Rencontre avec le journaliste Patrick de Saint-Exupéry

© F. Delacroix – 04/12/2018 Visioconférence avec le journaliste Patrick de St Exupéry le mardi 4 décembre (classes de 1ES3 et 2ndes Littérature et Société)

Le mardi 4 décembre 2018, la classe de Littérature et société et la classe de première ES3 ont eu l’occasion d’assister à une visioconférence avec Patrick de Saint-Exupéry, un reporter de guerre. En effet, il a pu nous raconter son parcours de 35 ans de carrière et ses expériences. Il nous a expliqué que son métier nécessitait une grande curiosité mais surtout une grande volonté de découvrir le monde qui nous entoure.

Pour lui, le métier de « passeur » qui consiste à aller sur les lieux et à rapporter ce qui s’y produit peut être parfois très difficile mais sa passion pour son métier est prioritaire sur ses craintes.

Il a insisté sur le fait que le métier de reporter de guerre était un métier à grands risques et que lui-même avait déjà été en danger de mort jusqu’à même se faire tirer dessus au Rwanda en traversant une ligne de front. Son métier a été, pour lui, un choix, on ne l’a jamais forcé à l’exercer ou à intervenir sur le terrain. Il avait conscience des risques qu’il prenait en intervenant comme reporter de guerre comme au Rwanda par exemple.

En effet il nous a beaucoup parlé de son expérience au Rwanda. C’est le pays qui l’a le plus marqué dans sa carrière de reporter car il a couvert le génocide qui a duré trois mois en 1994 et il y est retourné en 1998. Le génocide du Rwanda a causé 800 000 morts. Pendant trois jours Patrick de Saint Saint-Exupéry et les cent envoyés spéciaux présents sur place voyaient seulement les victimes de ce génocide mais ne décelaient plus aucune activité humaine et cela l’a empêché d’exercer son métier car il n’avait plus aucune information à rapporter et n’avait aucun témoin à interroger : « Si personne n’a de mots, je ne peux pas inventer de mots » affirme-t-il. Il nous a également dit : « Au Rwanda quand il n’y a plus de parole, il n’y a plus de journalisme » ce qui montre qu’il dépasse les limites du journalisme dans ce genre de situation. Dans toutes les situations le journaliste doit toujours dire la vérité sans rien transformer ou inventer mais ne doit jamais partager son opinion.

Nous avons également beaucoup parlé avec Patrick de Saint-Exupéry d’un dossier qui est important pour lui : l’affaire qui accuse des dirigeants et militaires français d’avoir été complices des génocidaires rwandais. Cela va faire bientôt trente ans qu’il travaille sur cette affaire et n’a jamais pensé à arrêter car il veut faire ressortir la vérité et obtenir des réponses à toutes ses questions. Lors de notre vidéoconférence, il a affirmé avoir souvent envoyé des dons au CPCR (Collectif des Parties civiles du Rwanda) qui est une association qui lutte pour que soient jugés les génocidaires. Il respecte leur travail et souhaite donc les soutenir dans leur combat car c’est également celui pour lequel il se bat.

Patrick de Saint Saint-Exupéry a écrit un livre intitulé L’inavouable: la France au Rwanda, qui explique les causes de son combat et les liens unissant la France au Rwanda ainsi que les politiques secrètes qui n’ont pas pu être débattues.

Pour finir, il nous a expliqué qu’actuellement il travaillait sur un projet dans la presse et que dans l’avenir, il aimerait créer une revue.

Cette vidéoconférence nous a plu car on a pu découvrir le métier de journaliste et plus précisément celui de reporter de guerre. On a pu poser toutes nos questions à Patrick de Saint-Exupéry pendant plus d’une heure. Patrick de Saint-Exupéry a vécu au Rwanda, il a vécu des horreurs notamment le fait qu’il s’est fait tirer dessus, on a réalisé qu’on avait de la chance de vivre dans notre pays et de ne pas avoir vécu de génocide. Nous avons été choqués d’apprendre que ce métier pouvait engendrer de tels risques.

Léna Acosta et Laure Leflamand

 

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