Au cœur du Mémorial de la Shoah et des théories du complot

Lors d’un voyage culturel scolaire à Paris, notre classe de Première ES3 accompagnée de mesdames Racaud, Huguet et Delacroix ont eu l’occasion de visiter le Mémorial de la Shoah. Le Mémorial de la Shoah est un lieu de mémoire du génocide des Juifs, situé à Paris, dans le 4e arrondissement, dans le Marais. L’idée de ce mémorial est attribuée à Isaac Schneersohn, rabbin et archiviste russe, et Léon Poliakov, historien français. En 1953, ils exposent leur projet dédié à tous les Juifs d’Europe déportés. Il est en premier lieu un endroit où les familles pouvaient consulter les registres de déportés pour retrouver l’un des leurs.

   Désormais, le Mémorial est un lieu qui retrace les mémoires de tous les peuples victimes d’un génocide tels que la Shoah, le génocide arménien, le génocide des Tutsis et des Tziganes.

Le mémorial est achevé en 1956 sous le nom de Mémorial du martyr juif inconnu. C’est le premier monument qui s’inscrit dans le cadre de la mémoire de la Shoah. De nos jours, il existe trois grands mémoriaux dans les villes de Washington, Jérusalem et Paris.

© Nathalie Darbellay                                                                                                           

Le tombeau du martyr juif inconnu est toujours présent dans le  Mémorial de la Shoah.  

   D’ailleurs, une crypte lui est entièrement dédiée où absolument tout est symbolique. Nous y trouvons l’étoile de David en marbre noir avec au centre du tombeau un rayon de lumière tombant sur la flamme éternelle qui représente l’espoir des générations futures, l’espoir de ne pas reproduire les erreurs de nos ancêtres. Cette flamme éternelle symbolise également l’éternel souvenir des six millions de victimes de la Shoah.

Sur le mur du fond est inscrite en hébreu une lamentation poignante du prophète Jérémie qui signifie «Regardez et voyez s’il est douleur pareille à ma douleur. Jeunes et vieux, nos filles et fils fauchés par le glaive.»

Ces attributs sont disposés dans l’obscurité du sous-sol, ce qui rend l’atmosphère assez solennelle.                                                   

© Mémorial de la Shoah

Juste au-dessus du tombeau se trouve l’entrée de l’actuel mémorial ainsi que le mur des Noms. C’est en fait sur six murs que sont inscrits les noms, prénoms et dates de déportation des soixante-seize mille Juifs déportés de France. Ils sont classés par ordre alphabétique et par année de 1942 à 1944.

Il faut savoir que régulièrement, le service des archives du CDJC (Centre de Documentation Juive Contemporaine) corrige les erreurs d’orthographe constatées ou enlève le nom des déportés écrits plusieurs fois (bien souvent des femmes ayant pris le nom de leur mari et non plus leur nom de jeune fille). Le mur des noms a été inauguré en 2005 en présence du président Jacques Chirac.

© Florence Brochoire

© Mémorial de la Shoah   

    Durant la suite de notre visite, une salle nous a plus particulièrement touchés, celle des enfants disparus parce que la vision d’autant d’enfants morts, tués par les nazis, nous a attristés. En effet, si Shoah signifie « catastrophe » en hébreu et que génocide veut dire «massacre d’un peuple», les génocidaires avaient bien compris que s’ils voulaient exterminer un peuple, il fallait l’exterminer dès la racine. Cette racine est évidemment la jeunesse. Les enfants étaient donc les premiers à être envoyés dans les chambres à gaz lorsqu’ils avaient moins de seize ans. Au-delà de cet âge, ils travaillaient  dans des usines, notamment pour l’effort militaire des nazis. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec des milliers de portraits d’enfants autour de nous.

D’ailleurs, Simone Veil a été l’une des rares survivantes à avoir échappé à la mort en mentant sur son âge, c’est ainsi qu’elle a pu s’en sortir et témoigner.

 © Paul Sézille, propagande antisémite

    Il y a également plusieurs salles d’expositions qui racontent l’histoire des complots, leurs origines ainsi que leur évolution au cours des siècles. Par exemple, nous avons appris que dès le Moyen-Age déjà, les Juifs étaient différenciés et très stéréotypés par le christianisme qui s’imposait. Un Juif type était représenté la plupart du temps comme un homme brun, négligé, avec un  nez aquilin imposant et de grandes mains. Cette image des grosses mains s’explique par le fait qu’au Moyen-Age, de nombreux métiers étaient interdits aux chrétiens car ils étaient considérés comme impurs par l’Église, très moralisatrice. Les Juifs ont été détestés notamment par l’Église qui les voyait comme un peuple « déicide » c’est-à-dire celui qui a tué le Christ. De ce fait, seuls les métiers impurs leur étaient attribués dont les métiers d’argent et le commerce parce que pour les chrétiens, les dettes, les crédits étaient interdits. Les Juifs se sont donc enrichis et ont été jugés comme des personnes très avares, qui voulaient dominer le monde. Ces préjugés prennent leurs racines comme nous l’avons dit auparavant dans les fonctions occupées par les Juifs, mais aussi plus tard au XIXème siècle avec l’émergence du capitalisme industriel.

 © C. Huguet – 29/01/2019

Par la même occasion, dans le Mémorial nous avons pu découvrir lors d’un atelier comment se fabriquait un complot et quelles étaient les techniques les plus efficaces pour le crédibiliser, au sein d’un quelconque groupe de personnes. En groupe, nous avons défini le terme de « complot » et avons parlé des théories du complot notamment de l’Affaire Dreyfus. En regardant de nombreuses vidéos telles que « le complot chat », nous avons compris qu’il était assez facile de créer une théorie du complot. Nous avons également visionné des journaux en ligne et travaillé sur leur fiabilité principalement sur le site « Réseau Voltaire » en vérifiant les sources de ce journal, l’identité de l’auteur, la neutralité de l’article et les preuves.

De plus, de nos jours, de nombreuses personnes croient en des théories du complot diverses, comme celle qui concerne les attentats du 11 septembre 2001 ou celle des organisations des Illuminati. Il est alors nécessaire et important de vérifier les sources des journaux que nous lisons. Le journal Le Monde propose aussi un outil très utile nommé le « Décodex », qui permet à ses utilisateurs de vérifier la fiabilité des journaux qu’ils lisent.

©Emmanuel Rioufol

A l’extérieur du Mémorial de la Shoah figure le nom de plus de 3 900 personnes qui, au péril de leur vie et malgré le danger, sont venues en aide aux Juifs en France pendant la Seconde Guerre Mondiale.

    Cette visite au mémorial de la Shoah a été très enrichissante tant sur le plan historique que sur le plan culturel, puisque nous avons découvert d’une certaine manière les dessous de l’organisation du massacre. Cet endroit nous a ouvert les yeux sur la réalité du monde qui nous entoure et ses horreurs, notamment celui des génocides. Ce mémorial nous remet les pieds sur terre, car il nous a permis de nous rendre compte que nos petits problèmes quotidiens que nous jugeons si dramatiques ne sont rien, comparés à ce qu’ont vécu des millions de personnes d’ethnies différentes.

Jade Hassanaly  et Sana Yahya (1ES3)

  • Très bon résumé de cette visite, très intéressant et vous avez beaucoup de chance d’avoir eu l’occasion de faire ce voyage.

  • Cette journée était très instructive, le guide et le musée étaient très intéressants. L’émotion était au rendez-vous. Si vous êtes de passage à Paris et que vous vous rapprochez du Marais, je conseille fortement ce musée.

  • Super article, je recommande aussi ce lieu. Avec ma classe nous avons appris énormément de choses et de voir tous ses noms était très impressionnant. Très belle visite et voyage magnifique !

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