• Titre :Les expulsés
  • Artiste:Ernest-Pignon Ernest
  • Date de création –lieu : Cette œuvre éphémère date de 1977/79, il n’en reste que des traces photographiques. Elle se situait sur la façade restante d’un immeuble voué à la démolition, à Paris.
  • Lieu :Paris
  • Support: Mur /Intervention d’une Affiche sérigraphiée collée sur un mur): un mur extérieur d’un immeuble éventré et abîmé.
  • les techniques : sérigraphie en noir et blanc, collage, projet in situ.Ernest Pignon-Ernest dessine de nombreuses études en atelier qui donnent naissance  ensuite aux œuvres  exposées.La sérigraphie permet le travail en série des même personnages en divers lieux. La sérigraphie est une technique dérivée du pochoir, elle permet de produire, par impression avec une encre épaisse, une image en de multiples exemplaires.
  • Nature de l’oeuvre:Le collage de ses images sur les murs sont des installations in-situ (=prévues pour un lieu précis). Il y a une volonté de dialogue,  fusion? entre l’art et le lieu.L’oeuvre questionne le lieu et réciproquement.IL travail dans un lieu et en questionne sa mémoire, sa signification.« Je tente  de saisir l’essence d’un lieu ». Il métamorphosant l’espace public en espace plastique.C’est par le lieu où elles sont installées que ses oeuvres prennent tout leur sens.
  •  Sérigraphie in situ éphémère.La sérigraphie est vouée à la destruction, le temps va s’en charger. Cette disparition est également celle des immeubles surs lesquels E. Pignon intervient.
  • Lieu de conservation : c’est une œuvre éphémère, il n’en reste que des traces photographiques.Est-ce une oeuvre d’art ou l’ événement crée qui fait l’oeuvre?Que permet la photo?Les témoignages photographiques permettent de conserver la mémoire de l’événement.
  • Le lieu d’origine : les quartiers parisiens de Montparnasse.
  • Mouvement artistique: la nouvelle figuration. et Street art.
  • Domaines artistiques : Arts du visuel et Arts de l’espace.
  • Problématique possibles :L’art et la ville:Comment l’art s’inscrit-il dans la vie de la cité ?En quoi l’art se met-il au service de la mémoire du lieu urbain ? Comment l’artiste peut-il s’engager en intervenant directement dans l’espace social et politique de la cité. ?

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  • Biographie:Artiste:See original image
  • :Ernest pignon- Ernest (Ernest Pignon, artiste plasticien,  né en 1942 à Nice dans une famille modeste, artiste plasticien.Il réalise des interventions urbaines.Il est un des initiateurs, avec Daniel Buren et Gérard Zlotykam, de l’Art Urbain ou Street Art en France.Il dessine très jeune et découvre à 13 ans Picasso et Guernica.« Je voulais faire de la peinture pour parler des hommes, mais j’ai découvert que je n’étais pas Picasso »
  • C’est un choc esthétique qui fera naître sa vocation.Prise de conscience que le lieu lui même peut être  chargé d’expression lorsqu’il s’installe  avec son atelier dans le Vaucluse.(A côté de la force nucléaire tapie sous la lavande). Il va délaisser ses pinceaux et les remplacer par des pochoirs et des bombes de peintures pour s’exprimer sur les murs des villes et dénoncer le péril nucléaire.

Hanté par les ombres des corps volatilisés laissées sur les murs, à Nagasaki et à Hiroshima en août 1945, il appose des images peintes, dessinées, sur les murs des cités, dans des cabines téléphoniques, images qui se fondent dans l’architecture urbaine.

 

  • Extrait de la partie « origines » « Plateau d’Albion, Vaucluse – 1966 Alors que je m’installais dans le Vaucluse, avec pour la première fois la possibilité de me consacrer entièrement à la peinture, s’annonçait à quelques kilomètres de l’ancien bistrot qui me servait d’atelier l’implantation de la force de frappe atomique. Le thème s’imposait. Pour mieux appréhender ce que représentait cette menace nucléaire enfouie dans le sous-sol provençal je m’étais mis en quête de documentations sur Hiroshima. J’avais découvert cette emblématique photo sur laquelle on voit que l’éclair nucléaire a brûlé un mur décomposant un passant dont il ne reste plus que la silhouette, ombre portée, comme pyrogravée sur la paroi. Après de nombreux tâtonnements sur la toile, convaincu que je ne pourrais évoquer ces milliers d’Hiroshima potentiels enkystés sous les lavandes avec de la peinture, et avec le rituel d’une exposition à suivre, s’est imposé comme une évidence que c’était les lieux mêmes qui étaient porteurs de cette menace, de cette charge suggestive, et que c’était eux qu’il fallait stigmatiser, qu’il fallait saisir comme matériau à la fois plastique et symbolique. A partir de la silhouette du corps calciné, j’ai découpé un pochoir et tracé sur des murs, des rochers, des routes qui menaient au plateau d’Albion ces empreintes venues d’Hiroshima, comme un signal. Ainsi sans en avoir conscience, je plaçais à l’origine de ma démarche cette ombre portée, cette empreinte, cette image emblématique du moment de l’Histoire où une intervention humaine a prouvé qu’elle pouvait non seulement détruire des hommes par centaines de milliers, mais menacer l’humanité tout entière. »
  • Un pionnier de l’art urbain engagé:le pape du street art, l’initiateur de l’art urbain.
  • C’est un artiste engagé qui défendra de nombreuses causes.Sensible aux injustices, il traite des thèmes comme l’avortement (Tours, Nice, Paris, 1975) les expulsés (Paris, 1979), et le sida (Soweto, 2002).

Il traite de réalités sociales (Les expulsés, exclus..d’un moment historique précis (la Commune),

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Enfants de Kliptown
2003
Estampe numérique originale, signée au crayon.
Sans référence

Venu manifester avec d’autres écoliers de son quartier contre une nouvelle loi sur l’éducation des Noirs rendant l’enseignement en afrikaans obligatoire, le collégien est le premier touché par les balles de policiers un peu vite « débordés ». Sur les lieux, outre un musée portant le nom du jeune garçon, un « mémorial » rappelle le drame : l’agrandissement d’un bouleversant cliché en noir et blanc du photographe Sam Nzima (voir ci-dessous). Hector Pieterson ensanglanté, inanimé, emporté dans les bras d’un autre manifestant à peine plus âgé.L'assassinat d'Hector Pieterson, photographié par Sam Nzima, en, 1976. Photo : Sam Nzima/Courtesy of Bailey Seippel Gallery Johannesburg.Est-ce la composition de cette image tragique qui évoque une pietà ? La presse internationale s’arracha aussitôt le cliché. Son auteur ne se remit jamais d’une telle notoriété (interdit d’exercice par les autorités sud-africaines, Nzima fut contraint à l’exil), mais ses collègues gagnèrent l’attention du monde occidental. Aussitôt le régime d’apartheid tombé, en 1991, galeries, biennales et centres d’art les plus courus commencèrent à exposer leur travail.

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Marché de Warwick
2003
Estampe numérique originale, signée au crayon.
Sans référence

 

« La pietà Sud-Africaine », Ernest Pignon Ernest, 2002.                          SOWETO  2002

See original imageSee original imageDrawings for Soweto

 

Suite à la révolte de Soweto le 16 Juin 1976 qui l’a beaucoup marqué, Ernest Pignon Ernest choisi de s’inspirer d’une photographie qui a scandalisé l’opinion de l’époque pour créer une oeuvre qui aborde le sujet du Sida qui frappe tout particulièrement l’Afrique du Sud à cette époque.

« De sa mémoire, Ernest Pignon Ernest extirpe les images de la révolte de Soweto le 16 juin 1976. Une manifestation d’écoliers et de lycéens noirs réprimée dans le sang par la police blanche de l’apartheid. Une photo fera le tour du monde : celle de la mort d’Hector Petersen, 12 ans, que l’on voit sans vie dans les bras d’un homme. Une scène si forte et si douloureuse pour l’Afrique du Sud. »Ernest Pignon Ernest va reprendre cette scène en la transformant, tout en l’incluant en médaillon. Le geste est le même : 2 personnages, l’un dans les bras de l’autre. La différence : le mourant a été fauché par le sida et il est dans les bras d’une femme droite et digne. Il s’en est allé coller ses sérigraphies sur les murs de Soweto. Elles agissent un peu comme des miroirs sur les passants. Un miroir si réfléchissant que tout le comprend qu’il s’agit du sida… » de Pierre Barbancey

Nelson Mandela, le long combat contre l'apartheid

  • C’est un militant engagé:Il a été membre du Parti communiste français et parmi les fondateurs, en 1977, du Syndicat national des artistes plasticiens CGT.
  • IL travail depuis plus de trente ans sur les rapport complexes entre l’art et la ville.Il s’engage esthétiquement et politiquement , il oeuvre en citoyen dans la ville.Ernest Pignon-Ernest travaille sur la mémoire pour « Ne pas faire table rase du passé ».Il questionne la ville et la question de la mémoire des lieux.

 

Propos de l’artiste:

« L’œuvre c’est l’intervention de mes dessins dans la rue ».

« L’amnésie est un signe de barbarie. »

« Je ne cherche pas à représenter, mais à rendre présent ».

« Mes œuvres ne sont pas mes dessins ou mes se?rigraphies, ce sont les lieux eux-me?mes exacerbe?s. On a dit que je faisais des œuvres en situation, en fait, je tente de faire œuvre de la situation. »

« Pour moi, il faut que l’e?le?ment de fiction que je glisse dans la re?alite? la perturbe, l’exacerbe, l’active. Que l’inscription de l’image fasse du lieu un espace plastique. Il faut savoir comment les gens vont la rencontrer pour qu’il y ait une espe?ce de face-a?-face sensuel, presque charnel. D’ou? l’ide?e de toujours travailler a? l’e?chelle 1. Quand je vais coller quelque part, j’ai vu le lieu a? diffe?rentes heures de la journe?e, je sais comment la lumie?re l’e?claire, je connais la matie?re du mur, l’espace qu’il y a autour. J’ai une appre?hension de peintre ou de sculpteur. Je chope tout ce “ Il faut que l’e?le?ment de fiction que je glisse dans la re?alite? la perturbe, l’exacerbe, l’active ” qui se voit dans le lieu et en me?me temps je lis, j’interroge les gens, j’essaie de saisir tout ce qui ne se voit pas : l’Histoire, la me?moire enfouie, le potentiel symbolique. Et c’est nourri de tout c?a que je re?alise mon dessin. »

 

« À l’origine, il y a deux choses : d‘une part, mes parents, qui habitaient Nice, avaient été expulsés de leur logement. Ils avalent dû quitter le quartier ou ils avaient pratiquement toujours vécu et où j’avais moi-même passé mon enfance. J’en avais ressenti la douleur que l’on éprouve à être chassé des lieux de son histoire. D’autre part, durant cette période de 1975 à 1980, il y a eu beaucoup de rénovations dans Paris.
Je trouvais saisissant, bouleversant, ces immeubles eventrés, cette mise à nu, cette projection aux yeux de tous de toutes les traces de l’intimité de la vie des gens. Je me souviens d’une chambre d’enfant, du papier bleu, des bateaux découpés et collés qui dessinaient l’emplacement d’un lit.
Cette exhibition me semblait d’une grande violence, comparable à un viol. Par ailleurs il est évident que ces espaces déterminés par les traces des planchers et des cloisons peuvent apparaître aussi comme une organisation de couleurs, de matières, de lignes : ces murs font irrésistiblement penser à des recherches plastiques, qui plus est chargées d’émotions et de souvenirs. Au fond, on aurait pu tout simplement les signer. »

Découverte du caractère plastique des lieux.

 

 

Contexte socio -historique :

  • Une histoire personnelle en résonance: Enfant, Ernest Pignon-Ernest a été lui-même expulsé de chez lui, avec ses parents, alors qu’ils vivaient à Nice.

Création d’un art publique urbain,elles répondent à des commandes sociales.Cette forme d’art publique de développe dans les années 1981.Il y a de la part du gouvernement socialiste une volonté à travers ces interventions urbaine de démocratiser l’art dans tous les sens du terme.Ici ce  n’est pas une commande mais une intervention non officielle.On est pas encore à l’air Jacques Lang.

Dessin reproduit en série et collé sur les murs des immeubles détruits au moment de la réhabilitation de certains quartiers parisiens (ici, Montparnasse). Ainsi Ernest-Pignon Ernest met en scène des personnages qui sont en partance à cause d’une expulsion déclenchée par la ville de Paris, sous prétexte d’une rénovation de quartier.

 » Sensibilisé par la cause, il réagit à la nouvelle politique de la mairie Parisienne en exposant dans la ville. En effet, durant la période des années 1970-1980, un grand nombre de quartiers parisiens sont réhabilités. Le mur de l’immeuble sur lequel l’artiste à marouflé « Les expulsés » est situé dans le quartier de Montparnasse ; quartier qui fut touché par le projet de réhabilitation. A ce moment, des habitants sont expulsés en masse et leurs logements sont détruits selon la décision de la mairie. Ainsi Ernest-Pignon Ernest met en scène des personnages qui sont en partance. A ce moment le président était Valéry Giscard D’Estaing, et Jacques Chirac est élu maire de Paris. »

Artiste marxiste, il a milité au parti communiste pour dénoncer l’exclusion. Pour ces raisons, ainsi qu’à cause de sa hantise des bombardements, il se lance dans une série d’œuvres dédiées à cette conjoncture qu’il appelle « Les Expulsés». Il témoigne de sa solidarité avec les
damnés de la terre (Les Immigrés, Expulsions), interroge la mémoire collective des peuples et les dérives de la société à travers des figures célèbres comme Arthur Rimbaud, Guy Môquet, Maurice Audin,MahmoudDarwich ou Pier Paolo Pasolini.

Contexte culturel:Courant artistique

Ernest PIGNON-ERNEST: « On me considère souvent comme l’un des précurseurs du street-art ou art urbain dans les années 60. J’étudie les lieux d’un point de vue plastique et historique, puis, je les investis, pour des œuvres forcément éphémères… »

Ernest Pignon Ernest est -il un street artiste? Il ne correspond pas à la définition traditionnelle , mais il fait parti des premiers artistes à mettre son art en situation dans la rue.« Les expulsés » peuvent entrer dans le courant artistique du Street Art : L’art urbain, ou Street Art, car ce dernier  regroupe toutes formes d’intervention artistique réalisées dans la rue, ou dans des espaces publics.Né de  l’initiative de l’artiste ,il ne passe pas par le biais d’une institution pour intervenir plastiquement.Son caractère anonyme et sa volonté de véhiculer un message pour faire du mur un lieu de parole et de revendication social.Avec cette œuvre il n’y a plus de contemplation d’un tableau au musée, il y a une fusion entre l’art et la vie. On ne peut pas emporter avec soi cette image collée au mur, elle appartient à tout le monde, à la rue, au temps… »il arrive même qu’un passant se l’approprie. »

Les techniques sont variées (graffiti, pochoirs, projection vidéo, affiches, installation, origamis, tricot, scellement d’objets, mosaïques, stickers…..lui travail sur l’affichage sauvage et s’oppose à l’affiche réglementé depuis la loi de 1881.La rue est un espace visuel réglementé.

 

  • En quoi consiste son travail? Il réveille la  charge symbolique des lieux.Ses collages ou ses pochoirs se font toujours l’écho d’événements passés ou actuels qui se sont déroulés dans la ville. « la me?thode EPE. Faire coi?ncider un lieu, une histoire, une image. »Chaque emplacement aura un sens.
  • Il  effectue la navette entre l’atelier et l’espace urbain sur lequel il va intervenir avant de colle des sérigraphies sur les murs où le mobilier urbain en ajoutant des corps dessinés puis affiché sur la peau des villes, les murs, il analyse le lieu. Ernest s’enferme dans son atelier a? Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), dessine en noir et blanc sur de grands pans de papier, chutes de rotatives (il y a l’imprimerie du Monde a? Ivry). Puis, ses grands rouleaux de papier sous un bras et le pot de colle a? l’autre, il va coller ses dessins sur le lieu choisi, et l’œuvre prend forme.
  • « Il décrit lui-même son œuvre comme une manière de saisir l’essence d’un lieu. Il puise dans l’histoire du lieu, dans son histoire, mais aussi dans sa lumière, son espace. Puis, il vient y inscrire une image élaborée dans son atelier. Cette image est en général le dessin d’une représentation humaine à l’échelle 1, et reproduite par la technique de la sérigraphie. Pignon-Ernest installe lui-même son œuvre dans la ville, durant la nuit »
  • Pourquoi l’artiste choisi en priorité le dessin comme outil dans son travail?:
  • Que constate t’-il en observant l’espace urbain?:
  • Le travail du plasticien consiste t’il seulement à faire un dessin?
  • Pourquoi le dessin et pas la photo?:
  • Comment choisit-il le lieu? que retient-il du lieu?

Les expulses E. Pignon Ernest 2

 

DESCRIPTION

  • Qui sont ces personnages?:Deux personnes de classe modeste peut être un prolétaire.Comme le souligne le titre ce sont des  personnes au statut précaire qui n’a plus de logis: des expulsée. L’ensemble est collé à l’extérieur sur la paroi d’un mur éventré.

« Cette œuvre est un dessin réaliste en noir et blanc sur papier, représentant deux personnages côte à côte : un homme et une femme. L’ensemble est collé à l’extérieur sur le mur restant d’un immeuble abattu. Les deux personnages portent des affaires diverses : sac, valises, matelas. Le baluchon est roulé sous le bras et le matelas suspendu au bout de la main. Ils semblent en train de partir, affaires aux bras. Leur visage est marqué par la tristesse et le poids de la vie. Le réalisme du dessin accentue l’impression que les personnages font partie du mur ».le mur de la maison n’est -il pas un double du corps, une seconde peau. Nous somme le lieu que nous habitons.

 

Description plastique:

« L’image vient là comme faire remontrer à la surface les souvenirs enfouis, les trames qui se sont passées dans ces lieux. Mais l’image n’est vraiment qu’un petit tiers de la proposition. Mon matériau plastique essentiel ce sont les lieux. »E.PE

« Le lieu comprend des choses qui ne sont pas visibles (histoire, force symbolique, mémoire). (…) Les couches chronologiques sont plus faciles à évoquer, à expliquer, mais il y a d’autres couches. La référence au lieu n’est pas que sur l’histoire. »E.PE

« Moi je colle des images dans des lieux. Les gens passent tous les jours, le lieu se banalise, ils n’y font plus gaffe. D’un coup la présence de ces images leur redonne une étrangeté. Et même après quand il n’y est plus, le lieu peut être différent. »

Le lieu: Que raconte t’il? Il veut faire voir le lieu, voir la ville.Nous empêcher cette cécité.

 

Technique(s) :L’œuvre d’Ernest Pignon-Ernest est réalisée in situ, conçue pour un lieu donné, mettant en scène une image dans un espace, de façon éphémère et instaurant une relation avec le spectateur.

C’est une représentation de deux personnages par un dessin réaliste en noir et blanc au fusain sur papier puis reproduit par la technique de la sérigraphie, le tout marouflé sur le mur extérieur d’un immeuble en démolition. L’ensemble constitue une scénographie (car il y a une volonté de mise en scène des personnages). L’œuvre est donc in situ car elle prend sens dans le lieu pour lequel elle est conçue et où elle s’intègre.

Matériaux :Le seul matériau qui constitue l’œuvre est le papier

Support :Cette œuvre a été marouflée sur un mur extérieur, reste d’un immeuble abattu, dans les quartiers parisiens de Montparnasse.

Dimensions :La taille des personnages est à l’échelle 1, autrement dit grandeur nature.Il y a une volonté de réalisme.

Point de vue :La prise de vue de la photographie nous positionne face à l’immeuble ; le point de vue est dit frontal. seule trace de l’oeuvre.

Composition :L’œuvre se compose de deux personnages mis côte à côte, placé en bas d’un immeuble délabré, à hauteur d’homme.IL sont frontal comme s’ils étaient le mur délabré.IL font partie de l’immeuble.Ses sérigraphies  sont comme des mise en scènes qui joueront avec la participation des passants.

Couleur / Lumière :L’ensemble : photographie et dessin sont en noir et blanc. La lumière est donnée par le jour. L’ensemble montre une ambiance plutôt terne, sans lumière.

  • Où l’affiche est -elle collée ?Sur le mur d’une habitation détruite.On retrouve les traces de l’ancien logement qui a été détruit (papier peint, carrelage)
  • Quand est ce que l’artiste intervient dans la ville? Il intervient de façon nocturne.
  • Ses oeuvres sont elles signées? Non, c’est une intervention anonyme. L’artiste refuse les lieu institutionnel de l’art galerie, musée pour intervenir dans la rue, réaliser un art ancré dans  la réalité.IL est directement connecté avec le réel.Il se veut contestataire, et engagé socialement.Il vient dénoncer une situation urbaine.Il expose dans la rue ,terrain de lutte social.Nous sommes loin de l’art pour l’art, ces oeuvres ne sent pas vendables, elles sont abandonnées aux intempéries.Cette dégradation de l’affiche n’est -elle pas à l’image de ce personnage déraciné voué à l’exclusion et à l’oubli?

INTERPRETATION ET SIGNIFICATION DE L’OEUVRE

Que signifient chacun des éléments? Le mur est important pour la signification de l’œuvre : l’homme et la femme y sont collés par le marouflage, comme s’ils étaient ancrés à la maison, comme s’ils appartenaient à la mémoire du lieu.Le mur est aussi un pied de nez aux espaces conventionnels dédiés à l’art tels que musées et galeries.Le mur résonne avec l’histoire du lieu et apporte l’histoire aux personnages représentés.

· Les déchirures du papier rappellent le déchirement du lieu des expulsés. Etre expulsé est une  déchirure physique et psychique.C’est une destruction de l’être.

· L’usage du noir et blanc apparaît là, pour ancrer l’image dans le passé ; en noir et blanc comme une vieille image de laquelle resurgit le souvenir du lieu, de leurs habitants, des moments passés dans les murs, moments d’intimité. Le noir et blanc participe aussi de l’atmosphère sombre, terne.

La dégradation de l’affiche est à l’image de ces vies déracinées vouées à l’oubli. Peu à peu la mémoire s’efface, se dégrade. Le temps des souvenirs, de l’œuvre semblent contredits par la photographie qui immortalise, arrête le processus. La photographie elle-même finira bien par vieillir…

Le matériau : le papier joue du temps de l’œuvre participant à montrer la mémoire qui s’efface progressivement.

 

E.P.-E.: “Je travaille à hauteur d’homme pour créer un face-à-face avec le passant” »Je travaille sur ­l’effet de réel. Je veux créer un face-à-face avec le passant. Mes images agissent comme une empreinte, type suaire de Turin. Elles disent la présence et l’absence. Je souhaite qu’en les voyant on pense?: “Ici, il y a eu quelqu’un et il n’est plus là.” Par exemple, le portrait du poète palestinien ­disparu ­Mahmoud Darwich que j’ai collé à Ramallah en?2009. »

· L’échelle de l’œuvre a aussi son importance puisqu’elle est à la taille humaine, donnant ainsi plus de réalisme au propos et permettant plus facilement une assimilation du spectateur aux personnages représentés.Identification et empathie.Le vinas nous montre que la confrontation avec le visage, frontalité nous pousse à la responsabilité de l’autre. Prise en compte de la part humaine que ne prend pqs en compte la décision politique.

· La composition : la situation des personnages à hauteur d’homme et face au spectateur accentue le réalisme.

« Il ne s’agit pas de faire des images politiques, il y a une manière politique de faire des images »E.P.E

E.P.-E. Oui. On ­essaie de trouver des équivalents poétiques ou plastiques à des problèmes politiques. »

  • Que dénonce t’elle?Il évoque le drame ouvrier de cette époque , l’expulsion de la classe ouvrière de Paris en direction de la banlieue.E. Pignon dénonce les expulsions massives qui ont eu lieu à Paris à cette période, « Les expulsés » est donc une œuvre engagée et contestatrice. Les personnages sont les ombres des tapisseries qu’ils ont dû quitter. Comme l’œuvre est mise à l’extérieur il y a une volonté de la rendre visible à tous les passants dans la rue. (Citoyens de cette république). témoigne du rejet d’une population à l’extérieur de Paris lors de sa rénovation en 1978 mais prend aujourd’hui un autre sens et tente de mettre en lumière tous les oubliés, ceux qu’on ne veut pas voir, les SDF ou les migrants.IL montre ce qu’on ne voit plus les oublies de la société. Il veut créer un face-à-face avec les passants pour les rendre témoins de l’injustice.

« E. Pignon utilise la sérigraphie car elle se représente comme des « scénographies » de la rue, comme un cri de détresse. »

  • Que deviennent ses oeuvres avec le temps?:Elles sont effémères et disparaissent.

 

« Pour Pignon Ernest le murmure des murs peut devenir un cri »Les stries du temps: L’artiste, le lieu et la mémoireBy Laurent Grison

C’est vrai que mes images ne restent pas en surface, elles peuvent ouvrir, creuser les murs. »L’homme habite poétiquement.1993 Entretien avec Marcelin Pleynet

« Je suis un artiste contemporain:je parle de la vie d’aujourd’hui, de leur rapport avec la ville, avec leur histoire;je ne vois pas comment on pourrait m’exclure de l’art contemporain…« E.P.E

« Sensible:Il comprend en collant dans la rue l’importance du  » tout de l’espace urbain », la taille de cette immense galerie à ciel ouvert, mais aussi les contrainte de celles-ci, et les angles de vue qu’elle impose aux passants qui découvriront ses dessins.Ceux-ci sont travaillés en conséquences, et de légères anamorphoses apparaissent pour que le premier regard puisse saisir pleinement le sujet et chercher l’effet maximum. »#StreetArt: L’innovation au coeur d’un mouvement,By Jerôme Catz, Fondation EDF

« Les dessins sont essentiels dans mon travail mais ils sont comme un outil. Si on peut parler d’œuvre, l’œuvre, c’est ce que provoque l’insertion du dessin dans la réalité. Quand je choisis les murs de la prison Saint-Paul à Lyon, les escaliers de Montmartre ou du métro Charonne, mon travail tient plus du Ready-made au sens où Duchamp l’a inventé que de la figuration. C’est le lieu et le moment que je propose, le dessin, c’est révéler en quelque sorte la réalité du lieu. C’est le fruit d’une réflexion qui veut prendre en compte tout ce qui ne se voit pas d’emblée mais qui est là, l’espace, la lumière, la texture du mur. C’est, en même temps, tout ce qui appartient à l’histoire, à la mémoire, aux traces. Avec des photos, ça ne marcherait pas. Parfois des gens disent que c’est du dessin académique, mais ce n’est pas la question. Le dessin doit répondre aux contraintes qu’implique cette relation avec la réalité. Il faut que j’aie assez d’effets de réel. Du strict point de vue du dessin,moi je préfère un dessin de Francis Bacon à un dessin réaliste, mais si je colle un dessin de Bacon sur un mur…

Oui, ce sera un dessin…

Ernest Pignon-Ernest. Un dessin exposé dans la rue. Moi, je n’expose pas des dessins dans la rue, je provoque quelque chose dans la rue. D’ailleurs, ça m’énerve vraiment si on me dit que j’expose des dessins dans la rue.

Je comprends que ça énerve. Mais, ?malgré tout, pourquoi avez-vous fait ?au départ le choix du dessin??

Ernest Pignon-Ernest. Mais parce qu’il n’y a que le dessin qui permet cela et surtout par les temps qui courent. Nous sommes envahis, notre champ visuel est envahi par des images de toutes sortes, mouvantes, colorées, qui changent toutes les trois secondes, qui ne sont pas fiables, qui sont d’une certaine façon des escroqueries visuelles. Je disais à quelqu’un l’autre jour, au fond, le dessin, c’est un choix éthique. Je pense en effet que le dessin affirme la pensée et la main, en quelque sorte il affirme l’humain. On peut penser à l’empreinte de la main dans les grottes préhistoriques

Quand j’interviens dans un lieu, j’inscris dans le lieu un signe d’humanité. C’est un peu théorique dit comme ça, mais dans le travail lui-même, il n’y a qu’avec le dessin que j’arrive à produire suffisamment d’effets de réel pour qu’ils entrent en relation encore une fois avec le lieu.

Mais, précisément, est-ce qu’il n’y a pas dans votre travail, depuis disons trente ans, une évolution dans ce rapport au lieu. Si on prend par exemple le Rimbaud que vous avez fait à une période, il me semble que c’était plus faire entrer Rimbaud dans la ville, il y vagabondait, que révéler la ville.

Ernest Pignon-Ernest. En même temps, il faisait regarder le lieu différemment.

C’est vrai…

Ernest Pignon-Ernest. Là où j’avais collé, il y avait chaque fois un petit truc. Un slogan sur le mur, une trace encore, un autre signe humain qui se chargeait de sens et qui renvoyait au passage à la fulgurance de Rimbaud, à l’image de la jeunesse, à la fragilité même de Rimbaud. Un jour, j’ai dit à quelqu’un, ce qu’il y a de plus rimbaldien dans mon Rimbaud, c’est que c’est du papier et que cela va disparaître.

D’ailleurs, j’en avais un et il a disparu?!

Ernest Pignon-Ernest. Je pense là à un artiste de l’art minimal, de l’arte povera, Anselmo Palermo, qui a fait cette sculpture assez connue avec une salade fraîche posée sur un bloc de marbre. Voila, je dessine ça, une main, toute fragile, imprimée sur du papier journal et dont on sait donc que ça ne durera pas. Bon ces images-là, j’en ai collé des dizaines, à Naples, dans des rues dont les dalles sont faites avec de la lave du Vésuve et qui sont là depuis trois siècles. Je sais que je vais coller ça et que, devant, il y a 30 mètres carrés de lave qui renvoient aussi à l’histoire, à la mort…

Du coup, ce n’est pas du tout loin de la conception du travail in situ de Daniel Buren par exemple, alors que vous pouvez sembler ?aux antipodes.

Ernest Pignon-Ernest. Absolument. Moi, c’est de cela dont je suis le plus proche. Ça peut surprendre, mais une fois on nous avait invités tous les deux, persuadés qu’on allait se rentrer dedans. Mais pas du tout. Moi, j’interviens dans un lieu, plastiquement, comme il le fait avec ses rayures, mais la différence, car il y en a bien une, c’est que je travaille aussi avec l’histoire dans le lieu.

Et même plus largement, votre travail intervient aussi dans un espace social et politique…

Ernest Pignon-Ernest. Oui, ou Maurice Audin sur les murs d’Alger.

C’est moins vrai avec les Extases, où vous avez, comment dire, mis en scène, les grandes figures mystiques de sainte Thérèse d’Avila, Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne…

Ernest Pignon-Ernest. Oui, mais, chaque fois, j’ai choisi le lieu. Je les ai toujours installées, comme à Saint-Denis ou à Lille, dans des lieux chargés de spiritualité. Au fond, avec les Extases, c’est même plus clair. Par exemple, si on revient sur l’idée du ready-made, je prends ce tabouret et je le mets dans un musée. C’est à la fois le tabouret et le signe du tabouret. Moi, je prends une image et je la mets dans un lieu. Le lieu devient comme un lieu représenté. La présence de mon image fait que le lieu devient aussi le signe du lieu. C’est la présence de mon image qui est comme l’équivalent du passage au musée. C’est un peu schématique, mais on comprend bien que ce que je propose, ce n’est pas mon bonhomme, ce que jepropose, c’est bien le lieu et sa mémoire.

Qu’est-ce qui déclenche, à un moment donné, votre désir de faire ceci ou cela, comme à Saint-Paul, puisque c’est ce que vous venez de faire de plus récent.

Ernest Pignon-Ernest. J’étais allé dans la prison quand il y avait encore des détenus à l’intérieur alors qu’elle est maintenant désaffectée. Il y avait un atelier de dessin et de peinture et certains de ceux qui avaient vu mon travail avaient demandé s’ils pouvaient m’inviter. J’avais donc déjà un petit lien avec cette prison quand ellea été vidée; et un des animateurs qui avait fait le lien avec les détenus m’a dit : « Tu ne voudrais pas faire quelque chose avant qu’on la détruise ? » Je me suis donc baladé dans la prison. D’abord, quand tu es là, on sent cette charge de drame et de souffrance qui est comme inscrite dans les murs. Je marche et là, je vois une plaque par terre avec quatre noms et ces mots?: «?Tombés sous les balles nazies?». Je note les quatre noms et puis je cherche et je joins la nièce de l’un de ces hommes. Un dénommé Bertrand. On se voit, on discute et, au bout d’un moment, elle me dit : «?Mais vous savez, ils ne sont pas tombés sous les balles nazies, ils ont été exécutés ici par la justice française d’alors. On a écrit ça à la Libération et nous luttons pour rétablir la vérité. » Après, nous parlons de Max Barel, je lui dis que j’avais travaillé au Patriote de Nice, qu’elle connaissait bien aussi. Bref, c’était Mireille Bertrand qui avait été au bureau politique du Parti communiste… Mais en fait, à partir de ça entre autres, je me suis dit que la mémoire s’effaçait vraiment et je me suis mis à réfléchir à tout ce qui avait pu se passer dans ces murs, avec les politiques comme Marc Bloch ou Berty Albrecht qui fut par la suite décapitée à la hache, avec les droits communs. C’est une prison où il y a eu beaucoup de suicides. Alors, en pensant aussi à tous ces objets, chiffons, plastiques accrochés dans les barbelés, ces étranges décors que l’on ne trouve que dans les prisons qui sont comme autant de messages de souffrance ou d’adieu, je suis parti aussi sur l’idée de corps recouverts par des linceuls… Dans mon travail, c’est vrai aussi pour Maurice Audin, pour Mahmoud Darwich, je fais toujours mes dessins avec une sorte de neutralité parce que je voudrais qu’ils soient comme des empreintes. Je voudrais qu’on se dise, il a été là et il n’est plus là. L’empreinte, c’est à la fois la présence et l’absence comme avec Audin donc, avec Darwich à travers la Palestine. Pour moi, l’empreinte, c’est aussi comme la Véronique avec le visage du Christ ou le suaire de Turin. Mais attention, je ne veux pas faire de trompe-l’œil. Je suis dans le noir et blanc. Je dis c’est une image. Il faut qu’il y ait assez de distance, comme au théâtre, pour qu’on dise ce n’est qu’une image, mais il faut aussi qu’elle produise un effet de réel. C’est sur le fil.

Oui, si vous colliez une image hyperréaliste, bien faite, elle serait banalisée. Ce n’est pas ?du tout pareil.

Ernest Pignon-Ernest. En fait ce que je colle, c’est un signe. Je dirais que c’est l’image d’une image.

Vous dites là un peu comme Picasso. Vos dessins sont des signes, pas une représentation…

Ernest Pignon-Ernest. Dans une interview, je dis, paraphrasant un peu Klee, que je ne cherche pas à représenter, je cherche à rendre présent. Alors c’est vrai que ma démarche a souvent été mal comprise. En fait,elle est contextuelle et conceptuelle.

Vous vous autorisez un peu le beurre et l’argent du beurre en étant complètement dans la modernité si l’on peut dire, en étant conceptuel donc, mais en gardant tout de même le plaisir du dessin, car c’est bien un plaisir non, un travail et un plaisir… Ce qui n’est pas le cas de nombre d’artistes contemporains.

En fait, votre travail a toujours une dimension politique et philosophique. C’est l’humain qui est en question.

Ernest Pignon-Ernest. En effet, je ne vois pas comment on peut faire de l’art sans cela. De ce point de vue, il y a beaucoup de choses dans l’art contemporain au sujet desquelles je me dis, mais pourquoi il a fait ça?? En même temps, je m’inscris complètement contre une lecture politique réductrice de mon travail. Je ne crée pas de slogans, je ne porte pas un discours. Un peu à mes débuts, j’avais été invité au salon Jeune Peinture après mon travail sur la Commune. À l’époque, nombre de peintres dans le coup étaient militants, souvent maoïstes. Quand je leur avais dit que j’étais au Parti communiste, ils avaient même cru que c’était une blague. Le thème du salon, c’était le travail, alors ils faisaient des ouvriers avec des drapeaux rouges et tout ça. On avait le Grand Palais pour douze jours. Moi, je me suis dit douze jours. J’ai mis sur les murs des dessins grandeur nature du nombre de mecs qui allaient mourir au travail dans les douze jours. J’ai toujours travaillé grandeur nature parce que je pense que plus grand, c’est stalinien ou publicitaire. Et chaque jour qui passait, je barrais des corps. En fait, c’est comme si j’avais introduit le temps dans l’œuvre, en tout cas, j’avais pris consciemment le temps comme sujet. Ce n’était pas une représentation d’ouvriers. La proposition n’était pas dans le dessin et, comme l’expo était courte, c’était utiliser la brièveté aussi pour qu’apparaisse l’ampleur du massacre. Je tiens à cette histoire parce que c’est un peu la base de mon travail. »

Le dessin affirme la pensée et la main, il affirme l’humain.Entretien réalisé par Maurice Ulrich
Vendredi, 24 Janvier, 2014
Humanité des Débats

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=CTEwJEPtbPQ[/youtube]

Cliquez sur l’image pour visionner la vidéo-les peintures urbaines.

Prison Saint Paul, Lyon – 2012

Prison Saint Paul, Lyon – 2012See original image

 

 

Il appose ses dessins sérigraphiés sur du papier fragile, sur les murs des cités, sur les cabines téléphoniques aussi.LES CABINES 1997 – 1999« Cabines », Lyon, 1997 – Paris, 1999

 

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contre-le-jumelage-de-nice-et-le-cap

» Rien ne me destinait à m’intéresser particulièrement à l’Afrique du Sud.
Mais, en 1974, Nice, une ville cosmopolite, s’est jumelée avec Le Cap. Quelques mois auparavant, les Nations unies avaient déclaré l’apartheid crime contre l’humanité. Pour moi, petit-fils d’immigré italien, ce jumelage était une trahison de l’histoire de notre ville qui avait accueilli Apollinaire, Romain Gary… J’ai alors réagi comme je le fais toujours, avec des collages ! J’ai inondé la ville de centaines d’images représentant une famille de Noirs derrière des barbelés. Tout cela montrait ce qu’il y avait d’injuste et de criminel, de négation de l’humanité dans cette union. »

"Maurice Audin", militant de l'indépendance algérienne et mort sous la torture - Alger - 2003

« Maurice Audin », militant de l’indépendance algérienne et mort sous la torture – Alger – 2003

"Matera", ville italienne évacuée en 1952 pour insalubrité, 2015 ©EPESee original image

Couv Ernest

 

 

« Matera », ville italienne évacuée en 1952 pour insalubrité, 2015

PALESTINE – PARCOURS MAHMOUD DARWICH 2009

 

ernest+pingon+ernest+ramallah

 

Ernest Pignon-Ernest Les gisants-1971

Ernest Pignon Ernest : Les gisants de la Commune de Paris, centenaire 1971

« (Jr, Ella & Pitr, Banksy…) applaudit et reconnai?t en lui un initiateur. »

JR et Marco Projet Face 2 FaceJR, "Face 2 face", 2007« Face 2 face » (2007) : immenses portraits d’Israéliens et de Palestiniens face à face dans huit villes palestiniennes et israéliennes et de part et d’autre de la barrière de sécurité.

JR, "Women are heroes", 2008« Women are heroes » (2008) : pour rendre hommage à celles qui occupent un rôle essentiel dans les sociétés, mais qui sont les principales victimes des guerres, des crimes, des viols ou des fanatismes politiques et religieux, JR a recouvert l’extérieur de la favela Morro da Providência, à Rio de Janeiro (Brésil), d’immenses photos de visages et de regards de femmes. « C’est un projet fait de bric et de broc, comme la favela elle-même. On s’est adapté à l’environnement dans cet univers où les toits des maisons sont en plastique et les revolvers des enfants en acier. On s’est débrouillé malgré les rues en pentes, les maisons chancelantes, les câbles électriques imprévisibles et les échanges de tirs qui traversent parfois plusieurs maisons », dit JR. En 2014, un regard de femme est collé sur un porte-containeur au Havre, et voyage jusqu’en Malaisie.

JR, "Women are heroes", 2008

 

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JR, « artiviste urbain »

: Jean René alias « JR », artiste français engagé, « révélateur d’humanité » (Le Monde, 01-10-2009) utilisant la technique du collage photographique

l’artiste affirme vouloir amener l’art dans la rue : « Je possède la plus grande galerie d’art au monde : les murs du monde entier. J’attire ainsi l’attention de ceux qui ne fréquentent pas les musées habituellement. »

« Portrait d’une génération » (2004-2006) : portraits de jeunes de banlieue exposés, en très grand format, sur les murs de la Cité des Bosquets de Montfermeil. Ce projet illégal devient officiel lorsque la mairie de Paris affiche les photos de JR sur ses bâtiments.

JR, Portraits d'une génération, 2004-2006

JR et Ernest Pignon-Ernest: l’art au bout de la rue.Paris Match|Publié le 12/07/2013 à 15h27

« Aucun de nous n’a suivi d’études d’art. Ce n’est pas un hasard. J’ai senti qu’on avait ce point commun?: la richesse de nos images dépend de la façon dont elles ont été préparées. Leur présence dans un lieu n’est pas anodine. »Ernest Pignon-Ernest

E.P.-E. C’est une question de génération?: JR est l’héritier du langage né de la ville, c’est-à-dire la pub, la télé, les médias. Il se saisit de son efficacité et en joue autrement. Moi, j’entretiens ­depuis mes débuts une méfiance à l’égard de ce langage.

Quelle autre différence existe-t-il entre vous??
E.P.-E. J’ai tout de suite refusé de faire plus grand que ­nature. Il s’agissait de m’écarter du monde de la pub, mais aussi de la peinture réaliste socialiste avec son culte de la personnalité. C’est pourquoi je fais les hommes à hauteur d’homme. Je travaille sur ­l’effet de réel. Je veux créer un face-à-face avec le passant. Mes images agissent comme une empreinte, type suaire de Turin. Elles disent la présence et l’absence. Je souhaite qu’en les voyant on pense?: “Ici, il y a eu quelqu’un et il n’est plus là.” Par exemple, le portrait du poète palestinien ­disparu ­Mahmoud Darwich que j’ai collé à Ramallah en?2009.

JR. Si on prend le mot politique au sens large du terme, qui signifie changer la cité, alors oui. On soulève des questions, mais on n’apporte pas les réponses.

J.R.: “Un graffiti ne se possède pas. Il appartient à tout le monde”

 

Le français JR et le suisse Marco : Projet Face 2 Face, mur de séparation israélo-palestinien 2007

  • Jr est photographe, la technique est donc la photographie. Les portraits font l’objet de tirages gigantesques à l’échelle des lieux où elles sont installées : murs, façade d’immeuble, pont, toits…
  • Jr met en avant des personnes anonymes, des inconnus, des victimes de situations politiques, de guerre, de situations économiques difficiles (Face2Face, Women are Heroes)

  • Banksy peint des pochoirs et des écrits sur les murs. Il utilise la peinture en aérosol et des pinceaux.
    • Banksy aborde des sujets de société, il est pour la liberté , la justice, contre la guerre, la famine et tous les fléaux causés par l’homme. Il dénonce les inégalités.

« Napalm » de Bansky inspiré par la photographie suivante

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« Le Manifestant » de Bansky

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L’art revisité

Banksy, "There is always hope" (Londres - 2007)Banksy, "Mona Lisa Rocketlauncher" (Londres - 2007-2008)See original image

Girl and a SoldierSee original image

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What Are You Looking At CCTV

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Qu’est ce que le Steet art

1/Le street art L’art urbain, ou « street art », est un mouvement artistique contemporain. Il regroupe toutes les formes d’art réalisées dans la rue, ou dans des endroits publics, et englobe diverses techniques telles que le graffiti, le pochoir, la mosaïque, les stickers, l’affichage voire le yarn bombing ou les installations. C’est principalement un art éphémère vu par un très grand public.

 

 

 

  • Leurs interventions sont généralement urbaines.
  • Leurs œuvres sont éphémères, elles disparaissent avec le temps, les intempéries, les interventions humaines.
    • Ils représentent très souvent la figure humaine, des personnes anonymes. Ces représentations sont à l’échelle humaine ou gigantesques.
      • Ils sont engagés politiquement et socialement. Ils dénoncent des injustices (Les expulsés, Soweto de E Pignon-Ernest)des faits de société (Banksy, contre la guerre),des situations politiques (JR, Face2Face)
        • Ils produisent des œuvres qui sont des multiples (plusieurs exemplaires possibles), ce qui remet en question le fait qu’une œuvre d’art doivent être unique : sérigraphies (Pignon-Ernest), pochoirs (Banksy), photos (JR)
        • Les œuvres sont souvent en noir et blanc.
        • Leurs œuvres sont accessibles à tous. Leur art est exposé volontairement en dehors des institutions comme le musée et la galerie d’art. Il s’agit aussi d’un engagement.
          • Ils produisent des œuvres qui font réagir et réfléchir au sein de la cité.
  •  Différences entre ces artistes :
    • Les techniques utilisées sont différentes, sérigraphies, peinture au pochoir et écrits, photographie.
    • Les tailles des œuvres diffèrent.
    • Ils réalisent et exposent leurs œuvres avec ou sans autorisation. Sans autorisation concernant une partie des œuvres
      de Ernest Pignon-Ernest et de Jr (au début), maintenant le plus souvent autorisées.Toujours créées de manière illicite pour Banksy.
    • Ils utilisent l’humour : Banksy (dérision, comique de situation) et JR (grimaces des personnages) ou pas : Ernest Pignon-Ernest traite ses sujets de manière plus grave.