2020 : les débuts chaotiques de la nouvelle décennie

Alors que le 31 décembre 2019 tout le monde se souhaitait la bonne année, et la santé, nous étions bien loin de nous imaginer ce que cette nouvelle année nous réservait. Beaucoup voyaient pour 2020 l’aboutissement de projets et le commencement de nouveaux. Malheureusement, dès ses premières semaines, la nouvelle année a balayé nos espoirs d’un revers de la main et cinq mois plus tard nous ne sommes toujours pas au bout de nos peines.

Tout feu tout flammes

Un kangourou tentant d’échapper aux flammes près du Lac Conjola en Australie. Source : lesechos.fr publié le :12/01/20.

Les premiers événements tragiques auxquels nous assistâmes furent les immenses feux qui ravagèrent une grande partie de l’Australie. En janvier, les flammes commencèrent à consumer la terre des koalas, réduisant en cendres les habitations humaines comme les habitats naturels des animaux. Des milliers d’animaux, notamment des koalas, périrent dans les flammes, des espèces en voie de disparition furent gravement touchées, et de nombreuses associations prirent en main leur sauvetage.

Sur les réseaux sociaux, des photos troublantes de pompiers affrontant d’immenses brasiers pour venir en aide à des bébés koalas tournèrent en boucle. Des hashtags et des dons en lignes furent créés en guise de soutien aussi bien moral que financier. Et si aujourd’hui la situation semble s’être stabilisée, ces incendies ne sont probablement qu’un avant-goût des conséquences du réchauffement climatique.

Trop c’est trop !

Des manifestants protestant contre la réforme des retraites lors du rassemblement du 5 décembre 2019 à Paris. Source : lexpress.fr publié le :05/12/19.

Puis les incendies laissèrent place aux soulèvements et aux manifestations, dont l’hexagone fut le théâtre. Si les protestations avaient débuté en décembre 2019, en janvier 2020, le mécontentement des Français atteint son apogée. La cause ? La réforme des retraites mise en place par Emanuel Macron. Indignés par les pertes financières qui résulteraient de cette réforme, ils firent encore une fois entendre leur voix. Mais cette fois-ci pas de gilets jaunes ni de blocages routiers, les Français ont remplacé la force par la désinvolture. Professeurs des écoles, fonctionnaires, commerçants ou encore agriculteurs, tous désertèrent leur poste et leurs fonctions en signe de mécontentement.

Si l’économie française en prit un coup, elle ne fut pas la seule, car certains enseignants étant en grève, ils étaient dans l’incapacité d’assurer le baccalauréat des lycéens. Ce dernier fut victime de nombreuses fuites de sujets, reports et blocages, qui pénalisèrent les élèves et leur parcours scolaire.

Jamais deux sans trois ?

Montage photo sur lequel on peut voir le président des Etats-Unis Donald Trump et le président iranien Hassan Rohani. Source : lexpress.fr publié le : 05/01/20.

A présent, faisons un saut de l’autre côté du globe, en Iran, où le 3 janvier 2020, le puissant dirigeant Qassem Soleimani fut assassiné lors d’un raid américain en Irak. Si les relations entre les Etats-Unis et l’Iran étaient déjà fragiles depuis quelques années, cet incident militaire n’a fait que rajouter de l’huile sur le feu. Tandis que le Pentagone revendiquait l’assassinat, l’Iran, lui, promettait vengeance.

Sur la toile du web, la panique n’a pas tardé à se faire ressentir. Beaucoup criaient à la troisième guerre mondiale, et la haine des Iraniens envers les Américains n’a fait qu’accroître. De nombreuses vidéos firent surface où le « Stars and Stripes » (nom donné au drapeau américain) brûle au milieu d’une foule d’Iraniens mécontents. La crise mondiale qui allait suivre mit en suspens le conflit américano-iranien temporairement, mais le gouvernement iranien semble décidé à ne pas en rester là. Alors est-ce qu’une troisième guerre mondiale est réellement envisageable ? Espérons que non.

Une crise mondiale nommée Coronavirus

Une équipe de soignants d’un hôpital de Paris faisant passer un message. Source : actu.fr publié le : 16/03/20.

Mais s’il y a un événement à retenir de ce début d’année 2020 c’est sans hésiter le fameux Covid-19. En fin d’année 2019 les premiers cas de patients atteints du coronavirus sont recensés à Wuhan, une petite ville située dans l’Est de la Chine. Rapidement, le virus s’est propagé dans le pays entier et les pays voisins. N’ayant jamais été confrontés à ce genre de situation, les Etats et leurs gouvernements ont été plutôt longs à réagir et le virus a, en un temps record, envahi toute la surface du globe terrestre.

De la fièvre, de la toux, de la fatigue et des difficultés respiratoires, ces symptômes rappelant la grippe sont pourtant ceux du Covid-19, autrement appelé coronavirus. La Chine, étant l’épicentre du virus, fut le premier pays du monde à se confiner, rapidement imité par l’Italie qui fut gravement touchée par la maladie. Peu à peu le Covid-19 a envahi l’Europe. Le 12 mars 2020 le président de la république française Emmanuel Macron annonçait la fermeture des crèches, écoles maternelles, primaires, collèges, lycées et universités et au matin du 17ème jour de mars il n’y avait plus un chat dans les rues. Les restaurants, cinémas et commerces autres qu’alimentaires mettaient temporairement la clé sous la porte et les sorties ne pouvaient se faire que sous autorisations spéciales.

Des lieux habituellement remplis de touristes et d’habitants étaient déserts. Du Time Square de New-York, à la Fontaine de Trevi de Rome en passant par le Trocadéro de Paris, tous ces endroits emblématiques semblaient figés dans le temps. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les humains étaient mis sur le banc de touche, permettant à la nature de reprendre ses droits. En effet, le confinement a permis une baisse énorme de la pollution, rendant l’air plus pur, sans oublier que l’arrêt de la chasse et de la pêche a pu laisser un peu de répit aux animaux.

Black Lives Matter !

Le portrait de George Floyd peint sur la pancarte d’un manifestant lors de la manifestation qui s’est tenue à Los Angeles le 2 juin 2020. Source : liberation.fr publié le : 04/06/20.

 

« Les vies noires comptent », depuis quelques jours on peut voir cette phrase partout, écrite au feutre sur une pancarte, taguée sur un mur, ou encore en hashtag sur les réseaux sociaux. Elle est devenue le slogan du mouvement antiracisme qui secoue la planète. Son origine ? Une vidéo choquante sur laquelle un policier blanc maintient un homme noir face contre terre avec son genou sur le cou qui a fait, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, le tour du web.

Cet homme, il s’agissait de George Floyd, un afro-américain de 46 ans ancien gardien de prison ayant perdu son emploi à cause de la pandémie et père de deux filles. Ce jour-là, il fut arrêté pour falsification, il avait en effet tenté d’utiliser un faux billet de vingt dollars pour acheter un paquet de cigarettes. Un délit plutôt récurrent et dont l’arrestation ne nécessitait aucune violence, de plus les caméras de surveillances témoignent de son calme et de sa coopération. Malheureusement pour lui Floyd avait en face de lui un policier raciste qui après l’avoir violemment interpellé l’a immobilisé au sol où, avec son genou, il l’a lentement étouffé. « I can’t breath ! » furent ses derniers mots. La scène s’étant déroulée à la vue de tous elle fut, bien entendu, filmée et postée immédiatement sur les réseaux sociaux. Mais cette fois-ci les Américains refusèrent de fermer les yeux sur cette nouvelle bavure policière.

C’est pourquoi depuis le 01 juin 2020, les rues de grandes villes telles que New-York, Los Angeles ou encore Minneapolis, lieu de l’arrestation de George Floyd, sont remplies de centaines de milliers de citoyens en colère brandissant des pancartes et criant des slogans antiracisme. Ils furent vite imités par l’Europe où dans des villes comme Paris, Londres, Berlin et autres, le même genre de manifestations eurent lieu. Le but de ces soulèvements est de pointer du doigt les injustices qui persistent encore de nos jours à l’égard des personnes de couleur. De nombreuses personnalités publique,s qu’il s’agisse de chanteurs, acteurs, top models ou influenceurs apportèrent leur soutien au mouvement à travers des posts ou bien en allant tout simplement manifester au milieu des autres citoyens pour montrer leur mécontentent et leur indignation face à la situation actuelle.

Contre toute attente, le policier en question, nommé Derek Chauvin, va finalement être jugé devant un tribunal pour homicide volontaire et non pas involontaire comme il l’avait été annoncé au départ. Ce dernier encourt une peine de 40 ans de prison. C’est la première fois dans l’histoire des Etats-Unis qu’une bavure policière est traduite en justice. De plus, les rassemblements qui ont eu lieu partout dans le monde constituent le plus grand mouvement de protestation de l’histoire, une pierre de plus à l’édifice de la paix en quelque sorte.

C’est un constat assez sombre pour cinq petits premiers mois, entre catastrophes naturelles, conflits militaires, désaccords législatifs, injustices à répétition et pandémies mondiales, on ne sait plus vraiment où donner de la tête, ou bien quel problème faire passer en premier.

Ce qui pour moi est le plus choquant est de voir encore en 2020 des agissements tels que celui de Derek Chauvin vis-à-vis de la communauté noire. Les grands discours de Martin Luther King et les combats acharnés des Afro-américains contre la ségrégation n’ont-ils donc servi à rien ? Comment certaines mentalités peuvent-elles rester si closes après toutes ces années ? Comment peut-on ne pas être indignés en regardant ces images tout simplement horribles et ces vidéos exposant de réels meurtres et violences faites à des innocents ? Ce genre d’agissements me pousse à douter sérieusement de la soi-disant grandeur des Etats-Unis.

Mais bien qu’elle soit mouvementée, je pense que cette année nous aura fortement poussés à nous remettre en question et nous aura ouvert les yeux sur certaines notions que l’on prenait pour acquises. Pour en citer quelques-unes : les humains ont peu de pouvoirs face aux forces naturelles, la paix ne tient qu’à un fil, face à une pandémie nous sommes tous démunis, l’argent n’achète pas la santé et enfin face à l’injustice, l’unité fait la force. Pour moi ces épreuves sont là pour faire avancer les choses et les mentalités et j’espère qu’elles mèneront à des jours meilleurs.

Noémie Carnet

juin 12, 2020

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