L’EMPIRE DU GHANA

Introduction.

L’empire du Ghana est le premier grand empire noir à avoir émergé dans le soudan occidental. Il se situait par ses limites Nord aux portes du Sahara et dans sa partie Sud au sortir de la forêt, entre la vallée supérieur du Niger jusqu’au Haut Sénégal à la frontière de l’Afrique blanche. Son hégémonie a duré du IV°s au XI°s de notre ère.

  1. Sources de connaissance et origine de l’empire du Ghana.

1. Les sources de connaissances

Les principales sources dont nous disposons sur l’empire du Ghana sont à quelque exception près d’origine arabe. IBN AL FAQIL HAMADANI dans son ouvrage intitulé Le Kitab al Buldan écrit: « De Tarqala à la ville de Ghana il y a 3 mois de marche dans le désert. Au pays de Ghana, l’or pousse dans le sable comme des carottes. » IBN HAWQAL (X°s) dit à propos du souverain  » Celui-ci est le souverain le plus fortuné qui soit sur la surface de la terre à cause de ses grandes richesses et de la provision d’or pur extrait du sol. » AL BAKRI au XI°s  » Ghana est la marque de leurs rois. Le nom du pays est AOUKER (…) la ville de Ghana se compose de deux villes situées dans une plaine. »

La tradition orale, quant à elle parle de Ouagadou dont la capitale est Koumbi Saleh.

2. Origine de l’empire

Le royaume aurait commencé modestement dans l’Aouker par une simple confédération de tribus Sarakollés dont chacune exerçait son autorité sur un espace bien déterminé. Le royaume couvrait les villes de Bokounou, Ouagadou et de Kaarta. La politique expansionniste et la puissance militaire des souverains du Ghana ont fait qu’à la fin du X°s, les principautés berbères d’Aoudaghost et de Walata, les royaumes Mazzara de Tékrour, Barisa, Diara, Sosso, Silla, étaient incorporés dans l’empire.

On peut distinguer deux groupes composant le peuplement de l’empire: un au Nord et l’autre au Sud. Les gens du Nord se composent des tribus nomades berbères ou Touaregs (Les berbères Macmouda au sud du Maroc, les Zenâta), les Sanhadja ( les Goddala, les Messoufa, les Lemtouma spécialistes du désert.). Le groupe Sud comporte deux fractions: les Mazzara composés de Lebou, Wolof, Toucouleur, Sérères) et les Bafours (Soninké ou Ouakaré, les Marka, les Bambaras, les Malinké, les Songhaï.).

  1. L’apogée du Ghana

1. L’organisation politique

carte de l'empire du Ghana

Au sommet de l’État, on a le roi; on le désigne sous plusieurs appellations « Kaya Maghan » qui signifie roi de l’or en langue Ouakaré, « Tounka » qui veut dire Seigneur ou Dieu. Ses pouvoirs étaient très étendus: il était le juge suprême. Il rendait la justice en tenant compte de l’appartenance religieuse. Ses sujets qui dans l’ensemble appartenaient à la religion traditionnelle étaient jugés selon la coutume,les musulmans, eux, l’étaient sur la base du Coran.

La société était organisée en clans. Le clan royal était celui des Tounkara qui formaient avec trois autres clans l’aristocratie:( les Souba ou Magasouba étaient les guerriers du roi, les Kagoro qui formaient une élite militaire, les Magassi étaient les cavaliers du roi qui composaient la garde royale.). Ces clans qui constituent la noblesse fournissaient au roi, les grands dignitaires et hauts fonctionnaires de sa cour. On trouvait à la cour du roi, le gouvernement et le grand conseil dont les membres se recrutaient aussi bien dans l’aristocratie locale que chez les arabes et les lettrés musulmans. A ce propos AL BAKRI rapporte « Le roi choisissait ses interprètes parmi les musulmans, de même son trésorier et la plupart de ses ministres. » On trouvait au sein de son gouvernement, les fils des rois vassaux, otages à la cour. La succession sur le trône se faisait d’oncle à neveu. AL BAKRI « Tel est leur tradition: le souverain ne peut être que le neveu du roi en ligne maternelle puisque l’on est toujours sûr d’être bien le neveu de son oncle maternel. ».

2. L’organisation administrative.

L’empire était subdivisé en royaumes et en provinces eux-mêmes morcelés en villages et cantons. L’autorité du roi et de son gouvernement central s’exerçait de façon directe sur le berceau originel du royaume soninké. Les princes avaient en charge la gestion des provinces tandis que les royaumes vassaux tels que Sosso, Diara et le Tékrour conservaient leur organisation initiale et se contentaient de verser un tribut annuel et d’apporter leur contribution sur le plan militaire en fournissant à l’empereur un contingent.

3. L’organisation économique

L’activité économique était variée. Au Sahel, on pratiquait un élevage florissant et varié de boeufs, de moutons, de chèvres, de chameaux et de chevaux. Au Nord, autour des puits et oasis, on produit des dattes. La partie Sud, plus humide était la terre des céréales: on y cultivait le mil, le sorgho, le haricot, le coton, l’igname, le henné, les légumes et la cola tiré de la zone forestière. L’artisanat occupait une place de choix: la caste des forgerons équipait l’armée, les tisserands habillaient le roi et sa suite, produisaient des bandes de cotonnade qui alimentaient le commerce. Mais le pilier de l’économie était le commerce. L’empire par sa position de géographique était un carrefour important où les produits venus d’Afrique du Nord (tissus, cuivre, argent, dattes, figues et surtout les barres de sel amenés du Sahara) étaient échangés contre les marchandises des pays du Sud (plumes rares, ivoires, esclaves, gomme arabique, bétail, céréales et surtout l’or).

L’empereur tirait des revenus substantiels du commerce par le biais des impôts qui pesaient sur cette activité. AL BAKRI: « Le roi prélève un denier d’or sur chaque âne qui entre chargé de sel dans son pays et 2 deniers à la sortie. Il perçoit 5 milhqâl de cuivre et 10 par charge de marchandise. ».

  1. Le déclin de l’empire du Ghana

1. Les causes

En 1076, l’empire du Ghana s’écroule sous les coups de boutoir des almoravides. Mais on pense que plusieurs facteurs pourraient expliquer ce déclin. En effet l’empire était miné de l’intérieur par des conflits de succession, les vassaux supportaient de plus en plus mal la domination du Ghana: ils aspiraient à prendre leur indépendance.

2. Les conséquences du déclin.

La chute du Ghana a favorisé l’implantation de l’islam non seulement chez les berbères mais aussi chez les noirs. Les populations furent contraintes de se convertir à l’islam ou prendre le chemin de l’exil. Les animistes Sarakollés et mandé vont se replier plus au Sud, les peuls se fixèrent dans le Fouta. Les vassaux profitèrent de l’affaiblissement pour prendre retrouver leur indépendance. La région traversa dès lors une période de trouble jusqu’à l’émergence du Mali.

Conclusion

L’empire du Ghana a développé une brillante civilisation à travers une organisation politique remarquable et vie économique assez élaborée. Malheureusement cette belle organisation s’effondre à la fin du XIs entraînant une lutte d’hégémonie entre les anciens vassaux.

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