Camille Pillias au service de l’image

Camille Pillias au service de l’image

Dans le cadre d’une visioconférence avec Camille Pillias, éditrice photo et iconographe à différents hebdomadaires, nous avons pu découvrir une facette du monde journalistique que nous ignorions. L’occasion de revenir sur cette intervention, ce qu’on a appris sur la profession d’iconographe et sur la ligne éditoriale d’un journal.

Camille Pillias nous a d’abord parlé de son expérience professionnelle. De fait, elle devient iconographe en 1997, après avoir suivi un triple cursus universitaire, étudiant tour à tour l’histoire de l’art, la photographie et le journalisme. Notamment employée par le Philosophie Magazine, l’Obs, la Déferlante et l’Express, elle travaille comme pigiste, chargée de missions par les différents médias qui nécessitent ses services.

Elle nous renseigne ensuite sur le métier d’iconographe, expliquant en quoi il consiste. Il s’agit avant tout de donner la définition étymologique du mot : il vient des grecs Ikon, « image », et ???????, « écrire » ; étymologiquement, l’iconographie est donc l’écriture par l’image. De fait, il s’agit d’illustrer un article, de mettre en images un sujet afin d’en inciter lecture, de le rendre plus vivant, plus séduisant pour le lecteur, « séduire pour faire lire ». En somme, l’image, c’est la paraphrase du texte. Ce sont les journalistes qui passent commande auprès des iconographes, qui sont au nombre de 500 en France. Ceux-ci recherchent et sélectionnent alors des visuels, c’est-à-dire, la plupart du temps, des photographies, mais aussi des dessins, au sein de banques d’images, ou directement auprès de photographes. Ils peuvent même envoyer un photographe couvrir un évènement pour l’immortaliser, par l’image. Ils proposent ensuite une sélection de photos au rédacteur, décidant de la mise en page de l’article. Pour ce qui est de Camille Pillias, elle privilégie l’originalité, appréciant montrer ce qui n’est pas souvent représenté.

Par ailleurs, l’ensemble des images retenues pour un article s’inscrit inévitablement dans la ligne éditoriale du journal qui le publie. En effet, l’iconographe sélectionnera ses images en fonction des objectifs, de la thématique, de la cible, des règles rédactionnelles et de la fréquence de parution du journal. On lit un journal parce qu’on a « créé une affinité avec » et c’est, en définitive, la ligne éditoriale, soit l’ensemble des choix faits dans le cadre de l’écriture d’un numéro, qui crée cette affinité : un même événement ne sera pas traité de la même manière par deux journaux différents, en raison de la divergence de leur ligne éditoriale respective. Aussi, Camille Pillias adapte-t-elle le choix de ses images, de sorte à raconter un récit en accord avec le journal qui la missionne, et non avec « le voisin ».

 

César, Wassim et Marwan

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