Réunion publique : à l’affût des fake news

Le jeudi 18 avril 2019, à Bagnols-sur-Cèze, en fin de journée, s’est tenue une réunion publique à la Pyramide au sujet des Fake News. Cet événement a accueilli de nombreuses personnalités. Parmi elles se trouvaient Anthony Cellier, député LREM de la 3ème circonscription du Gard accompagné de Monsieur Tabaka, directeur des relations institutionnelles de Google France. Étaient également présents deux journalistes locaux, Mélissa Alcoléa, journaliste du Midi Libre ainsi que Thierry Allard, vice-président du Club de la presse et de la communication du Gard et journaliste d’Objectif Gard. La classe de 1erES3 du Lycée Albert Einstein a été accueillie lors de cet événement, elle était accompagnée de Mme Huguet et Mme Racaud professeures au sein de l’établissement. Le dernier invité de cette réunion était Nicolas Chevrier de Génération Numérique, association experte et spécialisée dans les problématiques liées aux usages numériques.

Environ une trentaine de personnes ont fait le déplacement dans le but d’assister à cette réunion. Le sujet portait sur les fake news, autrement dit la désinformation à laquelle chacun de nous est confronté chaque jour. Ce sujet reste problématique car sur internet, tout individu est libre d’émettre une information, qu’elle soit vraie ou fausse.

Le député Cellier, qui se bat depuis le début de son mandat contre la désinformation, a ouvert ce débat en présentant les nombreux intervenants et les divers faits concernant le sujet des Fake News. Il nous a d’abord expliqué que les informations reposent sur la connaissance, elles s’appuient sur des données proposées, sur des faits réels. A contrario, les fake news, elles, reposent sur la croyance des uns et des autres, c’est-à-dire que la désinformation est «basée sur un schéma de pensée», de choses auxquelles on croit. Par exemple, à propos de  l’incendie de la cathédrale de Notre-Dame-de-Paris qui a eu lieu le 15 avril 2019, de nombreuses fake news ont circulé. Pour certains cet incendie n’était pas un accident mais un complot et d’autres ont même prétendu avoir vu des terroristes avec des sourires couvrir leur visage et sortir de la cathédrale avant qu’elle ne brûle.

Chacun des intervenants présents a exposé son avis sur le sujet en avançant des faits qu’ils ont rencontrés au cours de leur vie. On a appris notamment que les fausses informations ont 70%  plus de viralité que les vraies informations. Mais également que les personnes qui partagent le plus les fake news sur les réseaux sociaux sont les personnes âgées car elles n’ont pas cette familiarité avec les réseaux sociaux qu’ont les jeunes alors elles pensent faire circuler de vraies informations.

Les journalistes locaux nous ont expliqué qu’ils se rendent sur le terrain afin de récolter les informations les plus justes possibles. Les journaux nationaux, tels que Le Monde et Le Figaro, quant à eux, ont des équipes, des cellules qui mènent des enquêtes sur les fake news. Les journaux régionaux ou locaux, eux, sont limités dans leur action par les restrictions budgétaires ainsi que par la diminution de leurs effectifs.

Les journalistes font également appel à la Police par exemple pour vérifier leurs sources ou à des témoignages, pour des événements en lien avec l’autorité judiciaire. Les journalistes n’écoutent pas les rumeurs car ils ne se basent que sur des faits réels et fiables. Quant aux fake news, deux choix se présentent à eux, soit ils ne leur accordent pas d’intérêt, soit ils se permettent de les démentir si elles sont vraiment virales. Les journalistes ont pour seul but d’apporter des informations factuelles. Les témoignages sont la base de leurs sources. Pourtant, les médias ont perdu 6 à 10% de leur popularité car beaucoup de citoyens ne croient plus aux informations diffusées par les médias. Même si les médias sont considérés comme étant le quatrième pouvoir, «il y a une sorte de défiance quasi-quotidienne, ce qui complique la tâche journalistique» comme l’a souligné une des deux journalistes.

L’objectif de nos professeures lors de cette réunion a été d’expliquer les raisons de leur engagement dans notre projet presse et de la lutte contre les infox, leur but étant de développer l’esprit critique des lycéens. Par exemple, le Lycée Albert Einstein a accueilli quelques dessinateurs du réseau international Cartooning for Peace. Ils nous ont parlés de leur métier et de la difficulté que rencontrent certains journalistes face au manque de liberté d’expression et de presse dans certains pays, tels que la Turquie ou l’Arabie Saoudite. Madame Racaud a insisté sur le fait qu’une partie des étudiants adhèrent aux théories du complot mais que d’autres parviennent à avoir un esprit plus critique. En effet, Madame Racaud affirme que huit étudiants sur dix adhèrent à une des cinq plus grandes théories du complot.

Monsieur Tabaka a présenté la politique de Google face aux fake news. Il a mis en avant les avantages du moteur de recherche le plus utilisé au monde. Il reconnaît aussi que Google n’est pas sans faille et qu’il essaye chaque jour d’améliorer l’accès aux informations vérifiées et certifiées. Cependant, il propose un service d’actualités présentant des informations hétérogènes c’est-à-dire qu’une personne peut trouver des sites fiables mais aussi des sites douteux. Lors d’événements majeurs, Google met en place un algorithme qui met en évidence les sites de journaux fiables en les mettant en tête de liste des réponses à une recherche formulée par une personne.

Youtube fonctionne presque de la même manière. Sur certaines vidéos aux sources incertaines, Google propose un lien vers Wikipedia et d’autres dictionnaires en ligne pour que le lecteur s’informe un peu plus par rapport à ce sujet. Google n’est qu’une porte d’entrée vers des informations qui peuvent être justes ou non, il n’est pas responsable de tout ce qui est publié sur internet.

Nicolas Chevrier, intervenant qui représente l’Association Génération Numérique se rend dans les lycées et collèges de France afin de sensibiliser les élèves à la désinformation. Il nous a exposé rapidement comment on pouvait détecter une fake news et a abordé certains thèmes comme la fabrication de l’opinion, le formatage et le journalisme. Il a également répondu à la problématique suivante : « comment se crée une fake news ? ». En général, l’intervention de l’Association dure six heures dans les collèges et les lycées, des débats ont lieu et des faux complots sont créés pour développer l’aspect critique et accroître les connaissances des étudiants.

Des lycéennes du lycée Albert Einstein ont participé à la réunion en expliquant comment elles font pour s’informer et le rapport qu’elles ont aux informations. Oumayma Maimouni a parlé de la journaliste Lætitia Béraud, que nous avons eu la chance de revoir, après l’avoir rencontrée au Monde, à Paris, lors de notre voyage scolaire. Elle nous a expliqué que les photographies peuvent porter à confusion car elles peuvent être modifiées par le logiciel Photoshop. Cela peut aussi nous induire en erreur. Elle a permis à Oumayma de ne plus se fier à certaines images que l’on peut voir sur les réseaux sociaux. Manon Martel, quant à elle, explique que nous avons eu l’idée de créer, avec Monsieur Brut, notre professeur d’anglais, une fake news en anglais afin de voir si les lecteurs y croiraient. Quant à la troisième lycéenne intervenante, Aminata Dicko, elle a pour habitude de comparer les informations qu’elles trouvent sur les réseaux sociaux avec d’autres journaux pour être certaine qu’elles soient vraies.

Une fois que les intervenants ont fini de discuter, le public a donné son avis par rapport à la désinformation. A titre d’exemple, une femme a parlé du fait que sur les réseaux sociaux, les personnes qui publient des fake news n’ont aucune responsabilité sur le fait de les publier, contrairement aux journalistes, qui doivent assumer leur propos et être responsables de ce qu’ils écrivent. Un autre spectateur a totalement accusé le gouvernement d’être celui qui crée et diffuse les fake news, pour lui les journalistes sont complices et mentent sur les témoignages.

Pour nous, cette réunion nous a apporté de nombreuses informations avec des points de vue différents mais qui se rejoignent. Cela est venu compléter l’enseignement que nous avons eu tout au long de cette année. Cet événement a été très enrichissant tant sur le plan éducatif que social. Cette participation à une réunion publique sur un sujet actuel qui touche tout le monde est un concept très utile et instructif.

Weded El Bouazzaouy et Sana Yahya, 1ES3

 

 

 

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