Petit historique de la commande publique.

  • Qu’est ce que le 1% ?

En 1951, la commande publique est désormais liée au 1%. Cette procédure instituée ,consiste lors de la construction d’établissements scolaires ou universaitaires (en 1951) puis  tout bâtiment publique (en 1972) ou grands travaux (TGB, Grand Louvre…) à réserver 1% de la subvention accordée à la collectivité ou du coûp globale du financement par l’état à la création d’oeuvre d’art. L’architecte choisi l’artiste qui interviendra après la réalisation.D’où le nom d’1% décoratif.

  • Quelles sont les instances qui commandent des oeuvres d’arts à des artistes vivants?

-la manufacture de Sèvre

-Le Mobilier national

-le bureau de la commande publique (lié à la délégation aux arts plastiques)

  • Comment s’effectue le processus de commande?

Qui fait la demande? L’Etat/le Maire/ le conseillé régional ou générale

Etablissement d’un cahier des charges (cadre de la commande défini) puis choix d’un artiste+ signature d’un contrat (participation financière+ la réception , l’entretient et la concervation de l’oeuvre.)(Ex: Le cas Buren. »Les deux plateaux » de 1986 et la nécessité de sa restauration).

La commande publique est liée à la politique culturelle.

  • En 1983 la commande publique peut désormais se faire indépendemment de la commande architecturale.Les créations sont réalisées pour des jardins, places et espaces de transports.(décentralisation du 1%, Paris n’est plus l’espace privilégié de la commande.)
  • Que se passe- t’-il en 1981?

C’est une  date clé: 1981, l’arrivée de la gauche au pouvoir.Le gouvernent socialiste de François Mittérand et de son ministre de la culture Jacques Lang impuse une politique de développement des oeuvres dans l’espace publique.

  • Pourquoi l’artiste a- t’-il recourt à la commande publique? Il peut avoir le soutient de la collectivité puplique pour la réalisation de projets d’ampleur dans l’espace publique.(Aide dans le financement).
  • Pourquoi les collectivités ont recours aux commandes publiques? Pour créer un musée à ciel ouvert et améliorer la qualité esthétique de l’espace publique de plus il permet dans une politique de démocratisation de l’art d’amener dans l’espace quotidien  aux habitants de l’espace urbain d’accéder librement et gracieusement aux oeuvres d’arts contemporaines.Il y a une volonté pédagogique de large diffusion de la culture loin de l’espace parfois austère du musée//Pour aider les artistes et subventionner la création artistique (mécénat).//Cette politique très active permet aussi  à l’état d’accroître son patrimoine artistique.

Notions: Art urbain/art publique/politique culturelle/Art officiel..

Commande, la sculpture proposée par l’artiste peut être refusée si elle ne correspond pas à la volonté du commanditaire.De plus présente dans l’espace publique, elle peut être susceptible d’être vandalisée, dégradée.

 De quelles natures  sont les  commandes?

  • Fonction décorative, aggrémenter les parcs (exemples le jardin des  tuileries véritable musée à ciel ouvert.) En 1964  andré Malraux décide de l’installation de 24 sculptures D’Aristide Maillol.Don de la veuve de l’artiste)Sculpture de Maillol, »l’été ».Sculpture allégorique des saisons.« les trois grâces ».Statue La Rivière, Sculpture de Maillol, Jardin des Tuileries, Paris, France« la rivière »

Sculpture de Diane chasseresse, nudité au Jardin des Tuileries, Paris, FranceStatue aux sujets mythologiques.Ex diane chasseresse.par Lévêque.

La disposition des sculpture reprend le parcours à thème des jardins classqiues.

  • -Rendre hommage à un personnage ou célébrer un évènement. (monument commémoratif:Selon T.Gauthier « c’est un art robuste qui seul survit à la cité ».).
  • « Les bourgeois de Calais  » de Rodin (1884-1898).
  • « Rodin est dans la tradition du XIXe siècle : il voulait faire un monument au « patriotisme humain, l’abnégation, la vertu ». « Il faut lutter contre la finitude du temps en préservant la mémoire.Le matériau doit la rendre pénenne.C’est un anti-destin pour reprendre la formule de Malraux sur l’oeuvre d’art qui au sein de l’espace publique diffuse la propagande de la nation. Statue de Louis XIV devant le Louvre.
  • Artiste:Rodin
  • Sculpteur français
  • Date :1891
  • Commande:La société des gens de lettre:
  • Objectif:rendre hommage à Balzac à Paris, l’association veut honorer l’écrivain – de la commédie humaine -mort en 1950.Pourquoi Paris? La ville est le cadre de bons nombres des histoires de sa comédie.
  • En 1898 , lors de la présentation du plâtre, oeuvre préparatoire, au salon de la société nationale des beaux arts, elle fut refusée à cause de sa trop grande audace esthétique.On lui préférera la posture plus traditionnelle de la sculpture  d’Alexandre Falguière.Elle fut installée et inaugurée  au carrefour de l’ avenue  Frilander et de la rue  Balzac en 1902.

« le piédestal est comme un autel sur lequel se dresse la statue, les inscriptions gravées sur les socles sont des professions de foi, des reliefs racontent les hauts faits du personnage » Au XXem la question du socle, sa présence  se pose.Il disparait progressivement (Les bourgeois de Calais).La sculpture s’intère avec l’espace publique. Il n’y a plus de séparation entre les deux espaces.

 

La copie dans la cour du Louvre.(de 1986) dans la cour Napoleon.

Matériau:plomb.

Louis XIV sous les traits de Marcus Curtius, Le Bernin, modifiée par Girardon - DSC 0856.JPG

Original de Louis XIV sous les traits de Marcus Curtius, par Le Bernin, modifiée par Girardon, conservé dans l’orangerie du château de Versailles.…depuis son vandalisme  près du Bassin de Neptuneen 1980.(6 ans de restauration).

-Projet de Bernin: élever entre le Louvre et les Tuileries un monument à la gloire du souverain.(Elle est inspirée du modèle sculpture de la satue équestre de Constantin du vatican. Le roi est représenté dans sa majesté en position de commandeur. Le roi-divin gravit la montagne de la vertu, comme hercule avant lui, tel le descendant d’Hercule-Gallicus.La sculpture ne plait pas au roi, elle est transformée par Girardon en Générale Romain.

-La sculpture de dimension réduite  en terre est réalisée par Le Bernin, tandis que les pensionnaires de l’académie de France à Rome la sculptent en Marbre.(1671-73)

-Commande officielle: surintendance des bâtiments du roi.(1669).Commande du souverain.

La sculpture (surtout depuis la IIIem république) devient un moyen d’exposer ses convictions, idées politiques ou abstraite. la sculpture devient allégorique.(la république présentée par une femme, Marianne).On défend les idéaux de liberté.(politisation de la sculpture).(Art et décoration, réseau savoir.fr)

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=FCYjSYfH5zI[/youtube]

  • -La ville devient matériaux , espace de questionnement et d’expérimentation.Il faut  suciter de vives réactions comme l’oeuvre détruite de Mac Carthy sur la place Vendôme.Christmass Tree de Paul McCarthy, photographie de OMG http://www.omgblog.com/2014/10/omg_artist_paul_mccarthy_erect.phpChristmass Tree de Paul McCarthy, photographie de OMG .

Tree photo monnaiedeparis.fr

« COMPEX PIL » tas de merde géante offert par McCarthy à Hong-Kong pour l’esposition « inflation ».

 

Tas de merde géante offert par McCarthy à Hong-Kong. Alors, heureux?photo monnaiedeparis.fr

-McCarthy agressé à cause de l’implantation de son arbre de noël très ambigu sur la préstigieuse place Vendôme.(Il est gifflé par un individu qui prend la fuite).Dans la nuit du 17 au 18 octobre , l’oeuvre est vandalisée (dégonfflée).

Autres oeuvres d’art vandalisées: Fontain de Duchamp, Piss Christ de Serrano ( à Avignon en 2011 à cause du  caractère blasphématoire/Deux tahitiennes de Gauguin (à cause de la nudité à wachington.)

-Titre: Christmass tree (Arbre de noël).

-Artiste: Paul MacCarthy (artiste  plasticien américain, de 67 ans, il réalise des sculptures et performances)

-Oeuvre monumentale

-Installation place Vendôme (Paris Ier arrondissement) le 16 octobre 2014.

-matériau:Plastique vert (bopep)

-Dimension:24m de hauteur

-Sculpture glonflable et effémère. (Le contraire de la sculpture traditionnelle solide, pérenne évoquant un sujet noble, allégorique.)

-Commande de la FIAC (foire internationale d’art contemporain qui a lieu du 23 au 26 octobre 2014).Projet « Hors les murs ».Tous les ans la foire donne carte Blanche à un artiste pour intervenir sur cette place symbole du luxe.

Signification de l’oeuvre/propos de l’artiste.

« Tout est parti d’une plaisanterie, à l’origine, je trouvais que le plug anal avait une forme similaire à la sculpture de Brancusi.Après, je me suis ape à cause du caractère blasphématoire)rçu que cela ressemblait à un arbre de noël.Mais c’est une oeuvre abstraite.Les gens peuvent être offencés s’il  veulent se référer au plug, mais pour moi c’est plus proche de l’abstraction. » P.MCCARTHY

« MacCarthy a suscité l’indignation en cumulant trois tars récurrentes de l’art contemporain:nullité artistique patente, monumentalité envahissante, monomanie pornographique.(…)imposture de plus en plus envahissante et de plus en plus pesante. » Art contemporain:le grand ras-le- bol, Laurent Dandrieux, Valeurs actuelles.29 octobre 2014.

« Bien sur que cette oeuvre est polémique, quelle joue sur l’ambiguïté entre un arbre de noël et un plug, ce n’est ni une surprise ni un secret.Mais il n’y a aucune offence au public et suffisamment d’ambiguïté, pour ne pas troubler les enfants.Cette oeuvre à d’ailleurs reçu toutes les autorisations nécessaires: de la préfecture de police,de la Mairie de Paris, et du Ministère de la culture, en lien avec le comité Vendôme qui regroupe  les commerçants de la place… A quoi ça sert l’art si ce n’est de troubler, de poser des questions de révéler des failles dans la société. »Jennifer Flay, directrice artistique de la FIAC.( source :article Le Monde, Emmanuelle Jardonnet, MacCarthy agréssé pour un arbre de Noël ambigu place Vendôme).

« De quel scandale parle- t-on? Le scandale est d’avoir érigé à côté de la colonne Vendôme un objet dont la nature ne faisait aucun doute pour personne:il y avait là profanation au sens le bête du terme; provocation au delà des limites du tolérable bien plus alors que le Piss Christ de Serrano et que bien d’autres, et puis il y a désormais une multiplication des provocations, en particulier vis-àvis de l’iconographie religieuse, chrétienne en particulier, qui est  pourtant,qu’on le veuille ou non le fondement de notre culture et notre spiritualité.Mais pour la magorité des gens, semble- t-‘il, le scandale, c’est qu’on a osé vandaliser une oeuvre d’art, faite par un artiste, par définition intouchable, et qu’il y avait là un acte  d’intolérance odieuse.J’ai passé toute ma vie à m’occuper d’histoire de l’art et d’avant-garde, et je n’ai jamais vu en 40 ans une chose à ce point ridicule, stupide , insupportale, sordide, que ce spectacle autour de l’érection de cet objet.(…)Il y a toute une tradition du Market art, de certains milieux qui fabriquent de l’art comme on fabrique de l’automobile, tout un filon qui court autour de la scatophilie et copromanie, dont Mccarthy est le dernier exemple et le moins intéressant…

A partir du moment ou l’art n’a plus aucune valeur,aucun sens, que cet art totalement vide ne se réfère plus à rien, ni  à aucune transcendance, ni à aucune utopie sociale, il ne lui reste plus que l’expression la plus nue, la plus pure.Et qu’est ce qui est plus nu que l’adoration de ses propres déchets (…)Cet incroyable implosion du phénomène à la création artistique en arrive à la phase la  plus archaïque de la manifestation d’un être dans son évolution psychologique et physiologique, qui est la défécation. »Jean Clair entretien avec Laurent Dandrieux,Art contemporain: »la valorisation du Néant »30/10/2014.

L’artiste crée une oeuvre volontairement  ambigue , satirique,choquante, provoquante, explique Jennifer Lay. De par sa  double nature – l’oeuvre ressemble à un plug anal et à un sapin stylisé. Elle n’est qu’un énième scandale , véritable ADN de l’art  depuis la naissance de la modernité avec son Olympia.On pensait que le scandale était aujourd’hui à l’air du Buzz une pratique éculée, mais elle semble encore révulser certains regards traditionnalistes (catholiques).Jeff Koons à Versaille était déjà un crime de lèse majesté du goût classique à la française.Le choix de détourné le symbole mercantile de noël subit les les foudres des intégristes de l’esthétique et de la morale d’une certaine France quasi monarchique (?).

Le choix d’un sex toy comme sculpture monumentalisée va à l’encontre du bon goût de l’objet traditionnel artistique, à l’intstar de l’urinoir Duchampien.Il intervient cette fois -ci dans un écrin luxueux qu’est cette place où l’on s’attend à déouvrir un bijoux raffiné et noble plutôt que cette sculpture grossière et sexuelle.L’artiste montre bien que la sculpture moderne ,depuis Brancusi auquel il fait référence , est une question de regard onthologique. (Hume En 1745, ne montrait-il pas que la beauté n’est pas dans l’attribut de l’objet mais dans le regard de celui qui contemple.) Déjà la sculpture Brancusienne devenait problématique lors de son passage à la douane américaine ,objet d’art ou objet utilitaire? Ici certains y verront un arbre de noël comme l’enfant, d’autres une référence à l’objet sexuel l’interdit exposé) , l’artiste , lui avec son regard culturelle ,plastique par sa forme y décellera une scupture abstraite, un brancusi. Eric Loret dans son article à libération explique que tous les monuments guerriers ont toujours un caractère phallique.Comment ne pas voir dans ce TREE, ce dilatateur anal  un accessoire  complémentaireà la colonne V qui rayonne au milieu de cette place vulve à l’architecture et au vitrines luxueuses, comme un sex toy phallique orné d’histoire. Mais également un contre-point iconoclaste.Ne faut-il pas voir  comme le suggère Eric Loret un « dévoiement symbolique de la colonne », « un renversement satirique  » comparable à Fontain.Finalement détruit et dégonflé il s’oppose placide à la puissance de la colonneV, anti-monument, anti-colonne.

« LA VALORISATION DU NEANT »Jean Clair

-La sculpture devient un élément décoratif, ornemental.

  • Qu’est ce qu’une commande réussie? Quels sont les facteurs pour qu’une commande publique ne soit pas un échec?
  • « Chaque commande répond à un contexte particulier dont la maîtrise est loin d’être évidente. Beaucoup d’éléments conditionnent la réussite d’une commande. La volonté politique et l’engagement des élus sont essentiels. Mais il faut aussi compter avec un responsable des services techniques ouvert et coopératif, des institutions culturelles (musée, FRAC, centre d’art) disposées à soutenir le projet et à relayer l’information auprès du public… La sensibilité de l’artiste, les attentes particulières du commanditaire, l’imprécision du cahier des charges, les contraintes techniques imprévues, l’instabilité du contexte politique, la complexité des démarches administratives… Les obstacles sont si nombreux que la réussite peut relever de la gageure ! Seule la cohésion dans la collaboration garantit la viabilité du projet. Le succès d’une commande publique peut constituer un argument politique pour les élus d’une collectivité, mais il est à double tranchant. L’impact médiatique du tramway de Strasbourg [5] Sous l’impulsion de la municipalité, la Communauté… [5] et de l’accompagnement artistique qui a été réalisé a généré de nombreuses retombées dans la France entière et même en Europe. Beaucoup de collectivités ont compris l’intérêt qu’elles pouvaient tirer de la commande publique en termes d’image et de valorisation de leurs équipements, surtout dans le cadre de l’autonomie régionale qui se met en place au sein de l’Union européenne. »Caroline Cros

-Sa pertinence par rapport au site d’implantation.

-L’artiste doit s’approprier l’oeuvre,se reconnaître dans le projet.

-Une bonne concertation et un véritable dialogue entre les divers partenaires du projet (l’élu doit s’investir et se l’approprié).

« Les commandes réussies sont souvent celles qui échappent à toute « cooptation idéologique » avec les institutions commanditaires (62), pour être avant tout geste artistique. »

 

« L’art public ne peut être commandé. (…) La difficulté c’est de faire en sorte que l’oeuvre d’art publique soit véritablement publique, qu’elle fonctionne, qu’elle ait une utilité par rapport à un groupe, à une communauté. » Christian Boltanski. (2).BOLTANSKI, Christian

. Entretien, propos recueillis par Guy Tortosa.In :Bilan des rencontres « Arts et ville ». [Publié par] IFA (Institut français d’architecture);DAP; DATAR; DAU; DDF; DIV. Mai 1995. p.36-37.3

Textes:

BUREN Daniel.Histoire du Palais Royal : les deux plateaux. Actes Sud, 2010

CROS Caroline et LE BON Laurent.L’art à ciel ouvert : commandes publiques en France 1983-2007. Flammarion, 2008

« Dans l’espace urbain, tout est hostile à l’art, dont la demande se restreint souvent au musée ou au centre d’art – quand elle existe. C’est pourquoi je considère que l’action artistique dans l’espace public se situe moins au niveau de l’installation d’une œuvre « célibataire » que de la requalification d’un site. Une œuvre ne survit dans l’espace public que si elle devient véritablement populaire, si elle trouve une fonction dans la ville ou sur le site qu’elle occupe ; le jugement sur le pur chef-d’œuvre n’y a pas sa place. »(…)Clairement, la relance de la politique de la commande publique au début des années 1980 a démontré une véritable volonté de mettre fin à l’art monumental et allégorique. L’hommage à François Arago de l’artiste néerlandais Jan Dibbets constitue en ce sens une parfaite référence. Jusqu’en 1942, la statue de bronze du célèbre parlementaire et homme de science trônait sur la place de l’île de Sein, où le méridien de Paris coupe le boulevard Arago. Elle fut fondue pendant la Seconde Guerre mondiale : seul le socle a subsisté. Le « monument imaginaire » qu’a conçu Jan Dibbets est un contre-manifeste remarquable de l’art monumental ; sa radicalité est exemplaire. Le projet se présente sous la forme d’un parcours ouvert à travers la ville, matérialisé par 135 médaillons en bronze fixés au sol le long du méridien de Paris, dans l’enceinte du périphérique, du nord au sud. Il traverse certains sites significatifs des XVIIIe, IXe, IIe, VIe, XIVe arrondissements, le Luxembourg, le Louvre, les abords de la place Pigalle… Les médaillons se fondent dans le mobilier urbain où ils sont insérés : bouche d’égout, chaussée… À partir du socle/centre l’œuvre s’étend dans deux directions opposées. Cette œuvre apporte une réponse nouvelle, délibérément non monumentale, et respecte le cahier des charges : rendre hommage à un grand homme.L’ambition partagée de Jan Dibbets et des commanditaires – l’Association Arago, la DAP et la Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris – voulait inscrire le projet artistique dans la mémoire, l’histoire, la géographie tout autant que dans les pratiques urbaines contemporaines.(…)Si la commande engage un processus expérimental, il ne faut pas perdre de vue qu’il se déroule dans un espace vivant qui ne lui est pas consacré. C’est même le contraire ! C’est pourquoi le concept artistique doit s’ouvrir à toutes les lectures, pour sa fonction décorative, son contenu sociologique, son aspect ludique, ses qualités plastiques. L’œuvre devient un objet de médiation, dans la réflexion ou l’action. Ce n’est pas sans risque, car elle est parfois exposée à l’incompréhension ou même l’indifférence du public, au vandalisme, ce qui aboutit, à terme, à sa dégradation, sinon à sa disparition(…) »

.Caroline Cros.

Le monument Arago place de l’Île-de-Sein. En arrière plan, le jardin de l’Observatoire, où est matérialisé le méridien de ParisArago medallion Paris.jpgL’un des 135 médaillons de bronze de l’Hommage à Arago.
Médaillon no 94A à proximité de la pyramide du Louvre.

Médaillon no 101 au Palais-Royal.

Près du palais royal.

Jan Dibbets ,artiste néerlandais  conceptuel qui se fait connaître à la fin des années 70-80.

Il veut honorer la mémoire de François Arago, physicien, astronome et homme politique.Il avait travaillé sur le système métrique, lié à la mesure du méridien de Paris .

L’artiste réalise le projet en 1994.

Il crée un monument imaginaire réalisé sur le tracé d’une ligne imaginaire, le méridien de Paris.(de Montmartre, en passant par Haussmann, Palais Royal, le Louvre jusqu’au parc Montsouris.)
L’œuvre se présente sous la forme d’un parcours ouvert à travers la ville. »135 médaillons de bronze, de 12 cm de diamètre, marqués du nom d’Arago, d’un N indiquant le Nord et d’un S indiquant le Sud sont disposés le long du méridien de Paris. 7 médaillons sont présents au Palais-Royal : péristyles de Montpensier et de Chartres, galeries de Chartres et de Nemours, passage sous voûte côté place Colette et place Colette devant le café. »www.culture.gouv.fr

« reprenant le matériau traditionnel des statues, tout en n’étant délibérément pas monumental. »

« Ils sont incrustés dans le sol, tandis qu’un dernier médaillon est scellé à la verticale sur le socle de l’ancienne statue de François Arago. Située place de l’Île-de-Sein, c’est-à-dire là où le méridien de Paris coupe le boulevard Arago, elle fut démontée et fondue par l’occupant allemand pendant la Seconde Guerre mondiale pour fabriquer des armes « 

« C’est en effet ce tracé tout à fait arbitraire qu’avaient choisi les astronomes en 1667 pour servir de repère à leurs observations, et le point de départ de ce tracé était le lieu où est maintenant bâti l’Observatoire de Paris, dont Arago a été le Directeur »(…)La recherche de tous ces médaillons crée ainsi un lien étroit entre le cheminement du piéton et celui de la mémoire, elle donne à l’arpenteur une occasion unique de reconstituer avec imagination un itinéraire lui-même imaginaire, et … quasi rectiligne. « 

L’artiste rompt avec le schéma traditionnel de la statuaire commémorative monumentale sur un socle.

[youtube]www.youtube.com/watch?v=IOhNnt6LgS0[/youtube]

La commande publique : l’œuvre du troisième type – Cairn.info

www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=CITE_011_0131

« La commande publique est la manifestation de la volonté de l’État, ministère de la Culture et de la Communication – Direction générale de la création artistique, associé à des partenaires multiples (collectivités territoriales, établissements publics ou partenaires privés), de contribuer à l’enrichissement du patrimoine national et du cadre de vie, par la présence d’œuvres d’art en dehors des seules institutions spécialisées dans le domaine de l’art contemporain.La commande publique vise également à mettre à la disposition des artistes un outil leur permettant de réaliser des projets dont l’ampleur, les enjeux ou la dimension nécessitent des moyens inhabituels. Elle désigne donc à la fois un objet – l’art qui, en sortant de ses espaces réservés, va à la recherche de la population dans ses lieux de vie, dans l’espace public – et une procédure marquée par différentes étapes, de l’initiative du commanditaire jusqu’à la réalisation de l’œuvre par l’artiste et sa réception par le public. » Arts Plastiques, commandes publiques

www.culturecommunication.gouv.fr › … › Aides aux arts…
vosdroits.service-public.fr › … › Gestion – Finances › Marchés publics
Exemples d’oeuvres avec  le 1%

Réseau dda – 1% – Réseau documents d’artistes

www.reseau-dda.org/unprcent/index.html
  •  Christian Ruby, « L’art public dans la ville. », EspacesTemps.net, Dans l’air, 01.05.2002
    http://www.espacestemps.net/articles/art-public-dans-la-ville/RUBY Christian.L’art public : l’art de vivre la ville. La Lettre volée, 2001 DOMINO Christophe.A ciel ouvert. Ed. Scala, 1999. Collection Tableaux choisis, art contemporain)

La marche dans la ville, le parcours comme travail artistique.(Dérive urbaine.com)