La guerre civile d’Espagne : un conflit souvent oublié

La Guerre Civile espagnole et ses conséquences

A gauche, photo prise dans une des rues de Madrid montrant une banderole républicaine. A droite, milice républicaine en 1936. Source : https://arthisto.fr/guernica-picasso-guerre-despagne/

La Guerre Civile Espagnole est devenue depuis plusieurs années (principalement depuis la mort de Franco en 1975) une source de tension entre les familles de Républicains (qui ont lutté contre Franco) et celles des Nationalistes (qui ont lutté pour le ‘’Généralissime’’). Cette guerre a duré pendant trois années (1936-39), et fut l’une des plus meurtrières car des centaines de milliers personnes (militaires et civiles) qui ont combattu dans les deux camps sont mortes et le pays a connu certaines atrocités tel le bombardement de la ville de Guernica par les Nazis, l’établissement de la dictature à la fin de la guerre et la construction de la ‘’Vale de los caidos’’ (La Vallée des déchus), monument construit à la demande de Franco par des Républicains (qui furent prisonniers lors de la guerre) afin de réconcilier les deux camps. Cette guerre fut inévitable et est la conséquence des problèmes économiques, politiques et sociaux du pays qui ont été présents depuis plusieurs générations avant la guerre. Elle sera en quelque sorte les prémices de la Seconde Guerre Mondiale car de nombreux pays se sont affrontés durant la Guerre Civile avant de se retrouver lors du conflit qui suivra.

Photo prise à Burgos en 1936, au centre se trouve le général Franco. La personne qui se trouve derrière lui à sa gauche est le général Mola. Ces deux personnes font partie de ceux qui ont organisé le Putsch. Source de l’image : https://www.liberation.fr/planete/2016/08/18/franco-un-avant-coup-de-guerre-civile_1473254

Quand la guerre a commencé en 1936 suite au putsch militaire organisé par Mola, Queipo de Llano et Franco, le pays était  partagé en deux (les Républicains et les Nationalistes), les grandes villes telles Madrid, Barcelone ou bien Valence étaient entre les mains des partisans républicains pendant pratiquement les trois années de lutte. Durant toute la durée de cette guerre, le bilan fut l’un des plus sanglants pour une guerre civile, et le nombre de victimes civiles et militaires est difficilement quantifiable par manque de sources et de preuves concrètes. La guerre se solde par la mort de 380 000 à 451 000 personnes selon les estimations les plus sérieuses et les plus fiables, et plus de 140 000 disparus. La fin de la guerre voit la victoire de l’armée franquiste, dirigée principalement par le général Franco. Ce dernier fut aidé par d’autres personnes dont d’importants alliés qui sont les dictateurs Hitler et Mussolini (ils apporteront de l’aide humaine, des soldats en particuliers, matérielle et logistique).

Le camp républicain fut aidé par des Brigades Internationales (armée composée de personnes venant de divers pays), composées d’ailleurs d’écrivains tels Ernest Hemingway, André Malraux ou bien Georges Orwell.

Photo de Agustí Centelles, prise à Barcelone parmi les premiers affrontements (19 mars 1936) de la guerre d’Espagne en 1936 ; les personnes présentes sont des fidèles à la République. Source de l’image : https://www.courrierinternational.com/diaporama/photographie-guerre-despagne-agusti-centelles-sur-les-barricades-de-barcelone

Durant les années où la dictature était présente dans le pays entre la fin de la guerre et la mort de Franco (1939 à 1975), il y aura une forte répression vis-à-vis de la population qui était contre la dictature. Parmi ces répressions, il y a par exemple le fait de frapper un prêtre qui n’était pas pour Franco ou bien se faire racketter sa nourriture par les gardes nationalistes (qui ont été souvent appelés par des personnes supportant la dictature). Il y eu l’expulsion de plusieurs familles en Galicie afin de construire un château pour le dictateur. La ‘’Valle de los Caidos’’ citée précédemment rend hommage aux ‘’martyrs’’ de la guerre (principalement des nationalistes) et est l’endroit où se trouvait les corps de Franco et de José Antonio Primo de Rivera (chef de la ‘’Phalange’’, corps d’armée nationaliste). Ces corps sont exhumés fin 2018 sur demande du Congrès des députés d’Espagne avec la ‘’Loi sur la mémoire historique’’, loi visant à faire reconnaître les crimes, violences et persécutions perpétrés par le régime franquiste.

Marina Ginestà, une des figures les plus emblématiques de la jeunesse républicaine de la Guerre d’Espagne. Cette photo a été prise à Barcelone sur l’hôtel Colen par Juan Guzman, le 21 juillet 1936. Source de l’image : https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-monde/20140108.RUE1237/marina-ginesta-avait-17-ans-l-icone-de-la-guerre-civile-espagnole-est-morte.html

Photo montrant des civils espagnols durant la Retirada en France accompagnés par des soldats de la cavalerie française. Cette photo vient des Archives départementales des Pyrénées-Orientales, Fond Chauvin, 27 FI 58. Source de l’image : https://www.midilibre.fr/2019/02/10/dossier-midi-libre-la-retirada-ou-lexode-des-republicains-espagnols-en-roussillon,8005841.php

Lien vers l’article du Midi Libre sur la commémoration (80 ans cette année) de la Retirada en 2019 : https://www.midilibre.fr/2019/02/06/un-apres-midi-pour-se-souvenir-de-la-retirada,7998159.php

De nombreux Espagnols républicains ont fui l’Espagne à la suite de la mise en place de la dictature de Franco. Ce mouvement appelé la ‘’Retirada’’ (les Espagnols allant dans d’autres pays, souvent en France) fait partie d’un des exodes les plus connus au monde. Plus de 450 000 Républicains traverseront la frontière séparant la France (elle devait participer à cette guerre mais en fut empêchée par un pacte franco-britannique signé avant la guerre civile) et l’Espagne. Ces familles se retrouveront dans des ‘’camps de concentration’’ (comme Barcarès, Saint Cyprien ou bien d’autres). La Retirada est souvent commémorée en France et doit être un événement à ne pas nier.

Photo de Robert Capa (mars 1939) montrant des réfugies espagnol et un policier non loin du camp de Barcarès.Source de l’image : https://www.herodote.net/annee_1938_3_3_-synthese-59.php

Histoire familiale

Mon arrière-grand-père a combattu avec les Républicains dans la région autonome de Murcia (Murcie, région se trouvant entre la Comunidad Valenciana et l’Andalousie) voire dans d’autres régions durant toute la guerre. Il est parti au combat avec un de ses cousins qu’il perdra de vue et qu’il ne reverra plus jamais (ce cousin ne connaîtra jamais sa fille). Son petit frère (alors âgé de 7 ans en 1936) a raconté en 2017 (à l’âge de 88 ans) à mes grands-parents (dont mon grand-père qui est son neveu), ma mère et moi que mon arrière-grand-père (il avait 19 ans quand il s’est engagé) a participé à cette guerre, fut emprisonné les quatre années suivant la guerre et a eu l’interdiction de rentrer dans la région de Murcia. Je connais peu les faits d’armes ou les actions qu’a accomplis mon arrière-grand-père mais la seule chose que je sais c’est qu’il s’est sûrement battu pour sa liberté et celle de son pays.

Photographie de mon arrière-grand père

Il fera la fin de la Seconde Guerre Mondiale (selon certains récits de ma famille en Espagne). Il travaillera plusieurs années en tant que jardinier en France afin de lever des fonds pour que la famille qu’il avait fondée puisse venir en France.

Nathan Silhol – CIRA 1

mars 29, 2019

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