attarderai donc pas ici.

Ces trésors du patrimoine, donnés dans une belle (9) langue orale, procurent un vif plaisir aux auditeurs et provoquent l’addiction à une drogue douce : la littérature, dans laquelle les enfants iront chercher à renouveler ce plaisir quand la source orale deviendra insuffisante. Ces textes ne doivent pas être réduits, pastichés, transformés, mais être donnés dans une langue riche, précise et poétique, avec le respect absolu de ce corpus fabuleux dont la voix nous transmet la sagesse accumulée de nos ancêtres.

Avantage supplémentaire : les contes, les légendes, les mythes s’inscrivent dans un déroulement narratif fictionnel ce qui permet à l’enfant de prendre de la distance par rapport au réel, de façon à mieux l’organiser et le maîtriser. Ils sont également riches d’émotions profondes, relevant du symbolique, qui permettent à l’enfant de plonger « corps et âme » dans le récit.

                                                                                Chapitre 3…. à venir!

Christian MONTELLE

Ornans, août 2008

Diffusion libre

 


( 7) En fait, si on ne peut les nommer, il y a beaucoup de choses que l’on ne perçoit même pas. Ainsi, on peut marcher des heures dans une forêt sans voir ni entendre les mésanges, les pipits, les rouges-gorges qui pourtant sont bien là et se manifestent constamment.

(8) Les textes de la tradition orale sont en général assez mal utilisés. Les critères d’âge ne sont pas connus, la parodie remplace souvent le contage, quand on ne se limite pas à l’étude de LA structure du récit, comme s’il n’existait qu’une seule structure narrative !

(9) Je sais combien cet adjectif :  belle, pose problème. Le mot : fondateur, peut le remplacer s’il signifie  : qui vise à élever le récepteur, en l’opposant à tous les messages à visée mercantile.