Le génocide des Peuls

J’ai le cœur très lourd, mon cœur ne supporte plus cette douleur,

Je pleure sans larme,

Le génocide, facile à prononcer mais lourd dans la bouche.

Les oiseaux de la mort ont pleuré pendant un jour, un matin, un soir et puis plus rien.

La colère de Dieu remonte

Car le soleil se couche le jour, et se réveille la nuit,

Les arbres de Mopti ont perdu leurs feuilles hier soir.

Hier matin j’ai vu un nourrisson sourire, courir pour rejoindre sa mère,

Aujourd’hui, je vois ce même enfant ensanglanté dans les bras de sa mère inconsciente.

Cet enfant que tu vois n’a rien demandé.

Il est innocent , il n’a pas vu le jour naître ni le soir se coucher,

Il ne sait pas faire la différence entre le bien et le mal.

Cet enfant dont les parents se disaient à sa naissance qu’il sera sans doute Président de la République, ou bien Ministre.

Cet enfant n’est plus parmi nous,

Il est dans un sommeil profond,

Un sommeil sans réveil,

Il est parti avec ses parents pour un voyage lointain,

Un voyage sans retour,

Un voyage souvent redouté.

« Si tu vois une poule sans ses petits, ne dis pas qu’elle n’a pas pondu, mais pense qu’ils sont morts. »

Le ciel pleut du sang,

La terre se noie dans le sang,

Le peuple malien se noie dans le sang.

Les cimetières ont pleuré

Car ils n’ont pas connu le sang d’un nourrisson,

Plus un seul linceul au marché,

Une terre construite a été rasée et remplie de sang par l’Homme.

Comment pourrais-je être capable de croire un jour ?

L’Homme qui se met à juger à la place de Dieu,

L’Homme décidé à exterminer un peuple.

Ce soir-là, les cris de la hyène étaient graves

Car encore une fois l’Homme se lavait les mains dans le sang de l’Homme.

Aminata Dicko

avril 9, 2019

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