Genève : Visite au HCR

Dans le cadre du voyage pédagogique effectué à Genève, les lycéens ont eu la chance de visiter le HCR, haut-commissariat aux réfugiés. Ils ont ainsi pu rencontrer un intervenant, Alex, qui leur a présenté les diverses actions et les divers enjeux du HCR et qui leur a confié quelque détails sur sa propre expérience.

 

Le HCR ou Haut Commissariat aux Réfugiés a pour rôle de protéger les réfugiés, qui sont des personnes en danger ayant été contraintes de fuir leur pays pour des raisons liées à leur race, leurs croyances, leur orientation sexuelle ou encore leurs opinions.

Le HCR fut créé en 1950 et en juillet 1951 on accorde le statut de réfugié aux personnes qui en font la demande. Le HCR prend un essor fulgurant, en 1952 on compte 34 employés tandis qu’en 2016 on en comptait 10 800 dans 148 pays. Le HCR est une organisation internationale réglementée dont le protocole a été institué en 1967. Le HCR reçoit le prix Nobel de la Paix en 1950 puis en 1981, il rétablit les droits humains bafoués et donne une nouvelle chance à ceux qui en ont besoin. Il est nécessaire à la protection des individus et intervient directement dans des zones de conflits. Aujourd’hui le HCR est présent dans 134pays. Les zones de conflits sont également des zones dangereuses ; comme en 1956 lors de la révolution Hongroise ou en 1960 lors de la décolonisation en Afrique.

Et les réfugiés ?

Dans le monde une personne est déracinée toute les 3secondes le HCR intervient alors. Pour être pris en charge en tant que réfugié, il faut demander l’asile. Le dossier est étudié et s’il est accepté le réfugié pourra obtenir, selon la réglementation du pays d’accueil, des papiers d’identité, une carte pour travailler, un bail pour obtenir une maison… S’il est refusé le réfugié a tout de même droit à une base légale.

Le nombre de réfugiés augmente d’année en année. Depuis le début de l’année 2020, 1,44 million de réfugiés ont besoin d’installation, mais moins de 10 pour cent seront réinsérés. Lorsque les humanitaires sont envoyés sur le terrain, il faut une prise en charge des réfugiés rapide et efficace.

 

Comment le HCR vient-il en aide aux réfugiés ?

Le HCR s’occupe  de trouver un terrain qui accueillera les camps, celui-ci fait alors l’objet d’une demande légale auprès de l’Etat parfois difficilement accordable dans des pays où les conflits sont intenses ou dont la politique est autoritaire.

Afin de mettre en place des structures, le HCR doit récolter des fonds. Ces structures sont financées par des contributions volontaires des Etats grâce à une confiance majeure établie entre le HCR et les Etats. Le HCR doit prouver qu’il utilise ces sommes de façon adaptée.

Les structures mises en place sur le terrain demandent de réunir un grand nombre de professions, allant des gestionnaires à l’ingénieur, du médecin, du professeur au diplomate. Le HCR donne accès à la santé et à l’éducation mais il donne aussi accès à des ressources plus primaires, l’eau en creusant des puits sécurisés, la nourriture, un toit, c’est-à-dire des tentes assez espacées pour prévenir des incendies, et l’électricité. L’électricité est nécessaire pour fournir des soins, il faut conserver les médicaments et les vaccins dans de grands réfrigérateurs qui fonctionnent généralement à l’énergie solaire. Enfin le HCR accompagne les réfugiés dans leur réinsertion via les demandes d’asile.

L’interview

Après sa présentation, Alex a pu répondre à nos questions et nous parler de lui, de son implication au HCR, de ses motivations et il nous a expliqué comment il arrive à concilier sa vie de famille et son rôle d’humanitaire. Alex a débuté sa carrière au HCR à l’âge de 27ans après avoir fait un master en « développement global », même si pour lui « la pratique vaut mieux que la théorie ». L’intervenant nous a avoué avoir toujours eu envie de travailler dans l’humanitaire car aider autrui est pour lui essentiel ; « Quand j’étais petit je voyageais beaucoup avec mon père donc j’ai eu l’occasion de voir les intervenants de l’ONU etc. et quand je les ai vu faire toutes ces choses incroyables, j’ai dit à mon père ; papa c’est ça que je veux faire. » En effet travailler au HCR est un véritable engagement, et un engagement à plein temps, une semaine de repos sur 7 est accordée, il est donc souvent loin de sa famille, dans des pays dont la situation politique est instable. Alex est intervenu trois ans au Pakistan, un an en Irak puis un an en Centre Afrique. La mission d’Alex est de s’occuper de la gestion des camps de réfugiés, c’est un métier essentiel qui demande de travailler communément avec tous les corps de métiers nécessaires à la création et au bon fonctionnement d’un camp. Il est important de prendre en compte les caractéristiques du lieu et de correspondre aux coutumes locales pour répondre au mieux aux besoins des populations. Nous nous sommes alors demandé si les circonstances ne créent pas un impact psychologique sur les intervenants et si des suivis psychologiques étaient établis par le HCR afin de veiller à la bonne santé morale de ses travailleurs. Alex a répondu à cela : « C’est vrai que c’est difficile, puis être loin de sa famille est souvent compliqué mais je crois que le plus difficile n’est pas pour nous mais pour les réfugiés à qui on vient en aide et je crois finalement que voir ces situations difficiles nous pousse à nous améliorer.»

Lana Cochet, Emma Serre, Joanna Suares

février 27, 2020

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